Référence : A44-EXILE.FR P17-07 A-05-09-2006 • Classification : Public

Livre II : L'aventure Hantarienne (Univers S01)

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Introduction à l'Univers S01

Ce recueil rassemble les mémoires de l'ère de l'Univers S01. Aucun des noms des personnes ayant vécu cette histoire n'a été modifié afin de préserver l'authenticité des registres de la Nation.

L'auteur original de ce travail de centralisation a souhaité conserver l'anonymat, laissant les actes de la Nation parler d'eux-mêmes à travers le flux temporel.

« La mise en place des différents chapitres est issue des transmissions décodées des terminaux de communication de l'époque. »

Chapitre 01 : Développement et Premiers Conflits (la FDE)

Épisodes :


Épisode 1 : Galaxie 03 - Secteur xx - écrit le 27/09/anI - Nouveau départ


Le lieutenant-colonel LVOV venait de signer son dernier décret d'application en tant que Grand Conseiller. Il était à effet immédiat. La planète Hantaria était dorénavant rebaptisée Karkov. Debout face à la baie vitrée de son bureau il en était certain : cette planète « rachitique » ne pouvait pas avoir le nom d'Hantaria, c'était impossible. Vingt deux jours déjà que la nation hantarienne s'était installée sur cette planète reculée, fuyant ce que tous avaient cru comme la terre promise. Quelle terre promise... Eloignés de tout et de tous ils n'avaient pu rester et avaient dû fuir, encore... Maintenant il contemplait cette planète, ou du moins ce qui s'étalait sous ses yeux. Les dernières corvettes sorties tout droit des usines attendaient sagement son arrivée. Car c'était décidé, il allait prendre la tête d'une flotte pour essayer de conquérir une planète digne de ce nom. Cette planète ne pourrait rien apporter de plus au développement de la nation. Karkov... Elle méritait bien ce nouveau nom : déjà saturée par la pollution des quelques usines fabriquées les unes sur les autres, déjà surpeuplée et encombrée, cette planète ne pouvait représenter la nation hantarienne. Il se dirigea vers son bureau et rassembla les quelques effets personnels qui y traînait encore. Il ne reviendrait pas ici. Plutôt mourir au combat et essayer d'avancer.
Peut être aurait-il de l'aide qui sait. Peut être ou peut être pas... L'Alliance était rassurante mais chacun devait se débrouiller seul de toutes façons. Il secoua la tête, rejetant ces pensées sombres qui l'accablaient. Un nouveau Grand Conseiller avait été nommé. Lui avait abandonné ce poste, préférant revenir à une carrière plus militaire c'est à dire moins obscure et plus franche de son point de vue. Il prit alors ses affaires, laissant le bureau vide et sombre. Son fidèle Kalmouk l'attendait dehors, aux ordres. Celui-ci lui emboîta le pas, aussitôt encadré par 3 hommes attachés à son service. Il se sentait bien parmi ces hommes, beaucoup mieux que parmi les politiques, toujours vifs à critiquer et à parler mais tellement lents à agir.
Il repensa alors à Slaine. Les adieux avec Slaine avaient déjà eu lieu ce matin tôt... Tendre et amoureux comme toujours. Sa chère Slaine. Sa tendre Slaine... Il gardait encore le goût de sa peau sur ses lèvres. Quand la reverrait-il maintenant ? Il ne le savait pas. Alors qu'il se dirigeait sur la plate forme d'embarquement il crut la distinguer sur un balcon plus haut. Image furtive... Peut être un rêve ou une illusion. Ou le désir d'elle tout simplement.
Il embarqua. Les ordres furent donnés. Les hommes étaient entraînés et prompts à les exécuter. Une mécanique parfaitement huilée qui montrait bien la force guerrière des Hantariens. Tout était prêt maintenant. D'autres suivraient pour renforcer une flotte qui grossissait dans un secteur éloigné. Là bas, qui sait, tout serait mieux et plus facile. Il faudrait le conquérir de vive force et gagner son droit à se développer et à prospérer. Tandis que les corvettes s'éloignaient de Karkov, il n'eut aucun regard vers elle, juste une pensée pour sa bien-aimée dont il serra le médaillon qu'elle lui avait donné le matin même.
À bientôt mon amour, se dit-il dans une prière solennelle.



Épisode 2 : Galaxie 03 - Secteur xx - écrit le 03/10/anI - Premier combat d'envergure


L'heure venait d'être choisie, les forces ayant été regroupées l'attaque serait entreprise dans 4 heures. Le lieutenant-colonel LVOV quitta la salle des commandes du cargo qui servait de QG et se dirigea vers le pont inférieur. Oui, faute de vaisseaux de guerres de taille importante, c'était un cargo qui servait de poste de commandement pour cette invasion.
Mais cela devrait bientôt changer, pensa-t-il. Il le faut !
Autour de lui, les hommes s'affairaient avant le départ au combat. Munitions, carburants, réserves d'oxygène, droïdes étaient chargés à bord des chasseurs et des intercepteurs. Ceux-ci, telle une noria, venaient l'un après l'autre au flanc du cargo pour se ravitailler et se replacer ensuite dans leur patrouille respective. Lui-même embarqua à bord de son intercepteur. Il mit les gaz à fond pour rejoindre sa patrouille.
La stratégie était simple : mettre les 40 corvettes légères en première ligne pour appâter l'ennemi, ensuite utiliser les chasseurs comme des lièvres pour brouiller les défenses ennemies tandis que les intercepteurs détruiraient les vaisseaux. Le binôme chasseur + intercepteur serait le maître mot de cette bataille.
La flotte fût divisée en deux : une flotte d'attaque et une flotte d'invasion. Les corvettes prirent la direction du combat en tête, les binômes ensuite et le surplus d'intercepteurs pour finir. La flotte d'invasion suivrait ensuite. Les hommes semblaient soulager de partir au combat. Enfin, ils allaient pouvoir en découdre et éprouver leur bravoure. De plus, le lieutenant-colonel LVOV était avec eux, le héros de la nation hantarienne, celui qui avait été de tous les combats ! Rien ne pouvait leur arriver, cela décuplait leur force et leur moral. La fine fleur des pilotes hantariens partaient au combat rassurée et pleine d'espoir pour l'avenir de la nation.
Le voyage fut bref. Cachés par quelques astéroïdes, les vaisseaux légers hantariens arrivèrent sur zone sans éveiller la méfiance de l'ennemi. Les rapports complets avaient donnés la composition de leur flotte : 153 vaisseaux légers et 85 corvettes. Les vaisseaux se déployèrent pour faire un premier passage qui serait le plus destructeur possible sur la flotte adverse. Poussant les propulsions au maximum, les pilotes plongèrent à intervalles réguliers sur les groupes compactes de vaisseaux ennemis.
Cette première phase fut destructrice pour les « fossoyeurs ». C'est elle qui donna l'avance initiale qui ne fût jamais comblé. Les consignes du lieutenant-colonel LVOV avaient été claires : détruire en premier lieu les chasseurs et les intercepteurs, les corvettes viendraient ensuite. La première vague des vaisseaux en formation fit feu de tous ses canons au même moment et détruisit ainsi 22 chasseurs, 16 intercepteurs et 7 corvettes pour aucune perte dans ses rangs. La deuxième vague fut moins performante. L'effet de surprise était passé, l'ennemi était en alerte et il savait se battre, très bien se battre même. Ce furent les corvettes légères qui en subirent les conséquences : 19 d'entre elles furent détruites alors que l'ennemi perdait encore 5 chasseurs, 8 intercepteurs et 11 corvettes. Ensuite, ce ne fut plus qu'une inextricable mêlée de vaisseaux se poursuivant dans tous les sens. Seul l'éclat des canons et des explosions éclairaient le champ de bataille. Pourtant la volonté et la pugnacité des Hantariens fit peu à peu pencher la balance et les binômes firent des merveilles. Après une demie heure de combat, ces derniers était mettre du champ de bataille. Aucun vaisseau ennemi n'en avait échappé.
Au final l'ennemi avait perdu 38 chasseurs, 115 intercepteurs, 52 corvettes légères et 33 corvettes lourdes pour 76 chasseurs et 40 corvettes légères hantariens. Plus de 350 carcasses de vaisseaux se trouvaient en orbite de la planète tant convoitée. La flotte d'invasion arriverait bientôt pour recycler toutes ces ressources.
Rassemblant les forces pour défendre cette zone chèrement acquise, le lieutenant-colonel Zak envoya aussitôt un message vers Karkov, la planète mère de la nation, pour annoncer la bonne nouvelle et attendre les nouveaux ordres. Tout c'était bien passé. Les Hantariens auraient bientôt une planète digne de ce nom.



Épisode 3 : Galaxie 03 - Secteur xx - écrit le 23/10/anI - Retour au sommet de la nation


Dans un silence admiratif et presque religieux le lieutenant-colonel LVOV prit place à la tribune et regarda l'assemblée qui s'étalait devant lui. Cela faisait bien longtemps qu'il n'était pas revenu ici. Tant de combats et de développements dont il avait eu à s'occuper sur toutes les planètes chèrement acquises... Il eut une pensée pour sa bien-aimée qu'il n'avait pas vu depuis plusieurs jours puis parla d'une voix claire :
- Membres du Grand Conseil, je suis heureux de pouvoir vous parler en ce jour après maintes et maintes péripéties que se sont déroulées depuis une quinzaine de jours. Tout d'abord je souhaiterais féliciter ici nos forces spatiales qui ont pu, grâce à leur combativité, libérer du joug des fossoyeurs 4 planètes qui se sont ralliées immédiatement à notre nation. Sans leur sacrifice, je ne pourrais pas vous parler ce jour de notre nouvelle planète mère : Minsk. À ce propos, je tenais à revenir sur la libération de Smolensk. La 1ère phase de cette libération a été INADMISSIBLE et le mot est faible. Qui ? Qui a donné l'ordre d'attaque à 1 contre 1 avec une flotte novice et sans expérience ? Qui !? J'en tremble de rage encore aujourd'hui. Ceci est INADMISSIBLE je le répète. Nos forces ont été annihilées purement et simplement. Tant de jeunes soldats sacrifiés pour un résultat quasi nul. La bêtise de certains me laisse sans voix... Bref... Je le répète, tout le mérite des dernières conquêtes revient à notre flotte. C'est elle qui fait que notre nation va de l'avant et compte parmi notre alliance et les autres nations. Je tiens également à signaler que le contact avec notre alliance est primordial. Bien entendu nous avons obtenu de l'aide des membres de l'alliance et nous leur en avons apporté également pour le nettoyage des orbites des planètes convoitées. Mais il faut impérativement que le lien ne soit pas rompu. Ca ne semble pas être le cas actuellement et j'ai l'impression que nous nous isolons par rapport à eux. C'est regrettable et cela pourrait devenir critiquable lorsque nous aurons besoin de leur intervention. Vous, chers membres, devez impérativement remédier à cela et dans les plus bref délais. Si tel n'était pas le cas, il conviendrait alors de vous remettre en question mais également de nommer un nouveau Grand Conseiller à la tête de notre nation. Enfin, et pour finir, je tiens à vous signaler que notre flotte a fini de sécuriser une nouvelle planète et que, dès ce soir, nous devrions la compter au sein de notre nation. Je vous remercie de votre attention et reste à votre disposition pour toutes questions qui pourrait se poser. LONGUE VIE A NOTRE BELLE NATION !
La salle explosa sous les hourras et les applaudissements. Il sentit le vent tourner : peut-être la place de Grand Conseiller s'offrait de nouveau à lui. Tout se déciderait demain sans doute. Il n'était pas pressé. Il avait déjà connu cette charge et l'avait abandonnée. Tout viendrait en temps voulu.

Quelques semaines plus tard, le 14/11/an I, au générique des nouvelles du jour (écran sur fond d'étoiles avec l'emblème hantarien en incrustation).
Présentatrice : Galiana GIGANSK (brune, peau claire, yeux couleur or en amande). Fondu enchaîné sur la présentatrice en plan américain. Souriante, elle annonce :
- Voici les titres de cette matinée.
Vue en pied sur la journaliste pour l'annonce des titres accompagnés d'images extraites des sujets à venir. En voix off :
Changement à la tête de notre nation : le Grand Conseiller GUILB a été démis de ses fonctions et remplacé par le lieutenant-colonel LVOV.
Le Grand Conseil se réjouit : le premier vaisseau mère vient de sortir des arsenaux de Minsk.
Chômage en baisse sur Minsk : suite à la construction de ce vaisseau, la planète déplore un déficit important de travailleurs ; un recrutement de grande envergure est en cours.
Mouvements de flotte : dans le secteur de Krasnodar bientôt l'adhésion d'une nouvelle planète dans le giron de notre nation.
Commerce extérieur : la vente de nos ressources de diminue pas, nos recettes explosent.
Guerre à venir : des rumeurs selon lesquelles une alliance hostile pourrait déclencher une guerre contre l'Alliance.
Retour sur la présentatrice en plan américain :
- Madame, Monsieur, bonjour. (...)



Épisode 4 : Galaxie 03 - Secteur xx - écrit le 16/11/anI - Nommination


L'aube se levait sur Khabarovsk, un temps froid et sec comme l'aimait Zak. Le ralliement de cette planète avait été rondement mené : quelques tractations rapides avec les autorités locales, une flotte en orbite pour nettoyer les quelques chasseurs hostiles qui s'y trouvaient et le tour avait été joué. La colonie aussitôt déployée, tout avait mis en oeuvre pour développer le plus vite possible. L'usine de préfabriqués était en bonne voie de finition. De même le recrutement local des travailleurs se faisait bien et à flux continu. Les habitants étaient robustes et avides de tout ce que les Hantariens pouvaient leur apporter. Cette planète, essentiellement rurale, comptait tout de même quelques bourgs de citadins expérimentés. D'ailleurs, Zak en avait assez du mépris que pouvait avoir ses compatriotes métropolitains face aux nouveaux arrivants.
- Ce sont pourtant bien eux les forces vives de notre développement ! Aimait-il à répéter à son entourage et au Grand Conseil.
Bientôt il faudrait d'ailleurs rejoindre la capitale pour diriger la nation vers son avenir.
Pour le moment, il rêvassait. Les dernières frégates de la flottes de colonisation finissaient d'atterrir et d'être parquées : cela éviter du gaspillage inutile de ressources. Les hommes s'affairaient partout. Il regarda plus loin vers les montagnes proches. Elles lui rappelaient sa planète natale, son enfance rude, son père... Tout était si loin maintenant. La lueur rouge de l'aube commençait à s'éclaircir. Au moment même où les premiers rayons solaires apparurent son fidèle Kalmouk frappa à la porte et sans attendre de réponse entra prestement.
- La cérémonie vous attend mon colonel.
Zak sortit immédiatement, Kalmouk sur les talons.
C'est vrai, c'est aujourd'hui que je monte en grade !
Sa nomination au grade de colonel venait d'être ratifiée par le Grand Conseil et le GQG. Il avait maintenant le plus haut grade dans la flotte de combat hantarienne.
En arrivant dans le hall de la colonie, il trouva un peloton d'honneur composé de 10 hommes des équipages et de 10 soldats nouvellement formés sur la planète ainsi qu'une petite assemblée composée d'officiers, de soldats et de notables de la planètes.
L'amalgame se fait déjà, cette planète se développera vite, constata-t-il.
La cérémonie fut brève : un représentant du Grand Conseil accompagné d'un général du GQG, rappelèrent la carrière du promu et les derniers événements qui avaient amenés à cette nomination. Puis solennellement il remirent à Zak ses nouveaux grades en remplacement des anciens. Une accolade, les « HURRAH » traditionnels de l'assemblée puis il invita tout le monde à boire à sa santé. Un peu ému quand même mais l'oeil sec il était fier de cet avancement. Tous le saluaient et venaient à sa rencontre pour le féliciter. Ces personnes qui l'entouraient, l'appréciaient avec franchise et il aimait ça.
Après une heure, ayant fini ses obligations officielles, il prit la route de Minsk accompagné de l'officier du GQG, du membre du Grand Conseil et de son escorte personnelle. Tout ce petit monde prit place dans 4 sondes ultra rapides. Ils seraient bientôt en vue de la planète mère. Zak était prêt pour prendre à bras le corps la charge qui l'attendait.



Épisode 5 : Galaxie 03 - La vie suit son cours


Le 17/11/anI "INFORMATIONS"
"FLASH INFO" Cette annonce venait d'interrompre tous les programmes sur tous les canaux audiovisuels des planètes. Le visage grave des présentateurs laissait présager quelque chose d'important.
Nous apprenons à l'instant, de sources officielles, qu'un grave accident est survenu dans notre centre de recherche de Minsk. De nombreux blessés sont à déplorer. Il semble que le sous effectif de travailleurs en maintenance soit à l'origine d'une panne qui a engendré cette catastrophe.
Les gens restaient incrédules devant les écrans. C'était un coup dur pour le développement des recherches en cours. Au fur et à mesure des dépêches, il apparaissait clairement qu'environ 400 personnes étaient mortes dans cette catastrophe.
Pour tous, cela montrait bien l'incompétence de l'ancien Grand Conseiller et la nécessité du retour au pouvoir du lieutenant-colonel Zak LVOV ; retour qui venait d'ailleurs de se produire la nuit précédente. Enfin ! Celui-ci allait pouvoir agir et rétablir les choses comme elles devaient l'être.
Le 20/11/anI "JOURNAL TÉLÉVISUEL"
Une grande maison semi-enterrée sur Minsk. Typique de cette planète pour la classe ouvrière : 1 seule pièce avec plusieurs alcôves pour dormir, se laver, jouer... La pièce commune faisait office de cuisine en même temps avec le foyer unique qui chauffait la pièce. Le tout devait loger une quinzaine de personnes au maximum. La famille était attablée pour le repas : ce repas, l'unique de la journée en famille, était attendu avec impatience. Et puis, il y avait également les nouvelles retransmises par vidéo projection et qui éclairaient tout un mur de la pièce. La matriarche, Babouchka, s'assit enfin alors que le générique du journal commençait. Les enfants se trémoussaient sur leur chaise en attendant son signal pour se servir dans les plats qui trônaient, fumant, sur la table. Pourtant le signal ne venait pas : il fallait d'abord attendre les titres avant que Babouchka ne commence à manger.
Galiana Gigansk apparut sur le mur et présenta les titres :
- Voici les titres de ce journal.
Réorganisation complète des institutions : le Grand Conseiller LVOV a fait voté un décret à effet immédiat. Le redressement de la nation s'accentue.
Météo : 3 tempêtes solaires en moins d'une semaine ! Après Mourmansk puis Krasnodar, c'est Bakou qui a été touchée. Doit-on parler d'emballement général de nos soleils ?
Commerce extérieur : après le coût de pouce donné par l'état et le recentrage des priorités, nos réserves ne font qu'augmenter.
Recyclage prioritaire : tout doit être fait pour éviter le gaspillage.
Flottes en plein développement : la production de vaisseaux de combat se poursuit.
- Madame, Monsieur, bonjour. (...)
Enfin ! Babouchka tendit la main et attrapa un morceau de blinis ainsi que 2 grappes de piouchs. Les enfants se détendirent et, sans se précipiter car Babouchka n'aimait pas ça, ils se servirent pour commencer à manger. Pour les adultes, c'était toujours un plaisir de voir ce petit jeu entre Babouchka et les enfants. Ils souriaient en regardant les enfants se régaler.
Mais il fallait manger également : la journée n'était pas finie et il fallait reprendre des forces. L'usine d'armement léger n'attendait qu'eux pour continuer la production des vaisseaux de combat.
Étalant les mets sur leur tranchoir, ils dévorèrent avidement en regarder du coin de l'oeil le développement des titres qui continuait à s'afficher sur le mur.



Épisode 6 : Galaxie 03 - Minsk - écrit le 22/11/anI - Prise de fonctions


Le Grand Conseiller Zak LVOV était satisfait. Après 7 jours à ce poste, il avait doublé la réserve de crédit de la nation et avait réuni tout le peuple derrière lui. Il était fier. Les rapports affluaient sur son bureau. Tout allait de l'avant et marchait à plein régime. Le Grand Conseil, maintenant à 10 membres, pouvait oeuvrer sereinement car dorénavant, c'était au Petit Conseil qu'il incombait de débattre des projets de lois et des axes à tenir. Tout marchait donc au mieux.
Il était plus particulièrement fier de la flotte qui était en pleine expansion. Il ne l'avait pas oublié car il en était l'officier le plus gradé. Il tenait beaucoup à ce grade et à ce poste qu'il comptait bien tenir en cas de conflit ou d'invasion. Il serait toujours avec ses hommes pour aller au combat.
Il prit le dernier rapport qu'on venait de lui apporter : les 5 premiers croiseurs venaient tout juste de sortir des chaînes de montage de Minsk. Quelle fierté ! Il étudia avec minutie les caractéristiques de ce nouveaux vaisseaux. Le blindage était impressionnant : de l'iridium à 65 %. Et l'armement du dernier cri : les 6 tourelles auto-pilotées à canons laser haute densité feraient merveilles dans les combats futurs. Ce vaisseau sortait tout droit d'études dont il avait été l'initiateur. Ce vaisseau lourd pourrait enfin asseoir la force de la flotte hantarienne. Un 2ème rapport suivait juste après : frégates d'assaut et corvettes à tir multiple continuaient de sortir des usines de montage. Il fit un bref calcul : cela représentait une force non négligeable. Soutenues par les quelques centaines de chasseurs et le millier d'intercepteurs, sans compter les corvettes lourdes et légères déjà construites, il s'imaginait bien aux commandes d'une telle flotte. Mais très vite il revint à la réalité. Cette force n'était pas concentrée, elle était dispersée sur 6 secteurs de la galaxie. Cela prendrait du temps pour la regrouper. Chassant cette réflexion qui avait eu l'effet d'une douche froide sur sa fierté, il n'eut plus qu'une seule pensée : aller voir l'un de ces croiseurs qui devait se trouver là bas, juste derrière la tour de contrôle qu'il apercevait depuis la fenêtre.
Décidé à prendre quelques minutes de repos et aussi joyeux qu'un enfant qui vient de recevoir une nouveau jouet, il sortir de son bureau pour aller voir cette merveille. Il fut immédiatement suivi par 4 gardes et son fidèle Kalmouk.



Épisode 7 : Galaxie 03 - Minsk - le 27/11/anI - Savoir garder son sang-froid


- Grand Conseiller ! Grand Conseiller !
Sur Minsk, une estafette venait d'entrer brutalement dans les quartiers du colonel LVOV lequel venait juste de rentrer de Smolensk. Elle se figea au garde à vous, respirant bruyamment et commença à transpirer. Interloqué mais curieux, le Grand Conseiller l'interrogea :
- Qui a-t-il donc de si urgent lieutenant ?
Sans plus attendre, ce dernier expliqua d'une seule traite :
- Le GQG m'envoie vous demander de venir au poste de commandement le plus rapidement possible pour vous informer de faits graves et de la plus haute importance.
Rouge et au bord de l'apoplexie, le lieutenant reprit sa respiration. Le colonel resta de marbre et décida d'aller séance tenant au poste de commandement. Laissant l'estafette sur place il s'engouffra dans le couloir privé qui reliait ses appartements au poste de commandement, son inséparable Kalmouk toujours rivé à ses talons.
En arrivant au PC, il remarque tout de suite un regroupement des officiers d'EM près de l'écran radar du secteur de Minsk. Voulant couper court au brouhaha ambiant, il interpella :
- Éh bien ! Que se passe-t-il donc de si urgent et de si grave ici.
L'officier le plus au gradé se retournant vers lui. Il semblait affolé, ses yeux tournant dans tous les sens.
- Gran... Grand Conseiller ! Nous sommes perdus !!!
Un murmure de désapprobation parcourut l'assistance. Irrité, le colonel LVOV lui demanda des explications. L'officier, de plus en plus nerveux, expliqua :
- Une nation voisiiiiiiiiiiine... Elle est en train de regrouper une flotte de 15000 sur dans le secteur de Miiiiiinsk !!! Nous allons être attaquééééé !!!
Il semblait au bord de la crise de nerf. Des murmures s'élevèrent de nouveau tout autour. Certains de ses collègues ne semblaient pas d'accord avec lui. Le sang du Grand Conseiller se figea et sans plus attendre il explosa :
- Mais qu'est ce donc que ceci ! Qu'est ce qu'il vous prend mon général !? Vous êtes fou !
Il évitait toujours ce genre de scènes en public mais là s'en était trop.
- Vous êtes aux arrêts sans plus attendre ! Il est inadmissible de ne pas garder son sang froid à la place où vous êtes. De plus, sachez que nous avions remarqué ces mouvements et qu'un regroupement est en cours également chez nous, sur Minsk. Ensuite, sachez qu'une flotte alliée de 43000 est également en approche. Si vous regardiez vos écrans, vous l'auriez remarqué. Un novice le verrait. Pour finir, une flotte ne signifie en aucun cas une attaque ou je ne sais quoi d'autre. Vous êtes pitoyable et ridicule. Rompez ! Je statuerais sur votre cas plus tard.
Le général sortit de la salle, encadrait par 2 gardes. Se retournant alors vers un lieutenant-colonel qu'il connaissait, il l'interpella :
- lieutenant-colonel GHO, je vous nomme responsable de ce service à cette instant. Bienvenu à ce poste. Maintenant messieurs au travail et sereinement. Merci à vous tous.
Il jeta un oeil autour de lui : tout le monde semblait l'approuver. Puis il fit demi-tour et retourna dans ses quartiers.
Tout en cheminant, il pensait qu'il était plus que nécessaire de faire le nettoyage de toutes ces vieilles badernes qui étaient encore dans les EM hantariens. Cela lui rappela un épisode épique qui avait précédé l'Exode : une planète avait pratiquement pliée baguage face à l'entrée d'une flotte dans un secteur et celle-ci n'avait même pas attaquée... Tant de temps perdu à l'époque. Cela ne devait pas se reproduire ici.



Épisode 8 : Galaxie 03 - Minsk - le 01/12/anI - Crime et châtiment


Il faisait froid ce matin là sur Minsk. Une fine pluie laissait à peine entrevoir la lueur du soleil qui se levait. Les 12 hommes du peloton restaient pourtant stoïques et attendaient les ordres, au garde à vous. Plusieurs officiers et responsables civiles étaient là également, courbant l'échine, transis de froid.
En cette matinée du 01/12/anI, le général BIOUBHA et les capitaines STOYE et BIOUBHA devaient être exécutés. Découverts en train d'espionner pour le compte de l'ennemi suite aux derniers événements arrivés dans l'Alliance, ils avaient été jugés pour haute trahison. Depuis ils attendaient leur sort dans les cellules situées au sous-sol des bâtiments du Grand Conseil. Ils n'avaient même pas niés.
Cela avait beaucoup marqué les esprits partout dans les villes et les campagnes. Jusqu'où la trahison était-elle implantée ? Pourtant les gouvernants n'avaient pas ralenti leur réformes et le développement de la nation se déroulait toujours, imperturbable, même si le Grand Conseil trouvait que la nation hantarienne était gravement en retard en comparaison des autres nations de l'Alliance...
Une porte dérobée s'ouvrit soudain et le peloton se figea un peu plus. Un capitaine sortit alors suivi des 3 condamnés et de leurs gardiens. Rapidement il furent amenés face aux soldats du peloton. Ceux-ci, toujours au garde à vous, attendaient. Le capitaine qui commandait le peloton lu alors très lentement la sentence :
- Au nom de la nation hantarienne, le général BIOUBHA ainsi que les capitaines BIOUBHA et STOYE, accusés de haute trahison, ont été jugés et déclarés coupables des faits qu'ils leur sont reprochés. Par conséquent, la nation hantarienne les condamne à être dégradés et passé par les armes ce jour.
Puis il s'approcha des 3 condamnés et leur arracha grades et distinctions. Ensuite les gardiens bandèrent les yeux des 3 hommes et les bâillonnèrent. Ils les placèrent contre le mur, dos au peloton, bras tendus vers le haut. Leurs mains furent nouées à des anneaux scelés dans la maçonnerie du mur. L'un des 2 capitaines se mit à sangloter et chancela ce qui le fit pendre par les bras d'une façon grotesque. La tension était palpable tout autour. Le capitaine se figea alors dans un garde à vous impeccable et aboya :
- Peloton ! A mon commandement ! Reposez armes ! ... En position !
Les hommes du peloton épaulèrent leur armes.
- Soldats ! Je ne tolérerai aucune défection : 4 projectiles par hommes. Je les compterais moi-même ensuite.
La mâchoire des soldats se raidit. Ils attendaient. Dans le silence pesant, on entendait toujours le capitaine sanglotait. Les 2 autres semblaient déjà ailleurs.
- Approvisionnez ! ... En joue ! ... FEU !
Il n'y eut qu'une seule déflagration. Les 12 projectiles à haute densité frappèrent leurs cibles. Trois morts pendaient maintenant contre le mur, les poignets toujours attachés.
- Reposez armes !
Le capitaine sortit alors son arme de poing. Il se dirigea vers l'ex général et lui tira un projectile dans la nuque. Il fit de même avec les 2 ex capitaines. Puis se replaça à son poste :
- Portez armes ! A gauche, gauche ! En avant, marche !
Le peloton disparut vers ses quartiers au pas cadencé. Les quelques témoins officiels qui étaient là s'en allèrent également. Les gardiens coupèrent enfin les liens qui retenaient encore les corps et attendirent que les services de la morgue arrive.
La pluie venait de s'arrêter, la lumière commença à percer à travers l'épaisseur de la grisaille.



Épisode 9 : Galaxie 03 - le 07/12/anI - Début des invasions - Extraits du journal du sergent-chef Sacha LEC, sous-officier de la section de reconnaissance - 1ère compagnie - 3ème rang de la 5ème légion : prise d'assaut de la planète *censuré*, secteur *censuré*.


Plusieurs heures déjà que nous faisons route vers cette planète hostile.
Les hommes sont calmes et sereins même si la tension commence à monter.
Je passe le temps en observant les corvettes qui nous escortent : elles sont hérissées de tourelles, 16 au total, et c'est bien rassurant.
(...)
Nous venons d'arriver en orbite de la planète.
J'ai eu le temps de la voir lors de notre approche. J'ai également vu notre flotte de soutien : les croiseurs et le vaisseau mère sont impressionnants !
Je n'ai jamais vu autant de vaisseaux rassemblés.
Maintenant nous embarquons dans les compartiments blindés de notre barge.
Les hommes ont reçus leurs munitions. Ils se préparent.
Ma section est confiante. Nous nous connaissons bien, je pense que tout ira bien.
J'ai appris tout à l'heure que 300 hommes de notre Garde allaient également participer à cet assaut.
Il faut attendre. Toujours cette attente ! Ça semble le destin du militaire. (...)
(...)
Notre barge a touché le sol sans aucun problème.
Notre légion a débarqué en rase campagne.
Ma section a été envoyée sur les hauteurs proches pour éclairer la compagnie.
Le sol est rocailleux dans cette région et la pente abrupte.
A 800m du sommet nous avons eu un premier accrochage : 2 retranchements avec armes légères et 1 casemate avec armes lourdes.
Nous avons dû faire appel à l'appui lourd de la compagnie et même du 3ème rang pour nettoyer la zone.
Sur les 10 hommes de la section : 1 mort (soldat PITOU) et 2 blessés (caporal MENCHI et soldat BOTSH).
Je pense que la compagnie a eu des pertes sensibles.
Le 3ème rang a donc sécurisé cette colline.
J'ai pu voir l'armement lourd d'appui arriver et se mettre en position.
Le lieutenant nous a indiqué notre future mission : éclairer la zone de la colline jusqu'au faubourgs sud-ouest de la métropole.
La 1ère compagnie est encore en tête avec ma section en pointe.
3 villages ont été sécurisés ainsi qu'une zone industrielle. La progression a été rapide : les défenses étaient médiocres avec juste quelques travailleurs mal équipés et peu entraînés.
La population rencontrée ne semble pas hostile et a hébergé nos blessés en attendant nos services d'évacuation. Nous avons détruits 2 casemates, 3 retranchements et 1 véhicule blindé pour aucune perte dans la section.
A l'approche des faubourgs, la résistance se durcit et nous devons nettoyer une par une les rues et les maisons.
La tache est rude. En face, nous affrontons maintenant l'élite des troupes ennemies.
Les combats sont brefs et violents.
Nous avons des pertes : 3 morts (caporal-chef JIEN, soldats HOUI et DANG) et 2 blessés (lieutenant FYLS et soldat SION).
La section est réduite à 3 hommes dont je suis le chef maintenant.
Nous passons en réserve de la compagnie, au PC.
Nous sommes épuisés physiquement et nerveusement. Les quelques mots de notre capitaine ne nous ont apporté aucun réconfort.
(...)
Le 3ème rang a atteint la métropole et se rassemble pour l'assaut final.
Nous avons pris contact avec le 1er rang de la 6ème légion ainsi qu'avec le détachement de la Garde arrivé en renfort.
C'est à ce moment que nous avons subit un barrage d'artillerie lourde.
Nous n'étions pas encore retranchés et avons été pris de court.
Mes 2 derniers camarades (soldats BOH et CZICK) ont été tués. Littéralement pulvérisés. Plus aucune trace d'eux. Il ne reste que moi de la section reco de la 1ère compagnie.
Beaucoup de pertes chez nous, de blessés...
Notre 3ème rang complètement désorganisé suite à ce bombardement est remplacé par le 2ème rang de la 5ème légion.
Il est retiré du front et mis en base arrière.
(...)
Depuis le début des combats, j'ai appris qu'il avait eu 80% de son effectif hors de combat dont la moitié de morts.
Pour moi, la campagne s'arrête là.
De la colline d'où nous sommes partis, je vois au loin flotter nos couleurs sur les hauts bâtiments du centre ville. Cette campagne aura bien marqué les esprits.
Les blessés passent à côté de moi pour être évacués.
J'apprends que bientôt nous serons évacués : retour vers Minsk.



Épisode 10 : Galaxie 03 - écrit le 13/12/anI - Recyclage et Fossoyeurs


Dans le PC sur Minsk, l'alarme venait de se déclencher. Tout le personnel scruta les écrans radars. Un opérateur annonça alors à haute voix :
- Secteur de Mourmansk, zone 8, plus de 10000 de fossoyeurs en approche.
Le lieutenant-colonel GHO, chef du service, fronça les sourcils et déclancha aussitôt une alerte : il y avait des récolteurs hantariens là-bas mais aussi des alliés. Le message chemina ainsi de relai en relai et peu après il arrivait dans les mains du chef de bord BOFE, commandant le récolteur A et superviseur de la flotte troykaR1.
Le message lui demandait de dégager vers Mourmansk car aucune assistance ne serait envoyée vu la force ennemie. Il fit un rapide calcul. Il avait encore du temps et il pouvait encore remplir un peu les soutes de ses cargos. Il dégagerait au dernier moment et attendrait à l'abri de Mourmansk. Il verrait bien ensuite. Prévenant son second de ses intentions ainsi que les autres vaisseaux de sa flotte, les ordres furent donnés dans le calme. Un cargo, de retour d'une vente, fut dérouté sur Mourmansk. Les hommes étaient maintenant un peu plus tendus mais le travail continua comme si de rien était. Jetant un regard sur les autres flottes qui était sur zone, le chef de bord eut envi de les prévenir, puis se ravisa : l'Alliance était prévenue, le reste importait peu. Il retourna alors superviser les opérations de remplissage.



Épisode 11 : Galaxie 03 - Joies et désillusions d'un dirigeant


Écrit le 16/12/anI

Elle dormait. Elle dormait là tout à côté. Il entendait son souffle régulier. Elle dormait et lui s'était réveillé. Il fallait encore qu'il avance sur quelques dossiers et envoie plusieurs messages. Le colonel LVOV n'avait jamais aucun répit même au plus profond de son intimité. Il fallait toujours être au service de la nation. Pourtant il prit quelques instants pour regarder sa bien-aimée.
Slaine dormait donc. Elle dormait de ce sommeil réparateur et serein. Il y a peu pourtant elle ne dormait pas ! Il sourit à cette pensée. Il scruta les fourrures et les draps qui cachaient les courbes rondes et pleines que l'on pouvait deviner à la lueur des flammes qui ondoyaient non loin. Au même instant, elle soupira et se retourna, changeant ainsi la vue qu'il avait d'elle. On distinguait maintenant sa gorge pulpeuse. Il sourit encore une fois. Il était fourbu maintement. Fourbu et calme.
Slaine.
Il l'aimait plus que tout c'était sûr. Longtemps il s'était posé la question, pesant le pour et le contre, refusant sans doute l'engagement. Mais dorénavant il en était certain : elle le stabilisait, il était moins sauvage et plus sûr de lui qu'auparavant. C'était un peu grâce à elle aussi qu'il était revenu au sommet de la nation hantarienne.
Il reporta son regard sur la table de travail et rédigea rapidement plusieurs courriers. Ensuite il consulta différents dossiers sur le développement des flottes de guerre et les projets de recherche à venir. Il étudia également les différents décrets à établir pour la mise en place des nouvelles institutions : cela tardait un peu à être mis en place. Après 2 heures de travail, il décida que c'était assez. Il se dirigea vers la couche toute proche et, soulevant les étoffes, il se lova contre le corps doux et chaud de sa compagne. Très vite il s'endormit, un bras autour de la taille nue et ronde de Slaine.
Dans l'âtre toute proche, les braises s'éteignaient doucement.

Écrit le 04/01/anI

Le Grand Conseiller LVOV était fatigué : ces derniers jours avaient été éprouvant. La bataille avait été rude lors du vote au Grand Conseil concernant le lancement des recherches pour la planétologie ainsi que la construction de réserves d'énergie sur les principales planètes. Il avait fallu revoir beaucoup de choses et en particulier augmenter le nombre de scientifiques mais aussi le nombre de soldats. Ces derniers étaient, jusqu'à maintenant, a un niveau assez faible. La nation était donc redevenue une fourmilière : la nouvelle frégate à missile venait de sortir des chantiers équipées des derniers déflecteurs optimisés, les frégates d'assaut et autres croiseurs continuaient à s'ajouter à ceux qui existaient déjà, l'enrôlement des troupes se passait au mieux et les recherches avançaient correctement. Bien sûr il y avait toujours les réfractaires, les contradicteurs du Grand Conseil. Il avait fallu les écarter et manoeuvrer fermer pour aboutir. Ceux ci ne supportaient pas un développement trop militaire. Ils pensaient toujours qu'en se cachant la tête dans le sable comme une glutute du désert, rien ne pouvaient leur arriver. Heureusement qu'ils n'étaient qu'une minorité et que la situation financière était au beau fixe. Dans le cas contraire, le Grand Conseiller aurait dû ranger au plus vite ses projets et attendre encore longtemps.
Perdu dans ses pensées, ses pas le conduisirent à travers le palais, et presque machinalement, vers la grand baie vitrée qui donnait sur les quais de stockage de la flotte. Là, trônait la frégate à missile fraîchement terminée. Encore une fois il se félicita sur le choix de développer ce vaisseau. Un véritable tueur de corvettes ! Celui-ci ne pouvait que renforcer la force de frappe hantarienne au combat. Satisfait, il se dirigea vers ses appartements pour prendre un repos bien mérité.

Écrit le 23/01/anI

Un sourire ironique au coin des lèvres, le colonel LVOV souriait en regardant par la fenêtre de son bureau. Pourtant tout avait bien fonctionné : très peu de vaisseaux détruits, la mise à genoux de 2 planètes et la conquête d'une nouvelle dans le giron de la nation. Bien sûr il y avait eu des pertes en hommes. C'était là que le bas blessait... On ne lui pardonnait pas ces pertes qui, d'ailleurs, étaient déjà remplacées depuis longtemps. Il avait subi une attaque en règle au Grand Conseil. On lui avait tout dit : « manque de respects envers ses concitoyens », « indifférence pour la vie », « pertes inutiles », « froid et sans scrupule »... Il en était resté bouche bée. Il avait encaissé cela comme la perdrix des steppes prend une volée de plomb. Pourtant il était rentré de ces combats confiant et plein d'allant, mais tout cela avait fait l'effet d'une douche glacée. Il ne pouvait s'empêcher de faire les 100 pas dans ce bureau qui semblait l'étouffer maintenant. Et le comble ! Oui le comble était qu'il venait d'être nommé général de la flotte en récompense de ses derniers exploits au combat. Cela frisait presque le ridicule.
Il ruminait donc seul, incapable de se sortir cette situation ridicule de l'esprit. Un tas d'arguments jaillissait du bouillonnement de son esprit : le soutien à apporter à l'Alliance (qui avait beaucoup fait pour les Hantariens), les recherches en planétologie terminées, le développement de cavernes d'acier et d'une lune artificielle, les vaisseaux qui continuaient à se construire, une nouvelle planète bientôt colonisée. Mais à chaque fois il secouait la tête pour balayer ses arguments. Il ne voulait en aucune façon devoir se justifier ou se défendre car cela aurait signifier la reconnaissances de fautes qui n'existaient pas.
Plein de ressentiment et d'amertume il décida, sur un coup de tête, de rejoindre la flotte de combat qui gravitait autour de la future planète colonisée. Une lueur de quiétude traversa son esprit : parmi ses compagnons d'armes il se sentirait mieux et quelques contacts avec les autres dirigeants des nations alliées auraient vite fait de le remettre d'aplomb. Il appela rapidement sa bien-aimée pour qu'elle le rejoigne.
Deux heures plus tard, ça navette rapide les emmenait loin de toute cette ambiance lourde et suspicieuse.



Épisode 12 : Galaxie 03 - Rostov : restructuration puis abandon


Le 29/01/anI

Sur Rostov, le centre de recherche venait d'être cisaillé par le bas. Lentement le bâtiment principal ainsi que ses 2 annexes s'effondra sur lui-même dans un grand nuage de poussière. Tout autour les engins s'affairaient. Tandis qu'un atelier était déjà en construction, le tracé d'un deuxième était en cours. La restructuration allait bon train. Cette petite planète isolée était dans les priorités de la nation hantarienne. Jusque là elle n'avait été qu'un centre de recherche géant, dorénavant elle serait une place forte : cela était devenu nécessaire aux vues du dernier trouble qu'il y avait eu avec une alliance hostile...
Des stocks de matériaux étaient donc là, prêts pour le forage et le déploiement de structures souterraines. Des travailleurs allaient être embauchés ou étaient en approche de la planète. Les 2100 scientifiques n'étaient plus qu'un lointain souvenir et s'en étaient allés pour une autre planète plus accueillante.
La population semblait rassurée depuis ces grands bouleversements car pendant plusieurs jours, il avait était question que la nation hantarienne évacue la zone et les laisse autonomes mais sans défense. De nouveaux cargos étaient en approche : les choses allaient bon train.

Le 30/01/anI

L'administrateur de Rostov était blême.
- Ils nous ont trompé... Ils nous ont trompé...Ne cessait-il de ressasser en arpentant les couloirs des administrations de la planète.
Bianko BORN se souvenait encore de son réveil brutal du matin. Son adjoint était venu affolé et comme en plein délire. Il avait eu du mal à le calmer pour comprendre ce qu'il se passait.
- Ce qu'il se passe ! Ce qu'il se passe !
C'était tout ce que son adjoint avait pu bredouiller. Tout était clair maintenant et il l'avait compris tout de suite en allant sur le balcon de son appartement : toute la flotte de guerre hantarienne qui stationnait sur la planète prenait son envol. Il était resté terrifié devant ce spectacle pourtant grandiose.
- La légion a embarqué ce matin à la première heure, chuchota son adjoint derrière lui. Ils partent tous ! Qu'allons-nous faire ! Qu'allons nous devenir !
Il l'avait entendu étouffer un sanglot. Bianko comprenait tout maintenant : la destruction du centre de recherche, le départ des scientifiques, les rotations de cargos qui, soi-disant, venait apporter des ressources pour développer la planète. Tout cela n'avait été qu'une belle mise en scène pour les endormir lui et son peuple.
Depuis le matin il avait fait tout son possible pour stopper l'inévitable. Mais déjà les mines et les puits de production avaient été démantelés. La capacité de production d'énergie était presque réduite à néant et la plupart des structures lourdes avaient été détruites. Les Hantariens ne faisaient jamais les choses à moitié. Il les avait toujours admirés pour cela mais aujourd'hui il subissait leur cruelle efficacité. Au détour d'un couloir, il croisa une colonne d'ouvriers qui venait d'opter pour l'exile. La nation hantarienne leur proposait de la suivre et ils avaient acceptés. Ils pouvaient ainsi, avec leur famille proche, s'exiler vers la nouvelle colonie que les Hantariens convoitaient. Il en avait été de même avec les soldats : tous avaient accepté.
Après plusieurs démarches infructueuses auprès de l'ambassadeur hantarien, Bianko réussit tout de même à obtenir une communication avec le Grand Conseiller LVOV. Il jeta ses derniers arguments dans le dialogue :
- Grand Conseiller LVOV, mes respects.
- Bonjour Administrateur BORN, que me vaut le plaisir ?
- Arrêtons les civilités je vous prie. Je pense que vous êtes au courant de ce qui se passe ici ?
- Oui Administrateur, je souhaitais d'ailleurs vous en entretenir ?
- M'en entretenir ! C'est une plaisanterie je suppose ?
- Écoutez Administrateur, je comprends votre désarroi et votre réaction. Sachez que je suis de tout coeur avec vous et que je souhaite...
- Assez ! Vous ne comprenez pas ! Les engagements que vous aviez pris pourtant... Quand vous êtes arrivés ici nous vous avons accueilli à bras ouverts... et... et voilà notre récompense.
- Je vous le répète, je comprends. Ça n'est pas de gaieté de coeur que je fais cela. Si cela ne dépendait que de moi croyez bien que je serais resté mais j'ai des impératifs. Notre Grand Conseil a tranché et je n'ai pas eu la majorité... Nous subissons des pressions de la part de notre Alliance. Nous avons des obligations de résultats. Vous comprenez ?
- ...
- Administrateur ?
- Oui. Je comprends. Je comprends que nous allons devoir de nouveau nous en sortir seul...
- Administrateur, je tiens ici à vous certifier que nous allons faire tout notre possible pour que vous continuiez à travailler avec nous et nous avec vous. Je vous envoie tout de suite ma présentation de ce que je pourrais appeler « une grande migration ».
(...)
Le projet était simple : déplacer tous ceux qui le souhaitait vers une nouvelle planète pratiquement vierge de toute population. Tout serait fait pour que chaque personne de Rostov est la possibilité de retrouver sa place sur la nouvelle planète : Rostov II.
La communication dura encore quelques temps. Le temps que les esprits s'apaisent. L'Administrateur accepta les propositions et s'empressa ensuite de communiquer ces informations à toute la population.
Les 2 derniers cargos encore présents sur la planète se remplissaient tout doucement : pratiquement 95% de la population avait acceptée l'exode. Tout semblait se résoudre finalement mais à quel prix !
Sur la passerelle d'un croiseur en orbite de la future Rostov II, le général LVOV restait pensif. Cette nouvelle planète était prometteuse et beaucoup plus intéressante que l'ancienne. Pourtant il ressentait comme un malaise au plus profond de lui. Cet abandon rapide n'était pas digne de lui. Il en avait été obligé par un vote du Grand Conseil et il avait dû s'incliner. L'Administrateur BORN avait était un ami depuis le début et il avait l'impression de l'avoir poignardé dans le dos. Ce dernier avait pourtant accepté le poste d'administrateur sur Rostov II. Il le reverrait donc bientôt et avec le temps l'amertume disparaitrait et l'amitié reviendraient très certainement. Enfin... Il l'espérait.



Épisode 13 : Galaxie 03 - Tatiana, nouvel officier de la flotte


Le 05/02/anI - Secteur de Smolensk, PC d'alerte, 6h00 du matin.

- Mon commandant !?
- Oui lieutenant, qu'y-a-t-il ?
- Nous venons de recevoir un message du PC de Minsk : alerte générale pour notre flotte. Vaisseau d'une nation hostile dans le secteur de troykaR2.
- Oui, j'attendais la confirmation pour mon avis d'alerte. Merci lieutenant.
Ce dernier salua impeccablement, fit demi tour et sortit prestement. Le commandant MARK regarda partir son ordonnance. Décidément, les courbes de ce lieutenant étaient bien agréables à regarder... Il sourit. Il n'avait jamais été pour la présence des femmes dans les forces spatiales mais il reconnaissait que physiquement c'était autrechose qu'une armoire à glace au menton carré. Et puis, suite aux derniers combats survenus, elles avaient montré qu'elles savaient parfaitement se battre et qu'elles étaient souvent plus perspicaces et accrocheuses dans bien des situations. Après tout, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Et puis... Et puis son ordonnance était vraiment craquante ! Il chassa ces idées de son esprit et posa le regard sur le message :
« Alliance alertée - stop - envoi immédiat de forces dans le secteur de Mourmansk - stop - 1 patrouille légère en éclaireur et 1 flottille en soutien - stop - général LVOV présent pour superviser - terminé »
Il sourit de nouveau : le général ne pouvait s'empêcher d'être là. Il devait ronger son frein sur Minsk et à la moindre occasion il en profitait pour retrouver ses vaisseaux et ses hommes.
Rapidement il prit les dispositions pour lancer une patrouille ainsi qu'une flottille. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les vaisseaux étaient partis.


Le même jour - Secteur de troykaR2, 14h00.

- De CLleader à CL10.
- Parler CLleader.
- Il est a vous. C'est votre premier. Terminé.
La flottille venait juste de rejoindre la patrouille qui sécurisait le secteur depuis 1 heure. Les hommes se demandaient bien pourquoi un tel déploiement de forces pour si peu. Un seul vaisseau en face ! Les officiers avaient dû encore se faire plaisir en faisant joujou avec leurs vaisseaux. La plupart des corvettes se mit donc en attente prêt à intervenir au « cas où ». Seuls les chasseurs et une corvette lourde devaient intervenir, celle de l'aspirant Tatiana ZEJEWSK. Cette toute jeune aspirant sortit de l'école de la flotte était prometteuse. La première pilote de vaisseau de ce type.
A bord de la corvette, la tension montait doucement. Le bip du signal du vaisseau intrus accélérait : le vaisseau se rapprochait. Tatiana avait les yeux rivés à l'endroit où le vaisseau devait arriver. Les mains moites, la gorge sèche, elle n'avait pas droit à l'erreur. En plus, le général en chef était là ! Elle déglutit sans rien avaler. Elle toussota pour s'éclaircir la voix. Elle avait répété ça tant de fois à l'entraînement :
- Officier de tir ?
- Paré.
- Officier de navigation ?
- Paré.
- Bien. J'espère que nous allons faire du bon travail, net et sans bavure.
L'équipage de 16 hommes était lui aussi novice. Tout le monde attendait dans un silence que seul le bip du radar rompait.
Tout à coup, un éclat vif illumina le point d'arrivée et le vaisseau apparu.
- Feu ! ordonna Tatiana.
Une roquette sortit du lanceur et partit en direction du vaisseau. C'était un vaisseau de colonisation.
Trop près, pensa-t-elle, trop près !
La roquette n'avait pas eu le temps de s'armer, elle ricocha sur le blindage du vaisseau et explosa plus loin. Déjà le lourd vaisseau essayait désespérément d'amorcer une esquive.
- Officier de tir, déverrouillez la prochaine, ordonna Tatiana.
- Bien reçu.
Le ciblage avait déjà était corrigé, la corvette suivait parfaitement le vaisseau sur son arrière droit. Le lanceur s'était réarmé automatiquement.
- Feu !
Une 2ème roquette partie aussitôt. Elle toucha le gros vaisseau dans ses propulseurs. Une lueur partie du point d'impact pour se propager vers l'intérieur et irradier ensuite toute la carlingue qui fut disloquée. Sur les écrans radars, 2 capsules de survie apparaissaient : certains avaient pu s'en sortir.
Un peu trop facile quand même, pensa-t-elle avec une petite moue.
L'équipage exultait pourtant autour d'elle.
Mais bon. C'est mon premier !



Épisode 14 : Galaxie 03 - Le 08/02/anI - Slaine, nouvel officier de la chasse


Ils venaient d'arriver sur zone. Slaine était la 3ème de la patrouille, la « place du mort » comme beaucoup aimaient à le dire. La mission était simple : reconnaître une zone masquée en milieu hostile. Trois intercepteurs avaient donc étaient envoyés. Leur chef de patrouille, Oris, était un bon camarade mais elle avait des doutes sur ses capacités à commander cette patrouille.
La zone semblait dégagée, rien d'anormal sur les écrans et en visuel. Juste quelques astéroïdes sur leur gauche.
- De Ileader à I3.
- Parlé Ileader.
- Slaine ! Tu vas reconnaître les astéroïdes, nous te couvrons avec Alex.
Elle tiqua un peu sur la dernière phrase : ça n'était pas très « procédure procédure » comme ordre. Sans rien dire pourtant elle appuya sur les commandes. Son intercepteur réagissait au moindre de ses ordres. Réglant ses capteurs radars au maximum, tous ses sens en éveil, elle approchait des blocs qui grossissait à vue d'oeil. Un sourd pressentiment lui bloquait l'estomac.
Soudain l'alarme d'approche se déclencha : quatre chasseurs inconnus venaient de se démasquer. Instinctivement elle décrocha brutalement sur la droite. Bien lui en avait pris : une rafale de canon laser venant de la frôler. Pour ses deux ailiers, il en était autrement :
- Ici Ileader, je suis accroché par deux bandits. Impossible de les lâcher !
- De I2 à Ileader, je les suis.
- Ici I3, je rejoins.
- Ici Ileader aidez-moi !
Deux chasseurs traquaient Oris qui, bien qu'avec une vitesse plus importante, n'arrivait pas à les semer. Leurs tirs se rapprochaient de plus en plus. Oris craquait, on entendait sa respiration dans les transmissions. Il était au bord de l'asphyxie. Déjà 2 erreurs à son actif... Slaine venait juste de penser ça quand Ileader explosa en tournoyant dans une berge d'étincelles. Au même moment, Alex détruisait l'un des deux assaillants. Lui même en avait 2 sur le dos.
- De I2 à I3. Deux bandits sur le dos. Tu peux m'aider ?
- Reçu I2, je suis sur le coup.
Elle approchait des ennemis par le dessous. Ça seule chance était d'en avoir un au premier passage. Son armement était moins puissant. Une pression de l'index sur l'interrupteur de tir et le canon lâcha une rafale de projectiles qui allèrent s'écraser sur le blindage d'un des deux chasseurs ennemis. Disloqué il rompit le combat et explosa un peu plus loin.
- Bien joué I3. Je vais rev... Aaaaaaaaaaaah !
Alex n'eut pas le temps de finir. Touché à mort son intercepteur explosa à son tour. Slaine eut juste le temps de voir Alex s'éjecter. Elle avait maintenant deux bandits sur le dos. Sa propulsion au maximum elle enchaînait manoeuvre sur manoeuvre. Ecrasée dans son siège, les sangles lui coupaient les épaules. La sueur coulait sous son casque et dans son dos. Après une dernière manoeuvre d'esquive, elle réussit à se mettre en position et à tirer une rafale à l'instinct. Celle-ci fit mouche et un nouveau chasseur fut détruit. Le dernier qui restait rompit alors le combat. Épuisée, la vue commençant à se troubler, Slaine n'insista pas. Elle aussi allait rentrer.
- FIN DE LA SIMULATION, annonça une voix dans son casque.
Le cockpit de son intercepteur s'ouvrir et son instructeur l'accueillit avec un large sourire :
- Félicitations aspirant NAUX, joli coup pour une première simulation.
Elle sourit faiblement et s'extirpa du cockpit. Elle chancela au premier pas puis se reprit pour se tenir bien droite sur ses jambes. Elle était heureuse ! Heureuse d'avoir commencé cette formation de pilote de chasse et surtout que Zak est accepté qu'elle la fasse. Elle aussi voulait participer à l'effort de la nation hantarienne. Elle se souvenait encore du regard un peu surpris qu'il lui avait lancé à cette nouvelle et puis du sourire franc qu'il lui avait fait en lui disant :
- C'est toi qui décides ma tigresse ! Tu fais comme tu le sens. Avait-il ajouter en lui faisant un clin d'oeil.
Ils avaient bien rigolé. En plus, elle adorait qu'il l'appelle « ma tigresse » pensa-t-elle en rejoignant ses camarades. Alex était toujours aussi souriant et Oris, par contre, complètement dépité.



