Référence : A44-EXODUS P17-08 B-29-03-2015 • Classification : Public
Livre III : Les Survivants de l'Arche n°44
Recueil de récits focalisés sur les aventures des Hantariens de l'Arche n°44. Naviguez à travers les registres sécurisés.
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Introduction au Livre III
Ce recueil retrace l'épopée des survivants lors de leur rencontre avec le peuple des Amazones après la fuite de l'Univers S01.
L'auteur original de ce travail de centralisation a souhaité conserver l'anonymat, laissant les actes de la Nation parler d'eux-mêmes à travers le flux temporel.
"Le récit est issu des journaux de bord décryptés de l'Arche n°44 et de témoignages des différents protagonistes."
Chapitre 01 : Les Amazones
Épisodes :
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Épisode 1 : Quelque part dans l'univers - Arche n°44
L'arche était en perdition. Une bonne partie de ses compartiments arrières avait disparu. Les alarmes s'étaient enclenchées et le vaisseau était brutalement sorti de son bond hyper spatial.
Automatiquement Nima fût réveillée. Groggy, elle eut beaucoup de mal à se redresser puis à s'extirper de son caisson de stase. Elle tituba tandis que les alarmes hurlaient toujours. Autour d'elle, plusieurs caissons s'étaient également ouverts et elle distinguait des ombres qui en sortaient. Après plusieurs secondes, qui semblèrent interminables, son cerveau commença à reprendre le dessus, dissipant la nausée qui lui tenaillait l'estomac. Elle prit une profonde inspiration et sans attendre les autres, se dirigea vers la passerelle pour tenter de comprendre ce qu'il se passait.
Elle déverrouilla le sas et pénétra dans le poste de pilotage baigné par la lueur vive des alarmes. Au premier coup d'œil sur le tableau principal, elle comprit : prêt d'un quart du vaisseau avait disparu. Sans plus attendre, elle se précipita pour déployer les cloisons étanches, essayant de redonner une certaine étanchéité au vaisseau. Ce faisant, plusieurs alarmes se coupèrent, soulageant un peu ses pauvres tympans. Elle soupira. La situation était grave, peut-être même désespérée mais il fallait agir. Plusieurs ombres l'avaient rejointe sur la passerelle.
Scrutant les écrans, elle ordonna :
- Trouvez moi une planète viable sans plus tarder. Sinon, au rythme où ça va, nous n'allons pas pouvoir aller bien loin...
Lysippé contemplait la cité qui grouillait à ses pieds. Elle s'était cachée derrière un énorme pilier du balcon d'apparat du palais royal et, ainsi dissimulée, nul ne pouvait la voir de l'extérieur.
C'était une jeune femme brune d'une vingtaine d'année tout au plus, les yeux couleur de nuit, mate de peau, sa tenue sobre aux allures militaire parfaitement sanglée soulignait sa silhouette fine et élancée. Elle avait été élue Reine depuis peu et, aidée de plusieurs conseillers qui avaient été ses précepteurs à une époque, avait entrepris de propulser son peuple vers un avenir qu'elle pensait meilleur. Ambitieuse, elle espérait ainsi voir sa nation se développer et tirer son épingle du jeu parmi les autres nations de la galaxie.
Les choses n'avaient pas trainé et elle s'émerveillait de tout ce qui s'étalait sous ses yeux. La ville avait bien changé. Plusieurs bâtiments de recherche avaient été construits ainsi que des complexes de formation pour les futurs chercheurs, des résidences, des hangars... Partout, la modernité commençait à supplanter l'habitat traditionnel et ancestral de son peuple.
Elle souriait, heureuse de vivre, sentant le jeune sang battre dans ses veines au même rythme que cette ville qui se développait devant elle.
Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas remarqué qu'un officier de sa garde était apparu.
- Ma Reine !? Pardonnez-moi...
Elle sursauta, rougit légèrement d'être surprise ainsi et se retourna. Elle reconnut alors l'un de ses officiers préférés :
- Oui Athénaïs ?
- Nous venons de détecter un vaisseau inconnu en approche. Notre patrouille d'alerte est déjà partie en interception. Je voulais vous avertir.
- Bien Athénaïs, je te suis.
Elle emboîta le pas de l'officier pour aller vers la salle de contrôle toute proche du palais. Soucieuse tout à coup, elle se demandait bien ce que sa pauvre planète pourrait faire contre un ennemi décidé à en découdre. Et ça n'était pas les 2 chasseurs derniers-cri que la cité possédait qui pourraient empêcher cela.
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Épisode 3 : Arche n°44 - Un Espoir
Nima serrait sa fille contre son cœur et ne la quittait plus. Elle l'avait sortie de stase aussitôt que la situation l'avait permise. Elle avait bien fait : l'arche se désagrégeait et un autre compartiment s'était disloqué, emmenant avec lui son lot de caissons où tous n'avaient pas été réveillés.
Ils étaient maintenant presque 500 à s'être regroupés à l'avant du vaisseau qui continuait à fendre l'espace. Autour de Nima, on pouvait voir May et Tatiana ses 2 seconds ainsi que Slaine. Cette dernière, complètement déroutée de se retrouver sur cette arche et dans cette situation semblait absente et insensible à ce qu'il se passait. Finalement, il y avait beaucoup de femmes et assez peu d'hommes : ils n'étaient que 20% des effectifs survivants. Les caissons avaient été rangés par sexe et malheureusement, les hommes avaient été placés à l'arrière du vaisseau...
L'arche continuait de se disloquer tout doucement : sa structure même était atteinte sans qu'aucun n'en trouve la raison exacte. Ce n'était d'ailleurs pas l'urgence dans la situation de crise où ils étaient. L'urgence était de trouver un système solaire et une planète où se réfugier avant que l'arche ne se transforme en une multitude de débris.
Au bout de 2 jours d'angoisse, ce fut chose faite. Une planète fut trouvée et avec bien du mal, les survivants y dirigèrent l'arche. Celle-ci répondait de moins en moins aux sollicitations des commandes. De même, sa propulsion réduite semblait ne plus pouvoir tenir bien longtemps. Plein d'espoir, les survivants se regroupèrent et s'organisèrent, espérant un atterrissage qui ne les mènerait pas tous à la mort.
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Épisode 4 : Arche n°44 - L'Approche
- Vaisseau inconnu identifiez-vous !
C'était la 3ème fois qu'une voix féminine et glaciale leur posait cette question. Depuis que l'arche s'était rapprochée de la planète, 2 chasseurs l'avaient rejointe et tournoyaient autour d'elle. Pour la 3ème fois, Nima répondit :
- Ici Arche n°44 de la nation hantarienne. Sommes en perdition et demandons autorisation de nous poser sur votre planète.
Mais rien n'y faisait :
- Vaisseau inconnu identifiez-vous ou nous allons faire feu.
Dans un accès de rage, Nima lança à travers la passerelle le communicateur.
- Plus rien à espérer de ce côté-là de toutes façons...
Elle se retourna vers les officiers de passerelle qui se trouvaient là :
- Faites passer ce message : accrochez-vous à ce que vous pourrez, nous allons atterrir.
En espérant qu'on nous en laisse la possibilité... Grommela-t-elle pour elle-même en serrant un peu plus sa fille contre elle.
Tout en se rapprochant de la planète, l'arche avait pris un peu de vitesse, happée par son attraction. L'officier des machines enclencha la procédure de ralentissement mais cela n'eut que peu d'effet. Le vaisseau répondait de moins en moins. C'était une lutte sans fin et vaine pour essayer de le diriger. Soudain, alors que l'arche allait atteindre l'atmosphère, l'un des 2 chasseurs lâcha une longue rafale à quelques mètres de son nez, comme pour lui barrer la route. C'était peine perdue, sans rien pouvoir arrêter, elle pénétra l'atmosphère devenant aussitôt incandescente.
Alors l'équipage lutta. Il lutta pour conserver une incidence raisonnable qui éviterait au vaisseau d'être disloqué ou de simplement rebondir sur l'atmosphère et d'être renvoyé comme une balle. Il fallait qu'il y arrive, c'était sa seule chance. Un dur combat s'engagea entre lui et le vaisseau qui devenait de plus en plus rebelle à sa volonté. A force d'effort pourtant, petit à petit, l'arche pénétra la couche protectrice de l'atmosphère. Bientôt un continent et des fleuves apparurent, puis des montagnes, des forêts et même une métropole.
- Enclenchez les aérofreins et inversez la propulsion, ordonna aussitôt Nima.