Épisode 15 : Galaxie 03 - Le 08/02/anI - Premier revers : destruction de la flotte B1


Planète Minsk, GQG, 10h00 :

- Ici CRleader... Sommes attaqués ! Situation devient impossible à gérer... Nombreux vaisseaux détruits... Sommes débordés...
Tel était le dernier message émis par la flotte de blocus B1 en secteur troykaR5. Au PC les hommes du lieutenant-colonel GHO attendaient anxieux mais plus rien, aucun message. Cette flotte légère en blocus sur une nation hostile depuis presque 3 jours venait purement et simplement de disparaître des radars. Plus grave, aucune nouvelle du général LVOV qui avait pris le commandement de cette flotte. Bien qu'aucun communiqué officiel n'est été fait, la nouvelle, comme une rumeur se répandit rapidement dans la nation.
Dans un secteur éloigné, sur Omsk, au même moment :
- Envoyez une sonde sur zone. Il faut être sûr de ce qu'il s'est passé. Les rapports sont confus.
- Bien reçu mon commandant, sonde partie.
Au bout d'un quart d'heure, le résultat tomba, clair et précis : la flotte B1 avait été annihilée. Aucun vaisseau n'avait survécu. Plusieurs boîtes de contrôle purent être analysées avant que la sonde ne soit détruite. 309 vaisseaux hantariens et 187 vaisseaux alliés avaient été détruits. En face, l'ennemi (une nation inconnue jusque là) avait eu 313 vaisseaux perdus sur ses 2703 initialement présents.
Nous n'avons pas démérité, pensa le commandant VHUIL, seulement succombés sous le nombre.
Immédiatement, l'information remonta jusqu'à Minsk et l'Alliance fut prévenue. Tout le protocole habituel des prises de contact et des échanges diplomatiques fut enclenché.
De leur côté, sans nouvelle de leur Grand Conseiller, les hantariens attendaient.

Secteur troykaR5, position de l'ex flotte B1, 16h00 :

- Ici flotte *censuré* de la nation alliée *censuré*.
- Ici PC de Omsk, parlez.
- Nous avons sécurisé la zone *censuré* et quelqu'un souhaiterait vous parler.
- Nous vous écoutons.
- Ici autorité, content de vous entendre commandant VHUIL.
- Grand Conseiller ! S'exclama le commandant en s'étranglant presque.
- Oui commandant, lui-même. Je vous rejoins sous peu, des nouvelles importantes à me communiquer ?
- Mon général, nous regroupons une flotte actuellement et nous pensions rejoindre la zone des combats mais sachant que vous êtes là, il n'y a plus d'urgence.
- Bien reçu. Regroupez tout de même et envoyez cette flotte sur zone. Je vous rejoins et ramène plusieurs survivants. Terminé.
- Ici Omsk. Terminé.
La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre et un soulagement immense parcourut alors toute la nation hantarienne.
Lorsque le général arriva sur Omsk avec les rescapés de la flotte B1, ils furent chaleureusement accueillis et pris en charge par les services de santé. Le général, lui-même blessé au flanc et à une jambe, fut soigné rapidement.

le 09/01/an I, retour vers Minsk

Sa navette sonde avait quitté Omsk et fendait maintenant l'espace à vive allure pour rejoindre la flotte A. Un peu assommé par les calmants, Zak regardait fixement devant lui. La douleur des blessures était lancinante et ne le lâchait pas. Il serra les dents : une image furtive de ce qui leur était arrivé venait de lui traversée l'esprit. Il avait pourtant vu et subi beaucoup de coups durs avant l'Exode et même avant le Grand Exile plus lointain. Ca n'était pas le premier combat qu'il livrait et qu'il perdait. Pourtant, celui-ci avait était particulièrement dur et inégal.
En se disant cela, un flot d'images lui revint. C'était presque comme si il revivait le combat. Il revoyait parfaitement le tableau : les vaisseaux lourds faisant blocus de la planète, les chasseurs et autres intercepteurs patrouillant autour d'eux. Il y avait eu un signe préalable pourtant : 1 sonde détruite 2 heures auparavant. Mais c'était déjà la 2ème qui était détruite de cette nation. Et puis une sonde ne signifie rien à proprement parler. Sans doute avait-il été trop confiant, pas assez sur ses gardes...
Il prit alors un stylo et commença à écrire :
Rapport préparatoire sur la destruction de la flotte B1.
Lors que les premiers vaisseaux ennemis apparurent sur les radars, il était déjà trop tard pour fuir. Nous avons dû nous battre à 1 contre 5.
La flotte alliée qui était présente a fait de même, sans faillir.
Très vite, les croiseurs ont été assaillis de toutes parts, ainsi que les frégates d'assaut.
Ils n'ont même pas pu se défendre face aux vaisseaux lourds ennemis trop éloignés : ils avaient trop à faire contre les « légers ».
Dès les premiers instants du combat, mon croiseur s'est porté en avant pour essayer de désorganiser l'assaut ennemi. Application du vieil adage : « la meilleure défense est l'attaque. » Épaulé par son sistership et par 4 croiseurs alliés, nous avons presque fait une trouée dans la ligne adverse. Malheureusement, nos boucliers sont tombés les uns après les autres, il y avait trop d'assaillants.
Nos forces fractionnées ont continué de se battre par petits groupes. Notre chasse ayant été détruite en premier, seul les corvettes DCC (ou CTM) ont essayé de contenir la chasse ennemie. En vain malheureusement. Pourtant elles ont fait des merveilles.
Les hommes se sont battus bravement. Je n'ai vu aucun signe d'abattement ou de panique.
Nos vaisseaux ont été réduits les uns après les autres, mon croiseur personnel a été l'un des derniers à succomber, ravagé par les incendies et les avaries.
C'est lors de mon évacuation à bord d'une capsule que j'ai été blessé par des éclats. Je tiens à remercier mon fidèle Kalmouk : c'est grâce à lui que je suis encore en vie.
Le décompte des pertes en hommes n'a pas encore été fait.
Je pense qu'il fait... faut...
Zak s'arrêta d'écrire. Il en avait assez. Une sourde torpeur l'envahissait. Il s'allongea alors sur la couchette et s'endormit très vite.
Dehors, à la porte de la petite cabine où le Grand Conseiller dormait maintenant, Kalmouk veillait. C'était son rôle. Il ne se voyait pas faire autre chose que de rester là, à veiller sur son maître. Il jeta un oeil par la lucarne de la porte :
Ca y est. Il dort, se dit-il.
Il sourit et se détendit. Lui aussi méritait bien un peu de repos.



Épisode 16 : Galaxie 03 - Le 21/02/anI - Nima et Flavian : les aléas de la vie militaire


Quatre jours ! Quatre jours que nous sommes dans ce secteur 67 de la G03 à compter les étoiles... Décidément, c'était à n'y rien comprendre.
Le capitaine Flavian BLUTCH, secoua la tête en rentrant dans ses quartiers à bord du croiseur amiral de la flotte A.
Non. C'était vraiment à rien n'y comprendre...
Il se remémora la découverte de cette planète et leur départ pour la coloniser. Au départ tout c'était bien passé : regroupement de flottes colonisatrices avec la flotte de guerre, contact avec l'Alliance qui semblait approuver, etc... Et puis les rouages de la mécanique s'étaient grippés : des nations étrangères revendiquaient également la planète, des pourparlers plus ou moins directs et francs avaient été engagés. L'Alliance avait également participé. Tout s'était plus ou moins enchaîné diplomatiquement. Finalement le dénouement, la veille : il fallait tout remballer et retourner vers Minsk.
Les hommes s'étaient regardés, incrédules, pensant à un canular pour égailler l'atmosphère qui commençait à être pesante dans les vaisseaux. Mais non. Les vaisseaux avaient repris la route de la planète mère.
Le capitaine secouait toujours la tête en pensant à tout ça.
Quel gâchis de temps et d'énergie. Pourtant les hommes étaient prêts à mourir !
Il faut dire qu'ils n'auraient pas fait long feu face aux forces adverses qui se regroupaient autour d'eux.
Enfin ! La chose était faite et il n'y avait plus moyen de revenir en arrière, pensa-il.
Tandis qu'il était perdu dans ses pensées, il s'assit sur le lit. Dans son dos, 2 mains fines aux ongles courts et soignés se posèrent sur le cuir de son uniforme. Elles remontèrent prestement sur ses épaules et commencèrent un doux massage.
- Alors capitaine ! Encore ailleurs ? Lui susurra une douce voix à l'oreille.
Il rit et en se retournant bascula Nima sur le lit.
Heureusement qu'elle était là pendant ces 4 jours ! Pensa-t-il en souriant.
Privilège qui lui avait été accordé par le Grand Conseiller lui-même : son épouse, nouvellement promue au grade de capitaine dans les légions hantariennes, devait prendre part au développement de la nouvelle colonie.
Ils riaient tous les deux, heureux d'être ensemble et bien loin des bruits et des discussions obscures de la galaxie.



Épisode 17 : Galaxie 03 - Le 26/02/anI - L'Alliance : échange ou diktat ?


La réunion du Grand Conseil était houleuse. Tout le monde avait son mot à dire et personne n'écoutait les autres. Le brouhaha montait crescendo et, de l'extérieur, on aurait pu se croire à la criée municipale. Excédé par cette situation, Zak abattit son point sur la table. Le silence se fit aussitôt mais la douleur irradia tout son côté gauche : les médecins avaient fait des merveilles mais ses blessures le « chatouillaient » encore de temps à autre. Plus renfrogné que jamais il déclara :
- J'ai bien compris vos remarques conseiller GUILD, mais les impératifs de développement militaire sont également une priorité. Nous avons, par le recyclage et la récupération de flottes abandonnées sur diverses planètes, fait de grosses économies de développement. Celles-ci nous ont permis d'agrandir les zones d'extension de nos planètes. De plus, 2 nouvelles planètes font parties de notre Nation. Je ne vois donc pas en quoi la construction de quelques casernes militaires vous dérange ?
Face à lui, le conseiller Svain GUILD, légèrement irrité repris :
- Bien entendu, tout cela est beau sur le papier mais je maintiens mon propos : pourquoi toutes ces forces armées ? Pourquoi ce gâchis de ressources et d'énergie ? De plus, vous omettez de dire que les recherches entreprises actuellement concernent de nouveaux vaisseaux de C.O.M.B.A.T.
Il martela la table du plat de la main pour appuyer ce dernier mot. Zak reprit alors :
- Conseiller, souhaiteriez-vous que nous n'ayons aucune défense ? Souhaiteriez-vous être envahi en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire ? Voudriez-vous rompre toutes relations avec l'Alliance ? Nous avons des devoirs envers elle et il faut respecter ce qu'elle nous demande. Et puis, vous savez aussi bien que moi que la formation de militaires ne se fait pas en un claquement de doigts. Nous en avons déjà parlé maintes et maintes fois pourtant. Notre Nation a toujours était une nation guerrière dont l'une des devises est « soldats nombreux = avenir radieux ». D'ailleurs, je tiens à vous signaler qu'actuellement, nous n'avons que les effectifs de 25 légions éparpillées sur toute la galaxie, je ne considère pas cela comme une débauche de forces militaires. Je sais que vous essayer toujours de m'accuser de despotisme et d'autoritarisme car je suis, à la base, un militaire et je ne manque pas une occasion de le rappeler. Pourtant, m'avez-vous déjà vu prendre une décision sans vous consulter, vous et le Conseil tout entier ?
- Bien sûr que non, admit Svain, mais je ne comprends pas...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un officier du PC entra brutalement :
- Pardonner mon intrusion conseillers mais une nouvelle concernant l'Alliance vient de tomber. Grand Conseiller, vous êtes attendus sur le champ au PC.
Sans attendre, l'officier fit demi-tour suivit aussitôt par le Grand Conseiller. Les ayant vu tourner au coin de la porte, Svain marmonna assez fort pour que tous l'entendent :
- Ils le sifflent et il accourt ! Quand déciderons-nous enfin de notre destinée sans diktat extérieur.
Cet ancien mot figea ses collègues : il rappelait de vieux souvenirs d'avant le Grand Exile. Souvenirs au combien douloureux... Pour couper court, le secrétaire rapporteur du jour clôtura la réunion, demandant à chacun de revenir dans 5 heures. Chaque conseiller retourna donc à ses occupations.
Pourtant, la dernière phrase du conseiller GUILD raisonnait encore dans leur tête. Allait-elle y faire son chemin ?



Épisode 18 : Galaxie 03 - le 28/02/anI - Slaine : 1er combat


Ils étaient partis la veille, très vite. Elle n'aurait jamais cru qu'une alerte pouvait aller si vite. La seule information qu'ils avaient eu avant de partir avait été : « Une nation de l'Alliance a été attaquée. Nous allons là bas pour une opération punitive. » Personne n'avait jugé bon de leur en dire plus. Slaine avait donc embarqué à bord de son intercepteur avec Alex qui était son copilote. Ce binôme fonctionnait bien : elle au pilotage et tir, lui à la navigation et à la propultion.
Depuis qu'ils se connaissaient, à l'école de pilotage, ils avaient sympathisé. Bien entendu, lui et aucun autre ne savaient qu'elle était la compagne du Grand Conseiller. Non pas qu'ils se cachaient mais ils préféraient éviter toute publicité. Beaucoup de gens pensaient encore que la compagne de Zak LVOV était toujours sur Smolensk et ne l'avait pas rejoint.
Le regroupement de la flotte se fit donc très rapidement. Une première moitié partit immédiatement tandis que l'autre moitié (essentiellement des vaisseaux lourds) s'échelonna en 3 groupes.
Arrivée en orbite d'une planète amie le matin même, elle avait pu voir les restes d'une flotte de commerce lâchement agressée.
Sans attendre ils étaient repartis vers la planète ennemie.
Là, elle avait eu le temps de se restaurer à bord du vaisseau mère et de faire vérifier une dernière fois son intercepteur par les mécaniciens embarqués. Tout était paré. Aucune autre information n'avait filtré et elle savait qu'elle ne saurait le fin mot de l'histoire que lorsque elle en parlerait à Zak, après. Après... Elle n'arrivait pas à réaliser encore qu'elle risquait sa vie dans cette histoire. Les officiers leur avaient pourtant clairement dit qu'il fallait s'attendre à des combats : ils étaient là pour ça.
Les quelques 6 heures d'attente furent brèves. Elle eut assez peu le temps d'observer les vaisseaux des autres nations de l'Alliance qui arrivaient en grand nombre. Elle remarqua simplement que les hantariens n'étaient pas les plus nombreux. Un petit accro à sa fierté mais sans plus, il ne fallait pas s'arrêter à ce genre de détail. Ils avaient discuté tout ce temps avec Alex mais elle sentait bien qu'elle et lui faisaient des efforts : toute leur attention était déjà concentré sur le combat à venir.
Leur intercepteur faisait parti de l'escadrille I-D et il avait le numéro 5. Leur ailier était donc le I-D6. Le chef d'escadrille (I-Dleader) leur donna les dernières instructions : « Rester sur le canal qui leur était imparti, pas d'initiative personnelle, rester sur la mission initiale, ne changer de mission que dans le cas où l'ordre vient du commandement de la flotte. » Les consignes habituelles qui pouvaient vous sauver la vie.
Lorsque les vaisseaux ennemis arrivèrent sur zone, l'engagement commença. Les escadrilles d'intercepteurs ne participèrent pas dans un premier temps. Ce furent les chasseurs qui engagèrent le combat, appuyant les frégates d'assaut et les corvettes.
Slaine constata que l'ennemi attaquait en priorité les troupes hantariennes : elles encaissèrent le plus gros du choc. Les chasseurs souffrirent énormément. Avec l'aide d'Alex, ils explorèrent les canaux alliés pour avoir une idée de ce qu'il se passait. Les forces alliées prenaient pourtant le dessus, mais plusieurs pertes étaient à déplorer. Pour enrayer l'hémorragie en chasseurs, 5 escadrilles d'intercepteurs furent envoyées avec ce qui restait de corvettes lourdes.
Leur mission était simple : rompre et disperser un groupe de 5 corvettes lourdes soutenues par 5 corvettes légères. Ils devait d'abord passer à travers le rideau des intercepteurs ennemis.
L'escadrille I-D entra donc dans la danse :
- I-Dleader a tous les I-D, bonne chance et n'oublier pas vos ailiers.
La formation arriva au contact et, aussitôt, les alarmes de poursuite et d'interception s'allumèrent. Par binôme, les hantariens rompirent leur formation. Slaine appuya sur les commandes, son ailier rivé à son aile. Trois intercepteurs hostiles fondirent sur eux mais ils purent esquiver leur manoeuvre. Elle cabra son vaisseau et se retrouva comme à l'entraînement dans la queue d'un ennemi : le combat commençait enfin !
- I-D5 à I-D6, tu me couvres.
- Bien reçu I-D6. J'en ai un aux basques mais rien de bien méchant.
Le radar d'interception venait d'accrocher la cible. Alex travaillait vraiment très bien. Elle appuya sur le bouton de tir et le canon laser cracha une rafale de projectiles qui allèrent s'écraser sur le fuselage de l'ennemi. Celui-ci décrocha à vitesse réduire : plus rien à craindre de lui pensa-t-elle.
- Ici I-D6, bien joué I-D5 !
Les intercepteurs ennemis, qui couvraient la zone, étaient en fuite.
- I-Dleader à ID-5, foncer sur l'objectif.
- Bien reçu I-Dleader.
Toujours soutenu par son ailier, les moteurs à leur maximum, elle dirigea son intercepteur vers les 5 corvettes lourdes. Elles semblaient occupées à autre chose et lançaient torpille sur torpille. Prenant la première corvette pour cible elle contacta son ailier :
- I-D5 tu me suis et tu « allumes » derrière moi.
- Bien pris I-D6.
Alex avait déjà verrouillait le radar d'interception sur la cible. Il firent un premier passage à plein régime. Ecrasant le bouton de tir, respirant à plein poumon dans son masque, elle voyait l'engin ennemi grossir dans le viseur et ses projectiles ainsi que ceux de son ailier s'écraser sur le blindage. Totalement surpris, la corvette rompit la formation et faillit en percuter une autre qui était sur sa droite. La formation ennemis se disloqua. Cela allait être un jeu d'enfant pour les allumer une par une.
Le combat faisait rage de toute part maintenant. La peur initiale avait disparue, seule restait la tension du moment et l'instinct du chasseur traquant sa proie affolée. Slaine aimait ça. Elle amorça une ressource à la limite des possibilités de son vaisseau et se positionna sur la corvette déjà attaquée. Son allier la suivait toujours. Le radar d'interception était toujours calé : Alex faisait des merveilles. Elle écrasa de nouveau le bouton de tir :
- I-D5 ! Ici I-D6, j'ai une corvette légère qui m'accroche. Je reste en position sans pouvoir tirer.
- Bien reçu I-D6.
A nouveau les projectiles de son canon allèrent s'écraser sur l'ennemi. Il était déjà mal en point : un moteur coupé et le blindage disloqué sur son flanc gauche. Slaine insista à cet endroit précis. Les projectiles pénétrèrent dans le vaisseaux mais rien ne se passa. Un peu dépitée, elle passa juste au dessus de la corvette en s'éloignant. Elle commença donc une nouvelle manoeuvre mais avant de pouvoir la finir, la corvette se disloqua dans un grand éclat de lumière.
- Bravo Slaine ! Cria Alex dans les communications internes.
- Bien joué, ajouta I-D6.
La corvette légère qui les poursuivait avait été détruite pas un autre binôme de l'escadrille. Tout était tranquille.
- I-Dleader à tous les I-D, regroupez vous sur moi.
Autour d'eux, les combats étaient presque finis. Les intercepteurs se regroupèrent donc, tandis qu'une escadrille de renfort finissait de détruire les dernières corvettes esseulées. Alors que Slaine rejoignait la formation, elle dépassa un croiseur hantarien complètement ravagé et détruit. Une perte lourde pour la flotte mais qui serait vite remplacé.
Après être restés encore une heure sur zone, les hantariens et leurs alliés constatèrent que l'ennemi avait été annihilé : aucun vaisseau n'en était sorti vivant. L'ordre fut enfin donné : retour vers Minsk, les pertes avaient été sensibles mais pas irremplaçables.
Pour l'escadrille I-D, aucune perte et pour Slaine, première victoire validée au combat.



Épisode 19 : Galaxie 03 - le 10/03/anI - Les déboires du transport spatial


Stiopa courrait. Il courrait à en perdre haleine dans les couloirs du spatioport de Lvov II. Après avoir évité de justesse une collision avec la charmante Lucie, secrétaire de son état, il se précipita dans le bureau du responsable du fret. Cette entrée précipitée fit lever les yeux de ce dernier alors qu'il était perdu dans la contemplation de son écran de bureau.
- Seb ! haleta Stiopa. Ils sont partis sans !
Seb haussa les sourcils, les yeux ronds comme des billes :
- Pardon ? Sans quoi !? De quoi parles-tu ?
- Les cargos... A vide... Sans rien ! Continua Stiopa.
- Mais calme toi ! Bordiou ! S'écria Seb. Explique toi calmement et je comprendrai.
Avant que Stiopa ne s'explique, une sourde angoisse l'étreignit soudain. Il n'avait pas vérifié... De son côté, Stiopa inspira à plein poumon et raconta d'une seule traite :
- La flotte de cargo qui est partie vendre tout à l'heure est vide... L'ordre de transfert de la cargaison n'a pas été donné... Il doit y avoir eu un dysfonctionnement ! Ils sont partis à vide ! Les stocks sont toujours pleins.
Seb blémit soudain : il n'avait pas vérifié le bon déroulement des opérations avant le départ comme il devait toujours le faire. Un frisson le parcourut car il vit sur son écran l'ordre de chargement qui clignotait, en attente, et qu'il n'avait pas transmis. Se levant brusquement, il sortit précipitamment du bureau suivit comme son ombre par Stiopa. L'affaire était sérieuse, il fallait en référer à l'administrateur pour trouver une explication et même, si besoin était, en inventer une...
Le soir même, au journal tétévisuel :
- Voici les titres de ce journal.
Fossoyeurs : après le combat victorieux de notre flotte A et la destruction de notre flotte de récolteurs R4, il semble qu'ils aient disparu de nos écrans radars. Info ou intox ?
Météo : 2 tempêtes solaires se sont déclenchées au même moment ce matin sur Khabarovsk et Kharkov III. Coïncidence ou dérèglement climatique ?
Problème avec nos automates de contrôle : sur Lvov II, une panne d'automates et de leurs circuits a occasionné le départ de cargos vides vers la Guilde Marchande. Des explications dans ce journal par son administrateur.
Commerce extérieur : après le coût de pouce donné à la production d'hydrocarbures, nos réserves ne font qu'augmenter. Notre envoyé spécial en direct de Bakou.
Recyclage prioritaire : la nation toute entière doit tout faire pour éviter le gaspillage. Entretien avec le Grand Conseiller Zak LVOV.
Flottes en plein développement : présentation aujourd'hui des 40 premières unités de notre nouveau vaisseau de combat. Un reportage exclusif et détaillé.
- Madame, Monsieur, bonjour. (...)



Épisode 20 : Galaxie 03 - le 27/03/anI - Unité d'élite : la Garde est recrée


Sur toutes les planètes, l'ordre avait été donné aux pilotes disponibles de se regrouper dans les amphithéâtres des PC.
Sur Minsk, Slaine enfila sa vareuse et suivi ses camarades. Elle savait déjà le pourquoi de ce grand chambardement mais n'en avait rien dit aux autres.
Sur Smolensk, Tatiana leva les yeux de ses holomanuels d'apprentissage : elle voulait passer commandant de CTM et devait bientôt passer les épreuves d'aptitude.
Sur Donetsk, Flavian eu juste le temps de quitter les fourrures de son lit, dans lesquels reposait son épouse. Elle pouvait encore dormir car les « rampants » des légions n'avaient pas été conviés.
Partout les personnels de la flotte hantarienne se regroupaient. Tout le monde s'attendait à une grand nouvelle. Quelque chose d'important.
Une fois regroupés on leur apprit qu'ils allaient voir une allocution du général LVOV. Il apparut en grand, le visage reposé, bien remis de ses blessures maintenant :
Officiers, pilotes, soldats, et personnels de bord,
Je tiens tout d'abord à vous féliciter et à vous remercier pour les différentes actions entreprises au cours des derniers jours. La Nation toute entière vous en est redevable.
Notre alliance, « La Fédération des Deux Empires » m'a également transmis ses félicitations pour le travail accompli pour sa défense.
Moi même je vous félicite pour votre bravoure et l'ardeur dont vous avez fait preuve au combat. Notre sécurité dépend de vous : bravo à tous.
Après ce préambule, vous devez vous demander pourquoi ce rassemblement ? Pour des félicitations ? Pas seulement.
Comme vous le savez tous, nous avons une glorieuse histoire de combattant avec des victoires et des défaites.
Il y a de nombreuses années de ça, notre flotte immense couvrait des zones entières de galaxies lointaines. La Garde en était une composante importante et de très grande valeur. Elle combattait souvent en unités isolées. Mais tout cela est fini.
Fini ? Pas tout à fait... Pour remercier notre flotte et ses personnels, la nation hantarienne et le Grand Conseil en particulier, ont décidé de reformer la Garde.
La Garde va être reformée à partir des meilleurs éléments qui ont combattu pendant ces derniers jours. Elle ne constituera pas de flotte autonome mais s'ajoutera, en plus, à ce que nous appellerons dorénavant la Ligne. Une flotte pourra donc être constituée de vaisseaux de la Ligne et de vaisseaux de la Garde.
Cette Garde étant une « élite », et pour la différencier de la Ligne, elle sera entièrement constituée de nouveaux vaisseaux : les croiseurs d'élite (de classe croiseur) et les prédateurs (de classe vaisseaux légers).
Je pense que beaucoup d'entre vous va vouloir y entrer mais la sélection sera rude et sévère. Les officiers d'EM vous en expliqueront les modalités.
Je vous souhaite donc d'en faire parti maintenant ou plus tard.
Bonne chance à tous et longue vie à notre Nation !
La communication se coupa. Les hommes explosèrent de joie. Tous se voyaient déjà dans la Garde, cette unité d'élite qui avait tant de fois fait pencher la balance du bon côté dans l'histoire hantarienne.
Pour Slaine, Tatiana et Flavian, l'avenir allait peut être changer.

Chapitre 02 : L'Expansion et les Nouvelles Alliances

Épisodes :


Épisode 1 : Galaxie 03 - Secteur 84 - Planète 17 - le 02/04/anI - Sécurisation de la Galaxie 03


Le 1/04/an I, l'EM me demanda de diriger mes vaisseaux sur la planète 17 du secteur 84.
Je patrouillais déjà dans ce secteur depuis plusieurs jours. Le voyage fut donc rapide pour reconnaître et vérifier cette planète.
L'ordre m'ayant été donné de mettre les vaisseaux en mode attaque, je les disposais donc en configuration de combat. Je demandais également à tous les chefs de bord d'armer leurs vaisseaux, de motiver les hommes et de se tenir prêts à toutes éventualités.
Ma flottille comprenait 20 FA (frégates d'assauts) réparties en 2 groupes : le groupe A, homogène, avec 10 FA sortant de nos chantiers spatiaux et le groupe B, hétéroclite, avec 10 FA provenant de récupérations diverses.
L'efficacité de ce dernier groupe est discutable : l'EM nous fournit des vaisseaux venus de tous les horizons et de toutes les récupérations faites depuis notre arrivée dans la galaxie. Ils ne sont pas toujours adaptés à nos connaissances et à notre morphologie. Sur ces 10 FA, 4 peuvent être considérées comme médiocres, 3 équivalentes aux nôtres et 2 de qualité supérieure. Pour la 10ème, elle peut ne pas être comptabilisée dans l'effectif car complètement obsolète.
(NB : C'est d'ailleurs dommage de mettre des équipages de qualité dans ces vaisseaux dont nous nous passerions bien.)
Nous sommes arrivés sur zone quelques heures plus tard, le 2/04/an I. Nous avons détectés des vaisseaux hostiles lors de notre approche et avons tout de suite reconnu l'ennemi : Alkot de l'alliance VOV.
Je pense qu'entre lui et nous, depuis de nombreux jours voir même plusieurs mois, c'est devenu un jeu. Cela fait plusieurs fois que je l'affronte personnellement et victorieusement.
C'est devenu un peu une routine dans ce jeu du chat et de la souris. Je n'ai d'ailleurs aucun état d'âme à ce sujet : l'EM me donne des ordres et je les exécute.
Les groupes A et B sont arrivés en orbite de la planète : le A par l'hémisphère nord et le B par celui du sud. Nous sommes tombés sur 40 corvettes que je qualifierais de « lourdes » si je les compare aux nôtres. C'est d'ailleurs comme cela que nos ordinateurs de combat les ont identifiés.
Dès le départ et vu le rapport de force, l'ennemi n'avait aucune chance. En moins d'une heure, l'affaire était close.
Le groupe A a détruit 28 corvettes ennemies contre 1 perte dans ses rangs et le groupe B les 12 restantes contre 2 pertes dans ses rangs (1 FA que j'ai qualifié plus haut de médiocre et la FA « obsolète »).
Une fois l'orbite nettoyée, nous avons récupéré les survivants des combats. Je ne sais si il y en a eu beaucoup chez notre adversaire : nous n'en avons trouvé qu'une dizaine, blessés, et qui ont été évacués très vite vers Omsk.
Ensuite, j'ai positionné mes vaisseaux pour faire le blocus de la planète. Les renforts étaient en route : alliés et hantariens. D'après les dernières transmissions de l'EM, l'invasion était programmée.



Épisode 2 : Galaxie 03 - Secteur xx - écrit le 02/05/anI - La Garde en action


La flotte A était regroupée depuis quelques heures déjà autour du CDR. Les récolteurs et les cargos de tous types et de toutes nations continuaient à oeuvrer, comme indifférents à ce qui allait se dérouler bientôt.
Le commandant HARTOP avait positionné ses vaisseaux en position de riposte, prêts à frapper l'ennemi. Il ne doutait pas de l'issu du combat, il attendait tout simplement. Il avait reçu ses ordres plusieurs heures auparavant : intercepter une flottes de fossoyeurs qui allait faire une razzia sur un CDR tout proche. Le temps de regrouper les vaisseaux lourds, en particulier 10 croiseurs de la Garde et 120 croiseurs de la Ligne, et ils avaient pris la direction de l'objectif. Le général LVOV s'était joint à la flotte. Il avait demandé au commandant de diriger les opérations, ne voulant pas interférer mais juste superviser. Il était comme ça : il ne pouvait s'empêcher d'être présent lorsque les vaisseaux hantariens allaient au combat. Les heures étaient passées assez vite, chaque équipage se préparant au combat, vérifiant encore et encore l'armement, la propulsion et les boucliers déflecteurs. Tout était opérationnel et prêt à fonctionner.
Pourtant, à bord du CRE amiral, au cours de la dernière vérification, personne n'avait remarqué qu'un technicien avait déconnecté 3 batteries sur 6 du contrôle automatique de recherche et de tir. Pas même le capitaine LEFFE, officier contrôleur de tir. Nouvellement promu dans la Garde, totalement stressé, il n'avait pas vérifié et contrôlé les consoles ainsi que l'unité centrale de pilotage des batteries. La moitié de la puissance de feu du croiseur était donc hors service. Un comble pour un vaisseau dont la puissance de feu était le plus gros atout au combat...
Le temps passait. L'EM envoyait régulièrement la progression exacte des fossoyeurs. Les opérateurs radio et radar ne chômaient pas. Lorsque le spot d'arrivée de la flotte ennemie se matérialisa sur les écrans, la tension devient palpable dans les vaisseaux hantariens. À bord du CRE amiral, le commandant HARTOP, égraina les dernières vérifications :
- Officier de tir ?
- Paré.
- Officier de navigation ?
- Paré.
- Officier des machines ?
- Paré.
- ...
Les officiers de passerelle furent tous passés en revue l'un après l'autre. HARTOP était un bon commandant et connaissait parfaitement son métier.
L'engagement débuta par le déploiement des FA et CR hantariennes. Leur nombre permit de saturer rapidement les ordinateur d'identification et de tir ennemis. Cela permettait aux CRC et CRE d'ajuster tranquillement les cibles comme pour un exercice.
Pour le vaisseau amiral, le moment temps attendu de débuter le tir arrivait :
- Officier de tir, ciblez et faites feu à mon commandement sur la cible identifiée E75, ordonna HARTOP.
- Prêt mon commandant ! Braya à tue-tête le capitaine LEFFE.
- Alors faites feu.
- FEU ! Hurla de nouveau le capitaine.
Plusieurs opérateurs et officiers sur la passerelle relevèrent un instant le nez, interloqués par ce cri perçant qui n'avait pas lieu d'être.
Alors que les opérateurs de tirs appuyaient sur les commandes de tirs, seules 3 batteries sur les 6 réagirent et firent feu sur la cible. Cette dernière, bien que sérieusement endommagée, ne fut pas détruite comme cela aurait dû se passer. Le général LVOV ne pipa mot mais il jeta un oeil incrédule vers le commandant HARTOP. Celui-ci fronça les sourcils et se retourna vers son officier de tir :
- Rapport immédiat sur cet incident capitaine ?
- Euh... Ça n'a pas marché... Il semble que non... Enfin oui... balbutiait le capitaine défait.
Autour du CRE, les autres vaisseaux faisaient mouche sur l'ennemi qui n'avait plus aucune chance. Sur la passerelle, 2 secondes s'écoulèrent silencieuses : une éternité ! Plusieurs tirs de riposte s'écrasèrent alors sur les boucliers d'énergie, rappelant tout l'équipage à la réalité.
- Qu'est-ce à dire capitaine ? Gronda le commandant
- Je ne sais pas...
- C'est tout ce que vous trouvez à répondre ?
- Je n'ai pas vu ce cas de figure à l'entraînement...
Le commandant se détourna alors et avisant un autre capitaine sur la passerelle :
- Capitaine BLUTCH, vous occupez dorénavant le poste d'officier de tir. Capitaine LEFFE, vous pouvez rejoindre vos quartiers. Nous statuerons sur votre cas plus tard.
Ce dernier quitta la passerelle dépité. Le capitaine BLUTCH venait juste de rejoindre son poste, lorsque le commandant relança :
- Rapport immédiat et conduite à tenir capitaine ?
- A 1ère vue, il apparaît que 3 batteries sur 6 sont déconnectées du système de contrôle automatique de recherche et de tir. Vu l'urgence, il convient de déverrouiller tout le système automatique pour repasser chaque batterie en manuel. Pour cela, il faut rendre autonome les batteries qui seront pilotées à partir des 6 consoles de tir disponibles ici mêmes. Opérateurs, enclenchez la procédure DSA n°43 sur vos consoles et validez.
Les 6 techniciens exécutèrent la manipulation promptement. Le capitaine continua :
- Raccordez maintenant les consoles au radar général, procédure RRG n°22. Synchronisez-vous ensuite sur le suiveur 3ZP automatique puis verrouillez la cible E75.
Aussitôt dit, aussitôt fait.
- Batterie 1 à 6 feu ! Commanda BLUTCH.
Les commandes de tir furent à nouveau actionnées. Cette fois-ci, les 6 batteries firent feu en même temps et la cible fut pulvérisée. Une nouvelle cible fut ensuite définie et le tir de nouveau fait. Le combat avait repris ses droits.
Lorsque la bataille fut terminée, le commandant HARTOP s'approcha du capitaine BLUTCH :
- Belle résolution du problème capitaine.
- Merci mon commandant, répondit humblement BLUTCH.
- Elle n'est pourtant indiquée nulle part dans le manuel ?
- C'est exact mon commandant. Un peu de bon sens et d'expérience, cela aide beaucoup.
- Vous avez fait vos classes sur une FA c'est bien ça ?
- Affirmatif mon commandant. C'est une bonne école à mon avis.
- Vous avez parfaitement raison capitaine ! S'exclama le commandant qui lui envoya une claque amicale dans le dos. En tous les cas, félicitations capitaine. Heureusement qu'il y a des officiers comme vous dans le recrutement du personnel de la Garde. Vous féliciterez votre nouvelle équipe pour le travail accompli. Allez ! Je vous invite au bar pour nous rafraîchir un peu. Je vais vous raconter mes débuts car, voyez-vous, moi aussi j'ai débuté sur une FA. Le général sera de la parti. N'est-ce pas mon général ?
- Je vous suis commandant, répondit LVOV qui se tenait non loin et avait suivi la conversation. Allons raconter nos souvenirs de « vieillards ».
Et ils partirent tous les 3 d'un grand éclat de rire. Chemin faisant, le général interrogea BLUTCH :
- Et votre épouse capitaine ? Toujours dans les légions ?
- Toujours mon général. Capitaine sur Donetsk.
Le capitaine fut étonné et flatté que le général se souvienne d'elle. Décidément, LVOV le surprendrait toujours.
- Ah ! C'est bien. Heureux de l'apprendre. Allons vider une vodka à sa santé.
Ils arrivaient au bar. Tous pouvaient enfin se détendre et discuter du combat qui venait de se dérouler.



Épisode 3 : Galaxie 03 - Minsk, salle du Grand Conseil - le 15/15/anI - Opérations en Galaxie 04 : il faut envoyer des renforts


Depuis 2 heures déjà le Grand Conseil était en réunion. L'atmosphère commençait à devenir lourde et étouffante. Le Grand Conseiller se leva soudainement et se dirigea vers une ouverture extérieur. Appuyant sur un bouton, la vitre blindée s'ouvrit et rentra dans le mur. Dehors il pleuvait, l'air frais pénétra brutalement dans la pièce. Tout le monde respira à plein poumon et se détendit un peu. LVOV se retourna alors et dit :
- Messieurs nous sommes tous d'accord pour envoyer une flotte de renfort vers la G4. Cela fait déjà plus de 8 jours que nous avons envoyé une flotte là bas pour soutenir l'alliance. Nous avons colonisé 2 planètes. Le tout maintenant et de savoir ce que nous allons envoyer exactement.
Se dirigeant vers sa place, il consulta rapidement les documents éparses devant lui et jeta un oeil à l'écran plat qui se dressé tel un pupitre.
- Une cinquantaine de croiseurs ainsi qu'une flopée d'intercepteur et plusieurs corvettes. À cela s'ajoute plus de 50000 travailleurs. Je ne rentre pas dans leur détail nous en avons déjà débattu et ses vaisseaux sont déjà regroupés. Par contre nous sommes toujours en désaccord sur le nombre de légion. 20 légions lors du premier saut était le minimum. Je proposais donc 20 nouvelles légions pour le 2ème saut. Alors, qu'en pensez-vous ?
Le conseiller GUILD intervint :
- Je pense que 5 légions sont largement suffisantes vue la tournure des événements. Et je parle au nom de plusieurs d'entre nous. Vous nous avez exposé vote point de vue et il est tant de passer au vote. Qu'en pensez-vous chers membres ?
Tout le monde acquiesça. Rapidement le vote fut mis en place par le greffier de permanence et chacun pu voter sur son écran tactile personnel. Le dépouillement fut tout aussi rapide : 3 voix pour "20 légions", 6 contres et 1 abstention. L'affaire était entendue, seule 5 légions partiraient vers la G4. Les ordres furent promptement expédiés pour un départ rapide dans la soirée.

 

Un secteur central en Galaxie 04, planète Kiev, le 22/05/an I.

Le colonel Max ESTRADA attendait déjà depuis 3 heures l'arrivée de la flotte de renfort. Lorsqu'il la vit sur les radars il fut satisfait car le nombre promis de vaisseaux était exact à un ou deux vaisseaux près. En tant qu'officier de la flotte, le plus important était le vaisseau mère de renfort. Il monta à bord d'une navette de transport et se dirigea vers ce dernier qui venait d'arriver en orbite. Une fois à bord il alla directement sur la passerelle. Le général LVOV était déjà là : un nouveau système de téléportation permettait aux officiers et personnels de haut rang de pouvoir se déplacer très rapidement d'une planète à une autre ou d'une flotte à une autre.
- Colonel ! L'interpella-t-il lorsqu'il l'aperçut. Heureux de vous revoir. Comment vont les opérations ici ?
- Tout va au mieux mon général mais avec vos renforts cela va aller encore mieux, répondit ESTRADA.
- Hélas. Je crains que les nouvelles ne soient pas aussi bonnes colonel... Vous n'avez que 5 légions de renforts.
Le colonel ne put s'empêcher de tiquer. Mais en soldat rompu à la discipline, il ne fit aucun commentaire sur les décisions politiques. Il se contenta d'un « Reçu mon général » et donna aussitôt les ordres pour répartir les nouvelles forces disponibles vers les secteurs concernés.
Autour d'eux déjà, les vaisseaux se séparaient, formant de nouvelles flottes qui bientôt partiraient renforcer les forces déjà présentent. Des combats allaient sans doute avoir lieu et des renforts étaient nécessaires.



Épisode 4 : Galaxie 03 - Minsk - le 07/06/anI - Remise de décoration à la FDE


La convocation était arrivée juste après le retour d'une mission victorieuse contre les fossoyeurs. Alors que Zak prenait connaissance des différents messages laissés en attente durant son absence, il tomba sur une invitation officielle :
« A l'attention du général Zak LVOV, Grand Conseiller des Hantariens.
Général, vous êtes conviés à la réception qui sera faite en l'honneur de Grandazz, chef militaire FDE et qui se déroulera ce soir sur *censuré *.
Grandazz sera fait Grand Commandeur de la Fédération et, étant donné votre participation à l'élaboration des honneurs et des distinctions au sein du HCM, vous avez été désigné pour lui remettre la décoration et dire quelques mots pour retracer son parcours. »
Zak resta un instant saisi devant son écran. Puis se reprenant rapidement, il rentra dans ses quartiers pour y prendre une douche et changer d'uniforme. Il ne fallait pas perdre de temps.
(Le soir)
La navette hantarienne venait de déposer Zak sur la plateforme d'atterrissage. Il avait était convenu au dernier moment que la cérémonie se ferait sur une station orbitale plutôt qu'au sol. La sécurité des principaux dirigeants des nations FDE y serait plus facile.
Zal était assez nerveux. Il n'appréciait pas particulièrement ces cérémonies toujours un peu pompeuses et guindées mais quand il s'agissait de diplomatie et d'honorer un grand guerrier, il fallait savoir faire des efforts. Il n'avait pratiquement rien préparé et comme à son habitude, il improviserait le moment venu.
Flanqué de son fidèle Kalmouk, du colonel ESTRADA et de quelques hommes attachés à son service, il entra dans le grand hall qui avait été préparé pour l'occasion. Leur hôte avait parfaitement fait les choses. Celui-ci se dirigeait d'ailleurs vers eux :
- Heureux de vous voir Cosaque ! dit-il chaleureusement.
- Merci à vous MisterK, mais appelez moi Zak. Ce nom de guerre est un peu déplacé ici et ce sera plus simple, répondit Zak. Et puis nous pouvons nous tutoyer non ?
- Ok, ok. Ca me va Zak. Je dois te laisser, beaucoup de choses à faire encore. A plus tard. Tu peux dire à ton escorte d'aller dans la grande salle de repos un peu plus loin sur la droite du hall.
- Merci pour elle et à plus tard donc.
Le colonel ESTRADA dirigea l'escorte vers cette salle et Zak resta seul avec Kalmouk. Il se mit un peu à l'écart contre un pilier qui soutenait la voûte immense et commença à observer l'assemblée qui grossissait à vue d'oeil. Il reconnut assez vite quelques uns des fédéraux qu'il côtoyait : Funky, un des responsables de la FDE, Tsunami, l'IA la plus célèbre de l'univers, toMT6, Terranian, Kob, El Chacal, Elf-Jack, Mithrandir... et bien d'autres encore. Il n'aurait su tous les nommer. Une personne semblait attirer l'attention plus particulièrement : Pixie, co-responsable avec Funky. Son uniforme d'apparat ainsi que ça coiffure tentaculaire faisaient ressortir sa beauté naturelle et son regard profond.
C'est vrai qu'elle ne laissait pas indifférent mais personne n'arrive à la cheville de Slaine, pensa-t-il un sourire aux lèvres.
L'assemblée grossissait donc tout doucement, les uniformes éclatant des uns faisant des taches multicolores parmi les uniformes plus sobres des autres. C'était le cas des Hantariens dont l'uniforme de grande tenue ne rensemblait aucunement à une « tenue d'opérette ». Toujours isolé, il se disait que c'était plaisant de côtoyer tous ses responsables qui s'étaient regroupés autour de la bannière FDE. Pourtant quelqu'un lui toucha l'épaule, le sortant brusquement de ses pensées :
- Alors Zak ! Toujours dans son coin à faire cavalier seul ?
- Beleth ! s'exclama Zak. Ça fait plaisir de te revoir !
Bien que peu protocolaire, il se serrèrent chaleureusement la main puis se donnèrent l'accolade. Beleth : l'un des rescapés d'avant l'Exode, c'était même le responsable de l'alliance dont faisait partie la nation hantarienne à l'époque. Ils échangèrent quelques mots sur d'anciennes connaissances et parlèrent des derniers combats. Plusieurs responsables vinrent les saluer. Beleth connaissait tout le monde. On sentait son aisance et sa facilité du contact avec les autres. Zak en profitait car, à l'inverse, il était peu enclin au contact vu son caractère.
Ils discutèrent ainsi quelques temps de choses et d'autres. Pourtant, la cérémonie allait devoir commencer car Grandazz venait d'apparaître parmi les invités...
(...)
- Mesdames, Messieurs... Chers membres de la FDE.
Ainsi venait de commencer le petit discours prévu pour la remise de décoration de Grandazz. Zak avait grimpé jusqu'au pupitre qui lui permettait de dominer l'assemblée. Grandazz était non loin de lui, encadré par un peloton d'honneur formé de différents soldats des troupes fédérales. Ces soldats de tous les horizons et portant l'uniforme de leur nation d'origine faisait une bigarrure très impressionnante autour de lui.
- Lorsque je suis arrivé dans la FDE, à ses débuts, je ne connaissais pratiquement personne mais très vite, j'ai entendu le nom de Grandazz dans les conversations de l'Alliance. Très vite aussi j'ai appris à respecter ses propos qui se sont toujours révélés justes. Dès les premiers accrochages que nous avons eu à subir en G4 et la perte de nations qui fut à déplorer, c'est lui qui a su prendre les choses en main. S'étant proposé comme chef militaire, à l'époque, il fut nommé sur le champ et cela nous a permis à tous de nous développer militairement grâce à ses directives précises et claires. Et je parle en connaissance de cause même si je ne suis très certainement pas la nation la plus puissance de la Fédération.
Puis de la G2 en passant par la G3, la G4 et la G6, il a permis à la FDE de résister aux assauts ennemis de toutes sortes. Enfin, il a porté le combat chez l'ennemi : la G4 en est un parfait exemple.
Je ne veux pas vous faire de longs discours à son sujet, car tout ce que je peux dire vous tous ici le savez déjà. Mais je tiens quand même à lui présenter en mon nom et au nom de toute la FDE tous nos remerciements pour la lourde tâche qu'il a accomplit jusqu'à ce jour.
C'est pourquoi, en ce jour Grandazz, nous tenons ici à te remercier très symboliquement en te remettant la plus haute décoration fédérale.
Zak se retourna alors dans un silence presque religieux et prenant la décoration qui était posée sur un coussin derrière lui se dirigea vers Grandazz.
- Grandazz, pour service rendu envers la FDE, le HCM a l'immense honneur de te faire Grand Commandeur de la Fédération.
Un peu tendu, Zak épingla la décoration sur le coeur de Grandazz, juste au-dessus des autres décorations qu'il avait déjà. Grandazz semblait également tendu et ému. Tous deux se serrèrent chaleureusement la main puis se donnèrent l'accolade. Grandazz se retourna ensuite vers l'assemblée et fit un pas en avant tandis que Zak se mettait en retrait.
La foule des membres FDE l'applaudit longuement. Plusieurs acclamations éclatèrent alors « Vive Grandazz ! » « Vive la FDE ! » en furent les principales. Il y eut même un « Grandazz Président !!! » qui fusa du fond de la salle. Tout le monde reconnut Beleth qui ne ratait jamais une occasion de blaguer et cela fit bien rire. Plus détendu maintenant Grandazz et Zak descendirent rejoindre leurs compagnons et tous se dirigèrent vers les grandes tables au fond de la salle. Une collation avait était préparé pour clôturer l'événement et il fallait lui faire honneur.



Épisode 5 : Galaxie 03 - Mourmansk - le 21/06/anI - Nima et les affres de la vie militaire


Le capitaine Nima était arrivée sur Mourmansk depuis 7 jours déjà. Après l'abandon de Donetsk (une autre planète portée ce nom dans une autre galaxie maintenant), elle avait été sur Omsk, puis sur Smolensk et enfin sur Mourmansk. Sa compagnie de combat qui appartenait au 1er rang de l'ex Garde de Donetsk était passée dans la 17ème légion dès son arrivée sur la planète. Cette compagnie était devenue la 2ème compagnie de combat du 3ème rang de la 17ème légion. Sans laisser le temps aux troupes de souffler, l'entraînement avait repris, plus durement encore : la réputation des troupes hantariennes était bonne et il ne fallait pas que cela change.
Nima connaissait bien ses hommes et il n'y avait aucun problème de ce côté-là. Par contre, il en était tout autrement avec sa nouvelle hiérarchie. Jamais elle n'avait ressenti autant de décalage entre son commandement direct et elle. En plus, elle n'appréciait pas son supérieur direct. C'était physique. Le commandant Dimitri HU lui sortait littéralement par les yeux, elle n'y pouvait rien c'était comme ça et à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, elle se retenait pour ne pas montrer qu'elle ne l'aimait pas. Les ordres qu'il donnait, les blagues plus ou moins vaseuses qu'il faisait, sa façon d'être, de se tenir et de se comporter avec elle, tout lui déplaisait. Elle qui était, aux dires de tous, si sympathique et serviable, elle en arrivait à éprouver du mépris voir même de la haine et ne se reconnaissait plus.
Les dernières manoeuvres avaient été rudes. Elles avaient principalement concernées le débarquement des hommes des barges et leur déploiement immédiat sur zone. Les hommes avaient bien travaillés et ils étaient fourbus. Après avoir rembarquée une énième fois à bord de sa barge, la 17ème légion avait autorisation de prendre du repos et de reconditionner le matériel.
Pour les hommes de Nima, la séance de nettoyage venait de se finir : l'armement et l'équipement étaient comme neuf. Elle leur donna donc quartier libre. C'est à ce moment précis que le commandant HU apparut dans l'embrassure de la porte de sa chambre.
- Où sont vos hommes ? L'interpella-t-il sans préambule.
Nima, qui était allongée sur sa couchette, se leva et se mit aussitôt au garde à vous. Elle répondit :
- Je leur ai donné quartier libre mon commandant.
- Et pourquoi donc ? Répliqua-t-il.
- Le reconditionnement étant terminé, j'ai pensé qu'un peu de détente ne leur ferait pas de mal.
- Vous n'êtes pas ici pour penser capitaine ! Aboya-t-il. Il faut toujours que vos hommes soient prêts et sous pression. Vous devez impérativement continuer à les entraîner, de façon permanente et sans relâche.
Nima, le visage plus impassible que jamais, resta stoïque et ne répondit rien.
- Eh bien capitaine !? Qu'attendez-vous donc ? Que je fasse le travaille à votre place peut être ?
N'obtenant toujours aucune réponse de Nima, il perdit patience :
- Capitaine ! Je vous somme de regrouper votre compagnie sur la place du rapport immédiatement. Je vais les passer en inspection et leur ferai faire l'exercice.
Sans attendre une réponse de sa part, il tourna les talons et sortit brutalement de la pièce. Au moment où il en franchissait le seuil, il grommela entre ses dents :
- Les femmes décidément... Que veut-on que je fasse avec « ça »... L'EM délire complètement quand il nous demande de les intégrer dans les troupes de combat.
Ce fut les quelques mots que Nima put entendre avant qu'il ne disparaisse. Une boule de fureur explosa alors en elle et incapable de se retenir plus longtemps elle envoya le plat de sa main droite dans une porte de placard en plexiglas. Celle-ci fut littéralement pulvérisée sous l'impact.
- Mais quel crétin ! Hurla-t-elle hors d'elle. Je t'en foutrais moi des « femmes dans les troupes de combat ». Mais quel abruti !
Tout à sa fureur, elle n'avait pas remarqué que l'adjudant Sacha LEC était à la porte. L'apercevant soudainement, elle arrêta net ses vociférations.
- Adjudant LEC, rassemblement immédiat sur la place du rapport, dit-elle simplement.
- ...
- Mon adjudant !?
- Sauf votre respect capitaine, si vous le permettez, j'ai entendu ce qu'a dit le commandant. Si vous le souhaitez... Enfin... Je peux témoigner... Les hommes ne l'aiment pas beaucoup non plus mais, vous, ils vous suivraient jusqu'en enfer, se contenta-t-il d'ajouter.
- LEC, contentez-vous d'exécuter les ordres, répondit-elle avec un sourire.
- Reçu capitaine !
LEC fit demi-tour. Alors qu'il franchissait le seuil de la chambre, Nima l'interpella pourtant :
- Mon adjudant !? ... Merci beaucoup mon adjudant, je m'en souviendrai. Merci de votre soutien.
LEC se retourna légèrement et sourit sans rien ajouter. Puis il disparut dans le couloir.
Dans la tête de Nima venait d'apparaître une idée : c'était décidé, elle irait voir le colonel directement et saurait utiliser son adjudant si il le fallait. Elle ferait ravaler ses propos à ce commandant prétentieux d'une façon ou d'une autre et, dut-elle en perdre son poste, elle lui ferait payer.

7 jours plus tard, le 28/06/anI
- Capitaine Nima BLUTCH 2ème compagnie du 3ème rang de la 17ème légion au rapport. A vos ordres mon colonel.
Nima venait d'entrer dans le bureau du colonel et après avoir salué elle resta figée au garde à vous, attendant la suite.
Ces derniers jours elle avait tergiversé et hésité mais s'était décidée la veille : il fallait impérativement qu'elle parle du cas « commandant Hu ». Elle ne pouvait laisser son supérieur s'en tirer à si bon compte.
- Repos capitaine. Répondit le colonel OUSPANSKI, chef de corps de la 17ème légion.
Il connaissait bien Nima et appréciait sa valeur au combat et sa franchise. Elle était, pour lui, un très bon officier qui irait loin et arriverait très certainement au grade de colonel un jour.
Il était un peu surpris de sa demande d'entretien. Il se demanda soudain si elle n'avait pas lui demander de quitter la 17ème pour demander une affectation plus intéressante pour sa carrière.
- Pourquoi avoir demandé cette entrevue ? L'interrogea-t-il sans plus attendre.
Sans ciller, Nima répondit :
- Mon colonel, depuis quelques temps, il s'avère que je constate une certaine animosité du commandant Hu à mon égard et à l'égard des femmes militaires en général. Vu la dernière altercation que j'ai eu avec lui et dont l'un de mes sous-officiers a été témoin, je demande ici ma mutation immédiate vers un autre service pour incompatibilité.
Le colonel se raidit et scruta longuement son subordonné. Il s'attendait à quelque chose mais certainement pas à ça :
- Capitaine, je refuse votre demande. Vous êtes un élément essentiel du 3ème rang de ma légion et je ne peux me permettre de me séparer de vous. Pourtant les accusations que vous portez sont graves et je ne saurais tolérer une telle dissension au sein de mon unité entre 2 officiers. Vous savez ce qu'il en coûte de porter de telles accusations à l'encontre d'un supérieur.
Nima ne broncha pas mais son rythme cardiaque s'accéléra un peu. Elle avait joué, peut être allait-elle perdre. Le colonel poursuivit :
- Mais, je vous tiens en haute estime et je veux bien vous croire. Nous allons donc suivre la procédure et vous pouvez dès maintenant vous considérer aux arrêts de rigueur. Une escorte va vous conduire à vos quartiers où vous serez consignée.
Nima sentit le sang monter à son visage et ses mains devenir moites. La fin de sa carrière semblait toute proche.
- Avant que vous sortiez, je vous demande le nom du sous-officier témoin des faits.
- C'est l'adjudant LEC, Sacha LEC de ma compagnie, mon colonel.
- Bien.
Tout en tapant sur son clavier pour consigner les faits, le colonel reprit :
- Une procédure disciplinaire va être engagée à votre encontre et une enquête diligentée concernant le commandant Hu.
Il appuya sur un bouton et appela :
- lieutenant ZHANG !
- Mon colonel ?
- Faites venir ici le prévôt de service immédiatement. Qu'il vienne avec 2 hommes pour consigner un officier dans ses quartiers.
- Reçu mon colonel.
Le colonel se redressa alors dans son siège et s'adresse à Nima avec un large sourire :
- Détendez-vous capitaine. Vous savez pertinemment que je dois suivre la procédure et que je ne peux vous absoudre complètement pour votre démarche. Vous aurez quelques jours d'arrêt et votre avancement sera retardé mais rien de bien méchant. Les combats à venir remettront les choses à leurs places. De plus, j'ai déjà eu quelques retours à propos du commandant HU et je pense qu'il est temps pour moi d'agir. Vous m'en donnez l'occasion.
La porte s'ouvrit et le prévôt entra suivi de 2 hommes en armes. Ils saluèrent le colonel qui déclara :
- Mon adjudant, faites le nécessaire pour mettre le capitaine ici présent aux arrêts. Une fois cela fait, vous m'amènerez l'adjudant LEC et le commandant HU du 3ème rang ici même après les avoir mis aux arrêts. Prévenez également le commandant BHOU et le capitaine VOST de me rejoindre. Rompez.
Tous saluèrent le colonel et sortirent.
La procédure militaire (certains diraient le rouleau-compresseur) était enclenchée. Il ne restait plus qu'à laisser les choses suivre leur cours.



Épisode 6 : Galaxie 03 - Minsk - le 02/07/anI - Changement d'alliance


- Coupez les canaux de communications avec l'alliance FDE3.
Tel était l'ordre qu'avait reçu le lieutenant-colonel Lionel GHO. Le général LVOV était venu en personne au PC de Minsk pour donner cet ordre. Un peu interloqué, le lieutenant-colonel avait enclenché les différentes procédures qui permettaient de se désolidariser du réseau fédéral. La couverture radar tout d'abord, puis le réseaux de rapports intra-alliance et pour finir les liaisons directes avec le fond commun et les taxes. Les procédures n'étaient pas complexes mais peu courantes à faire. Lionel se demandait bien pourquoi la Nation Hantarienne avait pris cette décision. N'étant pas dans la confidence des « élites » il comprendrait très certainement plus tard le fin mot de cette histoire.
Un à un, les différents opérateurs avaient déroulé les procédures sur les écrans et bientôt les Hantariens se retrouvèrent seuls comme lors de leur arrivée dans cet univers. Mis à part les communications internes qui continuaient à parcourir les réseaux, plus rien ne se faisait. Zak supervisa en veillant bien à ce que tout soit fait dans les règles. En particulier le cas épineux des vaisseaux de combat qui pouvaient en côtoyer d'autres dans différents secteurs. Ce n'était pas une mince affaire de régler tout cela. De plus, le fait de couper les liaisons ainsi empêcher tout rétablissement de celles-ci avant 24 heures. Il fallait donc rester en alerte.
Un jour plus tard, PC de Minsk.
- Réenclenchez les procédures sur le canal COLO au profit de l'alliance COLO. Nous avons déjà une invite de communication !? Oui ? ... Ok. Acceptez et valider.
LVOV venait de donner ses ordres au chef du PC et les différentes manipulations qui, un jour plus tôt avaient été faites, furent refaites dans l'ordre inverse.
Pour le lieutenant-colonel GHO tout devenait clair : un changement d'alliance venait de s'opérer sous ses yeux. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Peut être plus tard, lorsque cette nouvelle « alliance » serait identifiée et que les échanges avec elle seraient établis. Alors qu'il était perdu dans ses pensées, Lionel fut interpellé par le général :
- Beaucoup de pertes dues à la coupure d'hier mon colonel ?
- Presque rien mon général, répondit Lionel, juste quelques chasseurs dont nous avons pu récupérer les pilotes.
- Parfait ! Du beau travail qui a été fait par vos hommes. Prenez contacts et identifiez les nations de cette alliance... A plus tard, finit par dire le général et il quitta la pièce promptement.
Le lieutenant-colonel exécuta cet ordre et au bout de la 3ème nouvelle nation alliée identifiée il éclata de rire : il avait enfin compris le pourquoi de tout ce chambardement.
Un changement de bannière pour retrouver les mêmes nations au final. C'était donc ça COLO, des joyeuses colonies de vacances pour les plus acharnés de la FDE.
Satisfait il entreprit de renouer les liens vers le reste de l'univers.



Épisode 7 : Galaxie 25 - Secteur 53, zone 12 - le 23/07/anI dans la 19ème heure - La Gifle


Erreur fatale

La campagne qui se passait en G25 allait bon train. Les hantariens n'avaient pas véritablement participé jusqu'à ce jour. Tout au plus quelques combats d'interception de jumps et du soutien. La flotte avait donc été séparée en 2 : vaisseaux lourds et rapides d'une part, vaisseaux lents et les légers d'autres part. La veille, un grand mouvement de rapprochement vers la zone des combats avait été lancé pour regrouper les forces hantariennes. Ce mouvement, lancé tardivement, semblait bien se présenter.
Pourtant, le 23/07 dans l'après-midi, la nouvelle tomba, froide et implacable : une flotte ennemie allait intercepter la flotte de soutien. La stupeur se répandit dans le GQG et les EM. Aucune solution pour la sauver ne fut trouvée. Le délai d'interception était trop court y compris pour l'Alliance. Le combat aurait lieu le soir à 1 contre 10.
A bord du CRC amiral, le général Zak LVOV faisait les cent pas. Il retournait la chose dans sa tête dans tous les sens mais aucune idée ne lui venait. La flotte était condamnée. Tous ces hommes et ce matériel qui se trouvaient à bord pouvaient déjà être considérés comme perdus.
- Quel gâchis ! Ne put-il s'empêcher de dire à haute voix.
Il était dépité. L'ordre initial venait de lui et il se sentait personnellement responsable de cette situation. C'est pourquoi il décida de rester et de mourir avec ses hommes. De son point de vue c'était la moindre des choses.
Plusieurs discussions avaient eu lieu avec ses subordonnés et les responsables hantariens qui se trouvaient à bord. Il avait été décidé que les plus importants seraient téléportés sur l'autre flotte qui se trouvait dans un secteur voisin. La manoeuvre demandait beaucoup d'énergie et était assez lente : seul le vaisseau amiral était équipé de ce système. Tout le monde ne pourrait malheureusement pas fuir de cette façon. Ses subordonnés lui avaient réservé une place mais il avait refusé. Demandes et supplications avaient suivi mais rien n'y fit, il était resté ferme sur sa décision. Certains s'étaient emportés même mais Zak n'avait pas changé d'avis. Tous semblaient résignés maintenant.
Alors qu'il regardait la flotte moribonde par l'ouverture panoramique de ses quartiers, la porte s'ouvrit silencieusement et 2 silhouettes entrèrent. Avant même qu'il ne perçoive leur présence, une micro-fléchette vint se planter à la base de sa nuque. Il s'effondra sur lui-même, foudroyé par un somnifère puissant.

Combat sans espoir

Les vaisseaux hantariens arrivaient sur l'espace 12 du secteur 53. Après que l'annonce de l'interception imminente ait été faite, la tension à bord des vaisseaux montait inexorablement. Ils n'avaient pratiquement aucune chance d'en sortir et ils le savaient. A 1 contre 10 : 88k de signature contre plus de 800k de signature ! La chose était déjà entendue...
Les officiers avaient rempli leur avant-dernière mission : l'évacuation in extrémis du général LVOV avait été rondement menée et tout s'était déroulée comme prévu. La plupart esquissaient un sourire en y repensant et surtout en s'imaginant la tête du général quand il se réveillerait sain et sauf, à l'abri. De plus il ne pourrait même pas leur faire « payer » car bientôt, ils seraient tous morts. Après un dernier verre de vodka ils avaient tous rejoints leur poste.
L'état d'esprit pourtant était bien tranché entre les hommes et pilotes des vaisseaux d'une part et les techniciens civils et soldats d'assaut d'autre part. Les premiers allaient pouvoir essayer de vendre chèrement leur peau, tandis que les seconds ne pouvaient qu'attendre leur sort. Parmi les troupes d'assaut il y eut plusieurs suicides à l'arme blanche, quelques révoltes et crises de nerfs mais la majorité ne bougea pas. Les troupes se contentèrent de se regrouper par unité de combat et de boire à la santé du pays, tout ça en pensant à la famille et en se racontant les récits des combats passés. Pour les civils ce fut moins serein, mais, parqués dans leur cargos, ils ne pouvaient pas faire grand-chose.
La chasse était en alerte, chaque pilote prêt à combattre dès que la flotte serait sortie l'hyperespace. De même les CTM qui faisaient toujours des merveilles pour stopper les « légers » ennemis. Pour le reste... « On verrait bien le moment venu. » comme aimait à se le répéter les hommes. La tension montait.
Lorsque la flotte sortit de l'hyperespace, il y eut une lueur d'espoir mais qui fut vite balayée. La manoeuvre d'échappement fut enclenchée mais... mais rien n'y fit.
Déjà la chasse ennemie harcelait tandis que les frégates pulvérisaient corvettes et légers à tout va. Les croiseurs entrèrent ensuite dans la danse et enfoncèrent la faible ligne de croiseurs hantariens pour venir détruire cargos, vaisseaux utilitaires et barges qui étaient impuissants et sans défense.
Au bout de 4 séquences, le combat cessa faute de combattants. La flotte hantarienne avait disparu et il ne restait que des carcasses disloquées avec de ci de là quelques « bip » de détresse provenant des capsules de survie. L'ennemi restait maître du secteur, n'ayant subit que des pertes légères.
Les hantariens avaient perdus 2600 légers, 2100 corvettes, 540 croiseurs et plus de 200 vaisseaux utilitaires. L'ennemi n'avait perdu qu'un peu plus de 600 légers, quelques corvettes et frégates ainsi qu'un peu moins de 30 croiseurs.
(NB : ennemi gagnant, "Woden" des EDEN.)

Détresse et devoir du chef

Son cerveau mit quelques temps à reprendre le contrôle de son corps et de l'espace : Zak émergeait tout doucement de son sommeil artificiel. Ses yeux s'ouvrirent et scrutèrent les environs à la recherche de repères connus. Cet effort lui donna l'impression que sa tête allait exploser. Puis, petit à petit, il reconnut une cabine standard à bord d'un vaisseau mère. Alors qu'il allait se redresser, tout lui revient en mémoire : la flotte, l'interception ennemie en cours. Il était encore tant d'agir ! Se redressant brusquement, il essaya de se lever mais chancela. Incapable de se tenir debout il tomba à genoux. La porte de la cabine s'ouvrir brutalement et Kalmouk accompagné de Slaine se précipitèrent vers lui pour le relever. Il le ramenèrent sur la couchette pour qu'il puisse s'asseoir. Les idées se bousculaient dans le crâne du général. De plus en plus une sourde angoisse l'étreignait. Il fallait qu'il sache ce qu'était devenu sa flotte et ses hommes.
Il ouvrit la bouche une première fois mais aucun son ne sortit. Il déglutit mais en vain. Sa bouche était aussi sèche que les steppes de Smolensk. Slaine prit un verre tout proche, le remplit d'eau et lui tendit.
- Calme toi Zak. S'il te plaît mon amour calme toi et bois, lui dit-elle dans un sourire.
Zak saisit le verre et but goulûment l'eau fraîche et apaisante. Celle-ci fit son chemin et il put enfin bouger la langue qui ne ressemblait plus à un vieux bout de carton. Aussitôt il questionna :
- La flotte ? L'ennemi ? Où en sommes nous ?
- Général... Articula faiblement Kalmouk. Il ne put en dire plus.
- Zak, commença Slaine d'une voix sourde, le combat est fini depuis 2 heures déjà. Tu as été évacué juste à temps. Tout est fini.
La sourde angoisse qui le tenaillait depuis son réveil se confirmait donc. Un rictus amère lui tordit la bouche :
- Il fallait me laisser là bas. Avec mes hommes. Mon erreur impardonnable aurait ainsi été payée.
- Tu ne pas le droit ! Explosa Slaine. Je t'interdis de dire de telles énormités ! Qu'aurions nous fait ensuite sans guide, sans chef ! Qu'aurait bien pu faire la nation ! Et moi ! Que serais-je devenue sans toi...
La voix de Slaine se brisa et elle éclata en sanglot. Zak resta figé, penaud : il ne pouvait pas réagir égoïstement et ne penser qu'à lui. La nation ! Voilà ce qui importait en premier. Reprenant ses esprits et son calme, il réussit à se lever et prit dans ses bras Slaine qui sanglotait toujours.
- Tu as raison ma tigresse... Tu as toujours raison. Mais c'est dur pour un chef de voir ses hommes payer le prix fort pour une erreur qu'il a commise. Mais tu as raison : la nation a encore besoin de moi.
Il la serra fort contre lui. Sentir le corps de sa bien-aimée contre lui, lui redonna du courage et des forces. Il avait décidé de reprendre les choses en main. Après un tendre baiser à Slaine, il sortit de la cabine. Accompagné de Kalmouk il se dirigea vers la passerelle du vaisseau. Les devoirs d'un chef l'appelaient de nouveau.



Épisode 8 : Galaxie 03 - Minsk - le 04/08/anI - Dégradation de la situation en Galaxie 04


Le lieutenant-colonel GHO entra précipitamment dans le bureau du Grand Conseiller LVOV.
- Mon général, avez vous pris connaissance des dernières nouvelles diplomatiques intergalactiques ?
LVOV, qui était plongé dans la lecture de différentes dépêches et jonglait entre ses différents écrans tactiles, leva les yeux.
- Colonel ! Salutations. Oui j'ai vu tout cela. Je me tiens très régulièrement au courant même si je participe pas véritablement à cette vie diplomatique et très souvent stérile.
- Mais nous sommes concernés en G4 ? Demanda GHO.
- Vous avez raison mais pas d'inquiétudes à ce sujet. Nous faisons évacuer civils et ressources. A ce propos voici les différents décrets concernant nos possessions en G4 : en premier lieu « destruction des infrastructures importantes », en second lieu « recrutement des volontaires dans nos légions (hommes et femmes en âge de combattre) », en troisième lieu « formation des milices de défense à partir des volontaires hors d'âge de se battre » et pour finir « tous ceux qui le souhaitent seront évacués et rapatriés ».
- Cela ne suffira pas mon général...
- Ne vous inquiétez pas colonel. Venez voir.
Joignant le geste à la parole, le général orienta un de ses écrans vers le colonel.
- Regardez ça : 3 nouvelles planètes dans le giron de la Nation Hantarienne. Nous produisons à plein sur ces 3 dernières. Les ressources, les vaisseaux et les hommes s'accumulent comme jamais depuis plusieurs jours. Nous ne sommes pas morts. Loin de là.
GHO semblait rassuré mais un pli soucieux barré toujours son front.
- Mon général... Cela est bien peu comparé à ce que nous allons perdre en retour.
LVOV éclata de rire :
- Voyons colonel ! Vous ne pensez tout de même pas que nous avons mis tous nos oeufs dans le même panier !
Puis il se leva et posa sa main sur l'épaule de son colonel.
- Allons déposer ses décrets pour application et je vous invite à prendre une vodka.
Ils sortirent tous les deux de la pièce.
Le colonel était toujours impressionné par l'allant dont faisait preuve le général dans toutes les situations.
Pour le général, cette confiance de façade cachait pourtant une tristesse intérieure : tant d'hommes et de femmes allaient encore mourir... Décidément, son peuple était voué à combattre depuis toujours et, depuis le Grand Exile, il ne chaumait pas.



Épisode 9 : Galaxie 04 - le 10/08/anI - Le vent tourne


- Administrateur BAKOUNINE !
Un jeune lieutenant de l'EM venait de faire irruption dans le bureau de l'administrateur de la planète 13, secteur 34, galaxie 4.
- Flottes ennemies en orbite. Impossible de faire évacuer d'autres vaisseaux.
Isabella BAKOUNINE leva les yeux des différents rapports qui encombraient son plan de travail et se leva.
- Bien lieutenant. Les derniers vaisseaux ont été évacués déjà. Tout est en ordre. Quels sont leurs mouvements exacts ?
- Administrateur, aux derniers rapports, il va en être de même pour notre planète soeur du secteur. Les dernières communications avec elle indiquent que tout est en place pour la défense.
- Bien. Transmettez l'ordre de destruction du dernier satellite radar, se contenta de dire Isabella.
Le lieutenant fit demi-tour et partit au pas de course transmettre l'ordre.
Isabella ne se faisait pas d'illusion : ils n'avaient aucune chance. Les flottes étaient sauves et c'était là le principal. Pour le reste... Tout était écrit d'avance. Une planète était tombée 2 jours auparavant. Le dernier rapport qu'elle avait transmis, montrait bien que tous avaient fait leur devoir mais en vain malheureusement. Ils s'étaient défendus vaillamment.
Aucune fotte n'étant disponible, le GQG avait décidé de faire table rase et de décréter l'état d'alerte sur les planètes de la galaxie 4. Tout avait été mis en oeuvre pour évacuer le plus possible de civils, de ressources et de vaisseaux hors d'atteinte des armadas ennemies. La mission s'était parfaitement déroulée. Quelques croiseurs avaient été perdus mais rien de bien méchant. Les légions de défense avaient été mobilisées ainsi que les rangs de milices. Sur chaque planète ça n'était qu'un fourmillement d'hommes et de femmes en armes.
Isabella BAKOUNINE regarda une dernière fois par la fenêtre panoramique de son bureau. Le dernier hangar à minerai avait été détruit le matin même, seul subsistait les bâtiments de défense maintenant. Elle jeta un dernier regard sur son écran de contrôle et constata que la couverture radar avait disparue : l'ordre avait été transmis. Enfilant son gilet blindé, elle prit son arme individuelle qui trônait dans un coin du bureau et elle sortit dans le couloir. Déjà les personnels non indispensables de l'EM se regroupaient pour former les sections de défense et occuper les postes qui leur avaient été attribués. Elle rejoignit sa section et tous se mirent en marche. Les militaires dirigeaient maintenant, son titre d'administrateur ne servait plus à rien. Tous avaient le visage grave. Tous allaient à la mort. Quelque part dans les rangs un homme siffla un vieil air des temps anciens. Tous le connaissaient et le reprirent dans un murmure :

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...



Épisode 10 : Galaxie 04 - le 21/08/anI - Résistance


Plusieurs jours déjà que les dernières planètes du secteur 35 étaient tombées. La lutte avait été rude et vaine. Un assaut avait même était repoussée sur la planète 20. Le lieutenant-colonel Dom NAUX se remémorait encore les derniers échanges avec le PC de cette planète, l'espoir qui était né après ce combat et puis la dernière transmission lors de l'assaut final : « Souvenez-vous de nous ! Vive la nation hantarienne ! A la mort ! » Depuis, avec les vaisseaux qui avaient été sauvés ils avaient fuit et s'étaient éparpillés dans la galaxie. Avec les jumpers à sa disposition, il devait exécuter les ordres et fait évacuer le plus de d'hommes et de vaisseaux possibles. Il commandait une force réduite maintenant mais bien rodée. Il sentait que tous ses hommes sans exception « en voulaient ». Les choses ne dureraient pas indéfiniment. Les jours passaient et la flotte se réduisait inexorablement suite aux départs répétitifs des petites flottes. La tension était toujours là. Il fallait être sur le qui-vive. Pourtant, quand il était seul sur la passerelle de sa frégate et qu'il avait un peu de répit, il pensait à sa soeur, Slaine, qui était restée dans une autre galaxie. Il était heureux de la savoir saine et sauve, hors de danger. Il avait toujours un petit portrait holographique d'elle qu'il conservait dans l'une des poches de sa vareuse. Cela lui rappelait le pays et les temps heureux qui semblaient bien loin maintenant. Les jours passaient...
Ce matin là, après avoir fait évacuer une nouvelle fois des vaisseaux de toutes sortes, Dom reçut un message codé du GQG. Il le parcourut rapidement des yeux et, sans avoir à le décoder, il comprit immédiatement. Ils avaient enfin l'autorisation de mener des opérations de harcèlement sur l'ennemi. Sans plus attendre il ordonna le branle-bas. Comme à l'exercice, les équipages bien entraînés se mirent à leur poste de combat. Après une brève étude du théâtre d'opération, un secteur qui semblait digne d'intérêt fut repéré. Le lieutenant-colonel lança les vaisseaux de reconnaissance nécessaires à l'opération. Tout semblait OK. Il décida alors de s'adresser aux hommes qui allaient combattre et mourir. Dans chaque vaisseau, la voix posée et franche du lieutenant-colonel fut diffusée par les haut-parleurs internes.
- Soldats, compagnons. Vous savez tous maintenant que nous allons au combat. Je ne vais pas vous ennuyer avec de belles phrases pour venter votre courage et votre abnégation car je sais ce que vous valez et que vous êtes tous volontaires pour être ici. Ce jour nous allons simplement répondre aux coups qui nous ont été assénés. Nous allons venger nos compagnons qui sont déjà tombés en grand nombre ces derniers jours. Je ne vous promets pas la victoire. Je ne peux que vous promettre la mort et le sang. Vengeons nos morts ! Tout comme nos ennemis : pas de quartier ! Vive notre belle nation ! À la mort !
D'une seule voix tous les hantariens répondirent :
- À LA MORT ! HURRAH ! HURRAH ! HURRAH !
Dom donna alors le signal du départ. Les hommes se turent et tout retomba dans un silence profond.



Épisode 11 : Galaxie 04 - Secteur 93, orbite de la planète 21 - le 07/09/anII - Destruction de la flotte G4A


Depuis plusieurs jours déjà, la flotte était pourchassée par l'ennemi. Son chef, le lieutenant-colonel Dom NAUX avait su parfaitement manoeuvrer et éviter tous affrontements trop importants. De nombreux récolteurs, cargos et vaisseaux de protection étaient tombés déjà sous les coups répétés de ses hommes intrépides.
Deux jours auparavant, leur planète de repli avait dû être abandonnée précipitamment. NAUX avait alors entrepris un grand mouvement d'évasion qui, il l'espérait, leur permettrait de souffler un peu mais aussi d'attendre une flotte d'évacuation. Les 2 jours s'étaient donc écoulés, tranquilles et sereins. Pourtant, dès l'approche de la zone d'arrivée, le lieutenant-colonel eut un sourd pressentiment. La vision en rêve de leur fin proche et un picotement désagréable à la base de la nuque ne le quittaient plus.
Lorsque la flotte sortie de l'hyperespace, les radars d'alerte de chacun des vaisseaux se déclenchèrent en un concert de lumière et de bips. Le lieutenant-colonel était sur la passerelle de sa FA à cet instant précis. Il ordonna aussitôt le lancement de la chasse. Les hommes étaient entraînés maintenant et tout se déroula comme à la parade : escadrilles par escadrilles ils fondirent sur l'ennemi. Le temps que la chasse entre en jeu, il demanda aux frégates de se regrouper par trinôme et de croiser leurs feux pour se protéger mutuellement. Mais le rapport de force était bien trop inégal. Il le savait mais n'en laissa rien paraître. Autour de lui, les hommes s'affairaient calmement, annonçant les coups au but et les corrections de tirs à faire. L'officier de navigation manoeuvrait comme si tout était tranquille. Tout autour pourtant, c'était l'enfer. De nombreuses FA avaient été pulvérisées avant d'avoir pu ajuster leurs tirs. Seul les FM avaient pu décocher leurs flèches venimeuses qui détruisirent plusieurs corvettes ennemies. Les FCI à leur tour entrèrent dans la danse et détruisirent quelques croiseurs. Dom n'avait pas de croiseurs à leur opposer, il ne pouvait faire front qu'avec ses FA. La chasse s'en sortait mieux mais commençait également à plier sous le nombre.
Cela faisait déjà 3 séquences que les hantariens se battaient courageusement. Leur force était déjà réduite de moitié mais ils continuaient à se battre. « Jusqu'au bout ! A la mort ! » Telle était leur devise maintenant.
A bord de la FA du lieutenant-colonel, les avaries commençaient à s'accumuler dangeureusement. L'officier de tir annonça :
- Tourelles 2 et 4 hors d'usage, tourelle 1 bloquée en position avant.
Puis ce fut l'officier des machines :
- Moteur droit hors d'usage, moteur gauche au 2/3.
L'officier des boucliers ouvrait déjà la bouche lorsque le lieutenant-colonel NAUX l'interrompit :
- Messieurs, cape sur l'ennemi. Nous venons de perdre nos 2 ailiers. Allons ! Finissons en beauté ! Timonier, cibler le croiseur le plus proche. Machine à pleine puissance. A l'abordage !
Sur la passerelle, tous frémirent imperceptiblement mais nul de se révolta. Ils exécutèrent les ordres. La mort approchait.
Une FA ennemie en perdition, et qui se trouvait sur la trajectoire, fut alors abordée et coupée en deux. Cramponné à son fauteuil de pacha, la mâchoire crispée, NAUX encaissa le choc mais cria :
- En avant ! Nous continuons ! Pleine puissance !!!
Mais plusieurs coups au but labourèrent le blindage déjà bien mal en point. La FA ralentit.
- Allez ! Hurla le lieutenant-colonel. À LA MORT !
Tandis qu'il finissait de crier ces quelques mots, la FA explosa dans une lueur aveuglante.
Autour, les derniers vaisseaux hantariens succombaient sous le nombre. Après 6 séquences de combat, tous étaient détruits et tout s'apaisa.

Rapport de combat.



Épisode 12 : Galaxie 04 - Secteur 93, orbite de la planète 18 - le 11/09/anII - Dernière évacuation


Depuis 6 jours déjà, les vaisseaux du commandant HARTOP filaient vers la G4 pour évacuer les dernières forces hantariennes qui s'y trouvaient. Ces dernières étant harcelées de toutes parts, il avait été décidé par le Grand Conseil de les faire évacuer. N'ayant pas de quoi jumper vers des cieux plus cléments, il fallait aller les chercher. Le commandant avait ainsi été désigné pour regrouper une flotte légère composée principalement de jumpers et d'un vaisseau mère avec quelques frégates et corvettes en soutien. Ils fonçaient donc à travers l'espace pour aller au secours du lieutenant-colonel NAUX, ami de longue date du commandant HARTOP.
Le matin du 6ème jour, ils sortirent de l'hyperespace et durent se défendre contre quelques vaisseaux légers hostiles. Puis ils rétablirent les communications avec le GQG. Avant même qu'il ne leur annonce la destruction complète de la flotte G4A, ils avaient compris : la zone était déserte. Un désarroi profond se propagea alors parmi les équipages qui étaient venus pour sauver leur frères d'arme et, pour beaucoup, il ne servait plus à rien de rester sur place, aveugle, en risquant de se faire détruire par beaucoup plus fort. Pourtant, le commandant HARTOP décida d'attendre 2 heures sur zone dans le cas où quelques vaisseaux auraient échappés au massacre. Plusieurs officiers protestèrent mais il resta intraitable. Il demanda que le signal de guidage et de rappel des flottes soit enclenché. Ils attendirent donc, sur le qui-vive, et la tension monta à bord des vaisseaux.
Une heure et demie plus tard un spot apparut sur les écrans de contrôle du VMS : une flotte amie en approche ! Tous se précipitèrent sur les passerelles des navires et scrutèrent l'espace en direction de ce signal. Après étude et reconnaissance, l'ordinateur d'approche identifia 1 CTM et 1 FA hantariennes. Pour les hommes s'était une grande joie de voir ces 2 vaisseaux approcher. Ceux-ci se mirent bientôt en procédure d'approche pour s'amarrer au VMS. Aucune communication n'avait pu être établi avec les 2 vaisseaux qui portaient de nombreuses traces de combat. La FA en particulier était mal en point.
Quelques instants plus tard, les portes furent ouvertes et les services sanitaires se précipitèrent à l'intérieur des 2 vaisseaux. Ils étaient bondés : civils, militaires, blessés... Tous étaient épuisés et se déplaçaient tels des spectres. Les ordres furent donnés pour les évacuer immédiatement sur les blocs de soins et de vie à bord du VMS. Le commandant HARTOP était là et il accueillit chacune des personnes qui passa devant lui. La dernière personne à quitter le bord de la FA fut Tatiana ZEJEWSK. Il la reconnut tout de suite : c'était la plus grande de tout le groupe. Il remarqua qu'elle était sous-lieutenant (ou lieutenant en second comme il fallait le dire dorénavant). Elle avait changé. Il se souvenait d'elle souriante et joviale. Ce jour elle était lasse mais avec une dureté dans le regard. Dureté qu'on retrouvait toujours dans les yeux de ceux qui avaient vécu de durs combats. Elle salua impeccablement et dit :
- Sous-lieutenant Tatiana ZEJEWSK, commandant la flottille G4A au rapport mon commandant.
- Repos. Repos, lieutenant... se contenta de répondre HARTOP. Suivez moi au PC.
- Et mes hommes ? S'inquiéta-t-elle.
- Tranquillisez-vous, nous nous en occupons. Venez avec moi.
Elle commença imperceptiblement à se détendre et semblait si frêle tout à coup. Ils entrèrent dans la salle PC qui était vide. Le commandant servit à Tatiana un grand verre d'eau.
- Non merci mon commandant. Je tiens à faire mon rapport avant toute chose, insista-t-elle.
- Cela peut attendre, dit-il calmement.
Il voulait la réconforter et ne pas l'embêter avec ça. Pourtant, il avait déjà connu des situations identiques et savait qu'il devait la laisser faire. Il fallait lui laisser la possibilité de raconter, de « vider son sac » ce qui permettrait de la faire sortir du carcan dans lequel elle avait dû s'enfermer pour ne pas craquer.
- Je n'ai rien pu faire, commença-t-elle de façon abrupte, comme si elle se parlait à elle même. J'avais été envoyée avec ma CTM harceler les points de contrôle ennemis sous les ordres du capitaine SARD commandant la FA. Tout se passait bien. Nous devions rejoindre la force principale... la G4A... plus tard, après la mission... Quand ils sont arrivés dans ce secteur de jump, ils ont compris que c'était la fin. Les communications fonctionnaient encore à ce moment là... Difficilement mais elles fonctionnaient. Nous n'avons pu qu'assister de loin... Impuissants... C'est là que nous avons eu un combat contre du léger au cours duquel le capitaine SARD est mort et que nos communications ont été endommagées. J'ai donc pris le commandement de la FA... Nous avons rejoint ce secteur en nous isolant mais plein d'espoir. J'ai décidé de prospecter l'orbite de la planète où la bataille avait eu lieu. Aucun vaisseau n'en est sorti ! Aucun ! Nous avons récupéré 12 personnes dans 2 capsules de survie mais aucune trace du reste... Rien... Rien !
Sa voix se cassa et de grosses larmes coulèrent sur ces joues. Aucun son ne sortaient plus de sa bouche dont les lèvres ne formaient plus qu'une fine ligne crispée. Désarmé par tant de détresse, le commandant HARTOP fut ému par cette jeune femme qu'il connaissait et qui semblait si fragile dans cet uniforme devenu trop grand pour elle. Il aurait tellement aimé avoir une fille comme elle. Elle l'était un peu pourtant car il suivait son parcours depuis son entrée à l'académie. Il s'avança vers elle et la prit par les épaules. Elle le regarda et éclata en sanglots. Ses jeunes épaules tressautaient de façon désordonnée. Encore plus ému, il referma les bras sur elle et lui parla comme un père à sa fille :
- Ton rapport attendra. Calme-toi. Tout est fini.
Autour d'eux, les vaisseaux faisaient mouvement pour rentrer. Pour les Hantariens, tout était fini en G4.



Épisode 13 : le 12/10/anII - Renouveau : changement d'alliance et d'objectif


Après ces dernières réunions du Grand Conseil Zak en était sûr, la nation hantarienne était à un tournant de son histoire. La date anniversaire de leur arrivée dans cet univers était bien loin déjà, la FDE, les combats, les querelles... tout semblait dérisoire maintenant. Une belle épopée s'était passée mais la page était tournée.
Depuis un mois déjà, tout avait radicalement changé : du sang neuf était arrivé au Grand Conseil après les élections annuelles, une nouvelle alliance, EVEIL (EVE), qui avait apportée de nouvelle idées et ouvert d'autres horizons, le peuple semblait maintenant aspirer à autre chose. Oui, pour beaucoup d'Hantariens le contact avec les autres nations de l'alliance leur avaient ouvert l'esprit. Le « pourquoi » de leur existence dans cet univers, la recherche d'une ancienne civilisation qui aurait défini un idéal de vie et répondu à cette question, la cité perdue et son manuscrit disparu qui contiendrait tout ces dires... C'était devenu le but même de leur vie.
Dorénavant tout était mis en place pour arriver à cet objectif et de nouveaux axes de développement économiques et militaires avaient vu le jour. Depuis peu, de nombreuses flottes étaient parties dans plusieurs galaxies pour explorer et découvrir d'autres horizons et rechercher LE manuscrit disparu.
Zak consultait chaque jour les rapports qui arrivaient à son bureau installé à bord du VMS principal de la flotte. Depuis l'abandon de Minsk, l'ex planète mère hantarienne, il avait décidé de s'installer ici, à l'ancienne, près à bouger ou à partir en transhumance si il le fallait.
Dans tous ces rapports, un points particulier attira son attention : la galaxie 33. Ce qui devait être au départ une installation pour un nouveau départ était en train de se transformer en un bourbier informe sans queue ni tête. Un rapport sur 90k de flotte perdus là bas le fit tiquer. Il rédigea aussitôt des ordres pour que des dispositions soient prises, coupa les communications avec les alliances locales qui semblaient faire tout leur possible pour envenimer la situation et envoya un message à l'alliance. Les problèmes sérieux n'avaient décidément pas tardé à refaire surface.



Épisode 14 : Galaxie 13 - Secteur x, planète x - le 31/10/an II - Avant-poste d'exploration hantarien - Les responsabilités : gérer la pression


Ce matin là, l'administrateur Arn LEFEBV vaquait à ses occupations quotidiennes. Comme à l'accoutumée, il était au PC de la planète et notait très précisément tout ce qui s'était passé depuis la veille au soir. Le moindre détail insignifiant se retrouvait donc automatiquement en mémoire de son ordinateur de poche. Arn avait toujours était comme ça et depuis tout petit il avait pris l'habitude de tout noter pour que tout soit bien classé et archivé. Grâce à cette aptitude, il avait fait des merveilles lors de sa formation à l'école administrative. Tout le monde avait d'ailleurs loué ses qualités. Cela n'en faisait pourtant pas un administrateur exceptionnel. Il savait juste reproduire ce qu'il avait appris en plongeant dans « ses archives » personnelles.
Il notait donc. A l'aide de son stylet, se mordant la langue tel un enfant appliqué, il inscrivait des lignes et des lignes de textes sur l'écran de son ordinateur de poche. Autour de lui, le personnel de l'EM bourdonnait tel un essaim d'abeilles ouvrières. Parfois, un officier venait lui apporter un rapport et sans attendre repartait aussitôt. La routine se déroulait comme à l'habitude. Une routine... routinière !
Tout à coup, un bip d'alerte retentit dans la salle. Tout le monde se figea sur place, y compris notre administrateur. Les yeux ronds et le stylet en l'air il semblait suspendu comme une marionnette à ses fils. Le commandant du PC, nouvellement nommé, s'enquit immédiatement de la situation : « Une flotte hostile de xxxxxx (42 174) est en transit de xxxxxx 13.xx.xx vers Krasnodar 13.xx.xx - (00:48:48) ». Il apporta rapidement le rapport à Arn qui le lut, le relut et le relut encore. Pendant qu'il lisait, le commandant lui dit :
- J'ai envoyé un message flash au GQG et j'attends une réponse pour la conduite à tenir. Je voulais juste...
Il n'eut pas le temps de finir, Arn le coupa :
- Faites décoller la flooooooootte ! Tous les vaisseauuuuuuux !
Sa voix partait dans les aigus d'une façon très comique. Le commandant réprima son envie de rire et osa timidement :
- Nous n'attendons pas les ordres ? Nous n'avons que 9k à leur opposer...
Arn se leva brusquement. Il semblait avoir perdu sa bonhomie habituelle. Il devint rouge écarlate et faillit s'étrangler :
- Quiiiiiiiiii est l'administrateur iciiiiiiiiii ? Vous ou moi ? Excécuteeeeeeeez les ordres ! Nous sommes attaquééééééééééééés !!!!
Il transpirait maintenant. Encore peu au fait des relations civils/militaires sur une planète, le commandant se retourna et ordonna que toute la flotte passe en orbite. Puis il se tourna de nouveau vers l'administrateur pour lui demander ce qu'il fallait faire pour la suite. Ses yeux ne rencontrèrent que le vide : Arn avait quitté précipitamment la pièce, abandonnant stylet, ordinateur de poche et autres rapports. Interloqué, le commandant décida d'attendre les ordres du QGQ. A l'extérieur, les quelques vaisseaux hantariens présents sur la planète décollaient.
Au GQG, le général LVOV avait été averti et avait aussitôt pris contact avec la nation qui était en approche. L'échange fut cordial et la nation impliquait ne pu que présenter ses plus plates excuses pour cette erreur de navigation regrettable. La situation débrouillée, la nouvelle fut aussitôt envoyée vers l'avant-poste de la galaxie 13.
Là bas, le commandant du PC reçut le message et respira un bon coup : le message lui indiquait qu'il n'y avait aucune crainte à avoir et que toutes les décisions militaires lui incombaient, à lui et à lui seul. Satisfait il voulut en avertir l'administrateur mais celui-ci était introuvable. Il fallut plusieurs heures avant de le retrouver. Une odeur nauséabonde avait attiré l'attention : il était recroquevillé dans un coin sombre, tremblant de peur et pataugeant dans son urine et ses excréments. Il fallut le rassurer, l'emmener au service médical et lui redonner une apparence « normale ». Sur le chemin de l'infirmerie, lorsqu'il apparut à la lumière, une chose frappa son entourage : toute la partie avant de ses cheveux était devenue blanche alors qu'il était brun jusqu'à maintenant.
Son trouillomètre a largement du dépasser la graduation 100, pensa aussitôt le médecin qui le reçut.

Le lendemain

Le jour précédent avait été très mouvementé pour l'administrateur Arn LEFEBV. Il avait complètement perdu les pédales face à un imprévu et n'avait pas su gérer la situation. Complètement mortifié, il s'était isolé dans ses quartiers après les soins qu'on lui avait prodigué. Il n'était réapparu que le matin, comme si de rien n'était, travaillant et notant tout comme à l'accoutumée. Le personnel qui l'entourait semblait ne pas s'en souvenir non plus et, mis à part les cheveux blancs comme neige à l'avant du crâne de Arn, rien ne laissait transparaître ce qui s'était produit la veille. La journée se passa donc tranquillement, la principale mission de la journée fut de rentrer les vaisseaux guerre qui avaient été sortis la veille.
Pourtant, le soir, alors que l'équipe de nuit avait pris sa permanence, l'alarme d'approche de flottes hostiles se déclancha : « Une flotte hostile de xxxxxx(99 576) est en transit d'une planète inconnue vers 13.xx.xx - (08:20:41) ». L'adjoint du PC alerta aussitôt le QGQ pour établir les intentions de la nation en approche.
Dans un premier temps, Arn réussit à garder son calme et à appréhender la situation comme il le fallait. Il resta donc en retrait, se contentant de surveiller les opérations de loin. Très vite, la situation sembla plus complexe que la veille. Les rapports provenant du QGQ, et qui lui furent apportés, parlaient d'accrochages entre un allié (de l'alliance) et une autre alliance. Il y eut assez vite de l'escalade dans les propos de chacun et la tension monta d'un cran dans les comptes-rendus.
L'angoisse monta pour Arn. Il se mit à transpirer et à respirer bruyamment. Autour de lui personne ne remarqua ce changement de comportement car tous étaient bien trop occupés. Les dépêches se succédèrent jusqu'à ce que l'une d'entre elles annoncent : « État d'alerte immédiat sur Krasnodar - Faire décoller tous vaisseaux disponibles pour évacuation si nécessaire - Préparer les défenses au sol. » À la lecture de ces lignes, Arn perdit complètement la maîtrise de lui. S'en était trop pour lui. Son menton se mit à trembler et il balbutia :
- Mais... Mais... Mais...
Puis il se dandina légèrement et voulut se lever. Se faisant il renversa les documents qui s'étalaient sur la table, trébucha et fit tomber la chaise et son ordinateur de poche dans un grand fracas. Cette fois-ci, tous se retournèrent vers lui. Ils virent alors Arn chanceler, puis se redresser, tenter de courir vers la porte, trébucher encore dans les pans de son habit et finir pas s'étaler de ton son long dans un grand cri strident. Bien que la situation générale ne prêtait pas à rire, tous les présents esquissèrent un sourire mais se précipitèrent vers lui. En le retournant, ils ne purent que constater l'impensable : il avait fait une crise cardiaque et semblait sur le point de succomber. Son visage rouge commençait à virer au violet et ses yeux exorbités roulaient dans leurs orbites. Aussitôt une équipe médicale fut appelée et le prit en charge. Elle l'emmena en soin intensif. Son cas était critique et il semblait avoir peu de chance d'en réchapper. Une nation voisine, apprenant cela, dépêcha aussitôt une de ses équipes médicales pour le soigner le plus rapidement possible.
Le lendemain, la situation était stabilisée et l'état d'alerte levé. De son côté, Arn était tiré d'affaire mais il était transfiguré. Ceux qui l'avaient connu ne pouvaient plus le reconnaître : les cheveux blancs, les traits tirés, il marchait voûté maintenant et avait énormément de mal à tenir debout sans l'aide de quelqu'un. Ces 2 derniers jours l'avaient usés au delà du point de rupture et il ressemblait maintenant à un vieillard grabataire.
Le Grand Conseil alerté, un nouvel administrateur fut immédiatement nommé et diligenté sur place. La nation hantarienne devait continuer à se développer et à avancer. Pour l'ex administrateur Arn LEFEBV c'était la mise à la retraite d'office et la fin de son grand rêve : administrer une planète hantarienne.



Épisode 15 : Galaxie 25 - le 12/12/anII - Prises de guerre et recyclage


Quelques part en G25, à bord d'un VMS, le général LVOV méditait en regardant la planète autour de laquelle le vaisseau orbitait. Les 2 mois qui venaient de se passer n'avait pas été de tout repos. Un campagne rapide à travers la G30 au cours de laquelle il y avait eu peu de pertes, la destruction d'une flotte en G25. Rien de bien méchant au final, la Nation Hantarienne continuait son développement comme si de rien n'était.
Il regardait les vaisseaux d'escorte qui patrouillaient tout autour. Il repensa tout à coup au rapport qui trônait sur son bureau. Les dernières récupérations de vaisseaux sur planètes inhabitées avaient été fructueuses : 20 VMS et plus de 200 récolteurs ! Il n'en revenait pas de tant de VMS sur une seule planète. La flotte hantarienne n'avait que faire de tels vaisseaux en si grand nombre. La grande majorité serait donc recyclée et permettrait de construire de nouveaux croiseurs. Il signa aussitôt le message de son empreinte en touchant l'écran et l'ordre fut aussitôt expédié. LVOV se rassit à son bureau et continua d'expédier les affaires courantes.
L'ordre arriva au sol et l'administrateur Bianko BORN le prit en compte aussitôt. Il avait fait du chemin depuis son poste sur la planète Rostov. Tout lui semblait bien loin maintenant... Il était allé de poste en poste, administrant plusieurs planètes de part l'univers. Il avait donc abouti ici, sur Astrakhan II. Il avait toujours suivi les ordres sans rien dire mais pourtant, cet ordre qui s'affichait à l'écran ne pouvait être exécuté. Il ne pouvait être exécuté car la planète était en plein déménagement. Elle allait être abandonnée pour une planète plus accueillante dans le même secteur. Il renvoya immédiatement un avis de réception en expliquant la situation. Il lui fut répondu de procéder à l'évacuation des dits vaisseaux sur la nouvelle planète pour procéder à leur démantèlement immédiat. Il répercuta les ordres et, par la baie vitrée de son bureau, il put voir alors les énormes vaisseaux quitter leurs hangars blindés et décoller vers les cieux.
A quelques heures de vol de là, sur Astrakhan III, tout était prêt pour les accueillir. Les robots de découpage et de récupération venaient juste d'être mis en place sur le spatioport et les hommes étaient à leur poste. Le développement de la planète était en cours et ces vaisseaux aller apporter les ressources nécessaires aux infrastructures à construire.



Épisode 16 : Galaxie 03 - Le 30/01/anII - Les aléas d'un changement d'alliance


Une nouvelle fois la nation hantarienne se retrouvait coupée de tout l'univers. Une nouvelle fois elle était sortie d'une alliance (l'alliance EG) qui l'avait recueillie en son sein et protégée. De même, la recherche sous la bannière EVE, du Manuscrit disparu semblait loin maintenant et n'intéressait plus qu'une poignée d'Hantariens fanatiques. Une nouvelle fois toutes les communications avaient été coupées. Le calme s'était installé sur toutes les planètes et l'attente avait commencé en ce jour du 31/01/an II.
Les différentes flottes exposées au danger avaient été rapatriées vers des zones plus calmes. Les PC de planètes étaient en alerte maximale. Le personnel s'affairait, visage tendu et front soucieux. Des flottes de protection avaient été mises en orbite pour prévenir toutes agressions. Les réservistes avaient été rappelés dans les bases et les casernes. Le peuple attendaient : tout le monde savait qu'une nation isolée était bien fragile et pouvait aiguiser la convoitise de voisins peu scrupuleux. Tout et tous étaient figés en posture de défense. Seul les cargos marchands continuaient leur noria incessante vers les GM. Leurs ventres pleins renfermaient les crédits vitaux à la survie de la Nation.
Le général LVOV et tout le GQG suivaient donc les événements de très près. Le moindre bip d'alerte était passé au crible et analysé sous tous les angles possibles. Tout semblait se passer au mieux. Pourtant.. Pourtant à la mi-journée, cela changea.
(...)
Le commandant KOUNINE était... saoul ! Certains de l'académie auraient même dit « rond comme une queue de pelle ». Il finissait tout juste de fêter sa promotion au grade de commandant et, part la même, la destruction par sa flottille d'une flotte *NO qui traînait dans le secteur.
En ce 30/01/an II, très tôt le matin, il avait d'une façon magistrale anéantit une flotte oubliée d'une ancienne nation révoltée. Sa manoeuvre avait été parfaite et les hommes impeccables. La victoire fut acquise en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Les quelques pertes dans les rangs seraient vite oubliées et comblées. La joie avait éclatée alors dans tous les vaisseaux pour tous ces jeunes hommes fraîchement formés à bord de ces vaisseaux flambant neufs. Le nouveau commandant de flotte avait donc décider d'offrir un verre à toute la passerelle. Très rapidement il avait ordonné le retour vers Minsk II, la planète du secteur. Tout fut fait dans la précipitation et les hommes se retrouvèrent un verre à la main. Sur la passerelle de commandement ce ne fut bientôt que vantardises et chants à tue-tête.
A quelques heures de là, une planète inoccupée et voisine de Minsk II, servaient de zone de repli à une flottille étrangère. Il faut dire que de nombreux combats s'étaient déroulés dans la galaxie ces derniers temps, combats impliquant 2 à 3 nations qui luttaient à mort. La dite flotte appartenait à l'une de ces nations. Sans s'en rendre compte, notre « joyeuse » flottille avait pris le chemin de cette planète et non celui du bercail. A bord de chaque vaisseau, mais surtout à bord de la FA de commandement, les personnels de bord étaient tout à leur victoire et s'occupaient assez peu du reste. Pourtant, le moindre opérateur avisé aurait tout de suite remarqué l'erreur de destination. Hélas, personne ne vit quoique ce soit.
De plus, au GQG, les informations transmises semblaient correctes et la destination normale étant donné la mission de la flottille : surveillance et nettoyage du secteur. Il faut dire aussi que les opérateurs étaient tellement obnubilés par l'arrivée d'une flotte importante en secteur bordure qu'ils avaient un peu délaissé le centre de la galaxie. Par conséquent, nul ne pipa mot devant la manoeuvre du commandant KOUNINE.
Inexorablement, la rencontre allait se produire sans que personne n'ait rien vu chez les Hantariens.
(...)
Les bips d'alerte emplirent soudainement la passerelle de la FA du commandant KOUNINE. La bouche pâteuse et l'oeil vague, ce dernier se redressa brutalement :
- Condu'hite à ten... euuuuh... Au rapport d'avaries ! A l'abordage !
- Bien dit mon commandant ! Hurla un jeune officier derrière lui.
Le commandant fit alors un demi-tour chaotique et ne voyant personne s'adressa à la console radar qui se trouvait là.
- Alors ma picht... tipchou... pitchounette qu'est que tu me racontes là !?
Voulant lui envoyer une tape amicale, il la manqua d'un bon 30 centimètres et faillit s'étaler parterre. Autour de lui la rigolade s'amplifia...
Dans 2 FA et 1 FM hantariennes pourtant, les hommes avaient su rester raisonnables et ces bips d'alerte avaient été identifiés. Le GQG avertit, il avait ordonné l'esquive dans la mesure du possible. Les commandants des 3 vaisseaux réussir à contacter la plupart des autres vaisseaux pour les avertir. Tous espéraient que l'adversaire ne serait pas en mode attaque ce qui permettrait d'éviter le combat. Malheureusement, plusieurs vaisseaux hantariens ne répondirent pas à l'alerte. La FA amirale en faisait partie :
- Qu'est ceuuh qu'c'est queuuuuuuh tout c'chambard ! n'arrêtait pas de répéter le commandant KOUNINE. On'a p'lus l'droit de fêter tranquilleeeeeeeuuuument sa victoare !?
Lorsque la flotte arriva sur zone, le mouvement d'esquive fut aussitôt enclencher. A bord, les hommes (à geint) croisèrent les doigts et attendirent. Hélas ! La flotte adverse déclencha aussitôt le tir sur les vaisseaux hantariens. Ces derniers étaient passés en mode riposte. Plusieurs furent détruits par cette première salve.
A bord de la FA de commandement c'était la consternation :
- Méééééééé que se passa... passi... passeuhtil donc ... ne cessait de bégayer le commandant KOUNINE.
Effondré sur son fauteuil de commandement, les bras ballant, il regardait incrédule les événements se dérouler sous ses yeux.
Par chance, les vaisseaux hantariens étaient plus nombreux et de classe supérieure. De plus, la majorité des hommes d'équipage avaient la tête sur les épaules et n'étaient pas saouls, ce qui permit à la plupart des vaisseaux de riposter au coup par coup, de façon désordonnée.
Ainsi, sans gloire aucune, mais grâce à leur puissance de feu et à la qualité des équipages, les hantariens eurent raison de l'adversaire et purent rejoindre Minsk II.
La nouvelle avait déjà fait le tour de tous les EM et du GQG. Le général LVOV lui-même avait été prévenu et s'était dépêché d'envoyer un message d'excuse et de dédommagement à la nation concernée. Celle-ci accepta le dédommagement sans se plaindre outre mesure. Des vaisseaux de sauvetage furent ensuite envoyés sur place pour récupérer les survivants. La flotte de l'ex-commandant KOUNINE fut consignée en orbite jusqu'à nouvel ordre et la plupart des officiers de passerelle mis aux arrêts. Un décret fut aussitôt signé par le Grand Conseil pour interdire tout alcool à bord des vaisseaux.
La nation hantarienne, seule et sans alliance, avait frôlée la catastrophe. Pour le général LVOV, cela confirmait bien qu'en zone de combat il était très difficile à une nation isolée de survivre.