Se faisant, l'arche ralentit significativement mais sa trajectoire dévia légèrement, l'éloignant de la ville. Bientôt, le sol se rapprocha, tout devenait plus grand et réel. L'arrivée était proche. Il fallait s'accrocher et espérer survivre à un atterrissage qui serait peut être catastrophique.
Sur la passerelle tous retenaient leur souffle, espérant se poser sans trop de dommage.
Dans ses jumelles de précision, Cassandre voyait le lourd vaisseau se rapprocher de la seule zone dégagée des environs.
La veille elle avait reçu des ordres stricts :
Regrouper les troupes nécessaires dans la région de Thaline pour former trois lances de combat et les envoyer immédiatement dans le cadran H35. Parer à toutes éventualités. Employer la force si besoin.
C'est ce qu'elle avait fait aussitôt, embarquant tout ce qui était nécessaire à l'opération dans 3 transporteurs de combat surarmés qui serviraient d'appui-feu. Sur place, son groupe avait été rejoint par 2 lances de la garde royale dont le commandement était assuré par un jeune officier qu'elle ne connaissait pas. Ensuite, suivant l'approche du vaisseau inconnu, elle avait réussi à cibler sa zone d'atterrissage au kilomètre près. Ses 3 lances s'étaient donc positionnées en embuscade, encadrant le périmètre de la ZA. Les 2 lances royales restaient en réserve.
Elle observait donc le lourd vaisseau mal-en-point. Son équipage n'était pas manchot et il faisait des prouesses de pilotage dans ces circonstances malheureuses. Elle admirait ces inconnus qui avaient pu voyager dans l'univers, ce qu'elle n'avait jamais pu faire. Elle en rêvait pourtant depuis longtemps. C'était ça l'armée : quand on s'engageait dans les troupes au sol on y restait jusqu'à la fin de ses jours. Tout à ses pensées, elle étouffa un soupir mais n'eut pas le temps de s'apitoyer sur son sort : dans une manœuvre désespérée et presque impossible, le vaisseau avait réussi à se redresser et à se présenter dans l'axe de la ZA comme pour un atterrissage parfait.
Après de longues secondes, il s'approcha du sol dans un bruit infernal : ses moteurs hurlant vers le sol, essayant de ralentir la course folle du mastodonte. En vain. La vitesse d'approche était bien trop rapide. Il toucha brutalement le sol et rebondit pour le toucher une nouvelle fois, une centaine de mètres plus loin. Cette fois il percuta le sol, qu'il laboura profondément. Ses moteurs hurlaient toujours, leur propulsion inversée au maximum. La ZA était longue, il y avait largement assez de place pour qu'il ralentisse et s'arrête sans encombre. Ce qu'il fit après un bref instant.
Aussitôt Cassandre lâcha un "en avant" à sa troupe et tout le monde se rua au pas de course vers la carcasse fumante maintenant immobilisée, espérant ainsi priver de toutes velléités agressives ses occupants.
Comme à l'entraînement, tout se mit en place pour l'encercler. Une épaisse poussière mêlée de fumée noyait la scène, empêchant quiconque n'étant pas muni d'optiques adéquates, de voir ce qu'il se passait. Avant même qu'une reconnaissance soit envoyée au contact, un sas s'ouvrir de la paroi sombre et éraflée du vaisseau. A travers ses jumelles, Cassandra vit plusieurs silhouettes apparaître.
- N'avancez plus ! ordonna aussitôt Cassandre à leur intention. Mettez les mains en l'air et ne bougez plus !
Les silhouettes s'arrêtèrent comme hésitantes. Une seule continua d'avancer sans obtempérer.
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Épisode 6 : Arche n°44 - Pont n°6
Un brouhaha indescriptible régnait dans le hall de débarquement de l'arche. Nima parvint après maints efforts à se frayer un passage jusqu'au sas qui permettait l'accès à l'extérieur.
- Pourquoi ce sas est-ouvert ? demanda-t-elle incrédule aux Hantariens qui se trouvaient là.
Personne ne répondit. Elle pénétra donc à l'intérieur et retrouva May Pépé-Guès l'un de ses seconds à bord de l'arche. Elle l'interpella :
- Lieutenant qui a ouvert ce sas ?
May la regarda, dépitée, et répondit :
- Le lieutenant NAUX, commandant. Je ne sais pas ce qu'il lui est passé par la tête mais, dans la confusion, elle a échappé à ma surveillance et elle est sortie...
Le sang de Nima se glaça.
La compagne du général LVOV ! Envolée ! Il m'en a confié la garde ! C'est pas vrai... Mais c'est pas vrai ! S'énerva-t-elle intérieurement.
- Et où est-elle maintenant ?
Son lieutenant haussa les épaules :
- Aucune idée commandant, elle a descendu la rampe et a disparu dans la poussière qui nous entoure.
- Mais c'est pas vrai ! s'exclama Nima cette fois à haute voix. Et personne ne l'a suivi ?
- Euh... Non... Balbutia May. Je n'ai pas osé vu les injonctions faites depuis l'extérieur. Quand on me dit "N'avancez plus", j'ai tendance à ne pas bouger...
Nima ravala la rage qui montait en elle. Ses réflexes de commandant du 2ème rang de la 17ème légion hantarienne reprirent le dessus.
- Vous appelez le capitaine ZEJEWSK. Qu'elle récupère toutes les armes de guerre disponibles et qu'elle les donne aux personnels qui ont une formation militaire. De mémoire, il y en a une cinquantaine. Demandez-lui également d'activer les droïdes de combat qui se trouvent sur le pont n°5. Que tout le monde se regroupe ici. Vite ! Et faites évacuer le hall des personnels restants.
- Reçu commandant ! Aboya May en retour.
May saisi un communicateur et appela aussitôt le capitaine Tatiana ZEJEWSK. Si le regroupement se faisait rapidement, il y aurait bientôt une troupe d'une centaine de combattants pour défendre l'arche.
De son côté, Nima s'approcha de l'ouverture béante et tenta de voir ce qu'il se passait dehors. En vain. Sa fille pelotonnée dans sa poche ventrale la gênait considérablement. Impatiente, elle regarda par-dessus son épaule et aperçut un droïde de combat, lourdement armé, qui venait d'arriver.
Elle le héla mentalement et lui tendit sa fille toujours endormie dans la poche kangourou. Le bipède de métal la prit précautionneusement puis retourna dans le vaisseau sans broncher. Dorénavant, sans un ordre contraire de Nima, il se ferait détruire sur place plutôt que de lâcher ce précieux petit être qui venait de lui être confié.
Rassurée, Nima fut de nouveau surprise de parler aux droïdes sans avoir besoin d'ouvrir la bouche. Cela se produisait depuis qu'elle avait été gravement blessée au combat et "cybernétiquement rééquipée" comme elle aimait l'expliquer aux gens qui n'étaient pas au courant. Elle se disait parfois qu'elle ressemblait plus à un droïde qu'à une humaine maintenant... Pourtant, elle avait eu sa fille depuis. Elle secoua la tête.
- Ce n'est pas le moment, murmura-t-elle tout en saisissant le fusil d'assaut MAKR-73 que le droïde avait laissé en partant.
Elle vérifia rapidement son approvisionnement et sourit brièvement, satisfaite :
- Nous avons de quoi nous défendre s'il le faut...
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Épisode 7 : Torrtur - Plaine de Thaline - Détresse
Un cauchemar. Depuis son réveil 2 jours plus tôt, c'était vraiment un cauchemar.
Pourquoi ? Pourquoi cette trahison ! Zak ! Pourquoi ?
Elle n'arrivait pas à comprendre, ou bien feignait tout simplement de ne pas comprendre, pourquoi elle se retrouvait sur cette arche en perdition, seule, sans l'amour de sa vie, sans son Zak. Son Zak qu'elle ne reverrait sans doute jamais. C'était insupportable. Intolérable. La tristesse la submergeait à chaque fois qu'elle y repensait. Alors, depuis son réveil, elle n'avait fait que subir les événements. Tout lui importait peu maintenant. Autour d'elle, tous ces gens semblaient si préoccupés par leur survie. Personne pour s'intéresser à elle. Peu à peu, la dépression la submergea :
À quoi bon...
Elle avait donc assisté à l'entrée dans l'atmosphère et à l'atterrissage du vaisseau comme une simple spectatrice amorphe. Ensuite, sans savoir comment, elle s'était retrouvée dans le hall d'embarquement. C'est à cet instant précis qu'un déclic se fit en elle : il fallait qu'elle sorte. C'était tout ce qu'elle voulait. Sortir et en finir.
Elle réussit à détourner l'attention de son ange-gardien et rapidement ouvrit la 1ère porte d'accès au sas. Avant que quelqu'un puisse intervenir, elle déverrouilla la porte extérieure, la franchit et marcha sereinement sur la rampe d'accès qui s'était déployée automatiquement. Derrière elle, une voix se fit entendre :
- Lieutenant ! Revenez !
Au même instant, devant elle, à travers la poussière encore épaisse, un ordre claqua :
- N'avancez plus ! Mettez les mains en l'air et ne bougez plus !
Pourtant, elle n'obtempéra pas. Elle n'avait jamais été aussi sûre d'elle-même. Sa décision était prise et elle ne reviendrait pas en arrière. Il lui suffisait d'avancer encore et tout serait réglé. Il n'y aurait plus de problème, plus de soucis, plus de doute et de désespoir.
Elle continua à avancer tranquillement, espérant la fin toute proche. Mais la mort ne vint pas. Avant qu'elle ne s'en aperçoive, 3 ombres s'étaient précipitées sur elle pour la plaquer au sol et la maîtriser. Déconfite, elle se débattit, réussissant à desserrer l'étau qui l'emprisonnait. Elle frappait, hurlant de rage :
- Allez ! Tuez-moi !!! Aller ! Qu'est-ce que vous attendez !
En vain. Elle se retrouva bientôt ligotée, face contre terre. Un genou, lui broyant les reins, l'empêchait de bouger. Alors, au désespoir, elle éclata en sanglots sans pouvoir se maîtriser. La digue qui avait jusque-là bloqué son chagrin s'était rompue. Une voix amicale l'interpella :
- Calmez-vous ! Vous êtes saine et sauve. Tout va...
Elle fut brutalement interrompue par celle de Nima qui hurla un ordre impétueux à travers la poussière qui se dissipait enfin :
- Lâchez là ! Lâchez-là et reculez immédiatement !
Autour la lumière du soleil éclairait maintenant la scène tandis que le cliquetis des armes braquées se faisait entendre.
Il suffisait d'un rien pour que la situation dégénère. Cassandre en était parfaitement consciente. Elle avait cru avoir la situation bien en main mais entre cette furie qu'il avait fallu maîtriser et ce commando armé qui menaçait son groupe, les événements lui échappaient. Face à elle, une vingtaine de combattants décidés braquaient leurs armes dans sa direction. Elle était particulièrement impressionnée par la dizaine de bipèdes métalliques qui semblaient aussi vifs et guerriers que leur chef. Ce dernier en imposait par sa simple attitude. Cette farouche guerrière avait connu le combat c'était certain. Elle semblait parfaitement à son aise pour gérer ce type de situation. De son côté, Nima n'en menait pas large. Elle avait regroupé rapidement quelques hommes et les droïdes qui se trouvaient là. Puis fonçant hors de l'arche à travers la poussière qui retombait, son groupe était parti à la recherche du lieutenant Slaine NAUX. Il l'avait trouvé au moment même où celle-ci se faisait maîtriser par "les autres". Nima avait alors hurlé son ordre mais, la poussière s'étant dissipait, elle avait très vite compris qu'ils étaient dans une situation intenable. Encerclés de toutes parts sans aucun moyen de fuite, que pouvaient-ils bien faire d'autres que déposer les armes ou mourir ? Elle se demandait si elle avait bien fait de réagir si vivement. La situation était bloquée. Au même moment, comme pour confirmer sa sombre analyse, 2 vaisseaux hostiles lourdement armés se démasquèrent au-dessus des arbres qui lui faisaient face. Que faire ? Pourtant, ne voulant pas perdre l'initiative, elle chuchota dans son communicateur : - Capitaine, activez 2 arachnodroïdes. Presque aussitôt, derrière elle, 2 monstres de métal sortis du vaisseau échoué, apparurent. Ces 2 araignées géantes de 3 mètres de haut armées de 8 canons mitrailleurs de 20mm, avancèrent pour se positionner pratiquement au-dessus du groupe des Hantariens. Tels des félins protégeant leurs petits, ils braquaient sans relâche leurs armes sur les vaisseaux et les postions ennemis qu'ils avaient identifiés, recalculant sans relâche les meilleurs angles de tir avec lesquels ils avaient le plus de chance de faire mouche. Cette fois, c'est Cassandre et ses hommes qui frémirent devant ce déploiement de matériel inconnu. Comme pour se rassurer, Cassandra tenta son va-tout et aboya un ordre à son tour : - Déposez-vous armes immédiatement ! Vous êtes cernés. Malgré toute votre puissance vous n'avez aucune chance. Au moindre tir, vous serez tous neutralisés sans exception ! - Nous préférons mourir les armes à la main, rétorqua aussitôt Nima, buttée. - Mais vous serez tous sains et saufs, répliqua Cassandre. - On voit ce qu'il en est de vos belles paroles, vociféra haineuse Nima en désignant Slaine toujours ligotée et plaquée au sol. - C'est faux ! Répondit Cassandre désolée. Ça n'est pas... Elle fût interrompue par une main apaisante qui se posa sur son épaule : - Laisse-moi faire Cassandre.
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Épisode 9 : Torrtur - Plaine de Thaline - La Reine
Surprise, Cassandre se retourna brutalement et se retrouva nez à nez avec l'officier qui commandait les 2 lances de la Garde. Elle n'avait pas eu l'occasion de parler avec lui depuis la veille ce qui ne faisait rien pour arranger les choses. Alors qu'elle allait ouvrir la bouche pour tancer vertement cette imprudente encapuchonnée dont elle n'arrivait pas à voir le visage, la jeune inconnue ôta sa capuche et dévoila un visage jeune et serein. Le sang de Cassandre se figea : - Ma Reine ! Confuse de ce qu'elle allait faire, elle s'agenouilla aussitôt comme pour implorer son pardon. Nullement agacée, Lysippé sourit et posa sa fine main sur la tête de son officier. - Relève-toi Cassandre et ne t'inquiète de rien. Je vais avoir une conversation avec cette inconnue qui, tout comme nous, doit être civilisée. Je suis certaine qu'elle sait parler un autre langage que celui des armes. Tout se passera bien... Et fais reculer ton groupe dans la forêt afin que tout le monde se détende. - À vos ordres ma Reine, murmura Cassandre déconfite en se redressant. Elle n'osait pas encore la regarder franchement. Sa main droite cherchait le communicateur accroché à sa ceinture. Lysippé posa alors la main sur ce poing ganté. Cassandre tressaillit. Les mots se bousculaient dans sa tête sans qu'elle ne puisse les exprimer. La situation était tellement dangereuse ! Comment pouvait-elle laisser sa Reine à la merci d'inconnus qui semblaient prêts à tout ? Elle préférait plutôt mourir ! Les fins doigts serrèrent un peu plus son poing. Leurs regards se croisèrent. Sans savoir comment, comme par magie, toutes les objections de Cassandre s'envolèrent. Elle était rassurée maintenant, étant sûre que tout allait bien se passer. - Groupe de combat Alpha, reculez jusqu'à la lisière des arbres, dit-elle dans son communicateur. Lysippé la remercia d'un battement de cils. Promptement, le groupe de combat s'exécuta pour disparaître dans la frondaison environnante. Alors, Cassandre s'écarta pour laisser passer Lysippé qui s'avança seule vers la silhouette hostile de Nima.