Épisode 17 : Galaxie 37 - Le 17/02/anII - Alliance LIG : échec complet


L'opération de la LIG avait bien commencé, le secteur d'arrivée en G37 était claire et très peu d'ennemis se trouvaient à l'arrivée. Face à ce vide inquiétant, la majorité des nations présentes avaient décidé un mouvement offensif et audacieux. Les Hantariens avaient décidé de suivre avec leurs vaisseaux les plus rapides, laissant les plus lents en arrière avec les utilitaires.
Le colonel Max ESTRADA était satisfait de ses hommes. Peu de pertes et la prise d'une planète avait permit de rendre aveugle l'ennemi dans le secteur d'arrivée. Ayant regroupé les vaisseaux rapides, il en avait pris le commandement et s'était synchronisé sur les flottes alliées pour arriver directement en 37.36.4. Ils avaient une chance de percer là bas. Pourtant il ressentait un certain malaise car la LIG ne semblait pas aussi unie qu'il ne l'avait cru au départ : des dissensions apparaissaient et même un certain flou sur les consignes de guerre. Un comble pour des flottes d'invasion en territoire ennemi ! Fallait-il attendre de se faire détruire voir même fuir la galaxie aussitôt arrivé ? La question avait été abordée entre lui et son état-major. Il en avait même parlé au général LVOV qui se posait également la question. La situation n'était donc pas très confortable.
A l'arrivée, en 37.63.4, il n'y eu aucune surprise : ils étaient attendus. Aussitôt les vaisseaux hantariens et alliées se déployèrent pour faire face et la « danse » commença.
Les flottes se disposèrent en ordre de bataille, la nuée des vaisseaux légers s'affrontait déjà alors que les croiseurs formaient les lignes de bataille protégés par les frégates qui les escortaient.
Les vaisseaux hantariens se déployaient également. Le colonel ESTRADA connaissait parfaitement ces grandes manoeuvres de bataille. De la passerelle de son CRE amiral, il pouvait voir ses croiseurs former les lignes de feu en quinconce. Pourtant il n'avait pas le temps de contempler ce spectacle. L'adversaire était là. Il attaquait déjà les positions. Le nombre plus grand de ses vaisseaux allait sans doute faire la différence. Plusieurs lignes de ses vaisseaux attaquaient vigoureusement et essayaient de rompre les lignes LIG. En particulier à la jonction des différentes flottes LIG, là où la cohésion n'était pas la plus optimale.
L'ennemi avait trouvé la faille, il ne lui restait plus qu'à l'exploiter. Le temps jouait pour lui et même avec les pertes qu'il subissait il savait que la victoire était pour lui. Inlassablement ses lignes de vaisseaux détruites étaient remplacées par de nouvelles tandis que les lignes LIG se réduisaient régulièrement, sans espoir de renfort.
De part et d'autre pourtant les hommes continuaient à se battre, les railguns lourds des croiseurs traçaient leur sillons de mort dans les boucliers et dans le blindage adverse. Les missiles et les railguns des frégates zébraient l'espace avant de percuter à leur tour les coques des vaisseaux.
De loin on pouvait croire à une fête. Comme un feu d'artifice géant. Pourtant, en se rapprochant, on remarquait très vite que ces lumières merveilleuses n'étaient que tirs, explosions, lueurs de destruction et coups au but.
Le CRE du colonel ESTRADA fut l'un des dernier à tomber, tel un vieil éléphant fourbu, percé de toute part, il rendit l'âme sous la multitude des traits ennemis.
Après 61 cycles de combat, les forces LIG avaient été réduites à néant. L'adversaire était resté maître de la zone 37.36.4. Il ne lui restait plus qu'à recycler les débris et les carcasses de vaisseaux qui témoignaient du combat qui s'était déroulé là.

Rapport de combat



Épisode 18 : Galaxie 25 - Secteur XX - le 19/02/anII - La fin d'une époque


L'avenir s'assombrissait. L'opération avortée en G37 avait coûté cher à la nation hantarienne en vaisseaux de combat. Le combat avait été colossale mais la flotte de guerre hantarienne, son commandant le colonel Max ESTRADA, ainsi que celles de ses alliés avait été balayée. Depuis, la reconstruction battait son plein. Toute la nation était tendue vers le but ultime de sa sauvegarde. La lutte qui s'annonçait serait rude et sans doute inégale mais les Hantariens en avaient déjà vu d'autres.
Tandis que le général LVOV pensait à tout cela en regardant la planète autour de laquelle il orbitait, les hommes s'affairaient pour le départ. Il pensait au colonel ESTRADA, son ami, son camarade de l'académie. Il revoyait leur jeunesse à tous les deux... Tant de choses s'étaient passés depuis ! Les heures sombres qui s'annonçaient allaient être difficile. Il faudrait encore se battre et s'en aller. L'exode, l'exil encore et toujours. C'était le destin des Hantariens.
Quittant son poste d'observation, le général retourna à son poste de commandement pour gérer les affaires courantes, organiser la défense et signer les décrets de formation des milices locales de défense.



Épisode 19 : Galaxie 25 - Secteur XX - le 24/04/anII - Court répit


Sur Iaroslav II, le lieutenant Guy KHABARET écoutait les derniers bulletins d'information qu'il recevait encore sur son récepteur. Les flottes ennemies étaient arrivées plus tôt en orbite.
« Hantariens, Hantariennes, voici les dernières nouvelles.
Notre dernière flotte d'importance a été détruite en G25, aux dires du général Zak LVOV lui-même, notre flotte de guerre serait anéantie.
En G03, de nombreux combats aériens se sont déroulés dans les secteurs centraux. Nombreuses pertes chez nous et destructions totale des patrouilles de protection. 3 planètes sont tombées en G03 sous le joug ennemi.
A tous, mobilisation générale ! Rendez vous dans les casernes les plus proches pour vous enrôler dans les milices de défense.
Le mot d'ordre reste le même : destruction des infrastructures, concentration des troupes.
Restez tous à l'écoute pour un nouveau bulletin très prochainement.
Nous, Hantariens mourrons en combattant ! Vive la Nation ! À LA MORT !
Pschh... »
La communication s'interrompit brutalement. Plusieurs vibrations ébranlèrent le plafond du bunker dans lequel le lieutenant se trouvait. Il bondit sur ses pieds, saisit son arme et sortit pour rejoindre son unité. Arrivé dans le sas de sortie du bunker, son capitaine l'interpella :
- Lieutenant ? Que faites-vous ici ?
- Je vais combattre mon capitaine ! Répliqua-t-il.
- Mon lieutenant, vous avez une mission : la destruction des infrastructure à partir du bunker D. Veuillez rejoindre votre poste immédiatement.
- Mais ! Mon capitaine ! Je veux combattre également !
- Il suffit lieutenant. Vous en aurez bien l'occasion dans pas bien longtemps. Exécutez vos ordres ! Rompez.
- A vos ordres ! Aboya le lieutenant.
Il fit promptement demi-tour et retourna dans le bunker. Le récepteur crachait toujours. Il verrouilla la porte blindée et s'installa au pupitre qui occupait tout un mur de la pièce. Il enclencha aussitôt une séquence de destruction de satellite d?énergie. Il connaissait la manoeuvre par coeur maintenant car il l'effectuait depuis le matin. Dans le couloir, derrière la porte, il entendit un peloton de commando passer en chantant un chant que lui même connaissait bien :

Les Commandos partent pour l'aventure
Soleil couchant les salue,
Chez l'ennemi, la nuit sera très dure
Pour ceux qui pillent et qui tuent.

(Refrain)
Patrie, Oh ma belle hirondelle
Pour toi je ferais bataille,
Je quitterai père et mère,
Sans espoir de les revoir jamais

...

Alors que les voies disparaissaient au bout du couloir, il continua sa mission tout en fredonnant les autres couplets pour s'empêcher de penser. Au dessus de sa tête, les vibrations devenaient toujours plus violentes.

O Commando, tous les autres t'envient,
On a choisi les meilleurs
Et la jeune fille qui pour toi toujours prie
Est fière de cet honneur.

(Refrain)
Patrie, Oh ma belle hirondelle
Pour toi je ferais bataille,
Je quitterai père et mère,
Sans espoir de les revoir jamais

En arrivant sur le terrain rebelle
Ils songeront à leur vie,
Demain peut-être elle sera éternelle,
Ils tomberont dans l'oubli.

Si d'aventure la mort les refuse,
Ils reviendront jusqu'au port
Et ils boiront le champagne qui fuse
A la santé de leurs morts.

Il chanta ainsi plusieurs fois les couplets, comme coupé du monde. Il attendait la mort tout simplement. Pourtant, au bout d'un temps, le récepteur crachotta et émit de nouveau :
« Hantariens, Hantariennes, voici les dernières nouvelles.
En G25, sur Iaroslav II, un assaut ennemi a été repoussé dans un élan magnifique de tous. Hommes, femmes, jeunes et anciens, tous ont combattus d'un même élan et repoussé l'ennemi.
A tous, combattons encore et encore avec honneur ! Nous devons nous battre jusqu'au dernier.
Le mot d'ordre reste le même : destruction des infrastructures, concentration des troupes.
Restez tous à l'écoute pour un nouveau bulletin très prochainement.
Nous, Hantariens, mourrons en combattant ! Vive la Nation ! À LA MORT !
Pschh... »
Un énorme soulagement étreignit le lieutenant. Un répit leur était accordé.



Épisode 20 : Galaxie 03 - le 21/02/anII - Il faut prendre une décision


Sur Kiev III, ce 21/02 de l'an II, les positions défensives se réduisaient comme peau de chagrin. Pourtant les troupes se battaient avec courage mais, inexorablement, elles pliaient sous le nombre. Les dernières positions hantariennes ne formaient plus qu'un vague quadrilatère. Le côté Nord s'appuyait sur le bâtiment d'EM et le côté Sud suivait les rives de la Néva. A l'Est les lignes suivaient plus ou moins les bâtiments d'administration civile. A l'Ouest les pistes du spatioport et la perspective Nevski.
Le colonel Ivan IVANOVITCH avait regroupé les quelques forces qui lui restaient. Principalement 3 légions d'assaut très affaiblies, une dizaine de rangs de milice de défense et plusieurs sections des forces de sécurité intérieur. Tout cela représentait environ 2000 hommes, les autres troupes avaient déjà été balayées par l'ouragan des forces ennemies.
L'assaut final était proche, l'EM s'était vidé de son personnel qui était parti "gonfler" les troupes combattantes. Le colonel détruisit les derniers serveurs de données avant de quitter la pièce qu'il piégea. Les communications avec le GQG étaient coupées depuis longtemps mais, malgré le brouillage ennemi, elles subsistaient à courte portée. Les unités hantariennes continuaient donc à communiquer entre elles. Il sortit de la pièce et rejoignit sa section de commandement qui l'attendait dans le couloir. Sans s'arrêter il se dirigea vers la sortie, ses hommes lui emboîtant le pas.
Dehors c'était l'enfer. Les tirs et le pilonnage ennemi faisait rage. Les hommes étaient terrorisés dans leur trou. Beaucoup, rendus fou, préférèreent sortir pour fuir et se faisaient hachés par la mitraille.
Après une brève communication avec le bunker le plus proche, le colonel décida de rester où il était et d'organiser sommairement la position qu'il occupait. Pourtant il n'en eut pas le temps. Les lignes hantariennes à l'Ouest venaient d'être pulvérisées. Il n'y avait plus rien là bas, tout avait été submergé. Comprenant la situation, il prit l'émetteur-récepteur des mains du sous-officier qui se tenait près de lui et dit simplement :
- À tous. Ceci est mon dernier message. Nous sommes submergés. Impossible d'organiser de nouvelles positions. Rester dans vos positions respectives. Résister sur place. Le mot d'ordre reste "CAMERONE". Vive la Nation Hantarienne...
Sa voix fut couverte par la mitrailleuse lourde de la section qui se mettait déjà à tirer pour essayer de stopper les masses sombres qui s'approchaient à revers. Les armes légères se mirent également à tirer. Les éclats des projectiles perçaient l'obscurité et la poussière des alentours. Trois hommes de la section s'écroulèrent sur le sol.
- À LA MORT ! Put-il encore articuler en commençant à tirer à son tour.
L'ennemi était sur eux. Ils s'empoignèrent et se déchirèrent avec l'énergie du désespoir. Et puis... Tout fut emporté dans la tourmente.
Loin de là, dans un autre secteur, le général LVOV contemplait les points bleus sur la carte de l'univers connu. Un point bleu venait juste de s'éteindre. Encore un : 12 depuis le début des combats. C'était décidé. Il fallait prendre une décision maintenant. Les Hantariens avaient bien résisté mais ils ne pouvaient plus rien faire pour la LIG qui, de toute manière, ne leur apportait aucune aide et semblait moribonde. Il convoqua une réunion exceptionnelle du Grand Conseil pour débattre de tout cela et décider de la conduite à tenir dorénavant.

Chapitre 03 : Les Jours Sombres

Épisodes :


Épisode 1 : le 23/04/anII - La PAF : dernier espoir ?


Ainsi une page avait été tournée encore une fois. Dorénavant, les Hantariens faisaient partis de l'alliance PAF. Les nations qui la composaient pouvaient se compter sur les doigts d'un main. Parmi elles, les Hantariens avaient retrouvé Grandazz que l'on nommait maintenant Gzz.
Depuis plusieurs semaines les Hantariens étaient donc repartis au combat. Le rapport de force était défavorable mais qu'importait, la lutte était inexorable à plus ou moins long terme. Autant provoquer les choses.
Le théâtre d'opération était revenu en G04, galaxie chargée de souvenirs glorieux et héroïques, de victoires et de défaites. Encore une fois la lutte avait bien commencé et plusieurs planètes avaient pliées devant la force de frappe hantarienne enfin regroupée. Pourtant l'avenir était sombre. Il faudrait encore lutter jusqu'à l'extrémité de ses forces pour espérer un jour retrouver une paix relative. La Nation avait souvent combattu depuis la découverte de cet univers. Elle combattrait sans doute encore longtemps tant que ses forces lui permettraient et qu'une lueur d'espoir subsisterait. Elle combattrait aussi tant que l'alliance dont elle faisait partie lui donnerait des consignes claires et louables. Obéir aux ordres, tel était sa conviction, son honneur, son allégeance.
Comme à son habitude, le général LVOV pensait à tout cela en scrutant la planète autour de laquelle son VMC orbitait. Il venait d'envoyer des ordres pour une nouvelle implantation hantarienne ailleurs car les positions de la G03 semblaient compromises : un PNA avait été rompu.
Il faut dire que nous n'y avons pas été de main morte sur les cargos ennemis ! pensa-t-il en souriant froidement.
- La G03... murmura-t-il alors. Notre galaxie mère...
Il se souvenait de Smolensk l'une des planètes historiques de la nation hantarienne. Les jours heureux avec Slaine quand elle n'était pas encore pilote. Les débuts du développement, l'espoir, l'avenir qui semblait tout tracé. Mais déjà à l'époque les combats et les intrigues... Il secoua la tête pour chasser ces pensées.
Aller de l'avant et ne pas regarder en arrière. Continuer pour l'honneur et la survie de la Nation. Ne pas douter !
Il haussa les épaules chassant de nouveau ces pensées qui encombraient son esprit. Subitement, il sortit de sa contemplation et retourna au PC installé juste à côté : des ordres devaient être donnés et exécutés immédiatement.



Épisode 2 : Galaxie 04 - Secteur bodure - début du 06/anII - Sacrifice, mort et retour à la vie


- Il faut tenir et les retarder.
Tels étaient les ordres que Nima avait reçus. En débarquant sur cette obscure planète bordure de la G04, elle n'imaginait pas que le 3ème rang de la 17ème légion serait laissé seul pour la défendre.
D'après les dires de l'EM, la conquête d'une telle planète permettrait de retarder l'ennemi car, en s'éparpillant sur la bordure de la galaxie, il devrait se déployer dans toutes les directions. La situation imposée ce sacrifice aux vues des pertes subies et des planètes perdues au centre de la galaxie. Le vent avait tourné. Après plusieurs victoires la partie semblait perdue en G04 et l'avenir de l'alliance PAF compromise.
- Et qui va devoir combattre à 1 contre 100 ! Grommelait Nima entre ses dents tandis que sa compagnie (tout du moins ce qu'il en restait) se déployait en tirailleurs pour éclairer la zone où l'ennemi semblait avoir débarqué pour envahir la planète.
La cinquantaine d'hommes qui composait encore sa compagnie progressait donc. Aucun mot n'était échangé même pas par les transmissions. Tout se faisait en visuel et par gestes. Les hommes, en binômes, progressaient pas bonds, se protégeant l'un l'autre et, une fois postés, protégeant les binômes qui suivaient et qui les dépassaient ensuite. Inexorablement, la compagnie s'enfonçait en territoire hostile.
Mais où sont-ils ? Où ? Ne cessait de se répéter Nima.
Cette attente devenait insupportable. Le visage anxieux de l'adjudant LEC, qui progressait à ses côtés, en disait long sur son état d'esprit. Dans l'unité, tous pensaient la même chose : ils se précipitaient dans la gueule du loup.
Après avoir franchi un espace découvert, ils se regroupèrent au pied d'une hauteur aux parois sombres et menaçantes. A l'aide de gestes précis, Nima donna l'ordre aux 3 premiers binômes de commencer la progression dans une ravine qui permettait certainement de contourner l'obstacle. Ceux ci déployés, les suivants s'engagèrent à leur tour. Après quelques minutes, plus de la moitié de la compagnie s'y était engagée. Tout à coup, l'enfer se déchaîna. Des projectiles de tous calibres fusèrent en tout sens sur la compagnie. Les explosions se multiplièrent accablant la position. Plusieurs hommes mordirent la poussière. Les autres se plaquèrent au sol en s'abritant où ils pouvaient. La situation devient intenable : la fin était proche et un vent de peur parcourut la troupe.
Prenant conscience de cette résignation, Nima décida immédiatement un repli en espérant qu'il y aurait le moins de pertes possibles.
- Adjudant LEC ! Installez les 3 armes d'appui que nous avons et qu'elles arrosent les hauteurs.
- Reçu capitaine.
Elle interpella 2 mitrailleurs recroquevillaient dans une fissure de la roche.
- Soldats ! Déployez votre arme et faites feu ! Allez ! Debout !!!
Joignant le geste à la parole elle se dressa, plusieurs projectiles l'encadrèrent sans la toucher. Impressionnés par tant de hardiesse, plusieurs hommes commencèrent à riposter. Les mitrailleurs qu'elle avait interpellés faisaient déjà feu. Derrière elle, les 3 armes d'appui crachaient maintenant leur mort à une cadence infernale. Elle s'avança alors vers les plus exposés, en pointe de la compagnie et dégoupilla un fumigène qu'elle lança à quelques pas.
- Lancez vos fumigènes ! Il faut faire écran !
Plusieurs fumigènes furent jetés aux alentours. Un nuage artificiel commença à masquer les Hantariens.
Peut être avons-nous une chance ? Pensa-t-elle.
Elle croisa plusieurs homme qui, bondissant ou rampant, fuyaient en sens inverse.
- Repliez-vous ! Reculez ! Ne cessait-elle de crier à pleins poumons.
Hélas, des silhouettes s'affalèrent dans leur course tandis que d'autres ne bougeaient déjà plus. Elle arriva enfin à la pointe de la position. Il ne restait plus que 3 hommes valides et terrorisés, les autres étaient morts. Elle secoua le plus proche, un caporal.
- Bougez-vous ! Allez ! Go ! Go ! Go !
Comme dans un état second l'homme la regarda, l'oeil vide, mais obéissant à l'ordre il se redressa et partit en courant vers l'arrière. Les 2 autres se levèrent à leur tour. Ils s'apprêtaient à fuir lorsqu'ils furent coupés en deux par une rafale de projectiles lourds. Renversée par le choc, éclaboussée de sang, Nima se retrouva par terre, sonnée.
Lève toi. Se dit-elle en reprenant ses esprits. Aller !
Elle n'avait plus rien à faire ici. Il n'y avait plus personne à sauver. Elle se leva et commença à courir, s'orientant au bruit des 3 armes d'appui qu'elle entendait tonner à tout rompre. Plusieurs explosions l'encadrèrent. Elle zigzaguait, continuant à reculer. Alors qu'elle sortait du nuage formé par les fumigènes, un souffle énorme la souleva et la projeta contre un rocher. Sonnée, face contre terre, un sifflement strident lui vrillait les tympans. Elle devait réagir.
Il faut que... je... je me... retourne...
Elle n'arrivait pas à prendre appui, comme si ses membres n'existaient plus. Elle s'arc-bouta pourtant comme elle put et d'un violent coup de rein se retourna sur le dos. Elle ne sentait plus rien. Elle avait juste la sensation d'être dans un cocon d'isolation.
La... la fin ? S'interrogea-t-elle avec calme.
Tout autour d'elle la mort continuait à frapper, implacable. Aussi soudainement qu'il était apparu, le sifflement disparut et le bruit infernal du combat éclata de nouveau dans sa tête. Maintenant incapable de réagir, une douleur fulgurante apparut et irradia tout son être. Au loin elle entendit :
- Capitaine ! Capitaine ! Vous m'entendez ? Bougez !!!
Puis, tout s'éteignit.

Quelques jours plus tard - le 14/06/an II
- Alors ? Tu fais quoi...
- Pardon ? Que voulez-vous ?
- Capitaine ! Capitaine ! Vous m'entendez ? Bougez !!! ...
- Pardon ? Où ?
- Mon amour... Je t'en prie mon amour. Je t'aime. Ne me laisse pas ? ...
- Qui êtes-vous ?
- Allez viens ma fille. Ne t'inquiètes pas. Tout va bien se passer...
- Mais qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Laissez moi ! LAISSEZ-MOI !!!
Elle hurla sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche. Les voix baissèrent d'un ton pourtant mais elle les entendait toujours dans un murmure sourd qui la harcelait. Elle avait peur. Elle ne voyait plus rien. Avait-elle perdue la vue ? Son crâne lui semblait prêt d'exploser mais impossible de le toucher. Ses bras étaient lourds comme du plomb. Elle se cabra dans un mouvement de reptation frénétique mais tout sembla se faire au ralenti comme en apesanteur. Elle essaya encore en vain de bouger mais elle s'épuisa très vite. Les poumons en feu et le coeur battant, l'obscurité sembla la happer toute entière.
Encore une fois elle perdit pied. Comme si elle tombait en une chute sans fin. Son corps lui faisait mal. Mais était ce vraiment son corps ou le souvenir qu'elle en avait ? Elle ne pouvait le dire...
Elle écarquilla les yeux mais aucune lumière. Seules les voix dans sa tête et ses pensées subsistaient claires et précises. Cette souffrance... C'était insupportable. Dans un dernier éclair de lucidité elle pensa que la folie allait la submerger. Elle entendit distinctement une voix qui lui sembla familière :
- Mon amour... Je t'aime.
Puis son esprit bascula dans une spirale sans fin.
(...)
- Alors docteur ? Où en sommes-nous ?
En sortant de la chambre, le capitaine Flavian BLUTCH avait interpellé l'homme en blouse blanche qui passait là.
- Il y a eu une légère amélioration depuis ce matin mais elle semble être repartie dans un profond coma... Nous avons réussi à soigner le corps mais son esprit semble encore très atteint par les épreuves qu'elle a subi.
Sans lui laisser le temps de répondre, la blouse blanche reprit sa marche et disparut au coin du couloir.
Flavian resta là, les bras ballant. Une profonde tristesse l'envahit encore une fois. Depuis que Nima avait été rapatriée grièvement blessée, il avait du mal à remonter la pente. Sans elle il n'était rien que coquille vide. Inconsciemment il prit le chemin de la salle de détente du bloc hospitalier installé à bord du VML. En y pénétrant il fut interpellé joyeusement par une voix franche :
- Mon capitaine ? Comment va « la » capitaine ? Demanda l'adjudant Sacha LEC avec un large sourire.
C'était son humour habituel et Flavian ne releva pas.
- Hélas mon adjudant, rien de bien nouveau... Je ne sais si... Enfin... Et vous-même mon adjudant ?
- En pleine forme comme vous pouvez le voir, répondit-il en exhibant un nouveau bras et de 2 jambes synthétiques. Je suis prêt à y retourner demain si il faut.
- Vous en avez à revendre vous...
Le capitaine s'assit à côté de l'adjudant et discuta des derniers combats qui avaient eu lieu récemment.
Je ne le remercierai jamais assez d'avoir sauvé Nima. Jamais ! Se dit Flavian une nouvelle fois.



Épisode 3 : Galaxie 16 - Secteur xx - le 03/07/anII - Déplacement du théatre d'opération


Le commandant Hu prenait sa douche matinale. Il avait entendu parlé d'une nouvelle station d'information « Good Morning Exile » et avait décidé de l'expérimenter. Il poussa donc le volume sonore et, tout en ce savonnant, écouta les dernières infos galactiques. Cette station semblait être très bien informée. Les infos étaient fiables et sérieuses. Les bulletins se suivaient entrecoupés par quelques morceaux de musiques « dernier cri ». Soudain il se figea. Une information des plus importantes retint son attention : « La G16 est en cours de pacification... » Son sang ne fit qu'un tour ! Il y était en G16 lui ! La planète sur laquelle il se trouvait était peut être attaquée en ce moment même ! Ils allaient tous mourir !!! Il sortit précipitamment de la douche, glissa sur la savonnette qui traînait là, s'étala de tout son long, se redressa tant bien que mal et courut hors de ses quartiers nu comme un ver. Il fit sensation en traversant les couloirs jusqu'au PC.
- Alerte ! Hurla-t-il en y pénétrant.
Tout le personnel, interloqué, le regarda. Il lui fallut une fraction de seconde pour voir que tout allait bien sur les écran radar et que l'information était fausse. Rouge de confusion, la mine déconfite, il refit en courant le chemin inverse jusqu'à ses quartiers.
On ne m'y reprendra plus ! Se dit-il sur le chemin du retour. Et ma réputation va encore en prendre un coup après ça...
Sur un VMC à quelques secteurs de là.
- Mon général ?
- Oui ?
- Le commandant Hu a encore fait des siennes semble-t-il. Voici le rapport.
- Ah ! Décidément... Il va falloir statuer sur son compte. Il nous fait vraiment du n'importe quoi depuis un long moment. J'ai déjà reçu un dossier à son sujet en provenance du colonel de la 17ème Légion.



Épisode 4 : Galaxie 16 - dans la moitié du 07/anII - Déroute


Les combats trainaient en longueur... Depuis que l'ennemi avait débarqué en G16, seul quelques secteurs avaient été pris. Il semblait qu'il est du mal à progresser face au planètes bunker que les HOG et leurs alliés avaient eu le temps de mettre en place. Comme à l'accoutumée, les Hantariens effectuaient quelques missions de harcèlement sur les forces ennemis sans trop de pertes dans leurs rangs.
Il étaient assez sereins car leurs planètes étaient encore hors de porté de l'assaillant. Sans doute trop serein même... De plus, la coordination inter-alliés n'était pas des plus vigoureuse. Une forme de lassitude s'installa alors. Et puis... il y eut cette erreur de déplacement de la flotte. Un mouvement de retour vers une planète alliée avait été engagé pour décharger les soutes des ressources récoltées pendant le dernier raid. Mouvement qui semblait anodin mais qui malheureusement était une grossière erreur : l'ennemi arrivait justement dans ce secteur. La force principale hantarienne fut entièrement détruite.
Démunis, possédant juste quelques flottilles lourdes de protection et un arsenal de jumpers, les Hantariens fuirent pour sauver ce qui pouvait encore l'être. En catastrophe, ils colonisèrent une planète dans le secteur 22 près d'un vortex et regroupèrent ce qui pouvait l'être en commençant par abandonner les planètes du Nord de la galaxie. Il y détruisirent un maximum d'infrastructures et évacuèrent la population avant qu'elles ne tombent sous le rouleau compresseur ennemi. Des convois furent organiser en toute hâte et se dirigèrent vers la G02 et la G33 où de petites colonies éloignées existaient.
Encore une fois, le destin des Hantariens ne tenait plus qu'à un fil.



Épisode 5 : Galaxie 16 - le matin du 21/07/anII - Un vent de révolte


Enfin ! Toutes les forces hantariennes avaient pu se regrouper et Zak pouvait maintenant contempler la puissance de la flotte dans sa totalité. La puissance ! ! ! Cela l'aurait fait sourire si ça n'était pas si pathétique. Juste quelques vaisseaux avaient été sauvés in extremis du massacre et évacués de la G16. La reconstruction était amorcée en G02 mais pour combien de temps... Depuis plusieurs jours, le général restait circonspect quand à la poursuite de la lutte. Tous ces rapports qui s'accumulaient sur les écrans confirmaient une seule chose : la Nation était à bout, elle avait atteint la limite de ses forces. La flotte était réduite à presque rien même si la prise de vaisseaux au sol lors des 3 dernières colonisations avait permis de reformer une petite force de frappe en frégate. Il consultât rapidement les informations à sa disposition : 30 escadrilles d'intercepteurs, c'était tout ce qu'il restait comme vaisseaux légers... Une misère ! Et les légions... 20 légions de combat. En y ajoutant les forces de sécurités on arrivait péniblement à 25000 hommes. Risible ! La Nation ne se résumait plus qu'à une dizaine de planètes qu'il serait impossible de défendre en cas de grosse invasion.
Las, le général se prit la tête à deux mains.
Et le pire dans tout ça, oui le pire ! (Car il y avait encore pire) C'était que la révolte commençait à gronder dans les rangs de la flotte et des troupes au sol. Les hommes n'en pouvaient plus de ce combat sans fin qui ne faisait que décimer leurs rangs et disparaître leurs familles dans des galaxies abandonnées et maintenant inaccessibles.
Il sortit de sa poche un bout de papier que l'on pouvait trouver placardé un peu partout sur les murs des villes mais aussi à bord des vaisseaux. Il parcourut des yeux le message appelant à la révolte et s'arrêta plus particulièrement sur les lignes d'un chant ancien datant d'une époque révolue :

...Les rois nous soûlaient de fumées
Paix entre nous, guerre aux tyrans
Décrétons la grève aux armées
Crosse en l'air et rompons nos rangs.
S'ils s'obstinent ces cannibales
A faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles,
Sont pour nos propres généraux.

Le message était clair. Il le comprenait parfaitement.
Brutalement, devant tous ces rapports alarmistes, un déclic se fit en lui. Résolu, il convoqua une cession extraordinaire du Grand Conseil pour débattre de la situation et décider de la suite des événements. Le débat se fit avec passion mais tous étaient d'accord sur une chose : il fallait arrêter l'engagement des Hantariens dans cette spirale sans fin qui les amènerait à leur perte.
Le soir même, tout était entendu. Il prévint immédiatement l'alliance HOG qui les avait accueillis à bras ouverts. Cela faisait un peu plus d'un mois maintenant. La décision du Grand Conseil était officiel : la nation hantarienne se désengageait du conflit et allait évacuer la G02 pour se regrouper ailleurs. Pour finir, il affréta une CTM pour rejoindre le Sénat Inter Galactique et faire une déclaration solennelle.



Épisode 6 : Galaxie xx - Sénat Intergalactique - le 27/07/anII - La reddition


Dans une CTM, l'une des dernières survivantes de la flotte de guerre, le général LVOV arrivait en vue du Sénat intergalactique. Les quelques hommes qui l'accompagnaient étaient des hommes de confiance prêts à toutes éventualités. De vieux guerriers qui en avaient vu et fait ces derniers temps et qui ne s'étonnaient plus de rien. La mission était simple : la Nation avait décidé de quitter son alliance et les conflits actuels. La corvette se posa doucement sur une aire d'atterrissage proche du bâtiment principal du Sénat. Encadré par ses hommes, le général quitta le bord et s'engouffra dans le dédale des couloirs obscures. Il était attendu et plusieurs gardes du Sénat lui ouvrir le passage pour atteindre la tribune. Arrivé au pupitre, il s'éclaircit la voix et déclara d'une seule traite :
Mesdames, Messieurs,
Depuis de nombreux mois, les conflits ravages les galaxies. Le peuple hantarienne est fatigué de toutes ces guerres et de toutes ces querelles personnelles qui s'insinuent encore dans l'un des grands conflits actuels de l'univers s01. Il ne sait même plus pourquoi ou pour qui il combat.
Récemment il a de nouveau perdu énormément face à la force écrasante de la coalition SF, LOL & co.
Par conséquent, il souhaite se retirer du conflit et s'en aller vers une galaxie lointaine et calme.
C'est pourquoi, la nation hantarienne toute entière déclare :
1- qu'elle se retire des conflits actuels opposant HOG à
[LOL] Ligue des Oris Libres
[EDM] empire des mangas
[UNK] Legions of Chaos
[S20A] Imperium Galactique
[S23A] Starfleet Galaxie 23
[S22A] Starfleet for the Liberty
[ROC] Reign Of Chaos
[OUF] Open Universe Faction
[LOL2] Ligue des Oris Libres 2
[LOL3] Ligue des Oris Libres 3
[S08A] Starfleet
[STMU] Starfleet Trooper Military Unit
[RIP] Rest In Peace
[YAM] Yamato
[RIPX] Rising Interstellar PaX
[LCF] Les Chercheurs Fou
[SK] Les Seigneurs de Kobol
[DRG2] Dragonniers 2
[L01R] Ligue Rouge Galaxie1
[L02R] Ligue Rouge Unit G1
[SG1] stargate
[S40A] Ghosts of the Starfleet
[S01A] Starfleet Union Galaxie 1
2- qu'elle va quitter l'alliance HOG dans 4 jours, le temps d'abandonner les planètes qu'elle occupe dans les zones d'influence des belligérants.
3- qu'elle a fait une demande officielle à la LCG pour intégrer ses rangs.
4- qu'elle souhaite se retirer dans une galaxie où LCG est présente.
5- qu'elle ne participera plus, ni de prêt ni de loin, aux conflits en cours.
6- qu'elle ne communiquera aucune information (stratégique ou autre) ni aux uns ni aux autres.
Ce jour, vous pouvez considérer que les Hantariens ne participent plus à ce grand conflit.
Merci de votre attention.
Le général s'écarta du pupitre et attendit la volée de questions qui ne manquerait pas d'être posée.



Épisode 7 : Galaxie 33 - Secteur xx - le 08/08/anII - Nima : le retour


Nima posa son paquetage sur la couchette de ses nouveaux quartiers à bord du cargo militaire en orbite de Khabarovsk III.
Elle s'assit. Elle n'en revenait pas d'être là, de retour à la tête de sa compagnie. Elle contempla ses mains. Plus de la moitié de son corps et de ses organes étaient cybernétiques. Refaite pratiquement de la tête aux pieds. Elle était surprise que l'amalgame se soit fait si vite et que les nausées et les vertiges de rejet aient presque déjà disparu. Tout semblait si réel et pourtant... pourtant... Un frisson parcourut son échine. Elle n'était plus qu'un robot à ses yeux. Une machine... C'était ça le plus dur à encaisser. Tellement dur qu'elle avait préféré fuir après son isolement de rééducation. Fuir pour éviter Flavian. Revoir son compagnon lui était impossible, insupportable et in envisageable.
Comment pourrait-il me voir ainsi et m'accepter alors que je me répugne ?
Des larmes roulèrent sur ses joues.
Comment pouvait-elle encore pleurer, elle, cette machine improbable ? Comment concevoir que l'un des yeux d'où coulaient ces larmes n'était que capteurs synthétiques et électronique de haut niveau ? Comment expliquer qu'elle n'était plus une femme... LA femme que Flavian aimait ?
Une part entière de ma vie future a disparu avec ce corps déchiqueté. Tout s'est envolé dans cette explosion...
Un sanglot lui monta dans la gorge. Au même moment, quelqu'un frappa à la porte et entra sans attendre de réponse :
- Adjudant Sacha LEC au rapport. À vos ordres capitaine !
Nima sécha rapidement ses larmes d'un revers de la main.
- Mon adjudant ! Vous avez survécu ? S'exclama-t-elle en se levant.
Comme si de rien n'était, ignorant les joues mouillées de son supérieur, LEC répondit :
- Que voulez-vous capitaine ! La mauvaise graine repousse toujours.
- Ça n'est pas complètement faux, dit-elle avec un sourire narquois. Sinon qu'elles sont les nouvelles ? Où en sommes-nous de nos forces ?
- Nos forces ! Il ne reste plus rien mis à part 4 légions : la 1ère, la 8ème, la 99ème et la notre, la 17ème. C'est tout ce que nous avons pu conserver en regroupant les survivants de nos forces d'assaut.
- Si peu !
Le silence se fit. Chacun se perdant dans ses pensées.
- Remarquez, avec ça, on ne pourra plus nous envoyer au casse pipe... Laissa-t-elle échapper dans un murmure.
- Ne vous inquiétez pas, ils sauront bien trouver les ressources pour regonfler les forces et trouver de la chaire à canon.
- Sans doute... Mais le plus tard possible alors... Le plus tard possible.
Alors que l'adjudant lui expliquait le nouveau projet pondu par l'état-major qui était de recompléter les forces avec des cyborgs, des robots militaires et autres machines automatiques, Nima souhaita ardemment une chose :
Le plus tard possible ! Oui ! Retourner dans ce jeu de massacre le plus tard possible.



Épisode 8 : Galaxie 33 - Secteur xx - le 28/08/anII - Nouvelles troupes d'assaut


- Oh Marcellou ! C'est quand que tu gicles ce cargo I du quai d'embarquement. Ça nous encombre depuis des lustres et ça sert à rien !
Sur le quai alpha du spatioport de Voronej III, Maverick IBRAMOVITCH venait d'interpeller Marcel DUPOVNIK, son collègue de boulot.
- De quoi j'me mèle Mav' ! J't'en pose des questions ? Occupe toi de tes fesses et laisse moi m'occuper des miennes.
- Dis donc vieux. Pas la peine de s'énerver ! Si tu veux j'peux te calmer et t'en coller une sévère aussi.
- T'as raison mon gars... Moi j'ai des ordres alors le cargo y bougera pas.
- T'as des ordres !!! C'est nouveau ça. Et les pauv' gars qui mijotent là dedans tout le monde s'en fout ?
Marcel quittant momentanément son pupitre et ses écrans de contrôle, se tourna vivement vers Maverick.
- Et qui t'dis qu'y a des gars là d'dans ? Hein ! Qui ?
- J'sais encore lire mon vieux, c'est indiqué "soldats de renfort pour les légions". Tu vas pas m'apprendre à lire aussi ?
- Mais oui... T'as raison... Allez viens. Suis moi. J'vais te montrer de quoi il en retourne sinon tu vas encore jacasser comme une pie toute la journée et ça va m'saouler...
Marcel quittait déjà la pièce de contrôle, Maverick rivé à ses talons.
Lorsqu'ils arrivèrent sur le quai, hormis quelques automates et droïdes de chargement, tout était désert. D'un pas rapide, Marcel s'approcha du cargo incriminé et composa le code d'ouverture du sas de secours de la soute. Ils entrèrent à l'intérieur et le sas se referma brutalement. Dans l'obscurité complète ils n'y voyaient rien du tout. Maverick commença à râler :
- C'est quoi c'truc... Les veilleuses de sécurité marchent plus ou quoi ? Bordiou...
- La ferme ! Boucle là pour une fois et regarde...
Marcel venait d'allumer une ampoule de sauvetage qui illumina le compartiment de la soute d'une lueur verdâtre.
- Mais c'est quoi !
Devant les yeux écarquillés de Maverick s'étalait une multitude de droïdes qu'il n'avait jamais vu auparavant. La silhouette de ces engins mesurant 2 mètres 50 de haut et recouvert de blindage en iridum, faisait froid dans le dos.
- Tu gardes ça pour toi Mav'. Ok ? Motus et bouche cousue. Sinon on va s'retrouver forçats dans les mines d'iridum !
- Mais nan tu délires !
- Ce sont les nouveaux équipement pour nos légions. Les dernières guerre ont fait disparaître la fine fleur de nos troupes. La nation est vide. Voilà c'qu'ils ont trouvé pour regonfler les légions. Il y a même des droïdes à 8 pattes plus rustiques dans le compartiment voisin.
Ils passèrent dans le compartiment voisin et virent d'autres engins plus lourds.
- 10000 droïdes mon vieux ! 6000 à 2 pattes et 4000 à 8 pattes. Ça t'a coupé la chique Marv'.
Marcel rigolait devant la tête ébahie de son collègue.
Ils firent ainsi plusieurs compartiments pour observer les nouveaux droïdes. Les bipèdes semblaient tous du même type et ressemblaient beaucoup à des humanoïdes tandis que les arachnoïdes étaient de plusieurs types : principalement avec un armement différent. Désactivés, ils paraissaient endormis dans un profond sommeil de mort. Rangés les uns à côté des autres et jusqu'au plafond de la soute, leur masse imposante forcée le respect et faisait presque peur dans cette ambiance de cathédrale.
Après avoir fini leur tour, ils se retrouvèrent devant le sas qui leur avait permis d'entrer.
- 10000 pour le moment mais ils attendent de le remplir à 30000 avant de le faire partir, dit Marcel alors qu'il ouvrait la porte.
A l'extérieur ils se retrouvèrent nez à nez avec un sergent et 3 soldats des forces de sécurité. Nos 2 compères blêmirent.
- Veuillez nous suivre messieurs. Sans discuter.
Penauds ils se laissèrent emmener.
- Putain les mines d'iridum... Merde ! Les mines... Ne cessait de répéter Maverick en quittant le quai.



Épisode 9 : Galaxie 33 - le 17/09/anIII - Ce que femme veut...


Zak n'en pouvait plus : la nation hantarienne était peut être au repos mais lui ne chômait pas.
En cette soirée, alors que la nuit était déjà là, il cogitait encore sur différents points de restructurations en regagnant ses appartements à bord du VMC qui se dirigeait vers Krasnodar V.
Il avait fallu "inventer" pour reconstruire les vaisseaux et la troupe. Inventer ces nouveaux droïdes capables de suppléer l'humain voir même de le remplacer. Ainsi, de nouvelles doctrines avaient été mises en place. Les 2 plus importantes étaient : plus aucun copilote humain dans les vaisseaux légers et seul 40 % de l'effectif d'une légion serait humain. Cela avait permis de doubler le volume des troupes d'assaut très rapidement ainsi que d'augmenter significativement le nombre d'escadrille de chasse et d'interception. La loi du "tout humain dans l'armée" pronée depuis des lustres était belle et bien finie.
Il pensait à tout cela en arrivant devant la porte de ses quartiers. Avant qu'il n'est eu le temps de s'identifier la porte s'ouvrit et Slaine se précipita dans ses bras.
- Chaton !!!! (C'était le petit nom qu'elle aimait lui donner) S'écria-t-elle en lui sautant au cou.
- Éh bien Slaine ! Doucement ma tigresse, laisse moi rentrer quand même.
Il rit tandis qu'ils rentraient et que la porte se refermait : ça n'était pas simple de marcher avec Slaine accrochée à lui. Une fois à l'intérieur il l'embrassa tendrement et se mit à l'aise en déboutonnant la vareuse de son uniforme. Il alla ensuite au mini bar qui se trouvait là et se servit un grand verre d'eau glacée. La vodka serait pour plus tard. Slaine était toujours rivée à ses talons.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu me tournes autour comme une mouche ? Quelque chose à demander ? Lui demanda-t-il après avoir posé son verre maintenant vide.
- Non, non... Ça va... Elle tergiversait. Et toi ta journée ?
- De folie comme d'habitude ! Ça part dans tous les sens et il faut s'accrocher mais nous commençons à nous en sortir.
- Trankilou alors...
Elle laissa sa phrase en suspend tout en le regardant et dit tout à trac :
- Je peux avoir un calinou ? J'ai tout froid et je suis toute seule depuis ce matin, dit-elle avec une petite voix implorante.
- Je savais bien qu'il y avait quelque chose ! Dit Zak en riant. Allez vient ma douce, poursuivit-il en ouvrant ses bras.
Elle s'y précipita, passant ses bras autour de la taille du général puis ses mains sous la vareuse.
- Mais tes mains sont gelées ! S'exclama-t-il.
- Vi et toi tu as tout chaud, poursuivit-elle sur le même ton.
Elle s'y prit tellement bien que lui reculant et elle poussant, ils se retrouvèrent affalés sur la banquette-canapé non loin du mini bar. Elle put alors tout à loisir se placer contre "son homme qui avait tout chaud". La fatigue aidant, Zak se laissait faire, carressant le front et les mèches rousses de Slaine qui avait posé la tête sur son épaule et se pelotonnait contre lui.
Cela dura quelques minutes. Presque une éternité sans parler. Être juste l'un contre l'autre c'était ça aussi le bonheur.
- Chaaaaaaton !? Murmura-t-elle alors.
- Mmmmmh ? Quoi encore...
- Je peux te demander quelque chose ?
- Non. C'est interdit ! Dit-il en riant.
Puis il poursuivit un peu véhément :
- Mais pourquoi tu demandes à chaque fois ? Tu sais très bien que de toutes façons tu vas la poser ta question.
- Mais euuuuuuuh ! ... Je pensais... Je pensais à quelque chose...
Quand elle commençait ainsi, Zak s'attendait toujours au pire. Slaine continua :
- Maintenant que nous sommes repartis sur de bonnes bases... Et puis qu'il y a les vaisseaux qu'il faut... Comme il faut... Tout ça... Serait-il possible de relancer la fabrication de prédateurs ?
Elle s'était lancée. Elle était revenu sur son sujet favori. Zak restait de marbre :
- ...
- Chaton ?
- Slaine... Tu sais très bien ce qu'en pense le Grand Conseil ! Ce vaisseau est... est... est parfaitement inutile ! En plus c'est du gaspillage de ressources. Nous en avons une demie escadrille c'est largement suffisant. Vraiment...
Slaine se redressa brutalement :
- Et alors ? Il pourrait au moins y en avoir une complète. Non !? C'est incroyable ça. C'est le plus beau vaisseau léger et nous n'en avons presque pas ! Tout ça pour des raisons bassement matérielles ! Et pourquoi il est inutile !!! J'en pilote un moi ! Je suis inutile aussi alors ! C'est ça !?
Slaine était partie dans une de ses tirades ou tout se mélangeait et se télescopait. Pour Zak, le dernier argument était imparable. Il reprit donc, vaincu :
- Écoute... Si ça peut te faire plaisir une chaîne de montage a justement été mise à jour pour en faire. Au cas où.
- Alors y'a plus qu'à ! Répliqua aussitôt Slaine.
- Oui, y'a plus cas... J'envoie un OF immédiatement pour une demie escadrille, poursuivit Zak en pianotant sur sa console de poche.
- Merci mon amour, susurra-t-elle en l'embrassant dans le cou.
Zak de répondit pas. A quoi cela aurait-il bien servi de le faire. Il se souvint alors du vieil adage : "Ce que femme veut ? Femme obtient !" Encore une fois il s'était laissé faire. Et puis quelques prédateurs de plus ne nuiraient pas à la flotte de toutes façons.
L'OF envoyé, il posa la console près de lui et regarda sa compagne. Se faisant, il sourit d'envie : Slaine, ayant obtenu ce qu'elle voulait, dégrafait à son tour son uniforme de pilote de la Garde...



Épisode 10 : Galaxie 33 - le 15/10/anIII - Une bonne surprise


Marcel DUPOVNIK était blême. Un tique nerveux faisait bouger le coin droit de sa bouche. Pour lui tout était clair : il allait mourir. Recroquevillé dans la pièce où il s'était réfugié, il attendait le feu qui surchauffant la paroi ne tarderait pas à céder.
De toutes façons, depuis qu'on lui avait donné le choix entre les mines d'iridium et l'engagement dans la flotte, il sentait que sa vie lui échappait. Pourtant il s'était tout de même retrouvé caporal de sécurité incendie à bord d'une FA. La belle vie diraient certains ! Lui aussi l'avait cru. Mais depuis peu non, plus du tout.
Tout avait commencé par plusieurs impacts de torpille qui avaient ébranlé la FA il y avait de cela 20 minutes. A bord, dans un premier temps, personne n'y avait rien compris. Erreur de tir des FM de la flotille ? Tirs ennemis ? Mais quels ennemis ? De son côté, Marcel n'avait pas eu le temps de se poser plus de questions : le klaxonna d'alerte avait retenti, et une voix avait aboyée des ordres dirigeant les équipes de sécurité incendie vers les compartiments touchés. Il avait suivi ses camarades et s'était retrouvé dans la fournaise des incendies qui ravagaient une bonne partie bâbord du vaisseau. Plusieurs incendies avaient été maîtrisés en abaissant simplement les cloisons étanches pour isolé le feu du reste du navire. Se faisant, lui et son équipe s'étaient retrouvés isolés dans un bloc : le feu les avait contourné et dévoré maintenant les couloirs par lesquels ils avaient progressé. Désorientés ils voyaient la mort approcher à grands pas. Vainement il avait essayé d'évacuer ses hommes de la zone où ils se trouvaient. Impossible ! A chaque détour de couloir, ils se retrouvaient invariablement devant une porte coupe-feu. L'angoisse et la panique augmentaient. Où aller ? En plus l'oxygène commençait à manquer. Deux hommes déjà avaient perdu connaissance et les bouteilles de secours se vidaient à vue d'oeil.
C'est la fin !
Dans un état semi-comateux il ne cessait de se répéter cela. La torpeur l'envahissait de plus en plus. Il essaya de ramper jusqu'à l'un de ses hommes mais fut incapable de bouger.
La fin...
Tout à coup, comme dans un rêve il sentit quelque chose le saisir assez brutalement, lui arracher son masque pour lui en mettre un autre, puis comme transporté dans les airs on le déplaça. Incapable de résister plus longtemps à la chaleur environnante il s'évanouit.
Lorsqu'il reprit connaissance, il se trouvait dans l'infirmerie de la FA. À son chevet, une superbe infirmière qu'il avait déjà croisé lui souriait.
Quels beaux yeux verts ! Se dit-il en lui souriant en retour.
Ravi, il se rendormit comme un nouveau né.
(...)
Plus tard, bureau du Grand Conseiller et général Zak LVOV, un rapport arriva dans les mains du général :
- rapport sur l'accrochage survenu entre La flottille « katioucha G33 A » et les *FO.
- objectif initial : manoeuvres pour roder les équipages et les matériels.
- composition : 1 VML, 1 VMC, 150 FA et 50 FM.
- résumé : accrochage avec les *FO en pleine manoeuvres - plusieurs FA touchées mais sans perte - forces ennemies annihilées.
- notes : tenue impeccable des équipages au combat - nouvelles FA et FM parfaites au combat
IMPORTANT : il est à noter que les droïdes ont fait beaucoup parlé d'eux au combat. En particulier une équipe de 3 droïdes qui a pris l'initiative de se porter au secours d'humains pris au piège et qui les a sauvés.
Le général relut cette mention du rapport. Cela n'avait pas été prévu au départ mais il semblait que les droïdes étaient capables de prendre des initiatives et d'agir quand il s'agissait de sauver des vies humaines.
Un peu surpris par cette nouvelle il était pourtant satisfait de voir que ce grand changement dans la société hantarienne amenait des choses inattendues et positives. Pourtant, il y avait encore beaucoup à faire, la tâche était loin d'être finie.



Épisode 11 : Galaxie 33 - Secteur 47, planète *NO n°16 - le 29/10/anII - Basculement côté CHAOS


La barge BI-11 entra dans l'atmosphère de la 33.47.16 assez brutalement. Les hommes, pourtant arrimés solidement sur leur banquette, se cognèrent les uns aux autres. Plusieurs jurèrent et grommelèrent, maudissant le pilote : il faut dire qu'ils préféraient arriver en un seul morceau sur le sol de cette planète. Les rétrofusées s'enclenchèrent tout à coup ce qui occasionna une forte secousse et un chapelet de nouveaux jurons.
Nima ne disait rien. Elle restait concentrée sur les objectifs qui avaient été assignés à sa compagnie. Mais elle aussi, tout comme les hommes, était tendue : depuis les derniers combats de la G16 et l'annihilation des forces hantariennes, c'était la 1ère fois que les troupes de combat repartaient à l'assaut d'une planète. De plus, il restait une inconnue : comment les droïdes de combat qui avaient été intégrés aux troupes allaient se comporter ?
La lourde barge atterrit sèchement mais les hommes n'eurent pas le temps de jurer. Déjà les sas blindés s'ouvraient et la compagnie de Nima et ses droïdes de reconnaissance se déployaient tout autour. Après avoir sécurisé la zone, la 17ème légion put débarquer entièrement et progresser vers son objectif qui était la prise des infrastructures d'hydrocarbure.
La compagnie de Nima se retrouva une nouvelle fois en tête de progression. Huit arachnodroïdes et une vingtaine de droïdes éclairés le mouvement, en pointe. Les arachnodroïdes étaient assez surprenant car ils se déplaçaient beaucoup plus vite en milieu hostile que lors des manoeuvres. Sans doute un paramètre qui n'avait pas été prévu mais qui se découvrait en mode de combat réel. Les humains avaient d'ailleurs peine à suivre et plusieurs grimpèrent sur la carapace blindée de ces monstres de combat à 8 pattes. Nima en fit de même et ainsi juchée elle pouvait mieux apprécier le déploiement de ses troupes. Ces droïdes étaient superbes. La coordination avec les hommes se faisait remarquablement. Nima se sentit puissante tout à coup, presque invincible. L'appréhension qu'elle avait eu de retourner au combat avait disparu.
La compagnie arriva sur l'objectif sans avoir rencontré de résistance. Nima désigna les bâtiments et les complexes d'extraction à occuper pour chacune de ses sections. Sa section de commandement avait le plus beau morceau : le bâtiment de commandement et de gestion qui trônait sur une faible hauteur en plein milieu. C'était SON objectif à elle. En entrant dans l'enceinte blindée du bloc, ils n'essuyèrent aucun tir hostile mais délogèrent une trentaine d'hommes chargés de la sécurité. C'étaient sans doute d'anciens travailleurs qui avaient été mis là pour défendre ces infrastructures. Tremblant de peur, levant les mains en l'air, ils semblaient terrifiés par les Hantariens. La nervosité mais aussi l'hostilité s'installa parmi les hommes de Nima. Le silence se fit plus lourd autour d'eux. Elle aussi se sentait tendue, nerveuse. Elle ressentait comme du dégoût devant ces hommes pleutres et inoffensifs. Elle repensait à ce qu'elle avait vécu. A ses hommes qui étaient tombés. Aux milliers d'Hantariens morts en se défendant jusqu'au bout :
Après tout n'était-ce pas le « jeu » ? Tuer ou être tuer ? Est-ce que ça ne se résumait pas simplement à ça ?
Ces hommes la répugnaient. Elle eut comme un haut de coeur devant leurs visages suppliants et terrifiés. L'un d'entre eux tomba alors à genoux :
- Pitié ! Pitié ! Ne nous faites pas de mal !
Pour Nima s'en était trop, elle explosa intérieurement :
Mais qu'est-ce que c'est ! Ils sont pitoyables ! Pathétiques... Des larves, voilà ce qu'ils sont. Juste des larves.
Une rage immense l'envahit. Elle braqua son arme sur cette « forme » suppliante et allait presser la détente lorsque tout à coup l'enfer se déchaîna autour d'elle : tous ses hommes venaient de faire feu sur la masse frémissante et implorante des prisonniers. Les droïdes, voyant les humains faire feu, se mirent également de la partie. En quelques secondes, il ne restait plus que des corps inertes qui jonchaient le sol. La section resta de marbre, impassible et détendue maintenant. Rompant le silence qui s'était installé, Nima prit contact avec l'EM du 3ème rang de la 17ème légion :
- De C-Nima-S2 à EM-R3-17.
- Ici EM-R3-17, parlez C-Nima-S2.
- Objectif pris et sécurisé. Aucune perte à déplorer. Nous attendons votre arrivée. Terminé.
- Bien pris C-Nima-S2. Restez sur place. Terminé.
Aucune question ne leur fut posée quand le reste du 3ème rang rejoignit. De même aucune question de l'EM de la 17ème légion quand il arriva sur place, et aucune question de l'EM de la flotte, du GQG et du général LVOV lui-même. Pour tous, quelque chose avait changé depuis la G16 : la machine de guerre hantarienne était retournée au combat mais elle ne se battait plus seulement pour la nation et sa survie, elle se battait maintenant pour tuer, simplement pour tuer. Ainsi, la nation hantarienne venait de basculer dans le Chaos.
La *NO 33.36.17 fut donc prise et pacifiée. Les quelques 3000 défenseurs furent tués, sans état d'âme, pour la perte de 750 Hantariens dont 500 droïdes.
Le jour suivant un nouvel emblème apparu sur les vaisseaux hantariens : DOC. Dorénavant c'était la nouvelle alliance des Hantariens, l'alliance Deamon Of Chaos.



Épisode 12 : le 04/11/anIII - Les Temps Changent


Les temps avaient donc changé. Tout ce que la nation hantarienne avait subi dans cet univers l'avait profondément marquée et changée. Bien sûr elle continuait à défendre ses valeurs fondatrices : défense de son intégrité, allégeance à l'alliance à laquelle elle appartenait... Bien sûr elle était et resterait guerrière tant qu'un Hantarien serait vivant et debout. Bien sûr... Mais tous ces combats perdus, tous ces revers, tous ces sacrifices qu'elle avait subi, l'avaient marquée à jamais. Le peuple hantarien qui, autrefois, était positif et pensait pouvoir vivre en toute tranquillité n'y croyait plus du tout. Dorénavant, la majorité pensait qu'il fallait tuer pour survivre, que jamais on ne la laisserait en paix, que toujours il faudrait aller au combat et que de plus en plus il faudrait devancer le combat pour qu'on ne vienne pas ravager son foyer, sa famille, son pays.
Apporter la mort chez les autres avant qu'ils ne viennent l'apporter chez nous.
La période de tranquillité actuelle leur semblait relative : bientôt elle se finirait comme il en avait toujours était dans cet univers. Alors, pour ne pas disparaître dans la tourmente, il fallait s'y préparer. C'est pourquoi les effectifs des légions avait plus que triplet depuis peu. Les droïdes de combat étaient produits par millier pour suppléer les humains voir même les remplacer. Les vaisseaux flambant neufs sortaient inlassablement des chantiers spatiaux et rejoignaient leur base de regroupement.
LA GUERRE ! C'était ça que les Hantariens attendaient, souhaitaient même. La mort et la ruine... Le sang... Ils s'étaient résignés car ils n'espéraient plus rien d'autre... Et quand il faudrait combattre, ils iraient, sans état d'âme. Plus que jamais "À LA MORT !" était leur devise.



Épisode 13 : Galaxie 40 - Combats


Le 17/11/anIII - Nouvelle Campagne (Partie 1)

Cette campagne en G40 allait commencé et les Hantariens devaient repartis au combat. Tous avaient répondu présent et malgré les mouvements de révolte qui s'étaient exprimés lors de la défaite en G16, aucune défection n'était à déplorer.
Tatiana était toujours là. Elle avait survécu une nouvelle fois. Après les combats de la G04, elle était revenue en G03, pour repartir en G04 puis en G16 mais elle était là. Elle n'avait pas toujours était des gros combats et c'était certainement pour cela qu'elle avait survécu. Pourtant, elle avait su se faire remarquer : c'était sa CTM qui avait emmené le général LVOV au sénat pour apporter la reddition hantarienne après la défaite en G16. Depuis, elle était passée lieutenant en 1er et avait quitté sa CTM pour rejoindre la passerelle d'une FM. Elle ne la commandait pas, bien évidemment, elle était simplement l'officier en second du commandant MARK. Une sacrée promotion tout de même pour la gamine de ZEJEWSK qui rêvait d'étoiles et de vaisseaux spatiaux. Son nouveau poste lui plaisait énormément. Le commandant MARK était un bon commandant comme il n'en existait plus beaucoup maintenant. La plupart était de jeunes loups pressés d'en découdre et de combattre. Ils étaient sans doute trop impatients d'effacer les batailles perdues mais aussi parce qu'une certaine violence mêlée de haine les animer. MARK, de son côté, savait s'engager à fond quand il le fallait mais aussi, il savait rester calme et ne pas foncer tête la première. Il savait également écouter ses hommes et surtout ses officiers. Il leur parlait, prenait des nouvelles, les questionnait sur telle ou telle chose, mais au final c'était toujours lui qui prenait la décision. Il était dans la flotte depuis peu : il avait quitté son poste de commandant de PC planétaire en profitant de la grande campagne de recrutement et de réaffectation qui avait suivi la saignée à blanc de la G16. C'était ça qui lui plaisait chez MARK. Ce qui lui plaisait beaucoup également chez son supérieur, c'est l'attachement qu'il portait à son ordonnance, le lieutenant en 2ème Alice DRIGUESSE. Étant elle-même une femme, elle avait tout de suite remarquait leur petit manège. D'ailleurs, le lieutenant DRIGUESSE n'y semblait pas insensible. Ayant presque le même grade qu'elle, Tatiana avait déjà discuté avec elle et elle avait remarqué que Alice appréciait beaucoup son supérieur.
Pour Tatiana c'était rafraichissant de voir une telle relation amoureuse. Tant de couples avaient disparu ou s'étaient disloqués avec la guerre. Tant de gens s'étaient aigris aussi. Les Hantariens avaient bel et bien changé et s'étaient refermés sur eux-mêmes. Beaucoup apparaissaient plus animé par la haine, la violence, la rancoeur que par la recherche d'une relation amoureuse stable. Elle-même, dans cette époque troublée, n'avait eu que quelques relations occasionnelles mais rien de bien sérieux...
Elle pensait à tout cela dans ses quartiers à bord de la FM-30-10 qui fendait l'espace de la G33 à la G40. Les combats allaient commencer bientôt. L'entrainement était fini et il faudrait prouver sa valeur au combat.

Le 21/11/an III - Combat Spatial (Partie 2)

Cela faisait bientôt 2 jours qu'ils étaient arrivés en G40. Sur le secteur d'arrivée, la veille, les légions d'assaut avaient déjà pris une planète qui serait abandonnée sous peu. Le matin même, dans un secteur voisin, une nouvelle planète était tombée. La flotte entière était passée dans ce nouveau secteur et une 3ème planète devait être prise, la n°11. Une flotte d'assaut avait été formée pour cette mission : vaisseaux d'escorte et barges appuyés par 1 VML et 1 VMC.
Dans cette force d'attaque on retrouvait Tatiana à bord de la FM-30-10 mais aussi Nima et sa compagnie de la 17ème Légion. Toutes 2 allaient retrouver le véritable combat contre un ennemi organisé. L'une dans l'espace devrait faire ses preuves à son nouveau poste et l'autre au sol devrait confirmer son retour et la valeur des nouveaux droïdes de combat.
La flotte arriva en orbite de la planète 11 sans reconnaissance préalable. Les Hantariens savaient juste qu'une flotte ennemie était en orbite mais ils ne connaissaient pas sa composition. L'escorte de combat avaient donc était adaptée en conséquence et renforcée par 90 FM et 270 FA. Ces vaisseaux seraient chargés de protéger les barges et le transport de troupes tandis que l'escorte habituelle trouverait et détruirait l'ennemi. Quatre lignes d'attaque de 40 vaisseaux (10 FM + 30 FA) chacune furent constituées et envoyées au contact. La FM de Tatiana en faisait parti. Les lignes se déployèrent et progressèrent comme à la parade. Elles n'auraient à affronter que peu de résistance : une quarantaine de FA principalement, le reste n'étant que des vaisseaux utilitaires ou de soutien. Lorsqu'elles arrivèrent à portée de tir, le combat commença.
A bord de la FM-30-10, le commandant MARK avait ordonné le branle-bas de combat depuis longtemps déjà. L'équipage était prêt. Les lance-missiles également : prêt à lancer leurs flèches de mort sur les vaisseaux ennemis. Par les transmissions internes, il annonça à l'équipage :
- A tous, soyez prêts et bonne chance.
Puis, il se tourna vers son second :
- Alors lieutenant, heureuse de retrouver le combat ?
- Heureuse... Oui peut être. Surtout contente d'être à bord de ce vaisseau avec vous. Le combat est nécessaire mais ça n'est pas une fin en soi. Il faut le faire alors... faisons le !
- Vous avez sans doute raison lieutenant mais vous êtes sans doute l'une des seules à penser cela actuellement parmi les jeunes officiers... Enfin ! Allons-y ! POUR LA NATION ! Lança-t-il alors à la cantonnade.
Ce vieux cri de guerre raisonna dans le poste de commandement et seule la voix d'un jeune officier lui répondit :
- Pour le CHAOS ! À LA MORT !
MARK ne releva pas, il savait bien que les temps avaient changé. Il continua par les vérifications d'usage :
- Officier de tir ?
- Paré.
- Officier des machines ?
- Paré.
- Officier des boucliers ?
- Paré.
- Bien ! Messieurs, faites nous honneur et que la fête commence.
Au même moment il reçut l'ordre de la flotte de faire feu : le général LVOV était lui-même présent à bord d'un VMC.
- Officier de tir cibler les vaisseaux qui viennent de nous être indiqué et préparez le tir pour tous les lanceurs.
- Ciblage effectué commandant. Prêt à faire feu.
- Faites feu pour la première salve.
- Feu !
Une secousse ébranla tout le vaisseau marquant ainsi le départ des 32 missiles « Strielka 6 » vers les 2 cibles qui leur avaient été assignées. Hélas, la passerelle n'eut pas le temps d'en voir le résultat. Alors que les opérateurs suivaient leurs missiles sur les radars, l'un d'entre eux cria :
- Tir de railguns en approche sur bâbord ! Tir en approche !!!
- Bâbord toute ! Ordonna aussitôt le commandant.
Par cette manoeuvre rapide, MARK espérait présenter l'avant sur-blindé de la FM et réduire ainsi la surface offerte aux impacts du tir. La manoeuvre pourtant exécutée promptement ne suffit pas. 3 projectiles percutèrent la frégate : un à l'avant sans aucun dommage et les 2 autres sur la passerelle de commandement. Le 1er percuta le bouclier d'énergie et le 2ème, profitant du chemin ouvert par le 1er, percuta la passerelle de plein fouet sans pour autant en percer le blindage.
Sur la passerelle, tous ceux qui n'étaient pas assis et sanglés furent projetés à travers la pièce sans ménagement. Ce fut le cas du commandant MARK que l'on retrouva inanimé au pied de son siège de commandement. Tatiana, ôtant le harnais qui l'avait retenu à son siège, s'était précipitée la première et elle ne put que constater qu'il était vivant mais sans connaissance et avec plusieurs fractures. Tandis qu'elle se redressait, une équipe de secours s'occupait déjà de lui. C'était maintenant à elle de prendre le commandement.
- Rapport des avaries ! Demanda-t-elle.
Les réponses arrivèrent aussitôt.
- Boucliers OK. En cours de rechargement.
- Lance-missiles et radars de tir OK.
- Compartiments avant OK.
- Machines OK.
- Radars d'approche OK.
- Passerelle opérationnelle et sans dommage, lui annonça enfin l'officier en second de passerelle.
Elle ordonna aussitôt.
- Barre à tribord toute. Moteurs pleine puissance. Il faut réintégrer la ligne !
L'embardée faite pour éviter le tir avait éloigné la FM de sa ligne et, se faisant, elle risquait d'affaiblir le bloc de la formation d'attaque voir même de percuter une frégate amie.
- Barre à tribord toute ! Répondit le timonier.
- Moteurs pleine puissance ! Confirma l'officier des machines.
- Faites évacuer les blessés et qu'ils soient remplacés immédiatement, poursuivit-elle.
Autour d'elle les hommes s'affairaient et les manquants furent remplacés. Un message arrivait déjà de la flotte :
- FM-30-10 ici VMC-EM-KA, quelle est votre situation ?
Tatiana saisit l'intercom et répondit aussitôt.
- Ici FM-30-10, autorité 1 blessée et remplacée par autorité 2. Aucune avarie grave à déplorer. Nous réintégrons la ligne sauf si avis contraire de votre part.
- Ici VMC-EM-KA, vous pouvez réintégrer la ligne. Terminé.
- FM-30-10, bien reçu. Terminé.
La FM reprit sa place dans la formation. Autour le combat faisait rage mais il n'y avait déjà presque plus de réponse de l'ennemi : ses frégates avaient été réduites au silence. Quelques unes résistaient encore de façon isolée mais plus pour longtemps. Il ne restait donc qu'à "finir" les vaisseaux utilitaires ennemis. En particulier les récolteurs qui furent achevés par les FA à bout portant : un vrai massacre.
La FM-30-10 participa également à la curée : elle avait été désignée avec 10 FA pour détruire le VML ennemi. De la passerelle, Tatiana pouvait voir les missiles sortirent inlassablement des orifices de sortie de son vaisseau et plonger sur la masse imposante du VML. Les missiles n'étaient pas vraiment prévus pour cet emploi mais les ordres étaient les ordres. Les coups au but de tous types irradièrent d'abord les boucliers qui faiblirent puis disparurent. Ensuite ils s'attaquèrent au blindage et après 7 séquences de pilonnage intensif, le mastodonte disparut dans un éclair aveuglant. Perdue dans ses pensées, Tatiana se rappelait une expression qu'elle avait pu lire à l'académie : No Mercy ! (Pas de Quartier !)
En orbite de la planète n°11, ne craignant plus rien, les barges d'invasions s'étaient rapprochées. Dans 2 heures, l'invasion pourrait être lancée et se serait au tour de Nima d'entrer en jeu.

Rapport de combat

Le 21/11/an III - Invasion de la Planète n°11 (Partie 3)

La barge était arrivée au sol sans anicroche et la 17ème légion se déploya : les 2ème et 3ème rang (17-2 et 17-3) directement vers l'objectif, un complexe d'extraction d'hydrocarbures ; le 1er rang (17-1) ainsi que le rang d'appui (17-A) restaient en réserve sur leurs arrières.
Rapidement les combats commencèrent : l'ennemi ne voulait pas lâcher cette planète. Les 17-2 et 17-3 avancèrent sur l'objectif, s'épaulant l'un l'autre. Le 17-A les appuyait de ses feux, avec le 17-1 prêt à intervenir en renfort. Le 17-3 s'était articulée comme suit : 1ère compagnie (17-31) à gauche en liaison avec la 3ème compagnie du 17-2 ; 2ème au centre (17-32) ; 3ème sur la droite (17-33) ; compagnie d'appui (17-3A) moitié avec la 1ère et l'autre avec la 2ème.
L'avancée des troupes se faisait méthodiquement avec assez peu de pertes pour les Hantariens. Pourtant, à l'approche de l'objectif, un point d'appui ennemi fut repéré en plein dans l'axe de progression de la 17-32. Sans prendre le temps de s'arrêter et de faire le point, Nima décida d'aller au contact. Elle positionna les arachnodroïdes d'appui qui firent feu immédiatement, les uns avec leurs roquettes ou leurs missiles, les autres autres avec leurs mitrailleuses lourdes ou leurs canons laser. Ils matraquèrent aussitôt les positions identifiées. Sans laisser le temps à la troupe de souffler, Nima envoya ses sections de combat au contact. Les hommes montèrent à l'assaut en hurlant comme des damnés.
- À LA MORT ! À LA MORT ! À LA MORT !
Leurs armes crachaient la désolation devant eux. Ils abordèrent la position et l'enfoncèrent, tuant tout sur leur passage, achevant les blessés, tuant même ceux qui levaient les mains dans un dernier geste implorant. Ils ravagèrent le point d'appui puis le dépassèrent, continuant à avancer. Les arachnodroïdes les avaient rejoint et les appuyaient toujours de leurs feux, faisant de larges trouées chez l'ennemi. La 17-32 avaient enfoncé les lignes adverses et pouvaient tout à loisir tirer dans le dos des derniers défenseurs qui avaient lâché prise et refluaient en désordre. Pourtant, le fait que la 17-32 se soit enfoncée comme un coin dans la position adverse la mettait en mauvaise posture. Elle se retrouvait isolée et sans position de défense organisée. L'ennemi s'en aperçut assez vite et il organisa des contre-attaques sur les flancs pour l'isoler à son tour. La situation semblait compromise...
Nima héla un arachnodroïde. Elle arrivait depuis peu à communiquer avec eux pas simple pensée. Elle ne savait pas d'où cela provenait. Peut être du fait qu'elle même était en partie artificielle et mécanique. Elle regroupa les survivants de sa section de commandement sous les pattes du monstre. Ce dernier était équipé de 8 mitrailleuses lourdes indépendantes qui tiraient à tout rompre, formant un écran protecteur autour d'eux. Ses munitions semblaient inépuisables.
- Il ne faut pas qu'ils nous submergent ! Hurla Nima à ceux qui pouvaient l'entendre.
Mais tous avaient compris. Des îlots s'étaient formés à l'identique autour d'eux pour résister coûte que coûte. A ses côtés, l'adjudant LEC et ses hommes, que quelques droïdes de combat avaient rejoints, suivaient son exemple. A leur pieds, les étuis et les chargeurs vides commençaient à s'amonceler. L'ennemi resserrait son étau et allait les submerger lorsque, par un assaut précis, les compagnies de renforts du 17-1 rejoignirent la 17-32 isolée.
Voyant cela, Nima bondit en avant et telle une démente fonça sur l'ennemi qui de nouveau lâchait pied. Les survivants, droïdes et humains mélangés, la suivirent comme un seul homme, appuyés par les arachnodroïdes encore opérationnels. Ayant épuisé ses munitions, elle sortit ses 2 yatagans et sabra le 1er ennemi qui fut à sa portée. Ivre de combat, elle para les coups d'un 2ème adversaire qui fonçait sur elle. Elle le désarma avant de le décapiter. La rage animait ses bras. Plusieurs blessures lui furent portées par projectiles ou par armes blanches mais elle ne bronchait pas. Elle se sentait hors du temps et hors de son corps : comme dans un rêve.
Elle combattait encore et encore. Sabrant et tuant les ennemis qui se présentaient à elle. Un autre à droite et encore un autre... Là encore un... Ici encore 2... Telle une machine, elle combattait. Elle avait enlevé son casque depuis longtemps et combattait ainsi, tête nue, comme un point de ralliement pour la troupe qui se battait inlassablement à ses côtés. L'adjudant LEC la suivait comme son ombre, flanqué par 2 droïdes, il empêchait quiconque d'approcher SON capitaine. La compagnie entière semblait poussée par une folie collective. Pourtant, un ordre les interrompit : la 17-32 devait se reformer et passer en réserve de la légion. L'ordre était formel et indiscutable. Après l'avoir entendu l'ordre dans son oreillette de communication, Nima s'arrêta résignée. L'ennemi continuait à fuir devant elle. Elle rengaina ses yatagans et interpella l'adjudant LEC :
- Mon adjudant, ralliement au point Z32. Regroupez la troupe et reformez les sections. Nous passons en réserve de la 17ème. Le 17-1 nous remplace.
- Reçu capitaine !
La compagnie, fourbue, se regroupa donc récupérant les arachnodroïdes qui pouvaient l'être et évacuant les blessés. Les pertes étaient sensibles mais sa force de frappe était encore importante.
En 1ère ligne, c'était l'hallali. L'invasion continuait. Bientôt, il n'y aurait plus aucun point de résistance ennemi et la planète serait entre les mains des Hantariens.



Épisode 14 : Galaxie 40 - le 26/11/anIII - Retrouvailles


Le combat faisait rage. La flotte ennemie était imposante mais le CHAOS avait la supériorité numérique de son côté. L'adversaire préférait donc concentrer ses tirs sur les croiseurs du CHAOS car, s'il arrivait à tous les détruire, il aurait une chance de s'en sortir. Les 410 CRE hantariens s'étaient donc portés courageusement en avant, attirant les tirs adverses sur eux. Une centaine de FA les accompagnaient mais l'ennemi les dédaignait. Derrière, les FM lançaient leurs missiles « Strielka 6 ». Quelques unes avaient même été équipées du tout dernier modèle développé par l'armement hantarien, le Strielka S'MierreThi dit « Strielka SMT ». Ces missiles, bien qu'un peu moins rapides, étaient plus destructeurs sur les vaisseaux lourds ennemis.
A bord du CRE-20-23 baptisé « Molnya », le capitaine Flavian BLUTCH, officier de tir, était tendu. La cadence de tir des 6 tourelles du vaisseau ne ralentissait pas. Les coups au but étaient annoncés et corrigés. Les hommes étaient tous à la manoeuvre car leur situation était sur le point de basculer : la ligne des CRE hantariens faiblissait à vue d'oeil. Plus de 250 CRE avaient déjà été mis hors de combat et cela continuait. Il jeta un coup d'oeil rapide sur l'écran de liaison et constata que grâce aux nombreux de vaisseaux du CHAOS, les pertes ennemies étaient également importantes. Mais les pertes hantariennes continuaient.
A bord de la FM-30-10, Tatiana remplaçait toujours le commandant MARK. Elle avait été nommée capitaine car son ancien grade ne convenait pas à un tel poste. Elle avait pris comme second le lieutenant en 2ème DRIGUESSE qui était passée lieutenant en 1er depuis. De sa passerelle de commandement, elle pouvait voir la ligne des CRE hantariens faiblirent, plusieurs vaisseaux étant encore détruits sous ses yeux. La mâchoire serrée, elle ordonna encore une fois l'envoi d'une salve de « Strielka SMT » sur un CRE ennemi.
Si seulement nos CR et nos CRC étaient là ! Enrageait-elle.
A ce moment, le CRE ennemi succomba enfin et elle désigna un nouvel objectif.
A bord du VMC, le général assistait à la scène sans rien dire. Sans se retourner, il ordonna pourtant :
- Envoyez tous les intercepteurs disponibles et le reste des FA au combat. Il ne faut pas que tous nos CRE succombent !
A bord du « Molnya » qui venait de détruire un nouveau CRC ennemi et dont les boucliers faiblissaient, Flavian se sentait de plus en plus impuissant et vulnérable.
Allait-il s'en sortir ? C'était la question que tous se posaient à bord. Mais rompu à la discipline, il gardait son poste et continuer à diriger le tir des 6 tourelles. Un bref instant pourtant, des souvenirs de Nima lui vinrent à l'esprit. Des souvenirs heureux de leur vie commune, de leur amour... Tant de jours passés sans l'avoir revue et serrée contre lui... Tout ça depuis cette blessure et son opération...
- Pourquoi ? Pourquoi... Nima ? Murmura-t-il.
Il fut ramené brutalement à la réalité quand les projectiles ennemis labourèrent le blindage du « Molnya ».

Rapport de combat

(...)

Nima ne tenait plus en place. Depuis qu'elle avait appris qu'un grand nombre des CRE hantariens de la flotte katiouchaG40A avaient été détruits, elle subissait une attente insupportable : le « Molnya », le vaisseau à bord duquel Flavian servait, faisait parti de cette flotte.
Où était donc Flavian ? Avait-il survécu ?
Elle s'en voulait atrocement de l'avoir laissé seul et sans nouvelle après sa blessure. Elle était partie, refusant de le revoir, fuyant les tentatives qu'il avait faites pour l'approcher. Elle ne lui avait envoyé que quelques messages laconiques, parlant de son bon rétablissement, de son départ pour la G40, des combats qu'elle y avait faits... Elle n'admettait pas qu'il puisse la voir comme elle était maintenant et continuer à l'aimer comme avant sans avoir pitié d'elle.
Comment aimer un humano-droïde comme moi ? Se disait-elle alors avec une ironie glacée.
Elle avait donc fui.
Et aujourd'hui c'était pire. Elle ne l'avait pas revu depuis presque 7 mois. Elle avait d'abord pensé qu'elle l'oublierait, que les derniers combats l'auraient endurcie et rendue insensible. Elle s'en était presque convaincue ! Mais à l'annonce de la destruction de CRE hantariens, tous ses sentiments étaient remontés à la surface. C'était clair maintenant : elle avait besoin de lui et elle l'aimait. Elle ne pouvait rien y faire, c'était comme ça. Il fallait qu'elle l'accepte et qu'elle laisse faire les choses et le temps.
Mais peut être est-ce trop tard ? Tant de temps perdu dans cette errance...
Elle avait tout compris, là, maintenant, au moment précis où elle l'avait peut être perdu. C'était inconcevable.
Non ! Qu'il soit vivant ! Il faut qu'il soit vivant !!!
Ne cessait-elle de se répéter en piaffant d'impatience sur le quai d'arrivée des navettes qui débarquaient les équipages de la flotte qui venait de rentrer.
Je deviendrai folle sinon... Folle ! ... Plutôt mourir que d'être sans lui ! Tout ce gâchis... Se répétait-elle farouchement.
Elle guettait vainement chaque arrivée d'équipages. Mais rien. Flavian ne faisait jamais parti des nouveaux arrivants. Le temps passant, l'espoir s'amenuisait de plus en plus et son coeur se serrait de plus en plus. Un poids immense semblait l'écraser.
A ce moment précis, une nouvelle navette venait d'atterrir et déversa à son tour son lot d'humains. Presque résignée, Nima scruta pourtant les visages inconnus qui apparaissaient les uns après les autres.
Il n'est pas là... Il n'est pas là...
Le flot de visages commençait à se tarir lorsque tout à coup elle le vit. C'était lui. LUI !!! Elle regarda encore mais oui, c'était bien lui. Elle cria son nom mais ce cri lui mourut dans la gorge.
- FLAV...
Et elle courut, elle courut vers lui, bousculant plusieurs personnes sans s'excuser. Les larmes coulaient de ses yeux mais elle était heureuse : elle retrouvait l'amour de sa vie, tout le reste n'avait plus aucune importance.
De son côté, Flavian l'avait entendu. Il aurait reconnue cette voix entre toutes. Redressant la tête, il la chercha du regard. Enfin, ses yeux la trouvèrent et il sourit. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas souri ainsi. Alors qu'elle arrivait à lui, il ouvrit les bras et elle s'y précipita. Elle l'embrassa alors, d'un long baiser doux et profond. Plus rien n'existait autour d'eux, ils étaient comme coupés du monde.
- Pardon... Pardonne-moi... Mon amour... Pardon... Je t'aime... Balbutiait-elle tout en l'embrassant.
Flavian ne disait rien. Il serrait simplement Nima contre lui en lui rendant ses baisers. Il était heureux : ils s'étaient retrouvés enfin, ils s'aimaient et c'était cela le plus important.



Épisode 15 : Galaxie 40 - le 08/12/anIII - Flotte : quelle composition ?


- On perd des morceaux !
- Ça va ! On l'sait ! Tu vas nous le répéter à chaque minute qui passe !? Répliqua excédé le capitaine HUSQ à son second.
Cela faisait 1 heure que le cargo « CX - Maldina » remorquait les 5 FA endommagées en provenance du dernier champ de bataille.
Oui, depuis notre départ les 5 frégates perdent des morceaux... Et alors !? Pensa notre capitaine bourru. Il y a aussi les 10 carcasses dans les soutes et la kyrielle de débris de tous types qui remplisent les compartiments. Alors quelques débris de plus ou de moins... Se renfrogna HUSQ. Qu'est-ce-que ça peut bien faire !
Il faut dire qu'il y en avait des carcasses de FA : le dernier combat avait fait une saignée sur l'effectif des FA présentes.
- Enfin ! On arrive en orbite de Delta-40, on va pouvoir vider tout ça, s'exclama soudain HUSQ.
(...)
Très loin de là, à bord d'un VML, le Grand Conseil s'était réunis en séance extraordinaire. Tous s'interrogeaient : une fois les CRE, une autre fois les FA... C'était à n'y plus rien comprendre dans la composition des flottes ! Et en plus, dans tout ça, on ne comptait pas les intercepteurs qui avaient été complètement annihilés. Mais bon, les intercepteurs ça se remplaçaient vite donc le problème n'était pas là.
Les débats durèrent un bon moment. Ils furent vifs. Des noms d'oiseaux fusèrent de ci de là. Il y eut même un holo-écran et un porte-document digital qui prirent leur envol et s'éclatèrent à leur atterrissage. Une décision fut tout de même prise et aussitôt diffusée aux chaînes de fabrication.
(...)
Sur Delta-40, les carcasses de nos 5 frégates étaient déjà dépouillées de leurs restes. Les cellules, ainsi mises à nue et reconditionnées, furent aussitôt remises sur les chaînes de montage. Bientôt, de nouvelles frégates en sortiraient et rejoindraient les flottes de combat.



Épisode 16 : Galaxie 33 - Secteur xx - le 15/12/anIII - L'oisiveté, mère de tous les vices


Depuis que les opérations en G40 avaient commencé, Slaine se sentait bien seul. Zak était là bas et ne revenait que rarement pour expédier les affaires courantes. Aussitôt celles-ci expédiées, il passait la saluer rapidement et retournait très vite sur le théâtre d'opération.
Elle, de son côté, avait assez peu d'occupation hormis la formation des nouveaux pilotes de prédateurs. Elle avait accepté ce poste à contre coeur. Elle avait longtemps espéré être déployée en G40 mais aucun prédateur n'avait été envoyé là bas. Cela provenait très certainement de Zak qui préférait la savoir à l'abri plutôt qu'au combat en risquant sa vie.
Ce jour là, elle était de repos. Elle était fatiguée et un peu déçue car les nouvelles recrues n'étaient pas particulièrement motivées et de qualité. Hormis une ou deux, peut-être, qui semblaient avoir de la valeur. Il était loin le temps où elle avait fait sa formation de pilote. A l'époque s'était autre chose, la motivation était partout, les jeunes gens étaient enthousiastes et fiers. Maintenant... Maintenant cela avait changé. Beaucoup s'engageaient en espérant être pilote de prédateur pour être tranquille, car ce vaisseau léger avait la réputation d'être très peu engagé. Bien peu voulaient combattre dans les légions, aux côtés de droïdes de combat soit disant inhumain : la dernière rumeur sur leur compte disait que lorsque les Hantariens étaient submergés, ils tiraient dans le tas sans distinguer l'ami de l'ennemi... Rumeur parfaitement infondée et inexacte mais qui s'était propagée comme une trainée de poudre.
Slaine pensait à tout cela en se baladant, seule sur cette plage qu'elle avait découverte un jour avec Zak. C'était une petite plage de bord de mer, sauvage et isolée, avec un beau sable blanc et une mer de cristal que l'écume du ressac n'arrivait même pas à troubler. La végétation luxuriante empêchait quiconque d'y accéder c'est pourquoi elle était arrivé par la mer, à bord d'une embarcation légère qu'elle avait dirigée à la pagaie.
Enfin... Inaccessible pour le commun des mortels mais pas pour tous. Oui, certains n'étaient pas rebutés par ce mur de végétation qui s'étendaient jusqu'au pied d'une paroi abrupte : 5 hommes (3 humains et 2 droïdes) des forces de sécurité intérieure en faisaient partis. Ils avaient étaient chargés par Zak de surveiller Slaine dans tous les déplacements qu'elle ferait. Donc ils la suivaient partout. Il faut dire qu'ils étaient rompus aux missions d'infiltration et à la guérilla : rien ne pouvait les arrêter en dehors de la mort. Ils se faisaient un devoir d'avoir Slaine en visuel partout où elle allait et étaient prêts à intervenir à tout moment.
Il faisait chaud, le soleil était encore haut dans le ciel. Slaine, pourtant en tenue légère (une simple tunique légère de lin) n'en pouvait plus. Par conséquent, elle avait ôtée ce vêtement léger et ses sandales, ne conservant que son shorty réglementaire fourni dans le paquetage d'un pilote. C'était d'ailleurs le seul vêtement règlementaire qu'elle appréciait et qu'elle mettait comme sous-vêtement tout le temps, y compris en dehors du service. De plus, il faisait ressortir ses hanches pleines et pulpeuse et ses fesses rondes. Ce signe de coquetterie n'était pas pour lui déplaire.
Elle s'allongea ainsi vêtu à l'ombre d'un grand arbre dans la ramure débordait largement sur la plage, offrant son corps et sa fière poitrine à la brise légère qui venait de la mer. Elle préférait l'ombre car sa peau claire de rousse, même si elle bronzait assez bien, se retrouvait très vite constellée de tache de rousseur ce dont elle avait horreur. Au bout d'un temps, elle s'endormit, sans se douter que 5 hommes et une cellule de l'EM planétaire veillaient sur elle. Quelques minutes plus tard, elle fut brutalement réveillée par plusieurs voix et des éclats de rire :
- Mais si ! Tu vois bien qu'il y a quelqu'un, dit la 1ère.
- T'as raison il doit être sous les arbres là bas, s'exclama la 2ème.
- Je suis sûr que c'est une fille, répliqua la 3ème.
- Une fille ! Reprit la 1ère. Wouaaaaaaaaaaah ! Faut aller voir ça les gars.
- Woué, woué, woué, reprirent les 2 autres en riant.
Un peu groggy par sa sieste, Slaine ne comprenait pas encore bien si c'était la réalité ou un rêve. Elle se redressa et vit tout de suite que ce n'était pas un rêve : 3 jeunes hommes s'approchaient d'elle. Ils riaient forts et s'interpellaient l'un l'autre, sûrs de leur force. Mal à l'aise, Slaine se leva en saisissant sa tunique et ses sandales au passage. Elle était quasi nue et ne se sentait pas du tout à l'aise sous le regard goguenard des 3 inconnus. Sans demander son reste, elle se dirigea vers son embarcation qui n'était pas très loin.
- Éh mad'moiselle ! Tu vas où ! T'en vas pas !!! Reste avoir nous ! Cria l'un d'eux.
- Oué on va rire, surenchérit un autre.
Sans rien répondre, elle mit ses affaires dans l'embarcation et commença à la pousser dans les flots. Elle sentait les hommes se rapprocher d'elle. Elle se sentait surtout vulnérable et s'en voulait d'être seule, offerte à leurs regards qui parcouraient les courbes de son corps. Elle était tendue, prête à bondir au moindre signe. Alors qu'elle commençait à avoir de l'eau à mi-mollet, l'un des 3 s'étant rapproché d'elle, lui saisit le bras en disant :
- Bouges pas toi ! T'as l'air bien gaulée, on va s'amu...
Il n'eut pas le temps de finir. Ayant saisi la pagaie, elle s'était retournée prestement pour la balancer en travers du visage de l'inconnu. Il poussa un cri et s'écroula en se tenant la tête à deux mains. Sans leur laisser le temps de réagir, elle grimpa prestement dans le frêle esquif. Aussitôt elle démasqua le moteur qu'elle n'avait pas utilisé pour venir et enclencha le démarreur. Il se mit en marche immédiatement et, comme elle appuyait sur le sélecteur de vitesse, l'embarcation bondit et s'éloigna rapidement. Elle se détendit enfin. Elle mit un chapeau sur sa tête et se retourna pour regarder les 3 silhouettes qui restaient sur la plage.
- Salope ! Sale pute ! Tu vas voir, on va te rattraper et tu va payer. Put-elle entendre.
Elle vit alors une embarcation puissance et rapide un peu plus loin. C'était la leur. Avec ça, ils pouvaient la rattraper très facilement. Poussant le moteur à son maximum, elle se concentra sur sa navigation, en espérant qu'ils ne la suivraient pas.
Sur la plage, les 3 hommes s'étaient précipités à leur tour vers leur embarcation et l'avaient remise à l'eau.
- Elle va payer cette chienne ! Elle s'en souviendra, vociférait celui dont le nez éclaté saigné abondamment.
À la limite des frondaisons, les 5 hommes de la sécurité intérieurs étaient prêts depuis qu'ils avaient vu les inconnus arrivaient. Au moindre geste déplacé qui auraient pu menacer la vie de Slaine ils auraient fait feu. Il s'en était fallu de peu avant qu'elle ne se défende mais ils avaient des ordres stricts : ne tirer qu'en dernière extrémité. Le sous-officier commandant la patrouille, était en communication avec l'EM planétaire, des consignes venaient d'être données. L'embarcation qui fonçait maintenant vers celle de Slaine allait être bientôt hors de portée...
- Terminé pour nous messieurs. Un transport va venir nous récupérer, annonça-t-il soudain.
Interloqué, l'un des hommes s'insurgea :
- Mais ils vont la rattraper sergent ? Nous ne faisons rien ?
- Ça n'est plus notre mission, répondit le sergent. Un chasseur a été dépêché pour les allumer sous peu.
Au même moment, ils virent la vedette rapide exploser et disparaître dans les profondeurs.
- Voilà, perdus corps et bien ! Un accident est si vite arrivé en mer... Conclut le sergent avec un sourire narquois.
- Les cons. Poursuivit alors l'homme qui avait interpelé le sergent. Ils ne savaient pas à qui ils avaient à faire... En plus vous avez vu ? Il avait des uniformes de cadets ! De bien belles recrues. On a pas vraiment besoin de ce genre d'énergumène au combat. Enfin... Ceux là, on les aura pas.
Le transport arrivait pour les évacuer. Il ferait un passage au dessus des flots pour vérifier qu'aucun des inconnus n'avait survécu. Ensuite, la mission de protection pourrait continuer, ailleurs.



Épisode 17 : Galaxie 40 - fin du 12/anIII - Évacuation de la G40


Les combats en G40 n'avaient pas eu lieu. Devant la force imposante de l'ennemi, les Hantariens avaient simplement appliqué la technique de la terre brûlée, comme leurs ancêtres le faisaient il y avait bien longtemps. Ils s'étaient retirés, lentement, jusqu'à la limite extrême de leurs forces, veillant jour et nuit pour éviter l'écrasement total.
Les opérations avaient donc débutées en secteur 44, pour se poursuivre ensuite en secteur 45. Deux planètes étaient tombées et celle du secteur 45 s'était retrouvée complètement isolée. Ensuite, le repli s'était effectué dans le nord de la galaxie, vers le secteur 16 où une planète avait été colonisée ainsi qu'une autre en secteur 15. De là, une opération de harcèlement avait été dirigée vers le secteur 45, avec une planète reprise à l'ennemi, quelques légers détruits et une flotte de récolteurs esseulés annihilée :

Rapport de combat

Mais, devant le retour offensif de l'ennemi, la planète envahie avait été reprise rapidement et celle qui avait été isolée jusque là était tombée également. Alors, à nouveau, le repli s'était effectué, pied à pied et en bon ordre, avec la perte du secteur 16 puis du secteur 15. Le secteur 15 avait vu quelques beaux mouvements offensifs et défensifs sans grandes pertes pour les Hantariens et l'ennemi :

Rapport de combat
Rapport de combat

Face à ces dernières pertes de planètes, n'ayant plus ni base ni ressources dans cette galaxie, les Hantariens avaient décidé de changer d'air et d'évacuer face à l'ennemi souvent 5 à 10 fois supérieur en signature de flotte.
Un vaisseau stabilisateur fut déployé et la flotte dans son entier jumpa vers d'autres objectifs à sa portée.



Épisode 18 : Galaxie 23 - Secteur 23 - le 20/01/anIII - Lettre de l'adjudant-chef LEC à son épouse Katia


Katia, mon amour,

Je prends quelques minutes pour t'envoyer ces mots car j'ai un peu de temps et j'en profite. J'espère que tout va bien pour vous et que le petit dernier n'est plus malade. J'espère aussi que tu as pu racheter la boutique du coin comme nous en avions parlé avant mon départ. Si ça n'est pas fait, fais le car, je te le dis encore une fois, ton idée de commerce est très bonne.
Ici ça va. La G23 est en passe d'être nettoyée. Nous ne chômons pas en tous les cas et j'ai participé avec la 17ème à plus de 7 invasions victorieuses. J'ai été blessé mais ça va. Surtout ne t'inquiètes pas. Je me porte bien alors n'alarme pas les enfants et la famille pour ça.
Sinon je suis passé adjudant-chef. Grâce au capitaine BLUTCH en fait. Elle est passée au grade de commandant et commande le 3ème rang de la 17ème maintenant. Elle le mérite car c'est vraiment un très bon chef, sans doute le meilleur que j'ai pu rencontrer. Après cette nomination elle a gardé avec elle tout l'effectif de sa section de commandement. Comme j'en fais parti je l'ai suivie. Tu vois, tu vas être contente : je serai un peu moins en 1ère ligne.
Je t'avais dit mais depuis qu'elle a repris contact avec son mari, ça va beaucoup mieux. Par moment j'ai même l'impression de retrouver le capitaine (commandant !) d'avant l'affaire de la G16. Je suis bien content de voir qu'elle va mieux.
Je ne sais pas si nous resterons encore longtemps ici. En tous les cas les invasions se poursuivent et il y a ici 2 unités de production intensive de droïdes de combats. Les renforts arrivent plus vite.
Au fait, ne crois pas les rumeurs qui courent sur nos droïdes : tout est faux. Ils sont incroyables. J'ai été protégé plusieurs fois par eux et certains se sont même sacrifiés pour me sauver. Malheureusement ils payent un lourd tribu lors des combats. C'est un crève-coeur car on s'attache à eux, surtout au combat.
Il n'y a pas que les droïdes qui meurent. Nous avons des pertes à déplorer parmi les anciens. Tu te souviens de Vlad ? Le sergent Vlad STIÉPANOVITCH ? Il est mort dans mes bras. Ça a été un coup dur. Je le connaissais depuis la G03.
Sinon, peut être le sais-tu déjà, mais le jeune Frey HIAI, le fils de notre voisine, est mort. Je le sais car c'est moi qui tiens les comptes d'effectif du 3ème rang dorénavant. Il y en a d'autres mais je ne veux pas que tu t'inquiètes à cause de ces morts. Je te le répète, tout va bien ici pour moi.
Je dois te laisser, nous partons en réserve et au repos avant de nouvelles missions.

Embrasse bien les enfants et tes parents pour moi. Je t'aime.

Ton Sacha.

PS : Si tu me réponds, envoie directement à l'EM du 3ème rang.
Dis-moi aussi si tu as reçu les étoffes que j'ai trouvées ici et que je t'ai envoyées il y a 4 jours par le jump de liaison.



Épisode 19 : Galaxie 23 - Secteur x, planète x - le 23/01/an III - Nouveau combat pour Slaine


C'était un travail de fourmis, Zak le savait. Le nettoyage de la G23 durerait sans doute encore plusieurs jours voir même plus mais cela ne le dérangeait pas. Les missions de longue haleine comme celles là convenaient au tempérament hantarien : quand on leur laissait les coudées franches ils s'en sortaient à merveille. Zak était satisfait de la tournure des événements et de l'amalgame qui se faisait entre les anciens, survivants des grands conflits passés, et les nouveaux, humains ou droïdes, avides de combattre et d'apprendre.
La mission était simple : nettoyer tout ce qui se présentait et faire le vide des nations ennemies. Pour la mener à bien, la flotte hantarienne qui avait quitté la G40, avait été fractionnée en plusieurs flottes mixtes qui opéraient de façon indépendante. Des vaisseaux étaient arrivés pour les renforcer dans un premier temps mais aussi pour constituer une réserve stratégique qui était nécessaire pour ce genre d'opération : une surprise désagréable pouvait arriver si vite.
La flotte Katioucha-3 faisait partie de ces flottes mixtes. Elle n'était pas la plus imposante en vaisseau de combat, elle n'avait même pas de capacité d'invasion. Mais avec les 3 escadrilles de prédateurs en son sein, c'était la flotte dans laquelle Slaine se trouvait.
Slaine était heureuse, depuis le temps qu'elle attendait de retourner au combat, elle n'y croyait plus. Pourtant cela était enfin arrivé. Elle pensait que c'était à force de persuasion que Zak avait cédé et autorisé l'engagement des escadrilles de prédateurs. En fait c'était surtout dû au rapport circonstancier qui était arrivé sur le bureau du général à propos de la mésaventure qui était arrivée à Slaine. Son sang n'avait fait qu'un tour. Après avoir brisé de rage le fauteuil de son bureau, il s'était calmé et avait signé l'autorisation d'envoyer les 2/3 des escadrilles de prédateurs en renforts pour la G23. Il préférait encore la savoir au combat, risquant sa vie pour la Nation, que seule sur une plage à la merci de voyous. Ce raccourci pouvait paraître curieux au commun des mortels mais Zak était comme ça.
Autant qu'elle se fasse tuer pour quelque chose, se disait-il bourru, forçant son côté pratique à l'extrême. Après tout elle s'est engagée pour combattre alors qu'elle combatte.
Et puis ce rapprochement géographique lui permettait de la voir plus régulièrement. Un petit côté pratique qui n'était pas pour lui déplaire...
La flotte Katioucka-3 avait donc était dépêchée vers le secteur 74. Il n'y eut dans ce secteur qu'un seul affrontement bref mais brutal comme pouvaient l'être quelques fois les combats spatiaux. Slaine s'y distingua de nouveau, comme elle l'avait fait à chaque fois qu'elle en avait eu l'occasion dans les conflits précédents. De son point de vue, elle avait bien peu guerroyé au regard de tous ceux auxquels les Hantariens avaient participé mais grâce à ce combat, elle put ainsi ajouter 3 victoires supplémentaires à son palmarès.

Voici le récit des événements comme elle l'a écrit dans son journal :
Bientôt 1 mois que je suis en G23. Après quelques jours de repos, mon escadrille a été rattachée ce jour à la flotte K-3 pour participer à une incursion vers le secteur 74.
Nous n'avons que peu combattu jusqu'à aujourd'hui. Je sais simplement que les 2 escadrilles dépêchées dans le nord ont pu en découdre.
Au sud par contre, nous n'avons pas véritablement combattu. Nous sommes toujours restés en réserve lors des affrontements où nous étions présents.
Les pilotes sont impatients. Moi aussi. J'ai vraiment hâte d'expérimenter les performances de mon prédateur au combat.
Je fais parti de l'escadrille "Biélahia Krilo". Elle a le rang n°1 dans les escadrilles de prédateurs mais tous, nous préférons l'appeler "Biélahia Krilo" plutôt que EP-1.
J'ai maintenant un droïde comme copilote. C'est un bon copilote mais Alex me manque : j'aimais bien discuter avec lui lorsque nous volions ensemble. Maintenant, il a son propre prédateur avec son droïde copilote. Lui aussi fait parti de la "Biélahia Krilo" : il est dans ma patrouille, c'est mon ailier.
Nous étions déjà en alerte défensif lorsque la K-3 reçut l'ordre de se diriger en secteur 74. Nous attendions ça depuis tellement longtemps. Il a fallu très peu de temps pour que tous les vaisseaux se dirigent vers cette zone hostile. Le trajet s'est passé sans encombre.
Dès notre arrivée, nous avons compris que la partie était gagnée car nous étions en surnombre. Le tout était de savoir ce que nous allions affronter et comment nous allions l'affronter.
Comme à l'accoutumée, les prédateurs sont restés en réserve. Le général LVOV était là et comme à son habitude il veille sur nous.
J'ai vu le déploiement de nos forces. La parfaite mécanique de nos croiseurs se déployant en ligne de bataille était impressionnante : 5 lignes en quinconce s'appuyant l'une l'autre.
(NB : Le noyau de cette formation se compose toujours de 2CRC pour 1CR + 1CRE. Ce noyau est parfaitement adapté pour manoeuvrer en solitaire si besoin était pour changer la formation du "bloc".)
Les lignes étaient renforcés par les FCI qui s'y intercalaient ; c'est la première fois que j'en vois en aussi grand nombreux.
Dans les espaces vides de la ligne de bataille, plusieurs escadres mixtes FA/FM se sont positionnées alors que d'autres sont restés en réserve avec nous, en arrière pour protéger cargos, VM et autres récolteurs.
3 escadrilles de chasseurs et 3 d'intercepteurs se sont portées en avant pour éclairer la formation.
Les corvettes (CLG et CTM) se sont positionnées de part et d'autre de la ligne de bataille, renforcées par une bonne moitié de la chasse.
Le gros reliquat des escadrilles d'intercepteurs était avec nous, en réserve.
Brutalement, le combat s'est engagé : nos chasseurs avaient repéré l'ennemi mais se faisaient sèchement étrier.
Au même moment, j'ai reçu un rapport sur ce que nous affrontions : essentiellement des vaisseaux de classe intercepteurs.
Les 3 escadrilles de chasseurs ont vite été malmenées. L'appui des 3 escadrilles d'intercepteurs qui les accompagnaient n'a pas suffi. Dépassés par le nombre, ils ont plié.
J'entendais sur les communications, les cris et les éclats de voix de mes compagnons d'armes.
L'ordre de repli leur ayant été donné, ils l'ont fait dans la mesure du possible. Beaucoup de chasseurs ont été détruits dans la manoeuvre.
Bientôt, la masse compacte des intercepteurs ennemis s'est regroupée et s'est précipitée sur notre ligne de bataille, poursuivant nos vaisseaux légers survivants.
C'est à ce moment que toute la ligne de bataille a fait feu sur cette masse en approche. C'est la 1ère fois que je vois des croiseurs tirer ainsi sur des vaisseaux légers.
Cette énorme bordée de railguns et de missiles mélangés, a abordé la masse compacte de vaisseaux qui se précipitaient sur nous et l'a stoppée nette. Bien sûr celle-ci n'a pas été détruite mais, perdant de la consistance, elle s'est disloquée en plusieurs groupes qui ont alors tenté de rebrousser chemin.
C'était trop tard... Notre ligne de bataille continuait à faire feu, protégée par les corvettes.
L'ordre nous fut alors donné d'entrer en action pour détruire l'ennemi en fuite.
Les 3 escadrilles de prédateurs ainsi que 10 escadrilles d'intercepteurs de la réserve, se sont lancés à la poursuite de l'ennemi.
Mon escadrille a été la première à aborder l'ennemi.
Ma patrouille a un format classique : 4 prédateurs en binômes. Comme je l'ai dit avant, c'est moi le chef de cette patrouille.
Le combat a été bref et violent. Je ne veux pas rentrer dans le détail de ce qui s'est passé.
Tout ce que je peux simplement dire sur mon ressenti de cet affrontement et qu'il a été très éprouvant physiquement et nerveusement.
J'ai également pu constater que le prédateur est un remarquable vaisseau léger de combat. Tellement pointu, précis et rapide qu'il faut vraiment que le pilote soit parfaitement entrainer pour le maitriser et l'utiliser à 100% de ses capacités.
Nous n'avons eu aucune perte à déplorer contre 129 ennemis détruits. Je peux moi même en revendiquer 3 qui ont été depuis validés après étude des enregistrements de bord et après reconstitutions virtuelles du combat lors des différents débriefings.
Une fois le dernier intercepteur ennemi détruit, il n'y a plus grand chose à raconter. Nous avons été rappelés et mis en réserve tandis que la ligne de bataille se rapprochait pour détruire les vaisseaux utilitaires ennemis maintenant seuls et isolés.
Puis, nos récolteurs sont arrivés sur les zones de combat et ont récupéré les pilotes et équipages survivants avant de recycler les détruits environnants.
Le combat s'est donc fini. Il nous a apporté la certitude que nos prédateurs sont enfin au point et peuvent rivaliser avec n'importe quel vaisseau léger.
Je suis fière d'en piloter un et d'avoir, à mon niveau, participé à sa résurrection et à son développement dans la flotte hantarienne.