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Épisode 10 : Torrtur - Plaine de Thaline - Pourparlers
Que se passe-t-il ? C'est quoi cette histoire ? Se disait Nima circonspecte. D'abord un conciliabule entre l'officier d'en face et une jeune femme qui avait surgie de nulle part, puis les troupes adverses qui se retirent et pour finir cette même jeune femme qui s'avançait maintenant vers elle. Même si la situation semblait meilleure pour les Hantariens, elle n'en restait pas moins sur ses gardes. En plus, dans ce genre de situation, elle avait horreur de subir les événements sans en être l'initiatrice. Au même moment, dans sa tête, une voix claire s'adressa directement à elle : Bonjour, je suis Lysippé, Reine des Amazones. Abasourdie, Nima sursauta et faillit lâcher son MAKR-73. Elle écarquilla les yeux stupéfaite. D'où provenait cette voix ? Jusqu'à présent seule sa fille avait ce pouvoir ! Ne soyez pas effrayée. Vous êtes imprégnée tout comme moi. Je l'ai très vite ressentie... - Cessez immédiatement ! S'écria Nima ulcérée par ce « viol ». Je vous interdis de faire ça ! Lysippé était arrivée à la hauteur de Slaine qui, toujours ligotée, restait prostrée sur le sol. Elle écarta les mains en signe d'apaisement et s'exprima à son tour : - S'il vous plaît ! Je viens en paix. Approchez-vous. Gardez votre arme si vous le voulez, je n'en ai pas... Et puis, il serait peut-être temps de vous occuper de votre amie, finit-elle par dire en désignant de la main Slaine. Lysippé semblait vraiment désolée d'avoir choquée Nima de la sorte. Cette dernière, toujours tendue, resta silencieuse quelques longues secondes mais finit par acquiescer pourtant : - Vous avez raison... Tout ça ne sert à rien... Je... Je me présente : je suis Nima BLUTCH du clan BLUTCH de la Nation Hantarienne. Je suis le commandant de l'arche n°44 de cette même nation. Puis comme pour signifier ses bonnes intentions, elle déposa son arme au sol et, à son tour, s'approcha. Se faisant, elle essaya de jauger ce jeune chef d'une nation dont elle n'avait jamais entendu parler ailleurs que dans les contes pour enfants. Entre temps, Lysippé s'était accroupie et avait libéré Slaine de ses liens. Cette dernière n'avait toujours aucune réaction. Nima, toute proche maintenant, s'accroupit à son tour. - Votre amie semble tourmentée par de sombres et bien lourdes pensées, lui dit Lysippé. Elle est toute proche de basculer dans la folie. Nima soupira, triste de voir Slaine si désemparée : - On m'en a confié la garde et j'en suis responsable. Malheureusement... Sa mâchoire se raidit. Malheureusement, je ne me suis rendue compte de rien... Ces derniers jours ont été durs pour nous... Et... Et pour moi aussi... Son regard croisa celui de Lysippé qui lui sourit pleine de compassion. Elle paraissait comprendre le poids de la lourde responsabilité qui reposait sur ses épaules. Alors, comme si elles se connaissaient depuis toujours, les 2 chefs s'assirent sur le sol et commencèrent à discuter. Elles parlèrent de tout. Elle parlèrent du passé et du présent mais surtout, surtout, elles parlèrent de l'avenir et de ce qui pouvait être envisagé pour qu'il soit commun entre leurs 2 peuples.
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Épisode 11 : Torrtur - Arche n°44 - Pont n°5
- Mais qu'est-ce qu'elles font !!! C'était la 5ème fois en 15 minutes que May posait la question à Tatiana. - Arrête de t'agiter comme ça ! C'est vraiment énervant. Répondit cette dernière les jumelles braquées vers la plaine. Elles sont toujours en train de discuter. - Mais ça fait bientôt 2 heures ! Renchérit May qui piaffait d'impatience dans le dos de Tatiana. Tatiana se retourna, un peu excédée : - Mais tu veux bien arrêter de t'agiter comme ça ! On dirait une gamine ! C'est fatiguant tu sais ! May haussa les épaules : - Si on peut même plus poser une question... Tatiana sourit enfin devant la mine renfrognée de May : - C'est pas la peine de bouder non plus. Sois patiente. Et, pour la réconforter, elle déposa un léger baiser sur ses lèvres. Le visage de May se détendit mais elle renchérit pourtant : - N'empêche que ça fait un bon moment que ça dure... Au fait ! Tu me passes les jumelles ? C'est mon tour là non !? Tatiana tendit aussitôt le bras au dessus de sa tête. - Viens les chercher si tu peux ! Répliqua-t-elle narquoise. - C'est pas du jeu ! Tu es la plus grande ! Bougonna May en retour. Elles aimaient bien se chamailler ainsi depuis leur réveil. Cela leur permettait de décompresser. Ce petit jeu dura plusieurs minutes avant qu'elles ne s'arrêtent pour reprendre leur souffle. Leur regards se croisèrent et elles éclatèrent de rire. - Hey ! Tatiana ! Regarde ! Elles se sont levées et le commandant revient vers nous avec le lieutenant, s'exclama soudain May les yeux écarquillés. - Arrête d'essayer de biaiser pour obtenir les jumelles... Sourit Tatiana amusée. - Je t'assure ! Regarde par toi même. Renchérit May qui s'était rapprochée du hublot extérieur. Tatiana se retourna, braquant les jumelles vers la scène. - C'est bien vrai ! S'exclama-t-elle à son tour. Le commandant soutient Slaine et elles reviennent vers nous. Et l'autre femme repart de... - La dernière arrivée a perdu ! L'interrompit May en lui claquant les fesses. Puis elle fit volte-face et s'engouffra dans l'escalier qui menait au hall de débarquement. - Mais quelle gamine ! Maugréa Tatiana toujours amusée en dévalant à son tour l'escalier. Attends-moi ! J'aimerais bien que nous soyons toutes les deux pour savoir ce qu'il va se passer maintenant !
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Épisode 12 : Torrtur - Arche n°44 - L'Avenir
La discussion s'était terminée en toute amitié et Nima était sur le chemin du retour. Slaine pesait contre son épaule mais cela ne la gênait pas outre mesure, elle la tenait solidement. Elle se sentait rassurée dans cette claire journée qui se terminait. La lueur du jour commençait à baisser derrière les hauts arbres. Depuis l'atterrissage, elle n'avait même pas profité de l'air pur. S'en rendant compte, elle respira à plein poumon, humant les senteurs de la végétation qui les entourait. Elle était rassurée, soulagée. La situation était enfin débloquée. Les 2 femmes arrivèrent enfin sur la rampe d'accès puis pénétrèrent dans le hall d'embarquement. Ce dernier était plein à craquer : encombré par les droïdes de combat et la troupe armée qui était rentrée faute de combat et encombré par la majorité des Hantariens survivants qui attendaient les nouvelles qui décideraient de leur avenir. Nima laissa une équipe médical prendre en charge Slaine et, sans attendre, grimpa sur des caisses de munitions qui avaient été empilées là. Elle toussota pour s'éclaircir la voix avant de parler : - À votre attention ! J'ai de bonnes nouvelles : nous restons ici. Un murmure de soulagement parcourut l'assistance. Nima poursuivit : - La Reine Lysippé du peuple des Amazones, accepte de nous accueillir, de nous protéger et de nous aider. Dans l'immédiat, il apparaît que nous ne pourrons pas repartir pour continuer notre voyage. Nos hôtes n'ont pas notre technologie et notre arche est bien trop abîmée pour repartir. Nous avons donc fait un pacte : nous allons les aider grâce à nos connaissances, à nos compétences et ils vont nous accueillir sachant que dès que cela sera possible, nous pourrons repartir. Je comprends que beaucoup d'entre nous souhaitent retrouver leurs proches au plus vite mais il va falloir être patient. De toute façon, la situation n'est pas fermée. Pour le moment, comme tout le monde peut le comprendre, nous restons en quarantaine. Du ravitaillement va nous être apporté dès ce soir. Des troupes de combat amazones vont rester sur place pour assurer notre protection. De notre côté, nous allons instaurer des tours de garde avec interdiction formelle de sortir de l'arche pour le moment. Ce dispositif sera assoupli par la suite et nous serons accueillis dans leur cité, Arkadia. C'est tout ce qu'il y a dire pour le moment, finit-elle par dire avant de descendre de son estrade improvisée. Autour d'elle la joie éclata. Les Hantariens étaient soulagés. Beaucoup venaient à sa rencontre pour la félicité et la remercier. Elle souriait, heureuse également. Mais, elle n'aspirait qu'à une chose pour le moment, retrouver sa fille. Ce qui fut rapidement fait, dès que le droïde qui en avait la garde lui apporta. Une fois la fille dans les bras, la fatigue s'abattit sur elle. Elle délégua divers consignes aux officiers qui étaient là puis conclut avant de se retirer dans une pièce pour prendre du repos : Nous verrons la suite demain. Oui, demain. Tout n'était pas encore fini. Il y avait et il y aurait encore beaucoup à faire. Et puis, la suite viendrait bien assez tôt pour elle et ses compatriotes.