Rapport de combat



Épisode 20 : Galaxie 33 - le 20/02/anIII - Repos et souvenirs


Après la fin des combats en G23, le regroupement général s'était effectué. De mémoire d'Hantariens, la flotte de guerre n'avait jamais été aussi importante. D'ailleurs, la production continuait, inexorablement, renforçant les regroupements de vaisseaux déjà constitués. Et il n'y avait pas que les vaisseaux de guerre, les vaisseaux tactiques et logistiques étaient également en grand nombre. Un regroupement colossal se faisait donc sur une nouvelle planète qui avait été envahie récemment.
Devant l'oisiveté qui gagnait les équipages, il avait été décidé qu'une vérification complète de chaque vaisseau devait être faite : propulsion, armement, boucliers, navigation,... équipements en tout genre, jusqu'à la peinture ! Chaque vaisseau était vérifié minutieusement.
C'est au cours de ces opérations que le général LVOV reçut un message : "De la part du capitaine MIKULI : Mon général - Rendez-vous au hangar ROS-XX-B - Quelque chose d'inattendu s'y trouve". C'était pour le moins laconique.
Curieux de nature, le général, après avoir demandé à son fidèle Kalmouk de le rejoindre, avait quitté le VMC amiral à bord d'1 CTM pour rejoindre la surface de Rostov.
La CTM, ayant pénétré l'atmosphère, se posa doucement sur le tarmac proche du hangar ROS-XX-B.
A sa descente, le général fut surpris : il y avait là plusieurs officiers qu'il connaissait depuis longtemps. Des vieux de la vieille, des anciens qu'il avait côtoyé en G03 alors qu'il était simple lieutenant-colonel. Sa curiosité était de plus en plus piquée au vif. Tous le saluèrent règlementairement et s'engagèrent derrière lui. Ils avaient été convoqués comme lui et l'attendaient pour découvrir ce pourquoi ils étaient là.
On accédait au hangar semi-enterré par une rampe en pente douce qui se terminait par une énorme porte blindée. Notre petit groupe s'y engagea et arriva à quelques mètres du but. Tout à coup, la porte s'ouvrit lourdement et notre général s'engouffra à l'intérieur. Les autres suivirent. Un capitaine, semblable à un grand échassier dégingandé, les accueillit aussitôt. Il était aussi excité qu'un chien fou, et, après avoir salué brièvement, parla de façon très volubile :
- Je suis content que vous soyez tous venus. Vous n'allez pas en croire vos yeux. C'est une pièce historique ! Une relique ! Moi même je n'y crois pas ! C'est incroy...
- Abrégez ! Le coupa LVOV agacé par l'aspect ubuesque du capitaine.
Sans se laisser démonter, le capitaine poursuivit :
- A vos ordres mon général. Nous avons reçu l'ordre de vérifier et de contrôler tous les vaisseaux. Ici nous sommes chargés du décapage et de la remise en peinture des... des...
- Extérieurs. Poursuivez ! Le recoupa LVOV.
- Extérieurs ! Exact mon général ! Répondit le capitaine avec un grand sourire et sur le ton du bonimenteur qui annonce au participant qu'il a gagné une peluche au tir aux pigeons.
- Abrégez bordiou ! Rétorqua Zak. Nous sommes ici pourquoi ?
Autour de lui les officiers suivaient l'échange, incrédules, se demandant bien ce qu'ils faisaient là. Certains souriaient même, connaissant l'humeur massacrante que pouvait avoir leur général de temps à autre. Kalmouk, en particulier, s'amusait beaucoup de ce petit jeu.
- Pour quoi... Pourquoi !? Oui ! Surenchérit le capitaine comme traversé par un éclair de génie. Comme vous le voyez ici nous sommes dans un hangar qui abritent des barges...
- Sans rire ! Rétorqua d'un ton sarcastique le général excédé.
- ... que nous sommes en train de repeindre. Poursuivit le capitaine sans relever le commentaire de son supérieur. Nous travaillons actuellement sur celle-ci, continua le capitaine en montrant une barge recouverte d'une bâche de protection dans un coin du hangar. Et bien cette barge a une sacrée histoire, je peux vous le dire ! Venez ! Suivez moi mon général.
Tous suivirent le capitaine qui, arrivait au pied de l'imposante barge, expliqua :
- Cette barge est ancienne. Nous avons décapé plusieurs couches de protection qui retracent son histoire : DOC, LCG, HOG, PAF,...
- Et alors ? Explosa le général.
Le capitaine sursauta et, se retournant, fit signe aux techniciens qui étaient là d'ôter la bâche.
Un silence se fit lorsque la barge apparut dans son entier. Le général se calma immédiatement et un léger sourire aux lèvres il dit tout haut ce que tous constataient :
- Une barge qui date de la FDE 3 ! Mordiou... Une livrée parfaitement conservée aux couleurs de la FDE. Elle a dû en voir cette barge...
Devant eux, une barge aux couleurs de la FDE trônait comme sortie du passé.
Un léger vent de nostalgie parcourut l'assemblée de ces officiers qui avaient connu cette grande alliance. Tous les officiers présents discutèrent longuement autour de ce vaisseau. Ils échangeaient leurs souvenirs, comme des anciens au coin du feu à la veillée. Au bout d'une heure, le général ramena tout le monde à la réalité.
- Capitaine !
- Mon général ?
- Merci beaucoup de nous avoir montré cette relique qui nous rappelle une époque maintenant bien lointaine qu'a vécu notre Nation.
- Je vous en prie mon général... Bafouilla le capitaine pour la première fois décontenancé face à LVOV.
- Pourtant vous allez faire votre travail : décapage et nouvelle couche de peinture. Le passé est le passé.
- Reçu mon général !
Le général fit alors demi-tour et, suivi de son fidèle Kalmouk, repartit vers la CTM qui l'attendait à l'extérieur. La plupart des officiers firent de même. Quelques uns prirent des images du vieux vaisseau avant de quitter les lieux, pour garder un souvenir de ce que d'autres auraient peut être mis dans un musée.
Dans tous les hangars hantariens, les vaisseaux furent contrôlés et repeints un par un, sans exception.

Chapitre 04 : « La vie n'est jamais un long fleuve tranquille »

Épisodes :


Épisode 1 : Galaxie 33 - Secteur 74, planète 4 (Kiev V) - le 25/02/anIII - Rencontre


Perchée sur un tabouret de bar, accoudée au comptoir, Tatiana buvait tranquillement son verre de vodka tonic bien frappée. Elle y avait pris goût depuis quelques temps. Peut être un peu trop même... Elle avait découvert ce bouge au retour de la G23. Ses longues errances dans les quartiers périphériques, l'avaient amenée ici, au "Massive Attack". Le "Massive Attack"... A lui seul le nom était déjà tout un programme.
Ce bar... Ce boui-boui plutôt ! Il n'était vraiment pas de haut standing, c'est certain. De la ruelle étroite, la façade de béton lisse, sans fenêtre, montait sur 1 ou 2 étages. Au premier regard cela ressemblait plus à un blockhaus qu'autre chose, mais l'énorme néon rouge qui traçait en lettres majuscules un M et un A indiquait bien que l'endroit était tout autre chose. Sur la façade brute, une seule ouverture : une porte, blindée, identique aux sas d'accès des casemates de l'EM planétaire et sans doute récupérée là bas. Généralement ouverte, elle s'ouvrait sur un couloir lugubre d'1 mètre de large sur 3 mètres de long c'est-à-dire exactement l'épaisseur du mur. A son extrémité, un vague rideau de fils suspendus, autrefois chatoyants, permettait d'accéder à la salle.
En y pénétrant c'était un choc : sombre, sans autre ouverture que la porte par laquelle on venait d'entrer et les 2 accès de service dont on ne devinait pas encore l'existence, une odeur animale vous saisissez à la gorge. Puis le manque d'éclairage vous obligez à avancer pour aller vers le fond où il était concentré avec 4 plafonniers puissants qui diffusaient une lumière jaunâtre. Le long des murs, quelques appliques ainsi que de petites lampes disposées sur les tables, tentaient de percer l'obscurité ambiante du reste de la pièce. La quinzaine de tables basses, formaient ainsi des îlots lumineux qui permettaient de distinguer des silhouettes indiquant que le lieu n'était pas désert. On remarquait assez vite des banquettes et des canapés plus ou moins avachis qui entouraient les tables et semblaient posés là depuis la nuit des temps. Entre ces îlots lumineux, on trouvait éparpillé des plantes vertes synthétiques, des paravents poussiéreux et de vieilles draperies suspendues qui tentaient d'égailler l'ambiance. En vain... Finalement, on arrivait au fond de la salle.
C'était donc l'endroit le mieux éclairé. C'était également là que l'on trouvait le débit de boisson, la caisse et le comptoir. Le comptoir était LA pièce maîtresse du "M.A.". Massif, en bois exotique de couleur cramoisi, il était recouvert d'une longue plaque de zinc sur sa partie supérieure et agrémenté de chromes aux angles et sur les différentes moulures et sculptures le constituant. Des tabourets, hauts perchés, complétaient l'ensemble, permettant de se poser là et de boire en solitaire, tranquillement, loin de l'atmosphère glauque et enfumée de la salle. Le comptoir occupait toute la largeur de la pièce et faisait face à l'entrée. On ne pouvait le manquer car c'était vraiment une pièce unique et bien visible depuis l'entrée. A ses extrémités, on trouvait les 2 accès déjà mentionnés. Ils donnaient sur des bureaux, des loges, une réserve,... c'est-à-dire sur les pièces de services se trouvant à l'arrière du bâtiment. Voici donc comment on percevait l'endroit lorsqu'on y pénétrait.
En dehors du comptoir, une autre chose était remarquable au "M.A.": le personnel. Il était bigarré et constitué, pour la plupart, des principales races connues de l'univers. En premier lieu, il y avait les serveuses, recrutées essentiellement pour leur physique attrayant. A vrai dire, il y en avait pour tous les goûts. Leur job principal était, sur le papier, le service en salle mais elles alternaient avec des "séances de danse" plus ou moins rythmées qu'elles effectuaient sur une dizaine de plateaux suspendus au plafond et dispersés dans la salle. En fait, il faut bien le dire, c'était ça la principale attraction du "Massive Attack" : des filles qui se dénudaient en dansant pour le bon plaisir des clients. Le bon goût n'était pas toujours au rendez-vous mais il fallait bien appâter la clientèle, surtout masculine, et l'inciter à rester pour consommer et dépenser son argent. En plus de la vingtaine de filles qui travaillaient là, par rotation entre la salle et des séances de striptease, on comptait 2 barmaids, 2 droïdes barmen, 2 videurs et 4 droïdes videurs. Ces derniers, toujours aux aguets, intervenaient au moindre signe de dérapage ou de bagarre.
Enfin, pour finir ce tour d'horizon, il y avait la patronne : May PEPE-GUES. C'était la maîtresse de l'endroit, la propriétaire. On la trouvait toujours au bar, faisant office de 1ère barmaid. Elle ne comptait pas les heures passées là et les sourires qu'elle distribuait largement aux clients, habitués ou non. C'était une jeune eurasienne aux cheveux couleur de jais et à la peau laiteuse. Bien qu'elle soit de petite taille, son corps était parfaitement bien proportionné et pulpeux. Son visage, rond, se terminait en un joli menton rond également, surmonté d'une petite bouche aux lèvres rouges et pleines. Un nez légèrement busqué aux narines minces, des fossettes coquines lorsqu'elle souriait, de magnifiques yeux bridés à l'iris mordoré, de longs cils fins et des sourcils savamment épilés complétaient l'ensemble. Pourtant ça n'était pas ce visage qui était le plus regardé, c'était plus ses formes, ses hanches pleines et sa nuque dénudée qui attiraient les regards. Et sa gorge... Encore plus sa gorge largement offerte par un corset qu'elle arborait chaque jour. C'était là que les yeux se portaient invariablement : sur ses seins pulpeux et rebondis qui enchantaient les regards et donnaient des idées à tous les hommes présents. Elle avait d'ailleurs bon nombre de soupirants, assidus ou non, mais ne s'en souciait guère. Elle restait souriante et aimable, les éconduisant d'un geste, d'un mot, voir même parfois avec l'aide d'un videur pour ceux qui devenaient trop pressants. Elle connaissait tout le monde et parlait avec tous. D'ailleurs, en dehors des danseuses, c'était surtout elle qui fidélisait la clientèle. En quelque sorte, elle était l'âme du "Massive Attack".
Tatiana sirotait donc sa vodka tonic comme elle en avait pris l'habitude. C'était son 7ème verre et une douce torpeur commençait à l'envahir. Elle-même, comme tous ceux qui étaient là, ne pouvait s'empêcher de regarder May et de plonger son regard dans le décolleté de la patronne lorsqu'elle en avait l'occasion. Elle était troublée. Cela ne lui ressemblait pas. C'était la 1ère fois qu'elle se sentait attirée ainsi par une autre femme.
Sans doute les effets de l'alcool, essaya-t-elle de se persuader pour la nième fois. Et puis, il n'y a pas de mal à regarder une jolie fille...
Elle but une nouvelle gorgée et reposa son verre tout en lorgnant de nouveau vers May. Malheureusement, son regard fut intercepté par les yeux mordorés de la patronne. Confuse d'avoir été découverte, Tatiana poursuivit son mouvement, faisant mine de regarder le grand écran accroché derrière le comptoir et qui déversait continuellement un flot d'images. Au même moment, un message d'alerte interrompit le programme et apparut :
**** FLASH INFO **** FLASH INFO **** FLASH INFO ****
Une présentatrice apparut à l'écran, le visage grave et annonça :
Madame, Monsieur, bonjour. Dernière information en provenance du Grand Conseil.
Nous apprenons de source sure que toutes les chaînes de fabrication de vaisseaux viennent d'être stoppées. Plus aucun vaisseau ne sort donc des chaînes depuis ce matin. Ceci vient de nous être confirmé par un représentant du Grand Conseil. La suite en image. (...)
Autour de Tatiana le brouhaha ambiant avait notablement diminué. Tous les visages étaient devenus graves et plus personne ne s'occupait des danseuses qui continuaient pourtant leur danse lascive, insensibles à ce qu'il se passait autour d'elles. Tatiana, tout aussi surprise par cette annonce, reposa son verre, continuant à fixer l'écran.
Il y a bien des rumeurs de récession et de baisse de rentrées des crédits depuis quelques temps mais quand même... Songea-t-elle.
Elle n'avait pas remarqué que May s'était rapprochée pour compléter son verre. Tout en versant une bonne rasade de tonic, May s'adressa tout à coup à elle :
- Alors militaire ! Ça fait plusieurs fois que tu viens ici dis-moi... Et avec tout ça tu vas continuer car tu n'es pas prête de retrouver un vaisseau ! Dit-elle en faisant un mouvement de tête pour désigner l'écran.
Surprise par cet intérêt soudain, Tatiana rougit jusqu'à la racine des cheveux et bredouilla :
- Militaire ? ... Pourquoi vous pensez... Qu'est-ce qu'il vous fait croire... Je... Je ne suis pas en uniforme !
- Pourquoi !? Répliqua May avec un beau sourire. Parce que j'ai été comme toi à une époque : officier dans la flotte. Alors je les reconnais au 1er coup d'oeil.
De plus en plus surprise Tatiana essaya de répondre.
- Ah... Mais vous...
May l'interrompit en posant la main sur sa manche.
- Dis-moi, nous allons nous tutoyer ça sera plus simple non ? Dit-elle d'une voix douce en lui lançant une oeillade.
- Ok... Comme tu veux. Articula Tatiana avec peine avant d'enchaîner timidement. Vous... Tu y es restée longtemps dans la flotte ? ... Pourtant tu es...
- Jeune ! Je le suis c'est vrai. Merci à toi de l'avoir remarquée. Mais tu sais, si tu veux que je te raconte ma vie ça va prendre du temps et un sacrément long même ! Dit-elle en posant les bras sur le zinc du comptoir pour s'y appuyer.
Décidément très jolie... Pensa Tatiana après avoir jeté un oeil dans le décolleté ainsi offert.
Elle aperçut au même moment une goutte de sueur qui, glissant du cou de May, vint s'arrêter juste entre les 2 seins pour y rester bloquée... Bloquée par cette barrière naturelle... Vraiment, elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle était autant troublée par May. Chassant cette pensée de son esprit, elle plongea son regard dans les yeux mordorés qui lui souriaient.
Tandis que la conversation continuait entre elles, le flash info développait les nouvelles sur cette information importante : les usines de vaisseaux étaient à l'arrêt et toutes les productions de minerai et d'hydrocarbure partaient dorénavant à la vente vers les planètes de la Guilde Marchande. Des dizaines de milliers d'ouvriers se retrouvaient ainsi en chômage technique.



Épisode 2 : Galaxie xx à bord d'un VML - le 02/03/anIII - Décision pour l'avenir


Le Grand Conseil s'était réuni une nouvelle fois. La séance avait été programmée de longue date mais l'ordre du jour avait été modifiée au dernier moment : une nouvelle fois il était question de l'avenir et du devenir de la nation hantarienne dans cet univers.
Les 10 Conseillers restaient perplexes, bien peu avaient pris la parole. Il en était de même du Conseiller Svain GUILD qui habituellement ne se gênait pas pour attaquer la politique menait pas le Grand Conseil dès que l'occasion se présentait.
Le Grand Conseiller Zak LVOV prit donc la parole :
- Comme vous le savez tous, le CHAOS a subi un gros revers dernièrement et cela ne laisse présager rien de bon pour notre avenir. De plus, la baisse de nos revenus actuels ne va pas nous permettre de continuer à développer indéfiniment notre force de combat. Actuellement nos usines de production de vaisseaux sont toutes à l'arrêt et ça n'est pas les 2 ou 3 usines de produits manufacturés construites qui vont redonner du travail à nos ouvriers. Nous essayons, dans la mesure du possible, d'engranger un maximum de crédits pour les jours incertains qui s'annoncent car il est possible que les cours du minerai et de l'hydro s'effondrent totalement. Si cela se produisait, nous ne tiendront pas longtemps, à moins de se faire fossoyeurs ou de dissoudre notre Nation en espérant que notre peuple survive ensuite.
LVOV insista bien sur ces derniers mots. Un frisson parcourut l'assistance.
- Enfin, on peut craindre une attaque frontale directement sur nos terres de la part des fanatiques religieux de la VOX DII... Vous connaissez tous mon sentiment à ce sujet et je pense que vous pensez de même : plutôt mourir que de se plier au bon vouloir de ces gens là. Quand on sait ce que la religion a fait à notre peuple dans les temps passés ! Bref...
Plusieurs Conseillers acquiescèrent en silence, se souvenant des ravages de la religion et de son fanatisme dans l'histoire hantarienne. LVOV poursuivit :
- J'attends donc vos suggestions et vos idées.
Le débat commença enfin avec le Conseiller GUILD :
- Peut être serait-il judicieux d'envoyer des vaisseaux de colonisation dans d'autres univers ? Ne nous a-t-on pas parler de 2 autres univers ?
Le Conseiller MIELKAREC qui se trouvait à sa gauche répondit :
- Je ne vous le conseille pas ! Souvenez-vous de la mission envoyée vers l'univers appelé s02 ! Mon frère y était... Nous avons été détruits jusqu'au dernier et seul quelques survivants ont réussi à nous rejoindre.
- Et le s03 ? Surenchérit le Conseiller ROZAK qui se trouvait à la droite de GUILD.
- Bis repetita. Répliqua MIELKAREC. Autant lancer nos vaisseaux directement dans le coeur d'un soleil... Il vaudrait mieux les envoyer dans le grand univers encore inconnu, ils risqueront moins de disparaître pour rien.
- Pourquoi pas... Rétorqua tout à coup LVOV.
Il regarda un par un la dizaine de conseillers qui l'entouraient.
- Qu'en pensez-vous ? Doit-on lancer de tels vaisseaux dans le grand univers ?
- C'est une idée qui me tient à coeur. Intervint alors la Conseillère MALIOUKA, qui était restée silencieuse jusque là. Vous savez tous que j'ai déjà maintes fois demandé que de telles missions soient mises en place mais jusque là on m'a toujours dit que se serait un gaspillage de ressources. Nous ne sommes pas en guerre actuellement, et nous vivons une période de relative tranquillité comme nous n'en avons pas eu depuis longtemps. C'est le moment ou jamais !
- Oui, intervint à son tour le Conseiller NHY, s'il faut le faire c'est maintenant. Maintenant et pas lorsque nous serons attaqués de toute part et qu'il faudra fuir dans l'urgence...
Plusieurs "Oui" furent également prononcé par le reste des Conseillers.
- Je crois que nous sommes tous d'accord sur l'idée, dit LVOV. Je vous propose de passer au vote...
- A main levée, le coupa GUILD, ce sera plus simple.
- Faisons comme ça. Répondit LVOV. Qui est pour ?
10 mains se levèrent aussitôt.
- Bien ! J'envoie immédiatement les directives de mise en place de ces missions... Mais discutons tout d'abord de leurs compositions précises.
La séance se poursuivit, studieuse.



Épisode 3 : Galaxie 23 - Secteur xx planète Rostov VII, usine de recyclage, atelier 47 - le 05/03/anIII - Recyclage des prises de guerre


La CLD trônait, presque neuve, au beau milieu de la zone T de l'atelier 47. L'équipe de Mike QUEZ était à l'ouvrage. A son aspect on voyait bien que cette corvette était de fabrication étrangère.
Très certainement récupérée lors de l'une des dernières invasion en G23, pensa Mike.
Un robot pompe avait déjà vidé les soutes dans l'atelier voisin et d'autres équipes avaient dépouillé les aménagements intérieurs. Les droïdes de Mike démontaient maintenant les structures internes, retirant tout ce qui n'était pas en métal. Les différents morceaux retirés étaient déposés sur un tapis roulant qui les emmenait à l'unité de recyclage pour en extraire l'hydrocarbure qui serait très certainement vendue à la GM ensuite.
Pourtant, sur l'arrière du vaisseau, le couteau laser d'un énorme robot dépeceur entra en action, tranchant le blindage comme si il s'agissait d'une simple feuille d'arbre. De son pupitre, Mike supervisait les choses et envoya aussitôt un ordre aux droïdes : "Cessez votre activité - Retour en zone A de l'atelier." Ceux-ci sortir aussitôt de la CLD, laissant leur tâche inachevée.
- Ils résistent peut être à la chaleur mais je n'ai pas envi d'en voir un coupé en deux par un couteau laser, marmonna Mike.
Il n'avait pas le temps de faire les choses comme il aurait aimé les faire mais les ordres étaient stricts et devaient être exécutés rapidement. Il enclencha une séquence et 2 robots dépeceurs supplémentaires s'approchèrent du vaisseau et entrèrent en action. En quelques minutes, la CLD fut proprement découper. Ses morceaux, coupés et calibrés, avaient été déposés au fur et à mesure du travail sur d'autres tapis roulant qui les emmenaient directement à la fonderie toute proche. Bientôt, ils seraient transformés en tôle ou en lingot et envoyés à la GM pour être vendus.
Dans l'atelier 47, une nouvelle CLD fut amené en zone T. Dehors, sur l'air de stockage, 48 autres CLD attendaient de subir le même sort.



Épisode 4 : Galaxie 33 - le 06/03/anIII - Repos pour Tatiana


La nuit était calme mais dehors il pleuvait. On entendait juste un clapotis sur les dalles de la terrasse.
Dans la chambre silencieuse, Tatiana était réveillée. Comme toujours à 04H00, elle se réveillait. Pourtant elle ne s'était pas couchée tôt. Enfin "tôt"... Tout était relatif : soir ou matin !? Toujours est-il que s'étant couchée il y avait 2 heures de cela, elle s'était quand même réveillée comme d'habitude. Son organisme conservait le rythme des quarts qui se faisaient à bord des vaisseaux de la flotte hantarienne et à ce moment précis, habituellement, elle prenait son service.
L'habitude... C'était quand même tenace et dur de s'en débarrasser. Pourtant ça faisait déjà presque 3 mois qu'elle avait quitté le bord et qu'elle attendait à terre de nouvelles missions. Mais rien ne venait. Et puis... Quand elle commençait à penser à tout un tas de chose, tôt le matin, c'était un calvaire pour se rendormir ensuite. Après elle se tournait et se retournait et ça l'énervait encore plus. Cependant, cette fois, elle ne bougea pas, réfrénant l'impérieuse envie qu'elle avait d'aller à la fenêtre et de regarder la pluie tomber.
D'habitude elle le faisait. Elle se levait, mangeait quelque chose et aller jeter un oeil par la fenêtre du bacon pour revenir ensuite se recoucher et s'endormir. D'habitude... Un fourmillement désagréable lui agaça le pied et remonta le long de sa jambe. Il fallait vraiment qu'elle bouge. C'était intenable de rester comme ça. Elle entreprit donc de bouger ses jambes tout doucement, vers le bord du lit. Hélas... Un bras vint lui enserrer la taille, la retenant impétueusement. A ses côtés le propriétaire du bras venait de se retourner et soupira dans son sommeil, comme satisfait de l'avoir prise au piège. Tatiana sourit mais le fourmillement était toujours là. Il devenait insupportable. S'en était trop. Elle prit délicatement le bras et tenta de le soulever pour se dégager et, par reptation, progresser vers le bord du lit. Il fallait qu'elle se lève ou, tout du moins, qu'elle bouge. Mais c'est l'effet inverse qui se produisit et, comme un piège, le bras se resserra un peu plus sur elle. C'était impossible de rester ainsi pour Tatiana. Incapable de se maîtriser plus longtemps elle se tourna brutalement sur le côté, faisant face à son "agresseur". Bousculé, ce dernier sursauta et émit une plainte dans son sommeil :
- C'est déjà l'heure de se lever ?...
- Non non... Dors... Répondit Tatiana dans un murmure.
Elle sourit à nouveau : en changeant de position, la sensation désagréable dans la jambe avait disparu. Elle n'avait donc plus à se lever maintenant. Après tout, elle n'était pas seule... Peut être même plus seule... Fini les longues nuits solitaires ? Elle le souhaitait hardemment. Elle préféra rester là et se lova un peu plus contre le corps chaud dont le souffle régulier indiquait que le dérangement avait été bref. Dans le clair obscur de la nuit, Tatiana scruta le dormeur qui reposait à ses côtés. Sur l'oreiller, elle distinguait parfaitement la masse couleur de jais des longs cheveux décoiffés, lesquels n'arrivaient pas à masquer le visage de porcelaine de May. Elle sourit encore une fois et se rendormit en écoutant le souffle régulier de sa compagne.



Épisode 5 : Galaxie 19 - planète *NO - le 26/03/anIII - Nouveaux combats avec récupération de vaisseaux


Le prédateur pénétra violemment dans l'atmosphère. Les moteurs au maximum il lui fallut quelques secondes pour rejoindre la surface. Puis, il ralentit brutalement et finit par enclencher ses stabilisateurs pour rester immobile à quelques mètres du sol.
- Bouton d'Or ? Dit le pilote dans son masque.
- Quoi ? Répondit l'homme à l'arrière.
- Le brouillage est trop fort... Je ne peux pas aller plus près sans risque. Je te dépose ici.
- Ok ça ira... Rétorqua l'autre maussade.
- Bonne chance ! Conclut le pilote.
- Ouaip... On lui dira. Grogna l'autre.
Le sas ventral du prédateur s'ouvrit et un lourd filin s'en échappa immédiatement suivi du commando qui y glissa comme une araignée sur son fil. Dès qu'il toucha le sol, le câble fut promptement aspiré par le sas qui se referma aussitôt. Le prédateur mit alors plein gaz et disparut dans les nuages.
Au sol, l'homme avait lui aussi disparu en s'engouffrant dans le bâtiment le plus proche dont il ressortit à l'autre extrémité. Bien qu'étranger à cette planète, il se dirigeait sans hésité, comme si il connaissait l'endroit et savait exactement où il allait. Il traversa ainsi plusieurs allées barrées par de nombreuses barricades et jonchées de cadavres. Il n'y avait pas âme qui vive ici. Rien que des morts et la puanteur qui commençait à s'en échapper. Sur le qui-vive, il progressait par bon, conservant le doigt sur la détente de son arme braquée et prête à faire feu au moindre signe de danger.
Soudain, dans l'embrasure d'une porte, quelque chose bougea. Il fit un roulé-boulé sur le côté et orienta son arme dans cette direction. Il allait faire feu mais suspendit son geste car ce qu'il vit dans son viseur l'en dissuada : une gamine se tenait là, les yeux exorbités... sale... les vêtement déchirés... les bras ballant le long du corps. Le temps se suspendit quelques secondes. Lui la regardant et elle le dévisageant. Elle n'avait d'autre réaction que ses yeux grands ouverts, bloqués par un effroi qui devait l'habiter depuis l'assaut allié qui avait eu lieu ici le matin même. Malgré l'intensité de la scène, le soldat reprit vite ses esprits et, terre à terre, il grommela :
- Putain de merde ! J'ai failli l'allumer...
Puis, il se redressa vivement et alla se planquer sous un escalier qui faisait face à cette porte.
Les ordres étaient clairs, seule la mission comptait. Il scruta longuement les alentours, sans plus s'occuper de la gamine.
Pourtant, avant de reprendre sa progression, il jeta un coup d'oeil vers la porte. La gamine n'était plus là, elle avait disparu comme happée par l'obscurité.
Mouaip... J'ai peut-être rêvé... Pensa-t-il en bondissant de nouveau, reprenant le chemin de son objectif.
Après avoir traversé un bloc de logements dans toute sa longueur sans rencontrer âme qui vive, il pénétra dans un bâtiment d'allure militaire. Traversant le hall d'accueil, il arriva devant une porte blindée qui pendait sur ses gonds. Il s'engouffra aussitôt dans l'ouverture béante et descendit alors 10 volées d'escalier au pas de course. En bas, sous la terre, il déboucha dans une pièce immense, circulaire et déserte. Plusieurs portes blindés colossales s'y trouvaient : c'était là le but de sa mission.
A l'aide d'une console de poche, notre homme les déverrouilla une par une. Elles s'ouvraient sur d'énormes hangars où régnait le chaos : de nombreuses carcasses de vaisseaux sabotées et disloquées se trouvaient là. Pourtant, dans plusieurs d'entre eux, des vaisseaux trônaient, intacts. En se connectant au pupitre central de contrôle notre explorateur en fit un rapide calcul : 100 FA et 100 FM. Il enclencha immédiatement son communicateur :
- De Bouton d'Or à VML orbital...
- ...
Un sifflement lui répondit. Il modifia plusieurs réglages en appuyant sur différents boutons.
- De Bouton d'Or à VML orbital. A vous.
- ... ci VML ... çoit ... sur 5...
Il affina un peu plus les réglages en pianotant de nouveau sur sa console.
- De Bouton d'Or à VML orbital. Me recevez-vous ?
- Ici VML orbital. Nous vous recevons 5 sur 5. Parlez.
- Ai trouvé les hangars souterrains. Environ 200 frégates à récupérer. Nombreuses carcasses à recycler. Vous pouvez déclenchez la procédure. A vous.
- Bien reçu Bouton d'Or. Procédure en cours. Restez sur place. Terminé.
- Bien pris VML orbital. Terminé.
Plusieurs cargos pénétraient déjà l'atmosphère avec à leur bord pour les uns, des équipages prêts à prendre possession des vaisseaux, et pour les autres, des équipes mobiles de recyclage. Dans quelques heures, l'opération serait terminée et cette planète de nouveau laissée à son triste sort.



Épisode 6 : Galaxie 19 - Secteur 54 - le 24/03/anIII - Combats de retardement


1ère partie

Après avoir pris d'assaut 2 planètes et envahi quelques *NO, la flotte de guerre hantarienne avait quittée la G19. Cependant, le général LVOV avait décidé de rester sur place avec quelques vaisseaux qui permettraient de faire du volume pour retarder l'avance ennemie, ce qui laisserait le temps de bunkériser une planète en secteur 54.
Les forces qu'il avait conservées sur le secteur comprenaient principalement : 2500 chasseurs, 1200 intercepteurs, 500 prédateurs, 100 CLG, 100 CTM détachés de la flotte principale, auxquels il fallait ajouter 100 intercepteurs, 120 FA, 120 FM et 26 CRE récupérés sur place lors de différentes invasions. Il y avait également en soutien une centaine de récolteurs, une dizaine de cargos X, quelques jumpers, des vaisseaux tactiques et, surtout, 1 binôme VML + VMC. Les vaisseaux de guerre avaient été regroupés en orbite de la planète sur laquelle tout le système de production avait été rasé pour construire une défense dense et bien développée. Plusieurs chaînes produisaient d'ailleurs à une cadence élevée des droïdes de combat et des droïdes travailleurs qui, aussitôt fabriqués, étaient reprogrammés pour le combat.
Ce matin là, sur les radars du QG planétaire, l'alerte fût donnée : 2 flottes hostiles pénétraient le secteur. Le s54 avait déjà été sondé en entier par l'ennemi peu de temps auparavant. Celui-ci semblait avoir pris l'initiative de venir "chercher" les Hantariens. La tension monta d'un cran : la veille, une flottille alliée avait été détruite par une force comprenant 70 CRE et quelques frégates dans un secteur voisin. La 1ère flotte qui arrivait en s54 avait une signature sensiblement moindre mais provenait de la même nation... Hors, face à ces croiseurs, les Hantariens avaient beaucoup de légers et peu de CRE. Seul les frégates étaient en surnombre dans leurs rangs. En outre, avec 1 heure de décalage, une 2ème flotte ennemie arrivait au même endroit. À quoi pouvait-on s'attendre ?
Après un rapide conciliabule avec son EM, le général décida d'envoyer le gros de ses forces (sans les corvettes qu'il préféra laisser en réserve) à la rencontre de ces forces hostiles. Les Hantariens avaient peut être une chance mais ce serait dur, il y aurait sans doute de lourdes pertes dans leurs rangs. Pourtant le rôle des vaisseaux était de tenir et de contenir l'ennemi pour permettre à la planète de se renforcer le plus possible. Le général prit donc lui-même le commandement et, sans utiliser aucun brouilleur, il déploya bravement ses vaisseaux sur zone en se regroupant avec quelques vaisseaux alliés qui surveillaient la zone. Les Hantariens attendaient l'ennemi de pied ferme. Après tout, la meilleure défense n'est-elle pas l'attaque ? Il fallait donc essayer de conserver un minimum d'initiative pour avoir une chance de résister.
Lorsque la 1ère flottille arriva sur place, à ses premiers mouvements, un énorme soulagement parcourut les équipages hantariens : elle avait enclenchée le mode fuite car elle n'avait que des intercepteurs à leur opposer. A son poste de commandement, le général se retourna vers l'officier d'EM le plus proche et ordonna :
- Lancer l'attaque de tous les vaisseaux.
La bataille s'engagea alors, violente et meurtrière, ne laissant aucune chance de fuite à l'ennemi. Au bout de 9 séquences de combat, tout fût terminé. Bien que la chasse hantarienne ait souffert, elle n'avait pas plié.

Rapport de combat

Regroupant de nouveau les forces hantariennes, le général LVOV conserva la position. Ils avaient survécu au 1er choc, survivraient-ils au 2ème ? Dans 1 heure ils le sauraient.

2ème partie

Sur la passerelle blindée de la FM 07-10 c'était l'effervescence : les hommes étaient à leur poste et travaillaient sans relâche pour détruire les frégates ennemies. Leur chef, le capitaine Tatiana ZEJEWSK, restait impassible. Assise sur son siège de "pacha", elle contrôlait tout, ordonnant telle correction de tir ou telle changement de direction. Sa frégate faisait partie du groupe de FM n°07 de FM, lequel avait été désigné pour attaquer l'ennemi avec les groupes de FM n°01 à 10 et leurs homologues de FA.
Le combat s'était bien engagé et, dès l'arrivée de l'ennemi, la chasse s'était portée en avant comme à son habitude, harcelant les FM ennemies qui semblaient bien seules. Celle-ci ne faisait que peu de dégâts sur ces lourds vaisseaux ennemis mais par sa vélocité, elle permettait de dérouter leurs radars d'acquisition. Protégés par les FA, les FM se mirent donc à portée de tir pour décocher leurs flèches de mort. L'ennemi comprit très vite que c'étaient elles la menace principale. Alors, il se regroupa et faisant face courageusement à l'assaut hantarien, il concentra ses tirs de riposte sur elles. Cette riposte vigoureuse lui permettait également de se ménager une ligne de repli.
Malheureusement pour lui, il déchanta très vite car cette porte ouverte se referma bientôt : les CRE hantariens venaient de se démasquer et d'apparaître sur leurs arrières. Renforcés par 2 groupes de FA, 2 autres de FM et des FM alliées, ils déclenchèrent aussitôt le tir de leurs railguns lourds. Un bref instant, cela ne sembla pas troubler la formation adverse. Pourtant, la destruction brutale de plusieurs vaisseaux perturba son bel ordonnancement. Jusque là, elle avait fait face bravement mais, après un bref instant, elle se disloqua, chaque vaisseau essayant vainement d'échapper à l'étau hantarien qui se resserrait.
A bord de la FM 07-10, les tirs continuait sur les vaisseaux ennemis désemparaient car tels étaient les ordres. De son côté, la frégate n'avait subi que quelques dommages mais rien qui ne pouvait empêcher le tir de ses missiles « Strielka SMT » sur l'ennemi.
Bientôt il ne subsista plus que quelques FM ennemies et ce fut la curée. Après 13 séquences de combat le champ de bataille resta aux mains des Hantariens.

Rapport de combat

Les récolteurs hantariens arrivèrent sur zone pour récupérer les survivants et recycler ce qui pouvait l'être. La flotte hantarienne se regroupa de nouveau, comptabilisant ses pertes et détachant les vaisseaux les plus touchés vers la planète toute proche. Là bas, les usines de montage continuaient leur oeuvre : droïdes combattants et vaisseaux sortaient maintenant à flux tendu.
Pourtant, ces 2 victoires ne laissaient rien présager de bon pour les Hantariens. L'ennemi voulait pénétrer ce secteur et il y arriverait, d'une façon ou d'une autre. La lutte serait encore rude dans cette galaxie et les combats de retardement sans doute nombreux.

3ème partie - le 26/03/anIII - la lutte continue

Les communications étaient saturées. Cris, éclats de voix... C'est pratiquement impossible de capter quelque chose dans ce brouhaha infernal.
- Coupe les retours de communications générales mais conserve le contact avec l'escadrille et la patrouille.
Sans attendre la réponse de son droïde copilote, Slaine bascula en communication extérieur :
- De P-510 à tous les P-500, au rapport.
Les 3 prédateurs de sa patrouille répondirent à l'appel :
- Ici P-511, OK.
- P-512, OK.
- P-513, paré.
- A tous bien reçu, répondit Slaine. Je répète les consignes une dernière fois : restez groupés - ne vous occupez pas des autres. Notre mission : la protection des 2 frégates et rien d'autre. Passez à la vitesse 1500. Bonne chasse à tous. Terminé.
- Bien reçu. Terminé. Répondirent presque simultanément ses 3 subordonnés.
Elle poussa un peu plus la manette des gaz et les 3 autres en firent autant, rivés à son aile. Devant eux, les lueurs du combat se rapprochaient, ils allaient bientôt y prendre part mais ils n'avaient aucune crainte car ils se sentaient puissants : ils faisaient partie d'une masse compacte de 5 escadrilles de prédateurs, unités d'élite, qui se ruait au combat.
Après 2 jours de relative tranquillité, une nouvelle incursion ennemie avait été détectée le matin même et une partie des forces hantariennes avait été dépêchée sur zone pour la stopper.
Enfin ils arrivèrent à portée de tir. Le droïde copilote de Slaine repéra une formation hostile à attaquer. Il en communiqua l'identification et l'acquisition aux autres copilotes de la patrouille.
- De P-510 à tous les P-500, restez en formation. Verrouillez vos cibles. Feu à mon top... TOP !
Les tirs zébrèrent l'espace et vinrent s'écraser sur leurs cibles qui furent détruites.
Trop facile... Pensa Slaine puis elle ordonna :
- A tous. Ressource sur tribord à mon top. Restez en formation. Ne vous éloignez pas des frégates... TOP.
Comme à la parade, la patrouille vira d'un seul bloc pour garder en visuel les 2 frégates qu'elle était chargée de protéger. Cependant, ce beau mouvement fut interrompu par une communication qui parvint à Slaine.
- De VMC-K à P-510. Répondez P-510.
- Ici P-510, parlez VMC-K.
- Dirigez-vous vers le cadran 8.00.03. Mission : destruction des intercepteurs hostiles que vous rencontrerez. Confirmez.
- Bien reçu VMC-K. Cadran 8.00.03. Destruction intercepteurs qui s'y trouvent. Terminé.
- Bien reçu P-510. Terminé.
Slaine transmit aussitôt ses nouveaux ordres à la patrouille qui se dirigea donc vers le cadran indiqué. Ils n'étaient pas seul, toute l'escadrille "Biélahia Krilo" avait été dépêchée sur les lieux.
Là bas la mêlée était intense. De nombreux chasseurs hantariens avaient succombé et les patrouilles d'intercepteurs semblaient sur le point d'être submergées.
- De P-510 à tous les P-500. Tayau !
A ce cri, la patrouille verrouilla ses radars de poursuite sur les proies qui se trouvaient déjà à sa portée. Toute l'escadrille fit de même, déclenchant son tir presque aussitôt. De nombreuses proies furent détruites et ce renfort inattendu dérouta les survivantes quelques instants. Mais l'ennemi se ressaisit rapidement et le jeu du chat et de la souris s'engagea alors, les rôles s'inversant régulièrement selon les manoeuvres et les esquives que chacun faisait. Pourtant, inexorablement, face à la supériorité des prédateurs, le nombre des intercepteurs ennemis diminuait et, après 9 séquences de combat, ils furent enfin tous mis hors de combat. La patrouille des P-500 avait survécu sans subir aucune perte. Elle avait ajouté à son tableau de chasse 7 nouvelles victoires dont 2 attribuées à Slaine.
Les forces survivantes se regroupèrent et, une nouvelle fois, les récolteurs furent appelés sur zone pour récupérer les survivants et recycler les carcasses des vaisseaux détruits. Un répit était encore accordé au secteur 54 de la G19.

Rapport de combat

4ème partie - le 27/03/anIII - l'invasion commence

L'alarme sonnait, tonitruante. Depuis que les flottes ennemies étaient arrivées en orbite, elle sonnait ainsi sans interruption.
- Éteignez moi cette bordel à cul de putain de merde d'alarme de chiottes ! Hurla de lieutenant-colonel RENVOV dans la salle de contrôle de l'EM planétaire.
Un sous-officier, à l'aide de son clavier de contrôle, la coupa aussitôt et tous ceux présents dans la pièce poussèrent un soupir de soulagement.
Songeur, RENVOV, regarda l'écran radar qui donnait un visuel complet du secteur : plusieurs millions de flottes ennemies s'étaient regroupées la veille sur l'EV n°8, faisant fuir la maigre flottille hantarienne qui avait donc jumpé. Par conséquent, sans aucune défense extérieure, la planète allait tomber tôt ou tard, le but maintenant étant d'infliger le plus de pertes possibles à l'ennemi. Il faut dire que depuis plus de 10 jours, ils n'avaient pas chômé ici. La planètes avait été surdéveloppée pour cette dernière phase des combats : résister et infliger le plus de pertes possibles à l'envahisseur.
Cette planète, prise à l'ennemi, avait été complètement réorganisée et réaménagée structurellement. De plus, l'effectif d'environ 10 légions (tous les hommes étaient des volontaires, y compris le commandement) avaient été débarquées sur place pour former le noyau défensif. Leurs cadres et leurs effectifs avaient permis de former l'ossature de 50 phalanges de défense planétaire. La phalange... Cette structure pouvait paraître nouvelle mais, en réalité, elle avait le même effectif que la légion, la seule vraie différence étant qu'elle était constituée à 90% de droïdes. Ces phalanges avaient également été renforcées par d'anciens militaires ou guerriers habitant la planète, qui s'étaient présentés spontanément pour la défendre. Après tout, c'était leur pays.
À ses 50 phalanges s'ajoutait un nombre impressionnant de rangs de milice constitués principalement par l'amalgame de droïdes travailleurs fabriqués sur place et d'habitants qui s'étaient enrôlés comme volontaires.
Ce dernier point était nouveau pour les Hantariens qui n'avaient pas l'habitude de combattre mélangés à d'autres peuples.
Et puis... Et puis, le plus important dans tout ça était de savoir combien de temps ce mélange allait bien pouvoir tenir ? Telle était la question que tous se posait dans la salle de contrôle.
- Estimation de la force d'invasion ennemie ? Demanda RENVOV à son adjoint le plus proche.
- Aucune idée mon colonel... Sans doute l'effectif de 100 légions ou plus.
- Mouaip... Grommela le colonel pour toute réponse. On va bientôt être fixé. Regardez ! Là !
Il désigna sur l'écran radar des vaisseaux qui se détachaient de la masse qui faisait blocus en orbite.
- A vue de nez je dirais 100 barges... Il ne nous reste plus qu'à vendre chèrement notre peau. Messieurs, il est temps de descendre au bunker de commandement ! Poursuivit-il en se dirigeant vers l'ascenseur pour descendre d'un étage.
À l'extérieur, dans le ciel, les trainées d'entrée des barges dans l'atmosphère se dessinaient, comme des étoiles filantes. Sur terre, les troupes attendaient, prêtes à vendre chèrement leur vie.
Dans le bunker de commandement, après avoir été brièvement coupé du monde, un rapport parvint enfin au colonel :

------------------------- rapports de combat : -------------------------
** 1er assaut ennemi : 100000 hommes
pertes ennemies : 100000 hommes
pertes hantariennes : 50000 hommes des phalanges

** 2ème assaut ennemi : 44423 hommes
pertes ennemies : 44423 hommes
pertes hantariennes : 350 hommes des phalanges + 87446 hommes des milices.
------------------------- ------------------------- -------------------------

- Combien nous reste-il ? Questionna le colonel.
- Précisément 48368 hommes de miliciens mon colonel. Répondit un jeune lieutenant dans son dos.
- Bien... Plus aucune troupe de choc... Marmonna RENVOV. Messieurs, détruisez vos postes et le matériel stratégique. Où en sommes-nous de l'énergie et de la capacité de stockage ?
- Le tout est au plus bas mon colonel. Intervint un capitaine tout proche.
- OK... Nous remontons en surface. Messieurs, nous allons nous battre et mourrir. À LA MORT !
Dans un cri tous répondirent :
- A LA MORT !

5ème partie - le 28/03/anIII - Les derniers coups de feu

L'enfant posa la joue sur la crosse de l'arme, un MAKR-53, scrutant dans le viseur haute définition ce qu'il se passait jusqu'à 2000m de là. En haut de cette immense tour d'habitation, le tireur et son arme étaient invisibles de l'extérieur.
Dans cette pièce obscure aux murs ravagés, l'arme apparaissait démesurément grande à côté du jeune adolescent. Ce dernier l'avait calée au mieux sur son bipied, face à un trou qui se trouvait à la base du mur. Il était allongé sur le ventre, à son aise, couché sur une lourde fourrure trouvée dans un coin de la pièce. A ses côtés étaient posées d'énormes jumelles binoculaires qui lui permettaient, de son poste d'observation, de voir l'axe de progression de l'assaillant. Il attendait silencieux, immobile, comme déjà mort. Seul un léger tremblement de la main gauche indiquait qu'il était toujours vivant.
Devant lui, à 1000m, il distinguait l'un des derniers points de résistance qui subsistait encore. Il pouvait voir les défenseurs survivants qui repoussait encore et encore les vagues d'assaut, en particulier un arachnodroïde, dressé sur ses pattes face à l'ennemi. Sa soeur devait y être, là bas... Si loin de lui maintenant. Il n'arrivait pas à la voir parmi les murs et les gravats de ce qui restait de la position de défense.
Le tremblement de sa main s'accentua. Depuis le 2ème assaut il n'arrivait pas à s'en débarrasser. Il venait sans prévenir et repartait ensuite. Ça avait commencé lors du 2ème assaut... Le 2ème assaut... Un frisson parcourut son échine et le tremblement s'accentua. Le 2ème assaut... La terreur le submergea d'un coup et il perdit pied un bref instant. Puis, lentement, ce sentiment reflua, le ramenant brutalement à la réalité.
Dans son viseur il voyait distinctement un groupe ennemi qui contournait la position. La haine remplaça soudain la peur, irradiant tout son être. Le tremblement de la main gauche disparût aussitôt, lui permettant d'ajuster rapidement le réglage du MAKR-53. Puis, il empoigna plus fermement le garde-main de son arme et bloqua sa respiration, l'index droit déjà posé sur la détente il attendait le moment propice.
Un bref instant s'écoula... Il pressa la détente et l'arme tressauta légèrement. A 1200m de là, l'un des assaillants s'effondra sur lui même, le crâne percé de part en part par un projectile de 15mm. Les autres stoppèrent leur progression, se demandant d'où pouvait provenir ce tir. Le MAKR-53 s'était réarmé automatiquement, corrigeant les dérèglements provoqués par son mouvement lors du tir, prêt pour faire feu sur la même position. L'enfant corrigea pourtant légèrement ces réglages. Se faisant, il sourit brièvement...
Une image furtive venait de lui traverser l'esprit : il y a peu encore, il jouait avec sa soeur... C'était juste après la libération. Ces derniers temps avaient été heureux... Avant ça... Avant ! Avant c'était la peur, l'angoisse... La mort de son père déporté... La mort de ses frères à la guerre après l'enrôlement forcé... Et puis encore plus avant, les jours de bonheur, les parties de chasse avec son père et ses frères... La famille... Sa mère... Les veillée au coin du feu... Mais surtout les parties de chasse : tous avaient constaté alors qu'il était bon tireur...
Une secousse ébranla le bâtiment tout entier, le ramenant de nouveau à la réalité : ses pièges fonctionnaient dans les étages inférieurs, il lui restait encore un peu temps... Il sélectionna une nouvelle cible parmi le groupe qu'il avait choisi et pressa de nouveau la détente. Là bas, un autre corps tomba sur le sol. Un de plus qui n'approcherait pas sa soeur. Sa soeur...
Pour le point d'appui qui avait résisté jusque là, c'était la fin. Il était submergé. L'arachnodroïde était encore là mais il était réduit au silence et telle une statue des dieux anciens, il dressait ses membres désarticulés vers le ciel. Après un combat sans issu, les défenseurs avaient tous succombé.
Sa soeur... L'enfant repensa à elle. C'était elle qui avait eu l'idée de s'enrôler pour défendre leur planète. Il l'avait suivi. Leur mère avait bien protesté mais ils avaient tenu bon tous les deux, la persuadant de partir avec la petite dernière qui n'avait que 3 printemps. Elles avaient donc été évacuées par les Hantariens qui le proposaient à ceux qui le souhaitaient. Dorénavant ce serait les 2 seules représentantes de la famille, les seules survivantes...
Une secousse ébranla encore une fois la tour où il se trouvait. L'ennemi se rapprochait. Dans son viseur, l'enfant pouvait voir les couleurs ennemies claquer au vent sur le point d'appui réduit au silence. Il voyait même des hommes exhiber leurs trophées, en particulier une tête fraîchement coupée et d'une blondeur extrême... Cette blondeur... Ce ne pouvait être que celle de sa soeur... Il regarda plus précisément. C'était bien elle. Sa soeur... Elle aussi s'en était allée maintenant.
Sur cette planète lointaine de la G19, il restait donc le seul. Seul à combattre. Seul contre tous. Il pressa encore une fois la détente et celui qui brandissait la tête blonde s'affala sur lui-même, un projectif entre les 2 yeux.
Soudain, il se sentit vidé : il ne ressentait plus aucune émotion, seulement de la fatigue. De nouveau, le tremblement agita sa main gauche, remontant lentement le long de son bras. Résigné, il posa le front sur la crosse de son arme. Il attendait... Il attendait que l'ennemi atteigne enfin l'étage inférieur. Ils arrivaient, il les entendait maintenant. Ils se rapprochaient... Ils étaient là...
Une explosion ébranla les ruines de la cité : la principale tour d'habitation, tout du moins la plus haute, venait de partir en fumée. La planète était tombée. Prêt de 27000 assaillants étaient morts lors de ce 3ème et dernier assaut mené pour éradiquer la résistance opiniâtre qui avait subsisté jusque là.



Épisode 7 : Galaxie 29 - Secteur xx - Une cabine spacieuse à bord du VMC n°1 baptisé "Adine" - le 15/04/anIII - Fatigue


Zak entra dans la cabine. Il déboutonna sa vareuse et la jeta négligemment sur le vaste canapé qui occupait la longueur de la pièce. Il était fourbu. Avec cette nouvelle campagne en G29, les opérations battaient leur plein et il n'en pouvait plus. Devant son état d'épuisement physique et nerveux, le colonel HARTOP, soucieux, l'avait invité fermement à aller prendre du repos. Zak en avait convenu. Il s'était même laisser faire sans faire valoir son grade et son rang ce qui indiquait bien qu'il n'était pas comme d'habitude. Cela avait un peu surpris son état-major quand, sagement, il les avait salués avant de prendre le chemin pour rentrer dans ses quartiers.
Une fois dans la pièce, Zak se dirigea derrière le comptoir pour ouvrir le compartiment réfrigéré et il regarda à l'intérieur d'un oeil éteint. Rien ne lui faisait envi. Il n'avait même pas faim. Cependant son regard s'arrêta sur une canette de bière brune. Il s'en saisit et referma le compartiment. Nonchalant, il alla se planter devant la baie vitrée pour regarda la flotte en cours de regroupement. Il voyait les vaisseaux se déplacer, se regrouper par patrouille ou former de nouvelles unités. Il les regardait sans intérêt particulier mais plutôt comme un enfant qui vient de se réveiller et qui regarde, incrédule, sa mère préparer le petit déjeuner. Son cerveau était embrumé, complètement au ralenti. Il remarqua soudain qu'il tenait toujours sa canette à la main sans l'avoir décapsulée. Il sourit, saisit l'opercule et... pschitt ! Un peu de mousse s'échappa de l'ouverture ainsi créée.
Après avoir regarder une escadrille de prédateur qui se regroupait non loin de là, le général quitta son observatoire et alla s'affaler dans le canapé, saisissant au passage un bol d'arachides grillées qui trônait sur le comptoir tout proche. Une fois assis, il déposa la canette et le bol sur la table basse. Puis, après s'être enfourné une poignée d'arachides dans la bouche, il saisit un long verre et la bouteille de vodka qui étaient posés sur la table basse. Tout en mastiquant, il versa une bonne rasade de vodka dans le verre puis le rempota avec la bière brune selon sa méthode habituelle 1/3 vodka + 2/3 bière brune. Il déglutit pour porter le verre à ses lèvres et en boire une bonne gorgée. Le liquide descendit directement dans son estomac où Zak sentit aussitôt l'alcool faire son effet. Une douce torpeur l'envahit. Son esprit se mit à vagabonder, libre, calmé par l'alcool et la fatigue.
Il pensa à Slaine. La douce Slaine. Sa Douce... Son Amour... Il était heureux avec elle, même... Même si, et c'était le cas, ils ne se voyaient pas toujours aussi souvent qu'ils le souhaitaient. Il se répéta encore une fois que cette rencontre était la meilleure chose qui avait pu lui arriver dans la vie. Sans elle, il ne serait très certainement pas ce qu'il était à cet instant précis. Elle était sa force et sa faiblesse. Elle seule connaissait tous ces petits défauts. Elle seule connaissait ses points faibles... Elle était sa muse, sa raison de vivre. Puis, sans trop savoir pourquoi, ses pensées se firent plus intimes. Il pensa à son corps, à ses courbes, à sa peau... À leurs étreintes enflammées... À son rire... À sa fougue parfois et sa tendresse toujours...
Il sourit. Ses paupières avaient de plus en plus de mal à rester ouvertes. Il but encore une gorgée puis, ôtant ses bottes de pilote, il s'allongea sur le canapé en s'enroulant dans une couverture. Heureux, il s'endormit sereinement. Il était maintenant bien loin de tous les tracas que lui, général et chef suprême de la nation hantarienne, pouvait avoir.
A bord du VMC et dans toute la flotte, d'autres avaient pris le relai et, pour quelques heures, il n'était qu'un combattant fatigué qui devait se reposer.