Chapitre 02 : Renaissance
Épisodes :
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Épisode 1 : Galaxie Pégasus - Système Banan - Planète Torrtur - Forêt du district d'Arkadia - Conversation
Pourquoi ? Slaine ! Cesse de poser cette question ! Tu as déjà la réponse... Écoute ce qu'il se passe autour de toi. Mais je veux savoir POURQUOI ! Ça suffit Slaine, tu fais l'enfant. Toi ça suffit. Tu ne réponds jamais clairement, seulement par ellipses. J'en ai assez ! J'en ai assez de tout... C'est ça continue ! Continue et tu vas repartir en vrille comme la dernière fois. Vraiment... Ça n'est pas comme ça que tu vas avancer ! Tu espères quoi ensuite ? ... Gagné ! Maintenant tu boudes... Écoute Slaine, je te l'ai dit et te le répète encore : tu connais toutes les réponses et il n'y a que toi qui peux continuer à avancer. Écoute ce qu'il se passe autour de toi. ASSEZ ! Arrête ! Ah ! Tu reparles ! C'est déjà ça... Pas comme la dernière fois. Quand j'y repense franchement... Essayer de mourir ! Heureusement que j'étais là pour t'en sortir après. Oui. Oui... Je sais... Nous en avons déjà parlé mais c'était trop lourd à porter pour moi. Oui mais quand même. Une combattante comme toi. Tu as déjà affronté tant de chose alors disjoncter pour "ça"... Pour "ça" !!! Non mais tu te rends compte de ce que tu dis là ! Tu imagines ce que j'ai pu ressentir ! Ok ! Nous n'allons pas revenir là-dessus... Mais il faut que tu avances. Tout viendra en temps et en heure de toutes façons. ... Tu ne réponds pas encore une fois Slaine. Il faut vraiment que tu avances... J'EN AI ASSEZ ! CA SUFFIT !!! l'interrompit Slaine qui secoua la tête pour sortir de sa torpeur.
Aussitôt, elle reprit conscience de ce qui l'entourait. Elle soupira, lasse. Ces séances d'introspection lui semblaient de plus en plus inutiles et épuisantes. Les conversations tournaient en rond et revenaient toujours sur les mêmes choses : "il faut que tu avances", "écoute ce qu'il se passe autour de toi"... - Gna gna gna ! Se surprit-elle à dire à haute voix.
Elle sourit très brièvement puis se referma de nouveau. Elle regarda autour d'elle, reprenant conscience de ce qui l'entourait. Perchée depuis plusieurs heures sur la branche d'un immense arbre, elle remarqua qu'il s'était mis à pleuvoir entre temps. La pluie glaciale ruisselait sur elle. Insensible à la morsure du froid, elle restait là, comme une statue, stoïque sous le déluge. Aucun être vivant n’était visible, seul le clapotis de la pluie et de son ruissellement se faisait entendre à travers la végétation.
"Écoute ce qu'il se passe autour de toi." Cette phrase raisonnait inlassablement dans sa tête.
Au même moment, comme y faisant échos, un bruissement de feuilles et de branches se fit entendre.
Soudain aux aguets, Slaine tendit l'oreille : quelqu'un fuyait à travers la végétation, en contrebas de l'arbre où elle était perchée.
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Épisode 2 : Torrtur - Forêt du district d'Arkadia - La Fuite
Thélémaque fuyait. Il fuyait comme il ne l'avait jamais fait de toute sa jeune vie et comme il n'en aurait très certainement plus jamais l'occasion. À moins que... Il fallait qu'il atteigne l'arbre gigantesque qui lui offrirait un refuge où le ubiytsa ne pourrait pas l'atteindre. Il connaissait cette forêt comme sa poche. Enfant déjà il parcourait ces sentiers en tous sens avec sa cousine Lisyppé. L'arbre ne devait plus être très loin maintenant. Il fuyait, insensible à la pluie et à la végétation qui lui cinglaient le visage. Les poumons en feu, il sentait bien que cette course folle était proche de finir. D'une façon ou d'une autre il y aurait une fin. Deux fois déjà il avait réussi à changer de direction pour dérouter son poursuivant mais celui-ci ne se décourageait pas. Il était taillé pour la chasse : poursuivre sa proie, l'affoler et attendre qu'elle se fatigue pour ensuite l'attraper et la serrer dans ses mâchoires hérissées de crocs acérés. Derrière lui, Thélémaque entendait le bruit de ses longues foulées souples. Son poursuivant ne semblait nullement fatigué. Il frissonna, détrempé par la pluie et la sueur. D'où pouvait bien provenir cet animal ? Il n'y en avait pas sur Torrtur ! Il n'en avait vu jusqu'alors que durant ses cours sur la faune de l'univers, en illustration. En le voyant tout à l'heure, prêt à bondir, il aurait pu s'extasier devant cette merveille de la nature. Sans attendre son reste, il avait détalé dans la végétation, laissant ses 2 camarades qui campaient à quelques mètres de là. Étaient-ils toujours vivants ? Son corps commençait à se fatiguer. Son esprit également, saturé par l'adrénaline et le stress. Pourtant, dans un dernier éclair de lucidité, il aperçut le tronc de l'arbre qu'il cherchait. Franchissant les derniers mètres qui l'en séparaient, il sentit le ubiytsa se rapprocher de lui. Alors, il tenta une dernière esquive avant d'atteindre l'arbre refuge. Hélas, derrière lui, le félin avait anticipé et, bondissant, lui envoya un coup de patte dans les jambes pour le déséquilibrer. Stoppé net, Thélémaque culbuta dans la mousse, au pied de l'arbre immense. Exténué, il exhala un dernier souffle de vapeur brûlante. Son regard se perdit dans la cime de l'arbre comme une dernière supplique aux anciens dieux de son peuple. Au même moment, il sentit une lourde patte se poser sur son torse et des crocs lui broyer l'épaule droite à la naissance du cou. Sa main gauche saisit vainement le museau du prédateur essayant de le faire lâcher prise. Mais son regard se voila et la main brandit retomba lourdement sur la mousse. Thélémaque perdit connaissance.
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Épisode 3 : Torrtur - Forêt du district d'Arkadia - Duel
Slaine réagit sans analyser précisément la situation. Quelqu'un était en danger et c'est tout ce qui importait. Elle dégaina les 2 yatagans que le commandant Nima BLUTCH lui avait offert quelques jours auparavant et dévala de l'arbre en bondissant de branche en branche. Lorsqu'elle arriva au pied de l'arbre, l'animal avait déjà saisi sa proie qui ne montrait plus aucun signe de vie. Soudain déterminée face à cette situation désespérée, Slaine poussa un hurlement de rage à l'intention du prédateur. Surpris, celui-ci lâcha sa prise. Une patte toujours posée sur sa proie, sa queue fouetta nerveusement le sol et il grogna à son tour, exhibant les crocs acérés de sa gueule entrouverte. Les 2 adversaires se toisaient, d'un côté le ubiytsa, oreilles à l'horizontal, pupilles dilatées au maximum et poils hérissés sur l'échine, de l'autre Slaine, regard dur, en position d'attaque, ses 2 lames prêtes à frapper. L'animal attaqua le premier. Le goût du sang de sa proie l'avait mis en appétit et l'incitait certainement à accélérer les choses. Vif comme l'éclair, il se ramassa sur lui et bondit en avant, toutes griffes dehors. Slaine esquiva prestement cette attaque sans surprise mais avant qu'elle ne puisse se remettre en position, le félin s'était de nouveau ramassait sur lui et avait projeté une de ses pattes vers elle. Quelle vivacité ! Pensa-t-elle surprise. In extremis, elle projeta sa tête en arrière pour éviter le coup et seules 2 griffes lui lacérèrent le front et la joue droite. Vive comme l'éclair, elle projeta l'un de ses yatagans vers cette patte monstrueuse pour y plonger sa lame. La bête s'était découverte, il fallait en profiter pour lui porter un coup qui serait peut-être décisif. Face à elle, le félin poussa un miaulement plaintif et recula prestement à son tour. La patte blessée restait en l'air mais les yeux fous du ubiytsa n'indiquaient pas qu'il allait rompre le combat. Slaine put y lire comme de la haine à l'état pur. Elle inspira calmement pourtant, jaugeant la situation. Le sang coulait sur son visage et de sa joue, voilant de rouge son œil droit. C'était une blessure superficielle qui ne la gênait pas pour le moment. Il fallait qu'elle provoque quelque chose, une réaction, un énervement... Parfois, un animal s'emportait comme un humain et cela pouvait faire la différence. Déterminée, elle hurla alors, s'adressant à la bête qui s'apprêter à attaquer de nouveau : - Tu cherches quoi ? La mort ? C'est ce que tu veux ? Je ne souhaite pas te tuer mais je le ferais si c'est nécessaire ! Surpris dans son élan, l'animal stoppa son attaque, émettant un long grognement roque et sourd qui raisonna en elle : - Je n'ai pas peur ! Alors viens si tu l'oses ! ALLER ! Pour toute réponse, une nouvelle fois, l'animal bondit.
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Épisode 4 : Torrtur - Forêt du district d'Arkadia - Fin de Round
C'était la 3ème attaque que Slaine réussissait à esquiver puis à contrer. Les 2 adversaires se toisèrent une nouvelle fois. Le total était de 4 pour 1 maintenant : le ubiytsa avait 4 blessures et Slaine une seule. Bien que ses blessures ne soient pas mortelles, l'animal perdait son sang abondamment et il était clair qu'il ne pourrait pas continuer à ce rythme là longtemps. Il semblait s'en rendre compte, sa dernière attaque avait juste était un simulacre, de l’esbroufe pour impressionner l'adversaire. De son côté, Slaine était en meilleure forme mais le sang poisseux inondait toujours son œil droit avec lequel elle ne voyait pratiquement plus rien. De plus, des mèches de cheveux s'y collaient à chaque mouvement de tête un peu brutal. Elle essuya le tout d'un revers de manche, ramenant les mèches de cheveux vers l'arrière de sa tête. Il ne fallait pas se laisser distraire et prendre l'initiative cette fois. Continuer ce jeu du chat et de la souris ne l'amènerait nulle-part. Par contre, une blessure décisive ou mortelle pourrait faire pencher la balance. Sans attendre, elle sauta en avant pour une attaque frontale et, tandis que le félin tentait une contre-attaque, elle esquiva prestement pour attaquer le flanc gauche, vers la patte blessée du prédateur. Bondissant dans les airs, elle effectua un barani parfait. Au sommet de son mouvement, elle enfonça profondément l'une de ses lames dans l'épaule du prédateur puis dégagea sa lame pour atterrir 3 mètres plus loin, faisant de nouveau face à l'ennemi pour attaquer. Ce qu'elle ne fit pas. Abandonnant sa position d'attaque, elle se redressa fièrement et, les 2 yatagans reposant nonchalamment le long de ses jambes, harangua l'animal blessé. - Alors ? Tu décides quoi ? On continue ou on en reste là ? Pour toute réponse, la bête blessée grogna plaintivement. Sa patte semblait vraiment la faire souffrir. - Tu décides quoi ? Insista-t-elle, regardant le ubiytsa droit dans les yeux. Ce dernier secoua la tête. Il regarda sa proie toujours inerte à quelques pas puis pointa son regard de nouveau sur Slaine. Il se détendit légèrement et recula de quelques pas, la fixant toujours. Tout à coup, sans demander son reste, il fit volte-face et en quelques foulées, disparut dans la végétation. Slaine tendit l'oreille : ce n'était pas un piège, les bruits de la végétation et des foulées du félin s'estompèrent bientôt. Il avait rompu le combat sans demander son reste. Elle était satisfaite, presque heureuse de ce dénouement car le combat n'avait duré que quelques minutes. Pourtant, un faible gémissement émit par le corps qui gisait au pied du grand arbre la ramena vite à la réalité. Elle s'y précipita, s'agenouillant près de l'adolescent dont elle découvrait enfin le visage. Les lèvres exsangues, le teint blafard, il semblait proche de la mort. Se rappelant les notions de secourisme qu'elle avait apprises quand elle était pilote, elle ausculta rapidement le jeune homme. Il était encore en vie, il fallait donc agir pour tenter de le sauver. Elle prit sa trousse de premier secours qu'elle conservait toujours attaché au niveau des reins et en sortit divers compresses ainsi que des "harnais bandage". Puis, elle comprima et pansa la plaie béante de l'épaule du garçon. Si l'animal l'avait saisi à la gorge, je n'aurais rien pu faire, pensa-t-elle en injectant une solution d'antibiotiques dans le bras du blessé. Par contre, je n'ai aucun moyen d'appeler des secours. Perplexe, Slaine se redressa et, après avoir essuyé ses yatagans à l'aide d'une large feuille de lierre, elle les rengaina. Perdue dans ses pensées, elle sursauta, surprise par des bruits provenant de derrière elle. Une nouvelle fois la phrase "Écoute ce qu'il se passe autour de toi !" résonna dans sa tête.
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Épisode 5 : Torrtur - Arkadia - Salle du conseil royal
L'officier entra brutalement dans la pièce, interrompant la discussion entre la Reine et ses ministres. Cette dernière redressa la tête, fronçant les sourcils. Sans perdre sa contenance, le jeune messager la salua : - Ma Reine, j'ai un message de la plus haute importance à vous communiquer. Puis-je approcher ? - Tu peux. Lui répondit-elle. Il s'approcha à grandes enjambées et lui tendit le message. Lysippé s'en empara aussitôt pour en lire le contenu.
Avons été informé par 2 de ses camarades que Thélémaque, cousin de notre Reine, était porté disparu suite à l'attaque d'un ubiytsa dans la Grande Forêt du district d'Arkadia, cadran 73. Sans nouvelle de lui actuellement. Unité de recherche en cours d'organisation pour envoi sur zone.
Elle blêmit mais se reprit aussitôt. - Un ubiytsa !? Qu'est-ce que ce prédateur peut bien faire chez nous ? Encore une importation illégale d'une "peluche" dont on se débarrasse en forêt une fois qu'elle a grandi... Grommela-t-elle pour elle même. Puis elle regarda le jeune officier en lui désigna le message : - Tu as connaissance du contenu ? - Oui. - Quelles mesures ont été prises ? - Nous n'avons pas d'unité disponibles dans cette zone. Les plus proches sont celles des Hantariens qui ont une équipe toute proche en manœuvre actuellement. Ils se sont proposés et je pense qu'ils n'ont pas attendu notre réponse pour commencer à ratisser la zone. - Vraiment ? C'est une bonne chose... Mais comment pouvaient-ils être sur zone ? - Il y a peu, ils ont réussi à réparer 2 de leurs vaisseaux légers qui proviennent de leur arche. Ils étaient partis les tester avec notre accord bien évidemment. Ils sont très corrects et ne font rien sans nous en avertir au préalable. - Je n'en ai pas été informée... Mais peu importe. Et c'est tant mieux finalement... Elle s'interrompit pour s'adresser à ses ministres : - Pardonnez-moi tous mais je dois vous laisser. Mon cousin Télémaque est porté disparu... Il faut que je m'occupe de cela immédiatement. Je vous recontacte très rapidement pour poursuivre nos délibérations. Tous acquiescèrent silencieusement, conscients de la gravité de la situation : le jeune cousin était orphelin, Lysippé était sa seule famille et elle était très attachée à lui. Elle leur fit un bref sourire puis sortit songeuse de la pièce, suivant le messager qui l'avait précédée. Les Hantariens ! C'est une chance. J'espère vraiment qu'ils vont le retrouver. Je dois les contacter de toutes urgences.