Épisode 8 : Galaxie 29 - Secteur xx - le 21/04/anIII - Rapport hantarien sur les opérations en G29


- le 9/04/an III tard le soir : Arrivée en s58 sans grosse opposition.
- le 10/04/an III : Mouvement avec la nation Perturabo en s68 ; prise d'une planète -> la n°6.
- de 11/04/an III au 13/04/an III: Mouvement avec la nation Perturabo en s67, (incursion en s77 pour visuel radar) puis s66, s56 et s46. Très peu de résistance organisée. Nombreuses planètes MOD7 passées *NO et/ou colonisées pour récupération au sol (ressources principalement). Le soir du 13/04/an III, regroupement en s45.
- le 14/04/an III : Tôt dans la matinée, incursion en s45 d'une flotte hostile LOL qui détruit un allié prêt à envahir. Interception manquée d'environ 1 heure.
Dans la matinée, la nation Perturabo avec laquelle nous avions progressé de concert jusque là décide d'aller en s55. De notre côté, suite à l'incursion LOL en s45, nous décidons d'éclairer le s35 pour ne plus avoir de surprise désagréable. Sans doute ici le tournant de notre avenir dans la G29. Dans ce secteur, nous rencontrons une résistance plus dure que dans les autres :

Rapport de combat

Pourtant un radar ainsi qu'un brouilleur ont pu être déployés et la flotte hantarienne se dirige dans le secteur car une flotte ennemie s'y dirige également. La nation Ewok fraichement arrivée se joint à nous, suivi par d'autres ensuite. Quelques accrochages et combats dont voici les principaux :

Rapport de combat
Rapport de combat.
Rapport de combat.

Nous envahissons 1 planète (la n°3) que nous conservons et que nous développons pour produire de nouvelles légions et pour augmenter la couverture radar.
- le 15/04/an III, une partie de la flotte hantarienne se dirige en s34 en soutien d'invasion tandis que le gros de des forces se regroupe en s35 en attente des ordres du haut commandement. Au cours de la journée, ALERTE ! Une flotte hostile est en approche en 29.35.14. La flotte est dépêchée sur les lieux pour l'intercepter appuyée par un allié. Le soir :
Rapport de combat.
Face à cette incursion, il est décidé de pousser au maximum la couverture radar du secteur. En s34, prise de 2 planètes ennemies.
- le 16/04/an III, prise de 2 planètes ennemies en s46. En s35, un regroupement formidable des alliés s'opère pour recevoir l'ennemi. Il approche, la couverture radar du secteur atteint maintenant le niveau 24.
- le 17/04/an III, au matin, l'affaire est entendue : l'ennemi arrive en force et nous ne serons pas de taille. Il est décidé de refuser le combat et de se retirer.

Visuel d'arrivée

Au soir, la flotte hantarienne évacue la galaxie. Les planètes prises ont été ravagées puis abandonnées pour récupérer un maximum de ressources, de soldats et de travailleurs.

Résultat de la campagne :
-> + 3M de crédits en banque.
-> environ 1500 chasseurs et 5000 intercepteurs perdus (sans compter ceux qui ont été fabriqués sur place pour combler les pertes).
-> sur les 700k de soldats engagés, 150k ont pu être remis sur pied et évacués.
-> sur les 370k de travailleurs engagés environ 330k ont été évacués (leur formation en local a grandement comblé les vides).



Épisode 9 : Galaxie 33 - Secteur 57, centre d'entrainement n°3 - le 07/05/anIII - Incorporation


Dans son bureau fraichement remis à neuf, Nima, sanglée dans son uniforme de commandant, ajusta une dernière fois son ceinturon sur ses hanches. Elle jeta un coup d'oeil à sa silhouette dans le miroir qui trônait à côté de son bureau.
Ça ira, pensa-t-elle satisfaite. Pas besoin de chichi... Ce n'est pas un défilé de mode de toutes façons.
Cela avait mis du temps mais depuis peu elle arrivait enfin à se regarder dans une glace. Flavian y avait été pour beaucoup. Leurs retrouvailles dans un premier temps mais surtout la reprise de leur vie intime ensuite, avait permis à Nima de s'accepter comme lui l'acceptait : sans condition, tel qu'elle était. Ainsi, petit à petit, une certaine sérénité était revenue, lui faisant découvrir toutes les nouvelles capacités de son corps autres que la force brutale et l'insensibilité à la douleur qu'elle avait pu expérimenter maintes fois lors des combats.
Tout rentre dans l'ordre, se dit-elle en sortant du bureau.
L'adjudant-chef l'attendait dans le couloir, seul.
- Prête commandant ?
- Prête mon adjudant-chef. Puis elle poursuivit. Ils sont rassemblés ? Pas de problèmes jusqu'à maintenant ?
- Tout est OK. Ils sont à vous commandant.
- Bien ! Allons y.
Sur ces derniers mots Nima s'engagea dans le couloir suivie par l'adjudant-chef. Elle déboucha bientôt dans le hall du rez de chaussée du bâtiment qui s'ouvrait sur la place du rapport de l'unité. Sans s'arrêter, elle franchit les portes et arriva sur un perron duquel elle dominait la place. L'officier de semaine aboya aussitôt :
- Pour l'ensemble. Garde à vous !
Dans un même claquement les nouvelles recrues incorporées au 3ème rang se mirent au garde à vous. Regroupées par compagnie puis par section, elles formaient de petits groupe parfaitement alignés qui lui faisaient face. L'officier de semaine fit alors un demi tour et aboya de nouveau après l'avoir saluée :
- 3ème rang, nouvelles recrues à vos ordres commandant.
Nima le salua à son tour puis, sans attendre, elle descendit les quelques marches qui la séparaient encore de la place, pour prendre la place de l'officier qui, de son côté, rejoignait les rangs. Elle salua le front de troupe et ordonna d'une voix claire :
- Pour l'ensemble. À mon commandement. Repos.
La troupe s'exécuta dans un même mouvement. Nima, nonchalamment, la jaugeant du regarda. Elle scruta les visages de la 1ère rangée un par un. Tous avaient les yeux rivés sur elle.
C'était ce genre de chose qui parfois montait à la tête des officiers supérieurs : le pouvoir de commander à une masse d'hommes qui s'exécute sans broncher. Nima ne se sentait pas atteinte par ce phénomène. Elle savait rester lucide : commander n'était pas un pouvoir, c'était une responsabilité qui pouvait être lourde, surtout au combat.
Après ce bref silence, assez brutalement, elle commença son discours :
- Soldats, je ne suis pas là pour vous faire un long discours sur le patriotisme et le don de soi à la Nation. Pour moi, votre engagement suffit.
Je tiens pourtant à vous prévenir que le 3ème rang de la 17ème légion est une unité d'élite.
C'est pourquoi l'entrainement sera rude. Très rude même car les combats le sont plus encore. Ils le sont beaucoup plus que ce que vous avez vécu jusqu'à ce jour. Ils le sont également beaucoup plus que tout ce que vous pouvez imaginer du combat à proprement dit.
Ne vous imaginez pas trouver la gloire sans le sang et les larmes.
Ne vous imaginez jamais que tout se fait simplement sans sacrifice.
La vie des troupes d'assaut n'est pas une sinécure et j'espère que vous en avez bien conscience.
Ce sont les forces vives de la Nation mais elles en payent le prix, et le plus fort.
C'est pourquoi, avant que l'entrainement au combat ne commence demain, je tiens ici à vous donner une dernière opportunité pour revenir sur votre engagement.
Il vous reste une nuit : cette nuit.
Profitez en pour réfléchir. Réfléchissez sur votre engagement, sur votre avenir.
Dès demain matin, tous ceux qui le souhaiteront pourront passer au bureau de l'adjudant chef LEC ici présent et demander leur radiation de l'unité. Ensuite vous pourrez incorporer une autre unité ou une autre arme si vous le désirer ou même, pourquoi pas, retourner à la vie civile.
Vous avez votre avenir entre les mains. À vous de décider ce que vous souhaitez en faire.
Voilà. C'est tout ce que j'avais à vous dire.
Mais, se ravisant soudain, elle dit avec un léger sourire :
- Une dernière chose pourtant : bonne chance à tous et toutes et bienvenue au 3ème rang de la 17ème légion.
Elle toisa la troupe une nouvelle fois, essayant de jauger sa valeur après ce discours. Rien ne transparaissait des jeunes visages impassibles. Elle se tourna alors vers l'officier de semaine et dit simplement :
- Prenez la suite mon lieutenant. Ils sont à vous.
Droit comme un "I" il salua et aboya :
- A vos ordres commandant !
Elle remonta alors les marches pour retourner dans son bureau suivie comme son ombre par l'adjudant-chef LEC. Derrière elle, les aboiements de caserne avaient repris leur cours : la formation continuait et ne rencontrait aucune interruption inutile. Demain pour les recrues, les choses sérieuses commenceraient.



Épisode 10 : Galaxie 25 - Secteur 74 - le 11/05/anIII - Interception


Nous ne tiendrons pas...
Cette phrase ne cessait d'occuper les pensées de Tatiana. Dès leur arrivée sur zone, elle avait compris que l'affaire était entendue. Quatre haures auparavant un assaut audacieux en s74 avait était programmé pour essayer de poursuivre le travail déjà entreprit en s84 avec un combat victorieux gagné sur l'ennemi. Hélas il semblait que le vent avait tourné cette fois et ce mouvement, sans doute trop audacieux, avait était éventé. L'interception était donc inévitable. La fuite étant impossible, ordre avait été donné de résister jusqu'au dernier. C'était cet ordre qui faisait tenir Tatiana et l'empêchait de craquer : l'idée de se battre jusqu'au bout.
Surtout ne pas paniquer... Faire face... Montrer l'exemple à l'équipage...
Elle essayait de faire bonne contenance et l'équipage semblait la suivre comme un seul homme. Pourtant, malgré ce bel allant, Tatiana le constata sur ses radars : la ligne des croiseurs hantariens avait déjà été pulvérisée.
Piégés comme des rats... Comme des rats ! Fulminait-elle intérieurement.
- Capitaine ? L'interpella soudain un jeune lieutenant la voix tremblante.
- Oui mon lieutenant ? Répondit-elle impassible.
- Manoeuvre d'évasion ? L'interrogea-t-il presque suppliant.
- Manoeuvre d'évasion !!! S'emporta-t-elle. Et où ? Et comment ? Vous voulez que nous nous fassions hacher menu ou quoi ! Sans riposter !?
L'interrompant, plusieurs explosions ébranlèrent la FM.
- Moteurs HS, annonça laconique l'officier des propulsions.
Tatiana se détourna du lieutenant et demanda, à la cantonade.
- Et l'armement ? Où en est l'armement ?
- Pratiquement réduit à néant, répondit l'officier de tir.
Plusieurs alarmes incendie se déclenchèrent alors.
- La majorité des compartiments avant sont en flamme. Nous ne tiendrons plus très longtemps. Annonça l'officier en second. Je pense que nous devrions ordonner d'abandonner le vaisseau.
- Vous croyez... Ça en vaut encore la peine !? Demanda Tatiana un peu décontenancée par cette demande.
- Je le pense capitaine... Espérons la clémence de nos vainqueurs.
Elle réfléchit un bref instant puis répondit :
- Faites comme bon vous semble, sauvez ce qui peut l'être. Pour ma part je reste à bord.
L'alarme de détresse ainsi que celle d'évacuation furent aussitôt actionnées, demandant aux survivants d'abandonner leur poste pour rejoindre les capsules d'évacuations.
- Tous aux capsules ! Ordonna le second au personnel qui était encore sur la passerelle.
Espérons qu'il en reste quelques unes, pensa Tatiana.
Elle était triste et abattue. Autour d'elle, la passerelle était maintenant vide et déserte.
C'est donc comme cela que je vais finir ? Se demanda-t-elle.
Elle n'avait pas remarqué que son second était encore là :
- Venez capitaine. Vous n'avez-plus rien à faire ici. Votre sacrifice ne servira à rien...
Il n'eut pas le temps de finir : une explosion venait de pulvériser l'avant du vaisseau, soufflant du même coup l'intérieur de la passerelle...

Rapport de combat



Épisode 11 : Galaxie 25 - Secteur 74 - Capsule de survie


-------------- J+0 (le 11/05/anIII):

- Elle va mieux mon lieutenant ?
Le lieutenant en 1er Jeff HUSKOFF, perdu dans ses pensées, releva la tête. Il fixa le sergent-chef qui venait de l'interpeler et répondit :
- Elle est toujours inconsciente. Il vaut mieux d'ailleurs. Je ne lui souhaite pas de reprendre ses esprits avec une hanche brisée, l'épaule démise et toutes les contusions qu'elle a.
Brutalement les images du matin lui revinrent en mémoire. L'explosion à l'avant de la FM les avaient littéralement propulsés à travers la passerelle. Après, il se souvenait d'avoir eu juste le temps de trainer le corps du capitaine Tatiana JEWELSK et d'avoir rejoint la capsule encore intacte à l'arrière de la passerelle. Là, il avait retrouvé 2 sous-officiers de passerelle. Aussitôt la porte verrouillée, le sergent-chef Séb NEIDER avait actionné la procédure de largage et la capsule avait été expulsée violemment de la FM qui, en rupture de stabilisateur, commençait à tournoyer sur elle même. Jeff, lui, s'en était sorti avec une simple plaie au front. Les 2 autres, eux, étaient indemnes. Il n'y avait donc que le capitaine qui était gravement blessé.
- Et sinon, qu'allons nous faire ? L'interrogea à nouveau le sergent-chef.
- Nous attendons. Si nous sommes fait prisonniers tant pis... Sinon un signal de détresse automatique a dû être envoyé, espérons que des amis pourront nous récupérer, dit-il sans grande conviction. Mais pour le moment, essayez de prendre contact avec d'autres rescapés, poursuivit-il.
- Reçu mon lieutenant, répondit le sergent-chef.
Puis il se retourna vers son collègue et lui dit :
- Séb ! Ça donne quoi les transmissions ?
L'autre afférait à manipuler différents boutons du communicateur embarqué, grommela par dessus son épaule :
- Pas grand chose Mike... Beaucoup de communications ennemies... Plus aucune de nos vaisseaux et rien en longue portée.
- Ok. Continue quand même...

-------------- J+1

Le jour passait. Calme. Seul le ballet des récolteurs ennemis dans l'immense champ de ruine rompait la monotonie. Ils avaient réussis à établir le contact avec une dizaine de capsules identiques à la leur mais ils ne pouvaient rien faire d'autre que d'attendre. Par ailleurs, ils étaient plutôt à l'aise dans cette capsule car elle pouvait accueillir jusqu'à 10 personnes. Chacun avait donc aménagé un coin à lui : Séb près des transmissions, Mike près des réserves de nourriture et Jeff près du capitaine qui avait déposé au mieux sur la couchette médicalisée. Jeff avait décidé de s'occuper d'elle grâce aux faibles connaissances médicales qui lui restaient de ses études universitaires. De temps à autre, Mike venait aux nouvelles, posant toujours la même question :
- Toujours inconsciente ?
Et le lieutenant répondait invariablement :
- Oui. Toujours...
Et chacun de pensait en son fort intérieur :
Allait-elle survivre ?

-------------- J+6

6 jours s'étaient écoulés. Des quelques contacts qu'ils avaient eu avec d'autres capsules seul 2 ou 3 subsistaient.
Les 3 hommes se demandaient bien ce que les autres étaient devenues. Fait prisonnier ? Panne de transmission ? Ou pire encore... Broyées avec leurs occupants dans les mâchoires des récolteurs ennemis ? Ces derniers travaillaient toujours, réduisant inlassablement l'immense champ de ruine initial.
Une sourde tension s'était donc installée, chacun s'occupant comme il pouvait. La principale activité était de manger la maigre portion qu'il recevait chaque jour. Les stocks étaient presque vides, seul une grosse bombonne d'eau leur laissait encore l'espoir de tenir. Attendre. Toujours attendre...
Et puis, dans la 20ème heure, Jeff entendit une plainte : Tatiana avait enfin repris connaissance. Les soins avaient été très succincts jusque là : ils avaient principalement consisté à immobiliser les membres meurtris. Il s'en était pas mal sorti et, bien qu'un énorme hématome soit apparu sur la hanche brisée, il avait réussi à ralentir l'infection. Mais depuis le matin la fièvre avait augmentée amenant le réveil de la blessée. Maintenant, elle délirait, prononçant un flot de mots incompréhensibles entrecoupés par de longs gémissements. Au bout de quelques minutes c'était devenu insupportable. Les nerfs à fleur de peau, Jeff fit une injection assez forte de morphine qui eut pour effet de faire sombrer Tatiana dans une semi-conscience agitée mais sans cri.
Les prochaines heures risquaient d'être longues et bientôt, très certainement, ils ne seraient plus que trois dans la capsule.

-------------- J+7 (le 18/05/an III)

Un lourd bruit réveilla en sursaut les 3 hommes. Quelque chose venait de s'arrimer au sas de la capsule et commençait à déverrouiller la porte. Inquiets, les 3 compagnons d'infortune saisirent leurs armes de poing. Ils ne pourraient pas résister bien longtemps mais que pouvaient-ils bien faire d'autre. La porte s'ouvrit enfin et une silhouette menaçante apparut. Jeff, prêt à faire feu, suspendit son geste. La silhouette venait de lever les mains en l'air qu'elle agita ensuite dans tous les sens. Surpris les 3 hommes se regardèrent. Puis lentement, les mains s'abaissèrent sur le casque de protection qui masquait le visage. Elle l'enlevèrent et apparu alors un visage souriant, les yeux pétillants :
- Je suis Hantarien ! Caporal Aliocha RENVOV, unité de secours à bord du recycleur 251. Je fais parti de la flotte Katioucha22 envoyée à votre secours. Vous êtes saufs. L'ennemi est parti depuis quelques heures.
Un énorme poids s'envola alors des épaules de nos 3 survivants. Il étaient saufs ! Sauvés par les leurs. Se levant, ils embrassèrent alors le caporal, le serrant chaleureusement entre leurs bras. Mais, revenant soudain à la réalité, Jeff interpella le caporal :
- Nous avons ici une blessée grave qui a besoin immédiatement de soins. Une grosse infection s'est déclenchée... La hanche est brisée et...
- Bien reçu mon lieutenant, répondit le caporal.
Se retournant, il appela 2 de ses camarades équipés d'une coquille de transport. Ils étaient accompagnés d'un officier médecin qui, après un rapide examen, ordonna d'emmener Tatiana immédiatement à bord du recycleur.
Autour d'eux, la flotte Katioucha22 recyclait les derniers débris laissés là par l'ennemi. Dans les derniers restes de la flotte KatiouchaA, seul une cinquantaine d'Hantariens furent ainsi récupérés. Le reste avait disparu : mort pour la plupart et prisonniers pour les autres.



Épisode 12 : Galaxie 33 - le 12/05/anIII - Les mauvaises nouvelles arrivent vite


Secteur 57, centre d'entrainement n°3 - La lettre

Dans son bureau, Nima était figée. Après s'être levée, elle avait reculé jusqu'à ce que son dos butte contre la fenêtre l'empêchant de reculer encore. Ses yeux aggrandis par l'effroi, elle contemplait l'enveloppe cachetée que le vaguemestre lui avait apportée à l'instant. Aussitôt entré, il l'avait salué brièvement, fuyant son regard et, après avoir déposé le pli sur le bureau, était sorti rapidement sans demander son reste. Dans un premier temps, elle n'avait pas compris.
Pourquoi cette lettre ? Tout le monde sait bien ce que cela veut dire !? Alors pourquoi ? Se demandait-elle incrédule.
Une lettre... C'était une vieille résurgence des temps passés que l'armée avait conservée. Elle l'avait conservée pour annoncer les mauvaises nouvelles : sans être vraiment humaine, cette méthode était moins abrupte qu'un message holographique ou qu'un mail. Une telle annonce était de toutes façons toujours brutale pour les proches. Au final, l'armée en avait conclu que c'était sans doute la solution la moins pire et elle avait conservé ce mode de fonctionnement.
Nima savait donc au plus profond d'elle-même ce que la lettre signifiait : la mort de Flavian. Brutalement, elle s'était levée, renversant le fauteuil, puis elle avait reculé jusqu'à la fenêtre les yeux remplis de terreur. Arrivée là, bloquée comme un animal aux abois, son coeur s'était mis à cogner dans sa poitrine et son estomac s'était crispé.
Non... Non ! Non ! Non... Pas ça... Non ! Pas lui ! Pas lui ! Se répétait-elle en boucle.
Au bout de quelques minutes, elle réussit pourtant à se calmer. Se faisant violence, elle se rapprocha du bureau sans vraiment regarder où elle allait. Dans un état second, elle ne s'arrêta que lorsque ses cuisses buttèrent sur le rebord du bureau. Elle tendit alors la main et saisit le pli qui portait son nom : commandant Nima BLUTCH du clan BLUTCH - 17ème légion - 3ème rang. Comme un automate, elle décacheta l'enveloppe et saisit la feuille qui s'y trouvait. Elle la déplia. Les mains tremblantes, ses yeux parcoururent les lignes dans tous les sens, sans rien y comprendre, comme si son cerveau était déconnecté. Elle respira profondément, réfrénant une irrésistible envie de pleurer. Au bout d'un temps, elle réussit à se concentrer et déchiffra finalement :
"Madame,
Sommes au regret de vous annoncer que M. Flavian BLUTCH du clan GLUMA, capitaine officier de tir à bord du croiseur d'élite « Molnya », est tombé mortellement lors du combat perpétré en secteur 74 de la galaxie 25. A fait preuve d'une remarquable énergie et du plus grand courage. Est mort le 11/05/an III. Cité à l'ordre de la flotte. Promu officier de l'Étoile du Sud.
Acceptez toutes nos condoléances,
État-major des Armées - Grand Quartier Général"
Ses yeux restaient rivés sur la lettre. Elle n'émit aucun cri mais les larmes commencèrent enfin à lui couler sur les joues. Instinctivement, elle porta une main à son ventre.
Je n'ai même pas pu lui annoncer... Se dit-elle soudainement. Il aurait été tellement heureux et fier... Tellement...
Elle l'avait appris la veille. Ce même jour où Flavian était mort. Après plusieurs jours de retard elle avait été voir l'officier médecin du 3ème rang qui lui avait confirmé ce qu'elle présentait : cela faisait 2 mois qu'un petit être se développait en elle.
Tu ne connaîtras jamais ton père... Pensa-t-elle désemparée en se caressant le ventre doucement.
Ses larmes redoublèrent lorsqu'elle pensa aux jours heureux qu'ils avaient passé ensemble depuis leurs retrouvailles récentes. Tout avait été si vite et semblait si loin maintenant...
Tenant toujours la lettre, elle se dirigea vers la fenêtre et regarda à l'extérieur. Dehors, sur la place du rapport, les sous-officiers menaient la vie dure aux jeunes recrues. Bientôt, eux aussi iraient combattre et mourir.

Secteur xx, Le Massive Attack - La résolution

Depuis la veille May était effondrée. Elle avait appris comme tout le monde par les infos que la flotte principale KatiouchaA avait été réduite à néant. Une grande tristesse s'était abattue sur toute la nation qui pleurait ses morts. May aussi pleurait. Elle pleurait Tatiana qui en faisait partie. Elle pleurait cet amour si récent qu'elle venait de perdre. Inconsolable, elle avait dû avaler tout un tube de somnifère pour arriver à trouver un sommeil agité. Des visions de vaisseaux détruits et de corps déchiquetés l'avaient harcelée pendant cette courte nuit. Mais, dans toute cette désolation, elle voyait Tatiana vivante, très pâle mais vivante. Il faut dire qu'elle avait toujours eu un don pour ce genre de chose : une clairvoyance que toutes les femmes de sa famille possédaient et qu'elle semblaient se transmettre depuis des générations.
Au matin elle s'était levée aux aurores, résolue. Ses visions ne l'avaient jamais trahie et il y avait une lueur d'espoir. Malheureusement, n'ayant aucun statut officiel vis à vis de Tatiana, elle n'aurait jamais aucune information sur le sort de celle-ci. Il fallait aller chercher les informations à la source. C'est pourquoi elle avait décidé de s'engager de nouveau dans la flotte car c'était le seul moyen d'en obtenir. Ce matin là, donc, elle avait laissé le Massive Attack aux bons soins de son frère Thong pour se présenter au centre de mobilisation-recrutement le plus proche et, munie de son brevet de capitaine de réserve, elle avait demandé à être incorporée immédiatement.
La pénurie de personnel était si grande qu'elle avait été prise immédiatement avec le grade de lieutenant en 1er. Aussitôt après, elle s'était retrouvée dans les bâtiments d'instruction avec une centaine de réservistes comme elle. Pendant 2 jours, ils avaient subi une remise à niveau complète de leurs compétences et de leur instruction militaire. Puis, après cette formation dense, du jour au lendemain ils s'étaient tous retrouvés sur le quai d'embarquement de la station orbitale pour un jump vers la G25. D'autres personnels nouvellement formés s'étaient joints à eux et c'est plus de 40000 personnels d'équipages accompagnés par 250 légions et 160 groupes de production qui avaient jumpé.
Les 2 jours de trajet avaient encore été mis à profit pour continuer leur formation. C'est là que May avait appris qu'elle serait affectée à bord d'une FM.
L'arrivée en G25 se fit sans encombre et May put rejoindre son affectation définitive comme officier de passerelle à bord d'une FM.
De là elle put enfin se renseigner et récupérer des informations concernant la destruction de la flotte KatiouchaA. C'est également là qu'elle apprit qu'une mission de la dernière chance allait être entreprise pour tenter de récupérer des survivants.
Sa FM faisait partie de cette mission. La lueur d'espoir qui ne la quittait plus depuis la nuit agitée du 11 au 12 commença à briller un peu plus fort.



Épisode 13 : Galaxie 25 - le 28/05/anIII - Nettoyage


Le général LVOV comtemplait le rapport de combat qui venait de tomber à l'instant :

Rapport de combat

Enfin ! Se dit-il. Cela faisait plusieurs jours que nous faisons la chasse à cette flottille. Il était temps.
Il fouilla dans les fichiers récents et afficha à l'écran un rapport plus ancien :

Rapport de combat

Il regarda ce rapport longuement.

Encore une perte. Soupira-t-il. Moins grave que celle du 11 mais quand même...
Ces derniers jours, il s'était beaucoup remis en cause concernant ses capacités de commandement et son avenir à la tête de la Nation. Bien sûr, ça n'était pas la 1ère fois que des flottes étaient perdues sous son commandement et sans doute pas la dernière mais à chaque fois c'était dur à encaisser.
Il se leva brutalement de son siège et alla se planter face à la baie vitrée du bureau qu'il occupait à bord du VML principal de la flotte de guerre reconstituée. A l'extérieur, les vaisseaux se regroupaient, formant de nouvelles flottilles qui iraient chasser l'ennemi sur les bordures de la G25.
Le nettoyage... C'était ça que les Hantariens faisaient depuis 2 mois maintenant. De plus en plus, LVOV pensait que c'était dans ce domaine que les Hantariens excellaient et non dans les gros chocs de mégas flottes que de toutes façons ils ne possèderaient jamais. Ainsi, comme leurs ancêtres des temps passés, les Hantariens ne se sentaient vraiment à l'aise que dans les actions le harcèlement, les coups de main et les invasions rapides. Derrière eux rien ne restait : tout été détruit méthodiquement et recyclé le plus possible pour empêcher l'adversaire de venir se réinstaller. Cela leur occasionnerait certainement quelques revers encore et très certainement une réputation peu reluisante de "pilleurs" mais telle était le domaine dans lequel ils avaient une aisance naturelle et un savoir faire indéniable.
En G25, plusieurs planètes avaient déjà été prises puis démantelées et la formation des légions se faisait de nouveau à plein régime. A l'extérieur, il distingua d'ailleurs 2 navettes rapides qui venaient, avec 60 nouvelles légions, combler les pertes des dernières invasions.
- Les légions... Mordiou ! S'exclama-t-il à haute voix. J'ai une remise de décoration aujourd'hui !
Il retourna à son bureau sur lequel se trouvait un long coffret de bois précieux. Il en effleura le couvercle qui s'ouvrit, démasquant un alignement de médailles plus ou moins colorées et chatoyantes. Il toucha du bout des doigts la première qui était la plus haute distinction militaire hantarienne : l'Étoile du Sud. Il y en avait 10 comme celle là. Il allait les remettre à titre posthume pour ceux tombés dans l'affaire du 11. Sous cette première étoile, une petite plaque était gravée : "capitaine Flavian BLUTCH du clan GLUMA, officier de tir sur CRE". Il prit l'étoile dans sa main et la contempla. Il se souvenait de cette officier, un ancien comme malheureusement il n'en existait plus beaucoup maintenant... Il avait une épouse, officier dans les légions. C'était elle qui recevrait cette décoration.
Il resta pensif, regardant cette étoile toute simple et son ruban bleu sombre. Puis, il la rangea précautionneusement et referma le coffret : il fallait qu'il se prépara pour cette cérémonie.
Ensuite, encore une fois, il faudrait continuer la lutte comme les Hantariens l'avaient toujours fait.



Épisode 14 : Galaxie 25 - Secteur 89 - le 18/06/anIII - Quelques nouvelles


- Et sinon, ça va toi ?
C'était au moins la 6ème fois que Tatiana lui posait la question et May répondait à chaque fois :
- Oui tout va bien. Aussi bien que l'on peut aller en zone de combats. Ne t'inquiètes pas. Le plus important c'est toi. Il faut que tu te remettes sur pieds.
May n'en revenait pas de voir Tatiana sur l'écran holographique. Bien sûr elle n'était pas très vaillante et il lui faudrait encore de nombreuses séances de rééducation pour qu'elle soit complètement rétablie mais elle était debout et c'était bien ça qui comptait. Tatiana vivante c'était le principal. Depuis cette journée du 11, il s'en était passé pour May : réengagement, jump en G25, combats... beaucoup de combats. Mais le plus important était d'avoir retrouvé Tatiana. A côté de ces retrouivailles, le reste lui semblait bien anodin maintenant. Elle ne se lassait pas de regarder le visage de sa compagne. Tatiana était tellement belle, d'une beauté sobre et sans artifice, avec cette étincelle flamboyante dans le regard qui effaçait la dureté de son visage souvent impassible. Pourtant, lorsqu'elle souriait, c'était comme si elle se transfigurait. Quand May voyait Tatiana sourire, plus rien n'existait autour d'elles.
Au même moment le klaxon d'alerte retentit dans sa cabine et un message s'afficha à la place du visage de sa bien-aimée :
"COMMUNICATION INTERROMPUE - ENNEMI EN APPROCHE - AUX POSTES DE COMBAT"
Attrapant sa vareuse au passage, May se rua à l'extérieur. Elle devait rejoindre au plus vite la passerelle de commandement de la FM 15-5.
Celle-ci faisait partie d'une flotte de combat dépêchée en secteur bordure de la G25 pour nettoyer les forces ennemies qui avaient pu s'y réfugier voir même s'y implanter par petits jumps successifs. Cette flotte, la "Katioucha 33", était composé de 2 VM et de 10 flottilles mixtes de frégates et était commandée par le colonel Ivan HARTOP qui connaissait parfaitement son sujet.
Arrivée sur la passerelle, le capitaine Jeff HUSKOFF, nouvellement promu, l'interpella :
- Ah ! Officier en second nous n'attendions plus que vous ! L'ennemi vient d'être repéré et nous allons bientôt lui accorder une "danse".
Avant qu'elle ne puisse répondre, il prit l'intercomm et annonça :
- À tout l'équipage. Aux postes de combat... Pour la Nation !
Ce vieux cri de guerre réapparaissait de plus en plus ces derniers temps à bord des vaisseaux. Comme si les Hantariens retrouvaient leurs racines sur cet univers.
Après quelques minutes de préparation, les 2 flottes furent à portée de tir et le combat s'engagea, implacable. L'adversaire n'avait que peu de chance de s'en sortir :

Rapport de combat

Au bout de 10 séquences le combat fut terminé faute de combattants. Les Hantariens en étaient sortis vainqueurs. À bord de la FM 15-5, après avoir effectué les vérifications nécessaires qui incombaient à sa fonction, May était impatiente : il lui tardait de retourner dans sa cabine pour continuer la conversion commencée avec Tatiana.



Épisode 15 : Univers inconnu - le 15/07/anIII - Exploration


Propulseurs coupés, le vaisseau fendait l'espace. Destination : inconnue. A bord, la majorité des occupants avaient été triés sur le volet. C'était même la crême de la crême. La plupart était en stase dans des caissons individuels, seul quelques techniciens et navigateurs veillaient au bon fonctionnement du vaisseau. Galina MALIOUKA en faisait partie. C'était elle la représentante du Grand Conseil ici et elle avait décidé de rester en éveil pour suivre le périple de cette arche solitaire. Elle était fière car son idée de voyage d'exploration avait été reprise et acceptée par le Grand Conseil.
Depuis la réunion et le vote du 02/03/an III, elle n'avait pas chômé. Préparation, organisation, recrutement... Les directives initiales du Grand Conseil étaient précises et claires mais c'était quand même une tâche colossale qui s'était dressée devant elle. Pourtant, tenace, elle s'était accrochée. Petit à petit, ce qui semblait insurmontable au départ avait été fait. Avec son équipe, plusieurs milliers de dossiers avaient été étudiés et plusieurs centaines d'entretiens réalisés. L'équipage avait ainsi été formé. En parallèle, une équipe des chaînes de production spatiale hantarienne avait élaboré, toujours sous sa direction, un énorme vaisseau de colonisation capable de voyager pendant plusieurs années. Tout y avait était prévu et le moindre espace libre était occupé. Cette arche gigantesque permettrait à son équipage, quoique réduit, de commencer dans un autre lieu une nouvelle vie.
Galiana en était convaincu, ce vaisseau découvrirait un nouvel eden pour la nation hantarienne et d'autres suivraient ensuite pour les rejoindre.
- Une nouvelle vie. Ailleurs... Murmura-t-elle pour elle-même.
C'était l'espoir et l'envie de découvrir qui fendait l'espace avec ce vaisseau.



Épisode 16 : Galaxie 11 - le 30/07/anIII - Affrontements avec d'anciens amis


La G11... Le Chaos y avait débarqué en nombre et, cette fois encore, les Hantariens en faisaient partis. Comme à leur habitude, besogneux, ils s'étaient attelés à la tâche. Les planètes étaient prises, une à une. Les pertes s'accumulaient mais elles étaient vite remplacées par les chaînes de production installées sur place.
Nima était sur place mais elle ne participait plus aux combats. "Son état" (elle avait horreur de ce terme qui lui donnait l'impression de ne plus être comme tout le monde) ne le lui permettait plus. Elle avait donc demandé à organiser le recrutement et la formation des nouveaux enrôlés ainsi que la réception et le dispatching des renforts. Les légions hantariens changeaient encore ces derniers temps : dorénavant c'était plus de 85% des combattants qui étaient droïdes. De plus, elle était satisfaite car la 17ème légion ne participait pas aux invasions. Elle avait été bloquée pour défendre la planète où, jours et nuits, des légions étaient formées sur place.
Les Hantariens avaient retrouvé d'anciens amis et alliés d'une époque bien lointaine. Maintenant ils les affrontaient sans état d'âme mais avec un léger pincement au coeur. L'amitié entre combattant restait toujours vivement même après un changement d'alliance. En particulier les combats contre la nation Gzz... Grandazz ! L'ancien de la FDE. Le dirigeant de la PAF, alliance qui avait accueilli les Hantariens à une époque. Une autre époque...
Slaine avait participé à plusieurs combats contre cette nation. Elle n'en avait retiré aucun plaisir. Elle avait juste fait son job de pilote. Simplement.
De même les quelques affrontement d'importance contre les alliances SHOG et HOG lui avaient laissé un goût amer dans la bouche :

Rapport de combat
Rapport de combat
Rapport de combat

Elle en avait parlé à Zak un soir qu'il s'était retrouvé, entre 2 missions. Il avait légèrement haussé les épaules et détourné son regard sans répondre. Cela avait jeté un voile de mélancolie sur cette soirée et, pensif, il n'avait plus rien dit de la soirée, se contentant de lui caresser les cheveux alors qu'elle somnolait sur son épaule. L'allégeance envers une alliance était sacrée pour les Hantariens même si elle rompait de vieilles amitiés.
Le nettoyage s'était donc poursuivit, implacable, et bientôt la G11 serait aux mains des alliances du Chaos.



Épisode 17 : Galaxie 30 - Secteur 44 - le 09/09/anIV - Jusqu'au bout


Les opérations en G30 étaient rondement menées. Sans état d'âme, les Hantariens avaient envahi de nombreuses planètes LOL que beaucoup appelaient d'ailleurs "l'ennemi héréditaire". Il faut dire que cela faisait bien longtemps que les Hantariens les combattaient... Cette galaxie semblait bientôt devoir tomber elle aussi sous le joug du Chaos.
Pourtant un retour offensif de l'ennemi s'était produit et, de façon méthodique, obéissant aux ordres, les Hantariens avaient reculé, suivant le mouvement général du Chaos qui telle une vague sur la plage, refluait en ordre. Les Hantariens avaient donc détruits et ravagés les possessions prises appliquant leur vieille habitude de la terre brulée. Toutes ces planètes avaient même été abandonnées bien avant leur reprise par l'ennemi.
Une seule avait été conservée : la 30.44.7. C'était celle qui avait, initialement, été choisie pour produire les légions dans cette galaxie. Devant l'avance ennemie qui s'était ralentie, elle avait pu être bunkérisée. Quand l'ennemi voulut la reprendre, nombre de ses soldats tombèrent.
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La "30.44.7" subissait un nouvel et ultime assaut. Les hordes ennemies continuaient à se déverser inlassablement, heure après heure. Les unités de combat hantariennes étaient maintenant disséminées, formant de solides ilots de résistance autour de plusieurs points stratégiques.
L'usine "Octobre Rouge" était devenu l'un d'entre eux. Elle avait été le fleuron des usines de production de droïdes de combat et n'était plus que l'ombre d'elle-même. Partout murs éventrés, gravats, poutrelles tordues, débris calcinés, cadavres... La désolation et la ruine y régnaient en maitre. Cependant, une unité continuait de s'y battre farouchement : le commando Reivalioutsya. Ce commando bénéficiait de renforts non négligeables car, bien qu'aucune équipe technique ne soit présente, 2 chaines de production souterraines fonctionnaient toujours et permettaient ainsi de combler partiellement les pertes du commando en droïdes de combat. Mais, tous le savaient, la fin était proche. Depuis le matin c'était la 14ème offensive générale que la planète subissait. Pour le commando Reivalioutsya les renforts reçus ne suffiraient pas : il allait plier sous le nombre.
Songeur, l'adjudant Vadim MEDVEDH, contemplait les quelques humains qui l'entouraient. Ils n'étaient plus que 10 "biologiques" comme l'armée aimait à les appeler maintenant sur les 120 combattants qui constituaient encore le commando. Au début, avant le premier assaut, ils étaient 80 biologiques sur 250 combattants. C'était lui, l'adjudant, qui commandait la troupe dorénavant. Les officiers étaient morts le matin, dès la 1ère offensive. C'était également lui qui avait décidé de se retrancher dans l'usine "Octobre Rouge" pour survivre et résister, et jusqu'à maintenant cela avait fonctionné.
Saisissant ces jumelles de précision, il scruta les alentours et en particulier l'énorme trouée du mur d'enceinte par laquelle l'ennemi ne manquerait pas d'arriver. Les alentours de l'usine étaient tellement ravagés qu'il ne restait plus que cet axe pour y pénétrer. Ses jumelles s'arrêtèrent un instant sur les cadavres qui couvraient cette zone. Les uniformes ennemis y étaient en nombre mais on distinguait aussi des civils... Lors du 1er assaut, un grand nombre de civils, voulant se réfugier dans l'usine, s'était trouvé piégé entre la ligne de feu du commando et la ligne de progression ennemie. Il avait fallu "tirer dans le tas" pour stopper l'infiltration ennemie. L'adjudant frissonna : plusieurs images du carnage venait de traverser ses pensées. Il secoua la tête et, sans y faire attention, grommela à haute voix :
- Tu me fais quoi là ? C'est pas l'moment d'flancher...
Surpris, un jeune milicien qui se trouvait à côté de lui rétorqua comme piqué au vif :
- Je ne flanche pas !
Surpris à son tour, l'adjudant rétorqua rudement :
- C'est pas à toi que j'cause.
Vexé, le milicien se renfrogna scrutant la trouée à son tour. Il savait qu'il ne valait mieux pas essayer de discuter avec son supérieur. Pour Vadim, cependant, cela avait eu l'avantage de le détourner de ses pensées tourmentées. Il regarda du coin de l'oeil ce jeune milicien qui ressemblait plus à un étudiant échappé de la faculté qu'à un combattant qui depuis ce jour tuait comme il ne l'avait jamais fait et ne le ferait jamais plus très bientôt.
Derrière eux, Vadim avait positionné 2 arachnodroïdes : 1 "mitrailleur", équipé de 8 machinguns de 20mm et 1 "patateur" qui propulsait des charges de 230mm, ces charges pouvant être creuses ou explosives selon l'objectif. Cela stopperait un temps l'ennemi, c'était certain, mais combien de temps ? C'était là toute la question. À leurs côtés, une quinzaine de droïdes bipèdes étaient positionnés pour tenir la position retranchée. Le reste du commando était réparti en groupe de combat sur les différents points stratégiques de l'usine en ruine. Vadim n'eut pas le temps de se remémorer la position de chacun : l'ennemi approchait, ses éclaireurs venaient de déboucher de la trouée, juste en face de leur position.
Les éclaireurs ennemis approchaient. Comme à l'exercice, ils progressaient par bons, espérant surprendre les défenseurs de l'usine en ruines.
En face, le doigt sur la détente de leurs armes, les défenseurs attendaient que les premières lignes de troupes d'assaut apparaissent. Ils se moquaient bien de ces éclaireurs qui ne représentaient pas le danger. Le danger c'était la ligne compacte d'assaillants qui allaient apparaître pour les submerger. Finalement, elle apparut enfin, sombre, dense, hurlante et grimaçante. C'était comme une grosse vague qui approchait, grondant du martellement régulier de la charge des êtres qui la constituaient. Plusieurs éclairs en jaillirent soudain pour finir en explosions sur les ruines de l'usine.
L'adjudant MEDVEDH attendait. Il attendait qu'elle se rapproche, encore... juste un peu... encore. Puis, lorsqu'elle fut à portée il ordonna calmement dans son communicateur :
- Commando Reivalioutsya. Feu !
Aussitôt, depuis les positions hantariennes, les armes crachèrent la mort.
Derrière l'adjudant, les 2 arachnodroïdes arrosaient droit devant eux, sans chercher à viser. Ils leur suffisaient simplement de corriger la portée de tir qui ne cesser de se réduire à vue d'oeil car, même si de larges trouées se créaient dans la ligne, celle-ci se reformait aussitôt tel un être vivant. Elle continuait d'avancer.
Ce qui sembla durer une éternité, ne dura en fin de comptes que quelques minutes. Bientôt la vaque ennemie atteignit les positions et le massacre commença. L'aide droite des positions hantariennes tomba presque aussitôt, sans qu'aucun n'en réchappe. Résigné, l'adjudant ordonna de se regrouper un peu plus en arrière dans un bunker de contrôle de l'usine qui n'avait pas été détruit. Cela permettrait de continuer le combat et de survivre encore un peu. La retraite fut pénible. Plusieurs groupes de combat, vendant chèrement leur peau, furent anéantis par la ligne grouillante qui continuait d'avancer et qui cherchait par tous les moyens à les engloutir. L'adjudant perdit ainsi son "patateur" qui, faute de munitions, se précipita sur la horde déchaînée. Il résista un peu, matraquant de ses membres métalliques la membrane palpitante en lui arrachant des lambeaux de chaire. Mais elle l'enveloppa bientôt et il succomba comme dévoré. Grâce à ce court répit, récupérant son "mitrailleur" au passage, l'adjudant flanqué du jeune milicien put fuir rapidement vers l'arrière.
Les fugitifs courraient. Ils courraient comme des damnés essaient de fuir l'enfer. De temps à autre, ils s'arrêtaient, se retournaient et lâchaient de courtes rafales vers la vague qui les talonnaient. Enfin, ils se retrouvèrent à une quarantaine dans le bunker sombre. Le "mitrailleur" de l'adjudant se mit aussitôt dans la coupole blindée qui surplombait la structure, faisant feu de toutes ses armes. Les autres, barricadant le sas d'entrée se précipitèrent aux meurtrières de tir, faisant feu à leur tour. L'air devient bientôt irrespirable à l'intérieur.
A l'extérieur, la ligne ennemie avait été maintenue à distance un court instant, comme décontenancée par ce bâtiment menaçant. Mais reprise en main par sa hiérarchie, elle était repartie de l'avant, grouillant bientôt autour et sur le bunker. Celui-ci résista ainsi quelques temps. Ses murs étaient tellement épais que l'assaillant n'arrivait pas à les percer. Il s'acharnait donc sur la porte d'accès et la coupole du toit d'où le mitrailleur les refoulait inlassablement. Finalement c'est la porte qui céda et la masse grouillante ennemie s'y engouffra aussitôt. Quelques Hantariens purent se dégager et allèrent se recroqueviller vers le fond du bunker. Les autres furent massacrés à leur poste de tir sans aucune pitié. Pour les 10 derniers survivants, aucun répit. Ils se retranchèrent dans la pièce PC du bunker, continuant à tirer.
Jusqu'au bout ! À la mort ! Telle était leur devise.
Ils n'entendirent même pas le vacarme infernal que fit le "mitrailleur" qui, munition épuisée, essayait vainement de les rejoindre. Gesticulant comme un pantin, il surnagea un court instant puis succomba sous le nombre. Le flot ennemi se rapprochait d'eux. Mais ils tiraient, vidant chargeurs sur chargeurs. La mort continuait à creuser leurs rangs. Ils étaient là, essayant juste de vivre encore un peu alors que l'espoir s'était envolé depuis bien longtemps. Tuer pour ne pas être tuer. Mettre un chargeur. Armer. Tirer devant soi et recommencer. Encore et encore.
Pour le jeune milicien qui avait survécu jusque là, c'était ça le but de cette résistance acharnée : juste survivre encore un peu, respirer encore une fois, sentir le sang battre dans ses veines...
N'était-ce pas ça la vie ? Respirer ! ...
Mais autour de lui, l'air chaud et étouffant puait la mort. La tête éclatée par un projectile, il s'écroula alors.
Un par un ses compagnons furent mis hors de combat. Il en fut de même pour l'adjudant : une rafale l'atteignit au ventre. S'écroulant sur le sol, il regarda calmement autour de lui et constata qu'ils n'étaient plus que 3 blessés (lui et 2 droïdes en piteux état). Résigné, il attendit simplement que la vague entre dans la pièce pour déclencher la charge qu'il serrait entre ses doigts sanglants. Le bunker frémit une dernière fois puis tout se tut. La vague des assaillants reflua alors, laissant son écume de cadavres sur les ruines de l'usine.
Sur "Octobre Rouge" régnait maintenant un silence de mort.

Rapport des pertes pour la prise de cette planète :
- cumul des soldats ennemis tués -> 465202
- cumul des soldats hantariens tués -> 171250
- cumul des travailleurs et miliciens hantariens tués -> 245404



Épisode 18 : Galaxie 33 - Secteur xx - le 28/09/anIV - L'avenir pour Tatiana


Tatiana était heureuse car sa convalescence se terminait enfin. Ses blessures avaient mis du temps à se cicatriser et la rééducation, pourtant intensive, avait été longue et douloureuse. Le plus long avait été de remarcher correctement. Pendant longtemps elle avait dû se contenter de béquilles pour se déplacer et son moral jouait parfois au yoyo. Une question la hantait alors : réussirait-elle à réintégrer son poste dans la flotte de guerre ? Tout doucement, jour après jour, faisant d'énormes efforts elle avait retrouvé sa motricité. Maintenant tout cela était derrière elle, d'ailleurs elle ne boitait plus. Bien sûr, lorsqu'elle forçait un peu elle ressentait encore la douleur mais celle-ci ne la clouait plus sur place comme avant. Elle avait repris l'habitude de marcher plusieurs heures par jour, comme quand elle était gamine sur sa planète de la G03. Elle rêvait alors de devenir pilote, rêve qu'elle faisait de nouveau mais pour reconquérir son poste. Ses longues errances l'amenaient loin de la ville. Elle avait pu découvrir plusieurs endroits sauvages et reculés qui lui permettaient de s'isoler et de penser à son avenir.
Ce jour là, elle pensait surtout à May dont elle avait si peu de nouvelles : les combats incessant qui avaient repris en G30 lui laissaient bien peu de temps pour la contacter. Pourtant elle ne manquait jamais une occasion de la contacter et cela avait renforcé leurs liens un peu plus.
Nous nous aimons c'est certain. Ne cessait-elle de penser.
Tatiana était la plus réservée en apparence et May la plus passionnelle mais la passion de Tatiana pour May était sans doute plus farouche et plus complète, ne déviant pas de son but alors que celle de May était plus débordante, plus envahissante mais pas moins intense. Lorsqu'elles se parlaient en visophone, plus rien n'existait en dehors d'elles et elles ne faisaient plus qu'une seule et même personne. Elles étaient la moitié l'une de l'autre.
Tatiana pensait à cela tandis qu'elle était au bord d'une cascade au beau milieu d'une clairière qu'elle avait découverte récemment. Elle sourit, s'imaginant May à ses côtés.
La peau de May, la bouche de May... Le sourire de May... Sa gorge rebondie... Ses hanches...
Soudain, une douce chaleur envahit son ventre et agaça ses reins. Un peu surprise, Tatiana rougit et secoua la tête. Puis elle rit franchement comme cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps, essayant de chasser les images de May de son esprit. N'y parvenant pas, elle sauta sur ses pieds et repartit en footing vers la ville.
Cela ne me fera pas de mal et m'épuisera un peu... D'une autre façon... Avant que je ne m'épuise autrement lorsque je retrouverai May. Pensa-t-elle.
Elle rit de nouveau mais se concentra sur le chemin pour ne pas trébucher.
Demain : les examens d'aptitude... Une formalité. C'est certain !
Puis, de nouveau commandant d'une frégate. J'espère !
Retrouver May. Impératif !!!
Peut être sera-t-elle mon second... Qui sait !
Plein d'espoir, Tatiana allongea sa foulée espérant rejoindre plus vite cet avenir proche.



Épisode 19 : Galaxie 02 - Nouvelles opérations


Début du 11/anIV - Une mécanique bien rodée
Les opérations en G02 avaient commencé à la fin du 10ème mois. Depuis, elles n'arrêtaient plus. Comme à l'accoutumée, les Hantariens faisaient le nettoyage. Ils s'étaient cantonnés dans les secteurs nord de la galaxie. Les flottes ennemies ayant disparues, il ne restait plus qu'à chasser les survivants et à envahir leur planètes.
Les Hantariens excellaient dans ce domaine. L'administrateur Bianko BORN en était d'ailleurs devenu le fer de lance. Sa mission était tellement prioritaire qu'il avait le commandement d'une flotte d'invasion avec VM, barges, recycleurs et tout ce qu'il fallait à bord pour réduire les poches de résistance ennemie. Pour lui, ce jour là, c'était déjà la 6ème planète à son actif. Les pertes n'étaient pas importantes et elles étaient comblées rapidement. Sitôt prise, les hommes et le matériel avaient débarqué rapidement sur la planète et s'étaient mis à l'oeuvre. Chaque bâtiment allait être détruit et la planète rasée. Une fois la tâche effectuée, la planète serait abandonnée et les Hantariens passeraient à une autre dans ce secteur ou ailleurs. Ils évitaient ainsi une réinstallation facile de l'ennemi sur les secteurs déjà pacifiés.
BORN était resté à bord du VML et coordonnait de là toutes les opérations au sol. Plusieurs mines et puits avaient déjà été détruits ainsi que les usines de productions de vaisseaux. Méthodiquement, tout était démantelé et les ressources vendues à la population ou embarquées dans les soutes de cargos qui allaient les décharger sur d'autres planètes.
Tout se déroulait sans accroc. La mécanique hantarienne parfaitement huilée était à l'oeuvre et dans quelques jours voir quelques semaines au plus tard la G02 serait pacifiée.

Le 25/12/an IV - secteur 45 - Fin des opérations
À bord de son VMC de commandement, le général LVOV compulsait les différents rapports reçus au cours des derniers jours.
Quatre jours auparavant, les Hantariens avaient fait fuir l'une des dernières flotte ennemie qui avait fini par jumper. Se faisant, ils avaient subi des pertes mais le but avait été atteint. Heureusement que l'ennemi avait fui car, face à sa puissance, ils n'auraient pas fait le poids. Ces dernières pertes étaient déjà en cours de reconstruction sur les planètes hantariennes du secteur 45.
Le calme commençait donc à régner en G02 et la Nation envisageait de réexpédier la flotte de guerre en G33 là où elle serait le plus utile. D'ailleurs, elle ne servait pas à grand chose depuis presque 2 mois : l'alliance était partie vers de nouveaux théâtres d'opération depuis bien longtemps laissant les Hantariens en retrait. Ce répit faisait du bien à la Nation qui n'avait pas goûté une telle période de tranquillité depuis des lustres.
Le général pensait à tout cela en regardant le dernier rapport : une restructuration était en cours en G33 et de nouvelles planètes allaient y être colonisées. Il était fatigué et pour lui aussi un peu de repos ne ferait pas de mal. Comme le Grand Conseil en avait décidé la veille, il envoya des ordres pour rassembler la flotte principale en orbite de la planète. Il anticipait le regroupement de quelques jours mais plus vite cela serait fait, plus vite tous rentreraient chez eux. Puis il envoya un court message à Slaine pour qu'ils se retrouvent le soir et qu'il lui annonce la nouvelle : elle aussi avait hâte de rentrer et de se reposer un peu.
Les ordres transmis, il sortit de son bureau. Autour du VMC, les escadrilles de légers et les escadres lourdes commençaient déjà leur regroupement.