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Épisode 6 : Torrtur - Forêt du district d'Arkadia - Situation Désespérée
La pluie tombait toujours noyant la scène d'une humidité lourde et oppressante. Au pied de l'arbre, Slaine avait de nouveau dégainé ses 2 yatagans. Face à elle, deux basureros avaient débouché de la végétation. Elle n'aimait pas ses charognards qui se déplaçaient en meute. De corpulence beaucoup plus petite que le ubiytsa, ils n'en étaient pas moins tout aussi dangereux, voir même plus. Il n'y en avait deux pour le moment mais c'était certain, d'autres allaient arriver. Slaine le savait, elle devait attaquer si elle voulait espérer avoir une chance de s'en sortir. Cette fois la situation était beaucoup plus compliquée qu'avec le ubiytsa. Sans plus attendre, fléchissant légèrement les jambes, elle bondit en avant pour attaquer l'animal le plus proche. Beaucoup moins vif qu'un félin, ce dernier n'eut même pas le temps d'esquiver : Slaine lui avait planté l'un de ses lames dans la joue gauche pour lui immobiliser la tête, tandis que l'autre lui tranchait la gorge. La bête s'affala foudroyée sans émettre le moindre râle. Dans la continuité, Slaine poursuivit son mouvement et attaqua l'autre basurero maintenant isolé. Celui-ci avait plus d'expérience dans le combat et, esquivant l'attaque, il fit trois bons de côté, poussant un ricanement d'appel à l'intention de sa meute. Slaine frissonna sous la pluie : J'aurais dû attaquer celui là en premier... Elle tenta de nouveau une offensive mais celui-ci esquiva encore une fois. Elle reprit son souffle un peu dépitée. Je suis en train de me fatiguer pour rien... Peut-être essayer de regrimper dans l'arbre ? Oui mais... le blessé j'en fais quoi ? Les idées se bousculaient dans sa tête. Elle ne savait quelle décision prendre. Je perds du temps ! Je vais me retrouver dans une impasse si ça continue... Au même moment, 3 nouveaux basureros débouchèrent de la végétation. Ils échangeaient des grognements entrecoupés de ricanements. Ils commençaient à l'encercler. Je suis trop loin de l'arbre de toutes façons... Si seulement j'avais une arme de tir... Même un arc ! Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus avant : 2 des charognards l'attaquaient déjà. Elle esquiva promptement le premier et blessa profondément le deuxième sur le flanc. Celui-là ne m'embêtera plus au moins. Pourtant, à son plus grand désarroi, elle constata qu'elle s'était éloignée un peu plus de l'arbre. Là bas, déjà, l'un des basureros reniflait le blessé qui gisait sur le sol. Non non non ! Je me suis fait avoir ! Énervée, elle bondit de nouveau pour éloigner cette menace. Avant même qu'elle arrive au contact, elle fut violemment percutée et projetée en l'air. L'un des 2 autres basureros dont elle ne s'occupait plus, l'avait chargée et promptement envoyée dans les airs. L'atterrissage fut brutal contre le tronc de l'arbre géant. Elle poussa un cri sous le choc et retomba lourdement. Elle se redressa tant bien que mal en grimaçant. Autour d'elle, les charognards ricanaient de plus belle. Le dos appuyait au tronc, son bras gauche pendait inerte à son côté. Épaule déboîtée... J'ai fait n'importe quoi... dans la précipitation. Je suis foutue... Pour la première fois depuis qu'elle était descendue de l'arbre, sa gorge se noua. Soudain hébétée, elle regardait le yatagan qui gisait sur le sol, tandis que sa main droite valide serrait frénétiquement la garde de l'autre lame. Elle ne regardait même plus les charognards qui se rapprochaient maintenant. C'est fini !? Une larme coula sur sa joue, se mêlant à l'eau qui tombait toujours du ciel. La tête toujours courbée, elle brandit sa lame unique dans un dernier geste désespéré. La peur commençait à la submerger. Tétanisée, elle se mit à claquer des dents. C'est peut-être... peut-être ce... ce que je cherchais après tout... Sa main droite se mit à trembler de plus en plus, faisant tressauter la lame du yatagan sous la pluie. Elle avait renoncé et allait perdre pied. C'était une question de secondes. Bats-toi Slaine ! Tu m'entends ! Bats-toi ! Bats-toi ! BATS-TOI !!!
Le capitaine Tatiana ZEJEWSK se retourna vers l'opérateur de spectrométrie thermique : - Sinon ça donne quoi à l'imagerie ? À l'extérieur c'est une vraie purée de pois, nous n'aurons rien en visuel. - Rien d'humain pour le moment capitaine. - Bien reçu. Continuez. Elle décrocha un communicateur : - De T-AFI-01 à T-AFI-02. - Ici T-AFI-02. Je vous reçois 5 sur 5. - T-AFI-02 ça donne quoi pour vous l'imagerie ? - Pour le moment rien à signaler. - Bien compris T-AFI-02. Dérivez de 3° au Nord de la zone 73 et continuez. Terminé. - Bien reçu T-AFI-01. Nous obliquons de 3° au Nord de la zone 73. Terminé. Elle se retourna vers la verrière blindée de la navette, scrutant en vain la cime des arbres qui émergeait de la brume humide. Elle poussa un soupir. La pluie qui inondait les vitres n’arrangeait rien. Et avec tout ça le lieutenant NAUX qui a encore disparu sans autorisation... C'était elle qui devait être mon second... Pfff... Et maintenant on recherche un adolescent perdu dans la forêt ! Elle secoua la tête. Elle aurait préféré continuer la manœuvre de combat initialement prévue mais les ordres étaient les ordres et elle savait parfaitement les exécuter. - Je descends en soute pour vérifier l'équipement d'intervention. Lieutenant DABROWSKI, prenez la suite et prévenez moi dès qu'il y a du nouveau. - Reçu capitaine ! Elle accrocha le communicateur à son harnais et descendit prestement l'échelle qui donnait accès à la soute juste au-dessous. Il y avait là 3 sous-officiers qu'elle connaissait parfaitement bien maintenant. Ils étaient occupés à réapprovisionner 2 arachnodroïdes en munition. Ces derniers étaient déjà amarrés solidement, prêts à être largués dès que la soute s'ouvrirait. - Le réarmement n'est pas encore fini ? Dit-elle un peu sèchement. - Non capitaine. Nous nous sommes d'abord occupés des munitions des canons latéraux d'appui, répondit flegmatique le plus âgé des trois. - Ça aurait pu attendre... Bon. Finissait moi ça rapidement. Et les 5 droïdes de combat ? - Ils sont prêts à sauter dans le compartiment suivant capitaine. - Bien. Finissez vit... Elle fut brutalement interrompu par son second : - Capitaine ! Nombreux mouvements et silhouettes détectés à bâbord ! Tatiana remonta promptement l'échelle et s'approcha de l'écran de l'imagerie thermique. - Alors ? - Je vois au moins 3 voir 4 silhouettes d'animaux et une, peut-être deux, silhouette humaine. L'une des silhouettes humaines n'est pas très visible. Pour les autres c'est assez net... En tous les cas, il y a du combat en dessous capitaine, conclut l'opérateur. - Pilote, dirigez vous à 30° bâbord. - Bien reçu, 30° bâbord. - Ils sont à 300 mètres, on ne peut pas les rater. Le transport obliqua rapidement et fila vers la zone repérée. Bientôt, les droïdes de combat hantariens seraient largués sur la zone.
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Épisode 8 : Torrtur - Forêt du district d'Arkadia - À LA MORT !