Épisode 20 : Galaxie 33 - Secteur 67, planète n°2 - La naissance (extrait du journal de Nima BLUTCH)


01/12/an IV, 21ème heure 30ème minute.
Je me prépare doucement à aller au lit. Ce ne sera pas pour ce soir. Pas l'ombre d'une contraction à l'horizon. Je commence à me dire doucement que je vais avoir encore ma bedaine pour la nouvelle incorporation à la 17ème légion qui doit se dérouler dans 5 jours...
01/12/an IV, 22ème heure.
Je dépose mon livre pour me coucher pour la nuit. Je pense à ton père. Il me manque toujours autant. Tiens, une contraction ! Bah, sûrement que c'est dû à l'effort...
01/12/an IV, 22ème heure 10ème minute.
Une autre contraction. Ah bon, serait-ce encore une "fausse" ou cette fois-ci est la bonne ? On verra bien...
01/12/an IV, 22ème heure 20ème minute.
Éh bien, une certaine régularité ! Les contractions font mal, beaucoup plus que les jours précédents. Je dois me concentrer pour respirer, penser aux vagues. Tu t'en viens ma toute belle ! Je décide quand même d'attendre avant d'appeler le sous-officier de faction qui me surveille jour et nuit depuis des semaines déjà, ça ne fait pas assez longtemps que j'ai des contractions et je suis quand même juste aux 10 minutes... Et les contractions se poursuivent toutes les 8-10 minutes...
01/12/an IV, 22ème heure 50ème minute.
J'appelle le sous-officier et lui dit que ce sera ce soir. Il me demande si on appelle ma famille tout de suite. Je lui dis que non (je n'en ai plus), je veux prendre un bain avant pour m'assurer que les contractions demeurent. Je vais dans le bain : on verra bien dans 10 minutes.
01/12/an IV, 23ème heure 10ème minute.
J'embarque dans le bain. Aïe ! Une contraction qui arrive en force. Ça fait mal. J'essaie de me détendre mais c'est difficile dans le bain. Elle part... et ça revient ! Tout de suite ! Je me concentre sur ma respiration, sur les vagues. Je crie au sous-officier d'appeler le vaisseau sanitaire (qui est toujours en attente sur la base) tout de suite, ça urge ! Les contractions n'arrêtent jamais. Comme une seule grosse vague qui déferle et se gonfle sans fin, à l'infini, sans jamais retourner à l'océan pour s'évanouir. Il faudrait que je sorte du bain mais j'en suis incapable. J'ai toujours des contractions, jamais de répit. Je gémis, je respire, je pense aux vagues, je pense à toi qui arrive.
01/12/an IV, vers la 23ème heure 30ème minute.
Je continue à me concentrer sur ma douleur, sur ta venue. Ça va tellement vite! Ça fait mal, c'est tellement intense ! Je me sens ouvrir. Je te sens descendre. Tu arrives ma belle, tu arrives ! L'équipe sanitaire arrivent. Avec le sous-officier ils me sortent du bain. J'ai tellement mal ! Je n'ai pas de répit. Toutes mes forces sont concentrées sur le contrôle de ma douleur, je n'ai plus trop conscience de ce qui se passe autour. Je suis dans ma bulle. Alors qu'ils essaient de m'allonger, je me mets à quatre pattes et je me balance un peu. J'essaie de changer de position, mais c'est la seule qui me permet de gérer correctement ma douleur. Je perds une partie des eaux. Ça coule entre mes jambes.
01/12/an IV, vers minuit.
Les secouristes veulent m'emmener mais je dois m'habiller parce que je suis nue. Je n'en suis pas capable. Toute ma concentration est fixée sur mes contractions, sur toi qui arrive. Je suis dans ma bulle et je me moque un peu d'eux. Le responsable des secouristes me sermonne un peu. Quel idiot ! Je sors juste assez de ma bulle je me redresse et lui répond du tac au tac. Je lui dis qu'il est bête, que c'est un idiot et que je ne l'aime pas. Mais au fond il n'est pas si méchant : il a utilisée la seule tactique qui pouvait fonctionner pour me faire bouger... Je fini par mettre ma robe de chambre et prends une paire de bas de laine pour pouvoir mettre des chaussures. Je perds encore du liquide en sortant de ma chambre.
02/12/an IV, 15 minutes plus tard.
Les secouristes entrent la civière. Je dois partir avec eux. Je me couche et on gonfle la civière. Je ne peux plus bouger. Ils m'emmènent au vaisseau.
02/12/an IV, 20ème minute du jour.
Le vaisseau sanitaire décolle. Les contractions me font atrocement mal parce que je suis couchée sur le dos et que je suis attachée. J'ai de la difficulté à gérer les vagues et je me sens perdre le contrôle. Je gémis de plus en plus. Je fixe mon attention sur ma respiration. Et sur mes bas de laine que je sers comme une bouée entre mes doigts. Chaque vibration du vaisseau me déchire le corps de douleur. Je me rends compte qu'il ralentit soudain. On arrive. Tu seras bientôt là ma puce...
02/12/an IV, 35ème minute du jour.
Le vaisseau atterrit. On circule dans l'hôpital. J'essaie d'écarter mes jambes malgré la coque de la civière. Tu pousses... On arrive à la maternité. Je n'en peux plus et je repousse la coque qui retiennent mes jambes pour pouvoir les écarter et pousser un peu. On m'entre dans une chambre. Je suis transférée sur un lit. Je m'y mets à quatre pattes. On me demande de me mettre sur le dos pour vérifier ta position et la dilatation. Je ne veux pas. Je suis dans ma bulle. On me le redemande et je me couche. La dilatation est complète. On me dit de ne pas pousser. Trop tard. Tu veux sortir. Tu pousses tellement fort sur mon ventre. Je pousse un petit coup et ta tête sort ! C'est le branle-bas dans la chambre. Plusieurs infirmières entrent en coup de vent. Il n'y a pas de médecin.
02/12/an IV, 46ème minute du jour.
Je pousse encore un petit coup et tu glisses en entier ! Tu es là ! On te dépose sur moi. Tu sens le liquide amniotique, le bébé tout neuf. Tu es tellement belle ! Je suis heureuse et triste à la fois. Tu es là, dans mes bras. Mais ton papa n'y est pas. Je me sens si seule. Tout en étant si comblée de t'avoir dans mes bras. On me propose de couper ton cordon. Quel drôle de sensation de couper le lien qui nous a unies pendant tous ces mois...
02/12/an IV, quelques minutes après ta naissance.
Le docteur arrive peu de temps après en lançant un retentissant « Commandant si vous ne vouliez pas accoucher avec moi, vous auriez pu le dire avant ! ». Il sourit et me lance un clin d'oeil. Tu étais si pressée de sortir ! Mais il arrive pour la sortie du placenta. Il m'a suivi tout au long de ma grossesse et semble satisfait que tout se soit passé correctement. Il me demande quel prénom je vais te donner. Ce sera Joséphine.

Chapitre 05 : Nouvel exode

Épisodes :


Épisode 1 : Galaxie 02 - Secteur 46 - le 15/01/anIV - Regroupement de la flotte


Le combat faisait rage : les lignes de bataille de vaisseaux lourds hantariens enfonçaient méthodiquement la multitude qui leur faisaient face. A ce rythme, les fossoyeurs ne tiendraient pas longtemps.
A bord de sa FM, Tatiana commandait d'une main de maître. Elle avait retrouvé un commandement et dorénavant, elle faisait parti des anciens. Les « anciens » c'est à dire ceux qui en avaient vu des vertes et des pas mures depuis l'arrivée hantarienne dans cet univers. Ce status lui valait quelques privilèges, en particulier celui de choisir son second. Sans hésiter elle avait pris May. D'un commun accord elles l'avaient décidé : plus jamais elles ne seraient séparées, « A la vie, à la mort ! » comme elles aimaient se le répéter souvent.
Les tirs de la FM finissaient de réduire les légers ennemis. Un combat net et sans bavure comme les Hantariens aimaient les faire. Autour d'eux déjà, les récolteurs entraient en action pour récupérer les carcasses et achever les blessés ennemis. Avec les fossoyeurs, il ne fallait pas faire dans le sentiment car eux n'en faisaient pas. Comme aimaient se le répéter les Hantariens : un bon fossoyeur et un fossoyeur mort.
À un secteur de là le général reçut le nouveau rapport concernant ce combat d'interception. Il fronça les sourcils et compulsa rapidement ses archives :
- Qu'est-ce qu'ils leur prend ! S'exclama-t-il à haute voix. Ça fait le 2ème en 4 jours.
Il regarda ces 2 rapports, dubitatif. D'autres nations alliées parlaient également de ce renouveau dans les attaques de fossoyeurs. Des flottes de tous types débarquaient sans coup fait rire, parfois même en orbite des planètes. Il se gratta la tête.
- On a pas besoin de ça en ce moment, poursuivit-il en maugréant.
Il saisit d'autres rapports sur son bureau : des incursions ennemies avaient été détectées en G33. Le jump retardé de la flotte principale devait se faire impérativement.
- Au diable les fossoyeurs ! Nous avons d'autres chats à fouetter, grogna-t-il.
Il tapa rapidement un ordre sur son clavier :
Regroupement de la flotte principale en secteur 45 de la G02 - Jump impératif sous 2 jours.
Satisfait il balaya d'un revers de la main les rapports concernant les fossoyeurs et ce concentra sur le retour offensif de nations bien connues et autrement plus dangereuses.



Épisode 2 : Galaxie 33 - Secteur 35 - le 20/02/anIV - Un nouvel adversaire : les Fossoyeurs


Le klaxon d'alerte hurlait dans la cabine. Brutalement réveillé, le colonel HARTOP, se redressa et enfila promptement sa veste. Puis il se précipita à l'extérieur de sa cabine. Dans le couloir enfumé, se fiant aux fléchés rouges qui clignotaient, il se rua dans la direction qu'elles indiquaient. Après avoir parcouru quelques dizaines de mètres il arriva au sas de protection de la passerelle. Saisissant son code de sécurité, il put franchir les 2 portes blindées et arriver sur la passerelle de commandement. Aussitôt il demanda :
- Rapport de situation ?
- Nous sommes tombés sur des fossoyeurs mon colonel... En fait, c'est plutôt eux qui nous sont tombés dessus, lui annonça son second.
- Ok et comment nous en sortons-nous ?
- Notre CRC est bien diminué mais il est toujours là. Par contre beaucoup ont été détruits. Il y a des vaisseaux de classe dreadnought chez eux.
- Hum... Affichez moi le rapport.
- Impossible mon colonel. Les données ont été perdues lors de la destruction de nos principaux serveurs de combat.
- Bien... Avertissez la flotte : que tous combattent et fassent leur devoir. À la mort !
À l'extérieur, la flotte de guerre hantarienne bien que sévèrement accrochée commençait à reprendre le dessus. Après 3 phases de combat elle put se regrouper et panser ses plaies.
À un secteur de là, en 45, le général LVOV fut aussitôt prévenu par un officier qui s'était précipité dans son bureau.
- Mon général ! Sévère accrochage en secteur 35. Beaucoup de pertes.
- Quelle nation mon capitaine ? Celle que nous chassons et détruisons depuis plusieurs jours ?
- Pas du tout mon général. Ce sont des fossoyeurs.
- Des fossoyeurs !? Donnez moi les rapports.
- Il n'y en a qu'une partie mon général. Le résultat de la 1ère phase a été perdu lors d'une avarie du CRC amiral.
- Bien. Envoyez moi les 2 autres. Vous pouvez disposer.
- À vos ordres.
L'officier salua et fit demi-tour promptement. Quelques secondes plus tard, le général reçut les 2 rapports qu'il regarda aussitôt :


rapport n°2
rapport n°3


-> 477 CRC et 56 FA avaient été détruits côté hantarien.


Aussitôt, le général envoya un ordre pour que les pertes en CRC soient comblées immédiatement.
- Des oblitérateurs... Plus de 200 oblitérateurs d'après les estimations ! Décidément, les fossoyeurs font beaucoup parler d'eux en ce moment.
C'était vrai : depuis le retour de la flotte en G33, il ne se passait pas une journée sans que leurs vaisseaux ne fassent des incursions dans les secteurs centraux et ce dans toutes les galaxies. Les flottes des nations ennemies étaient presque passées au second plan depuis quelques jours. Pourtant l'ennemi essayait toujours de coloniser ou d'envahir des planètes alliées mais il avait été refoulé et il se faisait bien rare maintenant en comparaison des flottes de fossoyeurs.
- Qu'est-ce que cela peut bien cacher, marmonna le général.
Soucieux, il décida de contacter son alliance à ce sujet et de prendre des nouvelles auprès du Sénat Intergalactique. Peut-être y aurait-il des informations précises là bas.



Épisode 3 : Galaxie 33 - Secteur 45 - le 23/02/anIV - Le début de la fin ?


La rumeur s'était répandue comme une trainée de poudre : des planètes avaient été purement et simplement annihilées. D'abord incrédules, les Hantariens avaient pourtant eu de plus en plus d'informations provenant des nations alliées. L'inquiétude avait donc remplacée l'incrédulité, et avec elle, la panique qui ne saurait tarder. Pour les plus anciens cela leur rappelait les Zandowzhans et le Grand Éxil qui en avait découlé. Une idée cheminait dans tous les esprits : il fallait fuir au plus vite avant que tout soit réduit en cendre.
Pour les politiques, les informations étaient plus claires. Provenant du Sénat Intergalactique et des nations alliées, elles ne laissaient plus aucun doute sur la menace : les fossoyeurs arrivaient en force avec des vaisseaux inconnus qui leur permettaient de réduire à néant vaisseaux et planètes. Des nations avaient tentées de les détruire mais rien n'y faisait, il n'y avait aucune chance de ce côté là...
Le Grand Conseil hantarien s'était donc réuni face à cette nouvelle menace. Le Grand Conseiller LVOV avait déjà un projet en tête et, une fois n'est pas coutume, tous s'étaient rangés de son côté. Le projet était simple : évacuer le plus possible de monde et s'en aller ailleurs.
Satisfait du vote unanime, LVOV annonça le but à atteindre :
- Vous n'êtes pas sans savoir que depuis plusieurs mois nous avons envoyé un vaisseau d'exploration aux ordres de la conseillère Galina MALIOUKA. Il y a 2 mois, celui-ci a découvert un nouvel univers qui ressemble beaucoup à celui d'Hantaria l'Ancienne. Celui-ci semblant vierge de toutes civilisations. Galina a implanté une colonie là bas et depuis, nous avons envoyé 2 arches de renforts pour l'aider dans son développement. Je vous propose donc que nous évacuions le plus possible d'Hantariens vers ce nouvel univers. Pour se faire nous allons procéder promptement et par étape. Premièrement : licencier les légions sans tarder et ne conserver que les troupes de sécurité sur nos planètes. Deuxièmement : détruire nos vaisseaux utilitaires et en récupérer la technologie pour armer de nouvelles arches. Ce qui amène mon troisièmement : de combien d'arches disposons nous actuellement ?
Le Conseiller MIELKAREC répondit aussitôt :
- 5 arches opérationnelles immédiatement, 1 en G25, 2 en G02 et 2 en G33. Nous en avons 3 autres en construction en G33. Cela nous donne une capacité de 50000 personnes immédiatement plus 30000 d'ici la fin de semaine.
- Bien, répondit LVOV. Faites le maximum pour en construire sur toutes les planètes de production de vaisseau. Si nous arrivons à en produire encore 50, je pense que nous avons une chance de survivre. Mais tous ne pourront pas être sauvés...
Il se retourna alors vers le conseiller GUILD :
- Vous serez parmi les premiers à partir. Je vous fais pleinement confiance et je vous charge de recruter les évacués en priorité parmi les soldats licenciés et leur famille. Faites vite, le temps presse. Il faut que les 5 arches disponibles soient parties avant demain soir. D'ici la fin de semaine, les 3 à finir et 5 autres de plus devraient être construites et partir également. Tout le monde est d'accord ?
- Oui, répondit l'assemblée d'une seule voix.
- Alors que chacun fasse son devoir.
La séance se finissant, tous se levèrent et sortir de la pièce. Avant de sortir, le conseiller GUILD s'approcha de LVOV et lui serra la main :
- Je vous remercie de votre confiance malgré nos désaccords anciens. J'espère en être digne et vous revoir très vite.
- Merci conseiller. Répondit LVOV qui le retient par le bras pour ajouter : Dans le cas où nous serions séparé par la suite, j'espère que vous reprendrez le flambeau pour diriger notre peuple dans sa survie.
- Merci mais je suis sûr que vous serez avec nous, répondit GUILD en lui serrant de nouveau chaleureusement la main.
Puis il sortit laissant LVOV seul dans la pièce : il restait peu de temps, des vaisseaux fossoyeurs avaient été détectés un peu partout et se rapprochaient dangereusement des planètes hantarienes.



Épisode 4 : Galaxie 33 - Secteur 67 - le 24/02/anIV - Premiers départs


- Vous ne venez vraiment pas avec nous commandant ?
C'était la 2ème fois que "l'ex" adjudant-chef Sacha LEC posait cette question à "l'ex" commandant Nima BLUTCH sur le quai d'embarquement de l'Arche n°4.
- Non, répondit Nima avec un large sourire.
Sacha se dandina d'un pied sur l'autre comme un enfant perdu. Derrière lui, Nima apercevait son épouse Katia. Nima était toujours étonnée de voir le contraste qui existait entre Sacha et son épouse. Lui noir de peau, colossal, taillé comme dans un roc, elle toute pâle, si frêle et si menue. Elle croisa son regard et lui adressa un sourire que Katia lui retourna un peu crispée en lui lançant un regard suppliant.
- Aller mon adjudant-chef, ne vous inquiétez donc pas. Tout ira bien. Dans quelques semaines tout au plus nous nous retrouverons, lança Nima faussement enjouée.
- Je sais commandant mais c'est la première fois... La première fois depuis des lustres que dans des moments aussi graves nous n'allons pas affronter les choses ensemble et ça me dérange... Bredouilla-t-il penaud.
- Ne vous en faites pas. Vous n'êtes plus sous mes ordres de toutes façons : la 17ème n'existe plus.
- Oui je sais... Mais les personnels de la 17ème sont presque tous dans cette arche alors... Alors je pensais que nous serions ensemble : ma famille plus vous avec votre fille.
- Je comprends LEC mais j'ai préféré laisser ma place à une autre famille. La mienne est... réduite par rapport à d'autres.
- Oui mais... Dans ce cas... Je peux attendre également et embarquez plus tard avec vous ? ...
- Adjudant-chef LEC il suffit ! Répliqua Nima sur un ton de commandement.
À ces mots l'adjudant se raidit et se tut. Puis, se radoucissant, elle enchaîna :
- Rejoignez votre famille. Allez y. Pensez à eux. Ne vous inquiétez pas pour moi... pour nous. Bientôt nous serons réunis. Soyez confiant.
- Bien commandant, répondit Sacha résigné.
Ils se serrèrent longuement la main. Puis, lui souriant une dernière fois, il se retourna et rejoignit son épouse qui remercia Nima d'un battement de cils. L'adjudant-chef saisit alors son petit dernier qu'il jucha sur ses épaules. Il fit passé sa femme devant lui ainsi que sa fille et son ainé et les dirigea vers la passerelle d'embarquement. Nima les suivait du regard. Plusieurs fois ils lui firent des signes de la main auxquels elle répondit. Elle attendit de les voir passer la porte et le point de contrôle avant de faire demi-tour et de regagner le hall fermé qui jouxtait le quai. De là elle put voir les dernières familles embarquer dans le vaisseau.
Une demi-heure plus tard, l'embarquement fini, l'énorme vaisseau remorqué par des navettes quitta le quai où elle était posé. Nima le suivit des yeux tant qu'elle put, jusqu'à ce qu'il disparaisse de son champ de vision. Elle poussa ensuite un soupire, se sentant encore plus seule que d'habitude. Une petite voix claire s'exprima alors dans sa tête, comme une de ses propres pensées :
Maman triste ? Adjudant-chef parti ?
Nima baissa alors les yeux sur sa fille lovée contre elle dans sa poche kangourou et qui était restée silencieux depuis la scène du quai. Pourtant, depuis sa naissance elle était si « bavarde », la bombardant de question sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche. Nima lui répondit mentalement, comme si elle se parlait à elle même :
Oui. Maman triste. Mais maman heureuse avec toi.
La petite fille lui fit un beau sourire et se lova un peu plus contre elle. Tout doucement elle s'endormit, déversant ses rêves confus dans la tête de sa mère. Dorénavant, Nima n'était plus seule, elles étaient 2 et elles affronteraient ensemble les derniers moments de la civilisation hantarienne dans cet univers.
Ce soir là, comme prévu, 5 arches hantariennes pleines d'espoir quittèrent l'univers pour rejoindre leurs frères déjà installés très loin, ailleurs, au delà des univers connus.



Épisode 5 : Galaxie 33 - Secteur 45 - le 02/03/anIV - La Décision


Après une semaine d'évacuation, le général LVOV était satisfait : plus de la moitié de la population avait pu partir. Cependant, 3 planètes hantariennes avaient été détruites par les fossoyeurs dont 1 avant son évacuation complète. Des pertes encore une fois. Depuis, de nouvelles planètes étaient dans leur ligne de mire et les évacuations devaient s'accélérer. La construction des arches se faisaient maintenant de façon continue et l'objectif des 50 serait très certainement dépassé.
Face aux événements, l'univers entier semblait de nouveau dialoguer sans animosité. Plusieurs responsables RIP avaient d'ailleurs proposé aux Hantariens et à d'autres de les rejoindre pour une évacuation vers un autre univers nouvellement découvert. Les Hantariens avaient décliné l'offre, ils étaient en partance pour un autre univers maintenant et ne souhaitaient pas s'éparpiller dans plusieurs univers. Bien que déçus, ces amis avaient accepté cette décision.
Le général repensait à tout cela en arpentant son bureau. Deux jours auparavant, il avait eu une discussion avec Slaine, au sujet de son évacuation. Pour lui cela ne servait à rien qu'elle reste ainsi puisque les vaisseaux légers avaient tous été recyclés, participant ainsi à l'effort de fabrication des arches (seule la flotte lourde continuait, comme elle le pouvait, à limiter les incursion des fossoyeurs). Il lui avait donc proposé d'être évacuée à son tour, craignant pour sa vie. Elle avait refusée tout net. Alors il s'était emporté, le ton avait monté entre eux. Il y avait eu des cris et des larmes mais elle n'en avait pas démordu :
- Je ne quitterais cet univers qu'avec toi ! Avait elle hurlé avant de sortir précipitamment.
Il ne l'avait pas revue depuis. Elle le fuyait, refusant toute discussion autre qu'un « oui » indiquant qu'il rendait les armes. Pour Zak c'était in envisageable : elle devait impérativement partir dans les plus brefs délais. Sa décision était prise. Il lui avait donc laissé croire qu'il acceptait et une entrevue était prévue.



Épisode 6 : Galaxie 33 - Secteur 74, orbite de la planète 4 - le 03/03/anIV - Stratagème


Slaine entra dans la pièce. La veille, un message de Zak lui avait signalé qu'il acceptait sa requête et qu'il souhaitait la voir. Rassurée, elle avait promis de venir.
Dans la pièce, Zak qui regardait par la baie, s'était retourné. Le visage fermé, il l'implora une dernière fois :
- Tu veux vraiment rester ?
La réponse de Slaine fut brève et catégorique :
- Oui.
Zak, plus bourru que jamais, soupira en haussant les épaules.
- Je comprends... Mais ça ne me plaît pas du tout.
Slaine voulut l'interrompre mais il ne lui en laissa pas le temps :
- Je connais tes arguments par coeur alors ne gaspille pas ta salive. Que veux-tu que je te dise...
Il restait là, loin d'elle, crispé au plus au point. Slaine n'aimait pas ce genre de situation. Elle avança d'un pas presque souriante :
- Écoute, nous n'allons pas continuer à nous disputer là dessus. Tu as accepté ma requête et je t'en remercie. Maintenant faisons la paix s'il te plaît.
Zak restait pourtant loin d'elle résigné. Ne pouvant soutenir son regard, il baissa les yeux vers ses mains qu'il tritura maladroitement en marmonnant quelque chose que Slaine ne comprit pas.
- Tu es vraiment incorrigible ! Pire qu'un gamin ! S'exclama-t-elle alors en comblant les derniers mètres qui les séparaient à grandes enjambées.
Mais Zak ne disait toujours rien et continuait à triturer ses mains gauchement. Slaine, pensant que c'était dû à la victoire qu'elle avait su remporter, voulut le consoler. Elle baissa sa garde et s'approcha de lui. Victorieuse, sure d'elle, elle se mit à l'embrasser tendrement. Au début, Zak resta stoïque. Mais bientôt ses lèvres répondirent et le baiser devint tendre et onctueux. Slaine noua alors ses bras autour du cou de son bien aimé. Il lui saisit alors doucement la nuque, infiltrant ses doigts dans les mèches rousses de Slaine. Elle ronronna d'aise mais, presque aussitôt, sentit un picotement sous la pression des doigts qui lui caressaient la nuque. Elle interrompit le baiser : un voile lui passa devant les yeux. Le souffle coupé, ses jambes se dérobèrent. Elle voulut repousser Zak mais il la tenait fermement. Elle se mit à pleurer, murmurant faiblement :
- Qu'as-tu fait mon amour ?
Puis la pièce tourna brutalement autour d'elle et elle s'évanouit. Un instant figé et tremblant, Zak la porta sur le canapé et appuya sur le communicateur tout proche :
- Lieutenant ?
- Mon général.
- Faites entrer le commandant BLUTCH et attendez ses ordres à l'extérieur.
- Reçu mon général.
Immédiatement une porte dérobée s'ouvrit et Nima entra dans la pièce. Elle n'avait pas trop changé depuis la dernière fois que le général l'avait vu.
- A vos ordres mon général, dit-elle simplement en se mettant au garde à vous.
- Repos, commandant, repos... Comme je vous l'ai dit hier, j'ai une mission délicate à vous confier. Ici... Sur ce canapé, se trouve ma... ma compagne, le lieutenant en premier Slaine NAUX. Je souhaiterais vous la confier pour que vous partiez dès demain avec la prochaine arche qui doit décoller de la planète autour de laquelle nous sommes en orbite. Cette demande peut vous sembler un peu abrupte voir inappropriée mais... mais je tiens absolument à ce qu'elle parte avant l'évacuation finale. Bien évidemment ceci n'est pas un ordre, c'est juste une requête et vous êtes libre de refuser mais je vous fais pleinement confiance pour mener à bien cette mission.
Nima regarda le général qui semblait désemparé. C'était la 1ère fois qu'il désignait clairement cette jeune femme comme sa compagne. Slaine était flattée par cette marque de confiance. Elle avait déjà croisée ce jeune officier de la flotte sans rien remarquer de particulier. Maintenant elle comprenait tout : il lui demandait juste un service et elle n'était pas là pour le juger. Sans réfléchir plus avant elle répondit :
- J'accepte mon général. Mais pour ma fille ? Et comment dois-je procéder ?
Celui-ci se détendit un peu, soulagé. Il lui tendit aussitôt 3 laissez-passers magnétiques ainsi qu'un document officiel :
- Tout est prévu. Voici les documents qui vont vous permettre d'embarquer. Vous serez le second de l'administrateur Yael BIRSK qui dirige l'arche. Trois cellules de stase sont prévues pour vous, votre fille et Slaine. Voici également un document vocal pour expliquer tout ça à Slaine lorsqu'elle reprendra ses esprits à votre arrivée à destination... Voilà. Je n'ai rien de plus à ajouter. Avez-vous des questions ?
- Aucune mon général. Tout est clair. Je vous remercie pour la porte de sortie que vous m'offrez. Je commençais à me demander si je n'allais pas finir par disparaître dans cet univers.
- Je vous en prie. Par contre, je dois vous laisser. Il faut continuer à organiser tout ce grand chambardement et le temps me manque. Slaine n'étant plus là, cela me fera un soucis en moins. Une équipe vous attend à la porte par laquelle vous êtes entrée.
- Je comprends mon général. Aucun problème.
Le général déposa un dernier baiser sur le front de sa bien aimée puis, sans se retourner, il quitta la pièce. Ne perdant pas une minute, Nima ouvrit la porte dérobée et demanda à l'équipe médicale d'entrer. Elle devait faire vite pour retourner sur la planète, prendre contact avec l'administrateur BIRSK et embarquer à bord de l'arche. Bientôt, à son tour elle quitterait cet univers en perdition.



Épisode 7 : Galaxie 33 - Secteur 74, planète 4 - le 03/03/anIV - Urgence


22h00 :
L'information s'était répandue comme une trainée de poudre : un vaisseau fossoyeur avait été détecté, il était en approche et serait en orbite dans 10 heures. Cela signifiait donc que dans 15 heures tout au plus la planète n'existerait plus.
Deux heures auparavant, Nima avait fini d'organiser la mise en stase de Slaine et de sa fille ainsi que de 50 nouveaux embarqués à bord de l'arche n°44. L'esprit serein, elle pouvait maintenant diriger la suite de l'armement de l'arche mais face à cette nouvelle urgence, elle avait été convoquée par l'administrateur Yael BIRSK :
- Commandant, heureux de vous voir, l'accueillit-il sans préambule. Deux options se présentent à nous : abandon de l'arche et évacuation de ce que l'on peut ou départ de l'arche en urgence dès demain avec évacuation en parallèle de la planète vers celles qui nous restent dans les secteurs voisins. Qu'en pensez-vous ?
- Je pense que la 2ème option est la meilleure car il est impossible de sortir de stase en moins de 10h tous les personnels déjà embarqués, répondit Nima.
- Je pense la même chose mais je voulais avoir votre avis commandant. J'ai contacté le général LVOV mais la flotte ne peut revenir en orbite en moins de 10 heures... Voilà donc ce que nous avons décidé. Vous allez organiser le départ de l'arche n°44. Pendant ce temps, je vais m'occuper d'évacuer le plus possible de gens de la planète avec les vaisseaux que nous avons et ceux qui arriveront avant demain matin.
- Bien administrateur. Comme vous le souhaitez. Il n'y a pas de temps à perdre...
- Oui commandant mais auparavant je tiens à vous signaler que je vous ai adjointe 2 officiers de la flotte en attente d'affectation. Le capitaine Tatiana ZEJEWSK et le lieutenant en 1er May PEPE-GUES. Elles vont vous aider dans votre tâche. Allez-y et bonne chance.
- Merci. Bonne chance à vous aussi administrateur. A demain sur l'arche pour le départ.
- À demain.
Nima quitta le bureau de l'administrateur rapidement pour rejoindre son poste. De son côté l'administrateur lança les avis de regroupement sur les centres d'évacuation pour la population.

Le lendemain, 06h00 :
Déjà plusieurs cargos et frégates armées avaient quittés la planète emportant leur lot d'Hantariens. Au début tout s'était passé correctement et dans l'ordre mais depuis peu un vent de panique commençait à souffler. Des rumeurs circulaient propageant l'idée que le nombre de vaisseaux disponibles ne suffiraient pas à évacuer tout le monde. Rapidement, les services d'ordre avaient été débordés et il avait fallu les renforcer pour contenir la foule qui se pressait devant chaque embarcadère. L'arche n°44 était encore épargnée mais Nima décida de renforcer le dispositif avec 50 droïdes et 10 arachnodroïdes. La majorité des embarqués avaient été mis en stase, il n'en restait qu'une soixantaine à endormir. Tout devait être opérationnel pour le départ prévu une demie heure avant l'arrivée des fossoyeurs.

07h00 :
Une heure s'était écoulée. La situation s'était encore tendue autour des embarcadères dont plusieurs, pris d'assaut, n'étaient dorénavant plus utilisables. Les soldats avaient même dû faire usage de leurs armes pour maintenir la foule à distance. Des morts étaient à déplorer de part et d'autre. Pourtant, la noria de vaisseaux de tous types continuaient à atterrir pour embarquer la population terrorisée. Les Hantariens se demandaient bien si ils allaient tous être évacués mais déjà, beaucoup s'étaient résignés au pire et, abandonnant les files d'attente et la cohue, avaient préféré rentrer chez eux pour attendre la fin.
De son côté, Nima avait réussi à ce que l'arche soit prête à partir. La situation était restée sous contrôle sans que le sang ne soit versé. Il faut dire que l'arche n'était pas facile d'accès dans l'enchevêtrement de bâtiments et de quais où elle se trouvait, ceci expliquant sans doute la lenteur de la progression des émeutiers. Hélas, un quart d'heure avant le départ, la situation dégénéra et l'administrateur BIRSK contacta Nima :
- Commandant, je voulais vous remercier pour le travail accompli. Je vous demande donc de décoller immédiatement pour sauver ce qui peut l'être encore.
- Mais vous administrateur !? Vous devez nous rejoindre !
- Cela m'est impossible. Ici c'est l'anarchie. Plusieurs vaisseaux ont même été détruits par la populace en furie. Les dernières troupes de maintien de l'ordre ont disparu dans la tourmente. Seul les droïdes restent à leur poste. Actuellement, je suis bloqué et retranché dans mon bureau avec quelques gardes fidèles. Désolé... Décollez ! C'est un... C'est un ordre. Sauvez l'arche. Sauvez ce qui peut l'être.
- Bien administrateur... Je suis désolée de ne rien pouvoir faire... Je voudrais...
L'administrateur l'interrompit :
- Adieu commandant.
Il coupa la communication. Nima resta seule devant l'écran. Elle n'avait pas beaucoup côtoyé BIRSK mais elle l'appréciait et encore plus maintenant. Elle fut brutalement rappelée à la dure réalité :
- Commandant, un groupe armé semble s'être infiltré et s'approche de l'arche par le quai sud, l'interpella Tatiana.
- Bien capitaine. Enclenchez la procédure de libération de l'arche pour sa mise en orbite.
Tatiana donna différents ordres pour le départ mais une alarme se déclencha presque aussitôt :
- Commandant, une ancre magnétique à l'avant ne s'est pas déverrouillée. Nous sommes bloqués !
Nima fronça les sourcils : la situation se compliquait encore une fois et il fallait qu'elle prenne les choses en main si elle voulait que l'arche n°44 est une chance de partir avant l'arrivée des fossoyeurs.



Épisode 8 : Galaxie 33 - Secteur 74, planète 4 - le 04/03/anIV - Départ précipité


Depuis que le commandant Nima BLUTCH lui avait dit de la suivre, quelques minutes plus tôt, May courrait dans le dédale des couloirs. Sur la passerelle, Tatiana était restée aux commandes, prête au départ. Enfin, elles arrivèrent au sas d'embarquement. Le commandant stoppa brutalement. Dans la précipitation, May percuta le dos de son supérieur et se retrouva les fesses par terre comme si elle était rentré dans un mur. A quelques mètres d'elles, plusieurs projectiles s'écrasèrent, ricochant sur les parois de l'arche.
- Nous ne pouvons pas sortir ! Cria le commandant BLUTCH. Il va falloir trouver un autre chemin. Et surtout bloquer cet accès pour nous éviter d'être pris d'assaut.
Autour d'elle, plusieurs hommes de la sécurité épaulés de quelques droïdes se postaient déjà pour défendre la porte.
- Restez ici tant que nous n'aurons pas décollé, ordonna-t-elle à l'escouade. Nous allons fermer cette porte mais gardez vos positions.
La troupe acquiesça sans broncher. Il restait pourtant un obstacle de taille : la passerelle qui reliait le quai à l'arche. Elle ne pouvait être retirée que depuis le quai. Un tâche impossible à faire sous les tirs qui redoublaient d'intensité. Un instant perplexe, le commandant porta son regard sur 2 arachnodroïdes qui tiraillaient vers les assaillants depuis le quai, à l'autre bout de la passerelle. Comme électrisés, ils cessèrent le feu aussitôt et, bondissant vers elle, commencèrent à détruire la passerelle de leurs membres métalliques.
- Bien, murmura BLUTCH.
Puis elle se tourna vers May qui s'était relevée penaude. Elle lui ordonna :
- Fermez le sas d'entrée. Nous avons prendre... Nous allons prendre le chemin des écoliers. Lui dit-elle avec un sourire malicieux.
C'était la première fois que May voyait le commandant sourire ainsi. Un peu interloquée, elle exécuta pourtant l'ordre et la lourde porte d'accès se ferma rapidement. Puis, laissant l'escouade de sécurité à son poste, elle se rua à la poursuite du commandant qui avait déjà pris plusieurs longueurs d'avance. Elle était pourtant en bonne condition physique mais elle eut beaucoup de mal à suivre le commandant qui semblait inépuisable.
Aux bouts de quelques minutes, elles stoppèrent bientôt devant une écoutille de service qui donnait à l'avant du vaisseau, juste à l'aplomb de l'ancre défectueuse. BLUTCH actionna aussitôt la commande d'ouverture pendant que May reprenait son souffle bruyamment. Se penchant en avant, le commandant jaugea la vingtaine de mettre qui les séparait de leur but. Sans se retourner elle annonça :
- Lieutenant, vous allez descendre jusqu'à l'ancre. Vous pesez beaucoup moins que moi et je vous remonterai plus facilement.
Elle se retourna vers May et lui tendit une sacoche :
- Voici la charge à poser dans le cas où le déverrouillage manuel ne fonctionnerait pas. Vous vous sentez d'attaque ?
- Oui commandant, répondit May sans hésiter bien que son pouls accéléra sensiblement.
- Ok. Mettez ce harnais. Ordonna le commandant qui avait ouvert un coffre tout proche pour en extraire un filin d'acier, un treuil et le harnais.
May s'équipa promptement.
- Prête commandant ! Annonça-t-elle bientôt.
- Allez-y lieutenant.
Aussitôt May sortit et, telle une araignée au bout de son fils, descendit en rappel jusqu'à l'ancre où elle se stabilisa. En haut, le commandant avait fixé le treuil sur les attaches disposées à cet effet près de l'écoutille. May jeta un coeur d'oeil vers le quai et constata que les droïdes avaient fini de détruire la passerelle d'accès : il n'y avait plus de danger de ce côté-là, mais les tirs continuaient en provenance du quai.
- Pas le moment de rêvasser, se dit-elle en se concentrant sur l'ancre qu'elle devait déverrouiller.
Elle ouvrit la trappe de commandes toute proche et put ainsi contempler les relais du circuit de commandes. Il n'y avait plus rien à faire sur ce point : ils avaient fondu sous l'effet d'une surcharge et ne ressemblaient plus à grand-chose. Le seul espoir qui restait était la poignée pour espérer désenclencher l'ancre mécaniquement. May la saisit et tenta de l'abaisser. Elle ne bougea pas d'un pouce. Elle ragea :
- C'est pas possible... Je ne vais quand même pas devoir faire tout sauter !
Dans son communicateur, la voix du commandant retentit brutalement :
- Lieutenant ! Avant de vous casser les reins à manipuler la commande, n'oubliez pas d'enlever la goupille de sécurité...
- Reçu... balbutia May en retour.
Je vais encore passer pour une quiche... pensa-t-elle.
Repérant la goupille, elle la fit tourner et la retira prestement. Se faisant, celle-ci lui échappa des mains et rebondit plusieurs fois sur l'ancre avant de disparaître dans ses profondeurs mécaniques.
C'est pas possible ! Vraiment une quiche ! Ragea-t-elle de nouveau en son fort intérieur.
Déconfite par ce nouvel échec, May resta à contempler la poignée.
- Alors lieutenant ! Vous en êtes où ? C'est pour aujourd'hui ou pour demain ?
- C'est... c'est la goupille... elle partit et... répondit May.
- Si vous l'avez retirée, actionnez donc la poignée ! Je me moque bien de cette goupille maintenant !
- Reçu commandant...
May s'arquebouta donc sur la poignée. Cette fois, elle s'abaissa et les circuits magnétiques se coupèrent, libérant l'ancre du quai qui la retenait jusque là. Enfin satisfaite et quelque peu rassérénée, May remit en place la trappe et leva le pouce en l'air en signe de victoire. Aussitôt, elle sentit une traction sur son harnais et, toujours suspendue, remonta rapidement vers la trappe. Elle jeta un dernier regard vers le quai d'où les droïdes continuaient à tenir en respect les assaillants.
- Bien lieutenant ! Rangez le matériel et verrouillez le sas, lui dit le commandant une fois qu'elle fut à l'intérieur.
Puis utilisant son communicateur :
- Commandant à passerelle.
- Oui commandant.
- Ancre désactivée. Tout est OK. Nous refermons le sas et vous rejoignons. Activez la procédure de départ.
- Bien reçu commandant. Activation de la procédure de départ.
May avait déjà refermé le sas et s'était débarrassée de son équipement. Elles repartirent donc au pas de course dans le dédale des couloirs pour rejoindre la passerelle. Quand elles y arrivèrent, l'arche avait quitté le quai et, à vitesse réduite, commençait à rejoindre le point de départ de son jump.
Tout s'était passé au mieux vu les circonstances et l'arche put s'éloigner tranquillement de la planète. A leurs tours, les derniers vaisseaux d'évacuation quittèrent l'orbite de cette terre hantarienne si chèrement acquise et gardée, la laissant à son triste sort.
Au loin un énorme vaisseau approchait, recouvrant de son ombre menaçante la planète. Bientôt, des milliers de vie allaient disparaître.



Épisode 9 : Galaxie 33 - Secteur 45 - le 13/03/anIV - Une page se tourne


Depuis une dizaine de jours, le départ des arches vers un nouvel avenir n'avait pas ralenti. Il avait même atteint un point culminant le 10/03 avec le départ de 15 arches le même jour. Ce jour là, les colonies restantes en G02 et en G25 avaient été complètement évacuées. Il en avait été de même en G33 et, ce jour, il ne restait plus qu'une seule planète autour de laquelle les 10 dernières arches orbitaient : depuis l'affaire du 03/03, l'embarquement des arches se faisait en orbite pour éviter tous problèmes.
Au total, c'était une centaine d'arches qui avait été fabriquée à partir de toutes les ressources récupérées sur chaque planète. Pour se faire la flotte hantarienne avait été démantelée et les infrastructures planétaires rasées. Les arches avaient ainsi pu évoluées depuis le début des évacuations. La capacité d'embarquement était donc passée de 20000 sur les premiers modèles à 60000 sur les derniers. Au total, cela faisait pas moins de 6 millions d'individus (Hantariens mais aussi peuples assimilés) qui avaient pu partir vers une nouvelle vie.
A bord de l'arche n°102, l'ultime arche produite, le général LVOV compulsait les derniers rapports et regroupés les informations pour les archiver mais aussi pour voir si l'objectif était atteint :
Grand Conseil évacué : OK
Petit Conseil évacué : OK
Grand Quartier Général évacué : OK
Personnels de la flotte de guerre évacués : OK
G02 évacuée : OK
G25 évacuée : OK
...
Il égraina ainsi les objectifs intermédiaires qu'il s'était fixé pour lui même, en particulier l'évacuation de Slaine qui lui avait enlevé un énorme poids des épaules. Elle devait être en plein voyage actuellement et arriverait avant lui. Après ce départ un peu mouvementé qu'il avait suivi de loin, il avait pu pleinement s'attacher à la lourde tache de l'exode de son peuple. Depuis il n'avait pas chômé et la fin de sa mission arrivait.
Il contempla une dernière fois le radar qui affiché les 40 galaxies de cet univers connu. Il restait encore des possessions alliées qui se réduisaient de plus en plus ces derniers jours. Un seul point bleu maintenant subsistait pour signaler la dernière possession hantarienne dont la couverture radar du secteur venait d'être coupée. Cela lui rappela l'arrivée dans cet univers et les débuts avec d'autres nations maintenant disparues. Un peu nostalgique, il resta rêveur devant cet écran : le développement, les guerres, les alliances diverses au cours de ces 3 ans et demi d'existence dans cet univers. Aujourd'hui, tout allait disparaître et les événements ne subsisteraient plus que dans les archives et dans les mémoires.
Tout à coup, le point bleu disparu de la carte. La dernière planète hantarienne venait d'être abandonnée. Sur le radar d'approche de l'arche n°102, le général pu alors voir les 9 autres arches commençaient à se positionner pour jumper. Une à une elles disparurent ainsi dans l'infini, laissant l'arche n°102 seule et isolée en attente des derniers personnels qui venaient de la planète maintenant abandonnée.
Le général avait tenu à ce dispositif : il voulait être dans les derniers à quitter cet univers qui resterait un point important dans l'histoire hantarienne.
Après plusieurs minutes, son fidèle Kalmouk entra alors dans la pièce :
- Mon général, nous sommes prêts pour le bond et nous vous attendons sur la passerelle.
Sans rien répondre, LVOV le suivit et arriva sur la passerelle.
- Nous attendons vos ordres mon général, annonça le commandant du vaisseau.
- Bien commandant. Allez y. Nous allons nous mettre en stase pour les 2 mois de voyages.
- Reçu mon général.
Les ordres furent donnés et l'arche se désencra de la station orbitale. Puis, elle s'orienta doucement vers le noir profond de l'infini comme si elle désirait s'y perdre. Après plusieurs minutes sans que rien ne se passe, hyperpropulsion enclenchée, elle bondit et disparut bientôt. Son objectif : un autre univers pour une autre vie qui l'attendait.
Là-bas, d'autres qui l'avaient précédée étaient en train de tout reconstruire.



Épisode 10 : Une planète dans un autre univers - Épilogue


Un soleil radieux illuminé la pièce. Dehors une ville se construisait. Partout le murmure de la foule et le tumulte des engins de construction. Les gens semblaient heureux de vivre en cette matinée printanière. Tout bruissait et respirait la joie de vivre : la paix avait enfin été retrouvée, la peur était derrière maintenant.
Telle une fleur qui éclot, la cité s'ouvrait, montrant à cet univers lointain et inconnu sa nouvelle puissance en reconstruction.
Pourtant, dans cette pièce, un homme était abattu, terrassé par un immense chagrin qui le dévorait tout entier. Depuis son arrivée ici, il y avait de cela 2 semaines, la joie des retrouvailles avait vite fait place au désespoir. Autour de lui tout le monde était heureux de s'être retrouvé et de s'en être sorti. Pour lui ça n'était pas le cas. Incapable de trouver le repos en apprenant la nouvelle qui l'attendait, il avait tout abandonnait : ses charges, son rang et bientôt son peuple. Une seule idée l'obsédait maintenant : partir dès que possible pour les recherches et LA retrouver. C'était nécessaire. Impératif.
Grâce à ses relations, il avait donc pu affréter une frégate légère de recherche. Aujourd'hui, tous les préparatifs étaient bouclés et il devait partir. Il jeta un dernier regard par la fenêtre, souriant amèrement devant la joie qui en émanait. Il serra les poings maîtrisant avec peine un hurlement qu'il ravala avec rage.
Brutalement, la porte s'ouvrit. Un petit homme trapu entra et dit :
- Tout est prêt.
Puis ce dernier repartit d'où il était venu sans attendre de réponse. L'homme, resté seul, ramassa quelques effets personnels et sortit à son tour. Il traversa plusieurs couloirs avant d'arrivée à l'embarcadère où l'attendait le vaisseau. Sans se retourner il monta à bord et presque aussitôt le vaisseau décolla. Aucun signe d'adieu pour se départ précipité. C'était comme une fuite honteuse dont tout le monde se moquait.
Le vaisseau prit rapidement de la vitesse et sortit de l'atmosphère pour trouver son orbite et calculer son départ.
Sur la passerelle silencieuse, l'homme resta un instant à contempler la planète qui s'éloignait doucement. Un bip léger retentit alors dans le vaisseau.
- Mon général ? Nous faisons le 1er bond ?
L'homme se retourna et répondit :
- Oui, nous partons.
Le processus enclenché, le vaisseau bondit et disparut dans l'espace. A son bord une poignée d'Hantariens intrépides étaient repartis dans l'autre sens. Vers cet univers honnis qui n'était plus qu'un trou béant et vide : le s01. Ils étaient repartis pour une quête. La quête d'une arche portée manquante. Une arche ! Quelle arche ? La n°44... La seule qui était portée disparue. À leur tête se trouvait le général Zak LVOV suivi par son fidèle Kalmouk. Accompagné de sa garde rapprochée, il quittait un monde de paix pour s'élancer vers l'inconnu.
Pour Zak, une seule pensée occultait toutes les autres. Oui, c'était cela le but de son existence dorénavant. Retrouver Slaine.

Registres des Personnages

Cet onglet contient une présentation rapide des personnages majeurs qui ont marqué l'histoire de la Nation Hantarienne durant l'ère d'Exile.fr. Les personnages sont affichés dans leur ordre d'apparition.

1. Zak LVOV du clan DESX - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Zak • INDEX_REF : #3

// Biographie

Enfant d'une "sans clan" prénommée Siane LVOV, il est adopté par Dré DESX, Grand Conseiller très influant de la fin du contrôle hnatarien sur la galaxie du Triangle. Élevé et "dressé" pour la vie politique, son tempérament le dirige plutôt vers la vie militaire. Capitaine lors de la Grand Guerre Patriotique, il effectue plusieurs actions d'envergure, assénant de durs coups à l'ennemi. Il passe ainsi commandant puis lieutenant-colonel de la flotte hantarienne. C'est grâce à son action décisive que la 7ème flotte réussit à évacuer la galaxie du Triangle face aux Zandowzhans. Il reçoit pour ce fait d'arme la plus haute distinction hantarienne : l'Étoile du Sud. C'est au cours de cette action, qu'il rencontre Slaine NAUX dont il tombe amoureux. Il devient alors un personnage influant de la 7ème flotte. Pour finir, il est nommé au Grand Conseil. Il en devient le Grand Conseiller quelques mois plus tard. Il l'est toujours lors de l'arrivée de la 7ème flotte dans l'univers S01 où les événements vont encore le propulser sur le devant de la scène.

// Décorations & Distinctions

Baltic-System 🎖️ Médailles :
Ruban Médaille
Griffe d'Irub
Ruban Médaille
Étoile du sud
Ruban Médaille
Blason de la Grande Guerre Patriotique - agrafe or
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Badge
Brevet de pilote
Badge
Bataille spatiale - agrafe d'or
Ruban Campagne Ruban Grande Guerre Patriotique
2. Sacha LEC du clan EIDER - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Sacha • INDEX_REF : #4

// Biographie

Jeune marchand-drapier, avant la Grande Guerre Patriotique, il se lie avec Katia LEC dont il porte le nom. Plusieurs enfants sont nés de cette union mais il ne parle jamais de sa vie privée. Engagé volontaire dans les "corps francs" lors de la Grande Guerre patriotique, il bascule alors dans la vie militaire. Il est l'un des derniers combattant à quitter le sol d'Hantaria pour être embarquer à bord de la 7ème flotte. Il reçoit pour ses divers actes de bravoure la médaille du combattant agrafe argent. Au cours du Grand Exode, il retrouve sa femme et ses enfants mais s'engage comme caporal dans les légions hantariennes de la 7ème flotte. Il gravit les échelons et passe sergent-chef à la section de reconnaissance de la 1ère compagnie du 3ème rang de la 5ème légion lors de l'arrivée des Hantariens dans l'univers S01.

// Décorations & Distinctions

Baltic-System 🎖️ Médailles :
Ruban Médaille
Blason de la Grande Guerre Patriotique - agrafe argent
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Badge
Tireur d'élite - agrafe de bronze
Ruban Campagne Ruban Grande Guerre Patriotique
Badge
Assaut terrestre - agrafe d'argent
Ruban Campagne Ruban Grande Guerre Patriotique
3. Tatiana ZEJEWSK (sans clan) - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Tatiana • INDEX_REF : #6

// Biographie

Elle n'est pas une Hantarienne historique. Elle est originaire des peuples ralliés à la cause hantarienne en G03 de l'univers s01. Orpheline de naissance, elle porte le nom de la ville qui l'a vu naître. Très tôt elle se passionne pour l'espace et rêve de piloter un vaisseau pour aller "dans les étoiles". A l'arrivée des Hantariens sur sa planète, elle s'engage aussitôt à l'école de pilotage qui vient de s'ouvrir aux femmes. Sa vie va alors se retrouver étroitement liée à celle des Hantariens.

// Décorations & Distinctions

Baltic-System 🎖️ Médailles :
Aucune médaille enregistrée
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Aucun badge homologué
4. Slaine NAUX du clan NAUX - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Slaine • INDEX_REF : #1

// Biographie

Issue d'une des plus ancienne famille hantarienne. Née au cours de de la la Grande Guerre Patriotique. Compagne de Zak LVOV qu'elle a rencontré lors de la fuite des Hantariens de leur univers d'origine. Au cours de la transhumance de la 7ème flotte, elle reste dans l'ombre de son conjoint en s'occupant essentiellement des déshérités. Mais, lorsque les Hantariens s'installent dans l'univers S01, de nouvelles opportunités vont s'ouvrir à elle et changer sa vie pour toujours.

// Décorations & Distinctions

Baltic-System 🎖️ Médailles :
Aucune médaille enregistrée
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Aucun badge homologué
5. Flavian BLUTCH du clan GLUMA - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Flavian • INDEX_REF : #5

// Biographie

Flavian GLUMA fut plongé très jeune dans les horreurs de la guerre lors de la grande guerre patriotique. Pilote de chasse puis commandant de bord sur frégate dans les "corps francs", c'est lors de l'évacuation de la 7ème flotte qu'il rencontre Nima BLUTCH. Il se marie avec elle juste avant leur arrivée dans l'univers S01 où les actions militaires répétées vont faire évoluer sa carrière et sa vie.

// Décorations & Distinctions

Baltic-System 🎖️ Médailles :
Ruban Médaille
Blason de la Grande Guerre Patriotique - agrafe bronze
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Badge
As - agrafe de bronze
Ruban Campagne Ruban Grande Guerre Patriotique
Badge
Bataille spatiale - agrafe de bronze
Ruban Campagne Ruban Grande Guerre Patriotique
6. Nima BLUTCH du clan BLUTCH - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Nima • INDEX_REF : #2

// Biographie

Jeune orpheline et seule survivante de son clan disparu au cours de la Grande Guerre Patriotique, elle prend très vite goût aux métiers des armes et au combat terrestre. D'un caractère impulsif et guerrier, elle fait partie des "corps francs" à la fin du conflit, juste avant la fuite de son peuple. Elle rencontre son compagnon (Flavian GLUMA) au cours des combats. Celui-ci devient ensuite son époux. Lors de l'arrivée dans l'univers S01, elle s'engage dans l'armée régulière. Elle travaille au PC de guerre puis au GQG. Profitant de l'ouverture faite aux femmes dans les troupes de combat, elle fait l'école de guerre et va profiter des opportunité qui vont se présenter à elle.

// Décorations & Distinctions

Baltic-System 🎖️ Médailles :
Ruban Médaille
Griffe d'Irub
Ruban Médaille
Blason de la Grande Guerre Patriotique - agrafe argent
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Badge
Brevet de tireur d'élite
Badge
Assaut spatial - agrafe de bronze
Ruban Campagne Ruban Grande Guerre Patriotique
7. May PEPE-GUES (sans clan) - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : May • INDEX_REF : #7

// Biographie

Elle n'est pas une Hantarienne historique. Elle est originaire des peuples ralliés à la cause hantarienne en G33 de l'univers s01. Première d'une fratrie de 3 enfants, elle fait son service obligatoire dans l'armée de sa planète d'origine. Une fois libérée de ces obligations, elle achète un débit de boisson avec ses 2 frères. Lors du ralliement de sa planète à la nation hantarienne son commerce devient florissant mais son destin va se retrouver lié à celui des Hantariens.

// Décorations & Distinctions

Baltic-System 🎖️ Médailles :
Aucune médaille enregistrée
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Aucun badge homologué

Annexes & Documents Complémentaires (Livre II)

Retrouvez ici les rapports complémentaires, cartes stellaires décodées et transmissions interceptées concernant l'ère d'Exile.fr.

[+] Alliances ayant accueilli la Nation Hantarienne sur l'Univers S01.