BATS-TOI ! La voix hurlait dans sa tête, impétueuse, violente : BATS-TOI ! La douleur lui parcourut le crâne, comme une lame qui la transperçait. Slaine ne réagissait toujours pas, trop prostrée maintenant pour se laisser malmener par ce cri perpétuel. Mais les paroles qui suivirent atteignirent leur but : Qu'en penserait Zak ? Il serait fier de toi !? Tu crois ? Comme si elle avait reçu une gifle, elle ouvrit la bouche, les yeux écarquillés : Oui, qu'en penserait mon amour ? Si je laisse faire, je ne le reverrai jamais c'est certain... Lui aussi me conseillerait de me battre jusqu'au bout. Comme au cours de toutes ces guerres incessantes que notre peuple a dû traverser. Il nous a toujours mené au combat. Sans relâche, sans faiblir. Comment me jugerait-il si il me voyait comme ça ? BATS-TOI ! Aussitôt, son cerveau la reconnecta à la réalité. La voix disparut mais tout n'était pas fini. Tant qu'il lui resterait un souffle de vie, il fallait continuer. Elle brandit fermement son yatagan face à la bête qui ne se tenait plus qu'à quelques centimètres d'elle et hurla le cri de guerre hantarien : - À LA MORT ! Malgré la douleur, elle sabra violemment la tête de l'animal, qui recula aussitôt effrayé. Mais un autre était tout proche. Son bras gauche toujours pendant, Slaine fit face à cette nouvelle menace, se ramassant sur elle même, prête à bondir. Elle parlait à haute voix, électrisé par l’adrénaline qui se déversait dans son organisme : - Ne jamais reculer. Résister jusqu'aux derniers. Se battre jusqu'au bout... jusqu'à la mort sans faillir ! À la mort ! Elle chargea comme une démente la bête qui lui faisait face. Elle n'avait plus peur maintenant. Elle combattrait tant que la vie coulerait dans ses veines, tant qu'il y aurait un espoir de revoir son amour perdu, tant qu'elle pourrait se battre. Et elle se battait, jetant son va-tout dans le combat. Son bras inerte virevolté comme une écharpe autour d'elle. Ne s'en préoccupant pas, elle continuait à sabrer autour d'elle avec son unique lame. Dans ce combat perdu d'avance, elle réussit à se rapprocher du corps de l'adolescent pour le protéger du mieux qu'elle pouvait. Énervés par cette proie qui ne décidait pas à renoncer, les basureros attaquaient de plus en plus frénétiquement, sans plus aucune prudence. Elle put ainsi leur porter plusieurs coups qui laissèrent des plaies béantes sur leur fourrure. Ce n'était qu'un répit mais elle ne lâchait pas prise. - Fini le désespoir ! Fini l'apitoiement ! Fini la faiblesse ! Hurlait-elle à chaque coup qu'elle portait. Brutalement, sans qu'elle ne sache d'où cela provenait, une ombre surgit et percuta l'un des assaillants. Ce dernier culbuta dans l'herbe humide. Dans sa frénésie, Slaine distingua pourtant le félin qu'elle avait combattu auparavant. Pour une obscure raison, le ubiytsa était revenu et il s'attaquait maintenant aux charognards. Pourquoi ? S'interrogea-t-elle. Mais elle n'avait pas le temps d'analyser cette nouvelle situation. Le principal étant qu'elle avait un assaillant de moins à ses basques. Et puis, il fallait se battre et défendre sa vie. Cela sembla durer une éternité alors que tout ne dura qu'une poignée de secondes. La situation évolua de nouveau lorsque, venue du ciel, une autre ombre atterrit juste sur l'un des basureros restant, le broyant sous ses pattes articulées. Un arachnodroïde ! Des hantariens ! Le dernier assaillant recula aussitôt et prit la fuite apeuré par ces nouveaux assaillants qui faisaient évoluer le rapport de force en sa défaveur. Tout de suite après, deux droïdes de combat hantariens atterrirent à leur tour. Ces derniers braquaient déjà leurs armes sur le ubiytsa qui finissait d'achever le charognard qu'il avait mis au sol. - Arrêtez ! Ordonna Slaine. Laissez-le ! Les droïdes stoppèrent immédiatement leur action, reconnaissant Slaine comme un de leur chef. Se redressant, le félin les regarda en grogna puis il scruta longuement Slaine qui commençait à chanceler. Il sembla plonger au plus profond d'elle même, cherchant quelque chose. Puis, comme rassuré, il fit demi-tour et disparut de nouveau dans la forêt en boitillant. Slaine, rassurée à son tour, s'affala sur le sol. - Je ne bouge plus... J'attends les secours, murmura-t-elle Autour d'elle, les Hantariens, son peuple, sa famille, étaient à l’œuvre, s’occupant déjà du jeune blessé.
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Épisode 9 : Torrtur - Forêt du district d'Arkadia - Sauvetage
Le transporteur était en vol stationnaire au dessus de la clairière. Le sous-officier de pont attacha solidement le harnais de Tatiana au câble qui pendait dans le vide. Il tira sèchement sur les fixations puis leva le pouce. Tatiana répondit par le même geste puis, dos à l'ouverture béante, elle se projeta en arrière. La pluie lui cingla le visage. Elle rabattit prestement la visière de son casque et continua la descente. Elle toucha le sol et, avant d'avoir pu faire un geste, un homme la décrocha du filin d'acier. Elle releva la visière de son casque et interpella l'adjudant Helmut REICH : - Mon adjudant nous en sommes où ? - Capitaine, nous avons trouvé et pris en charge l'adolescent recherché. Il est salement amoché mais son état est stable. Il est en cours d'hélitreuillage pour être récupéré à bord. J'ai déployé 4 droïdes et l'arachno pour couvrir la zone dans le cas d'un retour des bestioles. Par contre, il y a une surprise. Regardez derrière vous. Tatiana se retourna et s'exclama en voyant la silhouette de Slaine, assise sur le sol, auprès de laquelle un sous-officier infirmier s'affairait : - Le lieutenant NAUX ! - Oui capitaine. Le lieutenant NAUX. - Bon, je vais voir ce qu'il en est. De votre côté, récupérez les droïdes pour le rembarquement. Nous n'allons pas traîner ici. - À vos ordres. Tatiana s'approcha du lieutenant qui était toujours assise par terre. - Lieutenant ! Mais que faites-vous donc ici ? La jeune femme essaya de se redresser et grimaça de douleur : l'infirmier, après lui avoir remis en place l'épaule, était en train de lui poser une contrainte pour immobiliser complètement le bras et l'épaule gauche. - Restez assise et donnez moi une explication, ordonna Tatiana. - Je me suis retrouvé ici un peu par hasard... Je suis intervenue et il s'en est fallu de peu que... Enfin tout aurait pu mal se finir. - Décidément, vous ne faites jamais les choses comme il faudrait, répliqua Tatiana agacée. Nous reparlerons de tout ça plus tard. Vous pouvez vous considérez aux arrêts dès maintenant pour abandon de poste. Dans l'immédiat, nous rembarquons et vous venez avec nous. - Capitaine ? Et sa plaie au visage ? Interrogea le SOS qui s'affairait toujours. - Vous verrez ça à bord sergent. Aidez la à se lever et allez-y. Rapidement, les équipes hantariennes remontèrent dans le transporteur qui les attendait toujours sagement en vol stationnaire. Le capitaine fut le dernier à s'accrocher au seul câble qui pendait encore hors de la soute. Le système de traction couplé à celui-ci le ramena aussitôt à bord. Elle héla le sous-officier de pont : - Fermez la soute et finissez de remettre en condition les droïdes. Puis Tatiana remonta sur la passerelle du vaisseau : - Moteur pleine puissance. On quittons la zone. Nous rentrons. En bas, avant que la soute ne se referme complètement, Slaine distingua une dernière fois le grand arbre. - Quelle journée... Murmura-t-elle. On lui avait injecté un calmant qui commençait à faire effet : la tête lui tournait. Elle s'allongea alors sur une couchette préparée à son intention et s'endormit brutalement. L'infirmier en profita pour s'occuper de nettoyer et de suturer les griffures qu'elle avait sur le visage.
Lysippé regarda une nouvelle fois le visage blafard de Thélémaque. Sa main se crispa sur le rebord du lit. - Vous êtes sûr qu'il va bien maintenant docteur ? - Il est sorti d'affaire ma Reine. Il revient de loin. Sa convalescence sera longue mais il s'en sort bien finalement. C'est un costaud. Un sourire timide éclaira son visage. Pourtant, son cœur se serra encore une fois en pensant qu'il aurait pu mourir. Elle chassa cette pensée morbide et sortit de la pièce. - Merci beaucoup docteur. Prévenez-moi au moindre changement le concernant. - Ce sera fait ma Reine. Lysippé parcourut rapidement les couloirs de l’hôpital pour rejoindre le centre de commandement qui y était accolé. Il fallait absolument qu'elle retrouve les Hantariens qui avait ramené son cousin pour les remercier. Il fallait aussi qu'elle prenne contact avec leur chef, le commandant Nima BLUTCH. Arrivée dans la salle de repos où elle pensait les trouver, elle resta interloquée : - Où sont les officiers hantariens ? - Ils sont sur le départ ma Reine. Il semble que personne ne leur a pas transmis votre demande de les rencontrer... - Ah ? Mais pourquoi !? Lysippé se calma aussitôt. Elle avait horreur des éclats de voix et de se donner en spectacle. Un peu énervée pourtant elle se précipita hors du bâtiment. Elle héla un soldat qui stationnait avec sa navette devant l'entrée : - Tu sais où est le vaisseau Hantarien ? Le conducteur n'eut pas le temps d'acquiescer. - Conduis moi là-bas. Vite ! Il enclencha les commandes aussitôt et poussa le moteur à fond. Par chance, l'air d’atterrissage sur laquelle le vaisseau hantarien s'était posé était toute proche de l’hôpital et donc du centre de commandement. Au moment où la navette de la Reine atterrissait à côté du transporteur hantarien, un autre transporteur hantarien atterrissait également. Lyssipé franchit rapidement les quelques mètres qui la séparait des vaisseaux amis et fut rapidement rejointe par Nima. C'était elle qui venait d'arriver. - Commandant, vous êtes là ! Un grand merci à vous et à vos équipes pour votre sauvetage. - C'est tout à fait normal reine Lyssipé. Nous avions 2 transporteurs à proximité, il aurait été anormal de ne pas agir. Nous avons retrouvé votre cousin. Comment va-t-il d'ailleurs ? - Il est sorti d'affaire d'après les médecins. Au fait, puis-je rencontrer les officiers qui sont intervenus ? J'ai cru comprendre que l'un d'entre eux s'était battu pour défendre la vie de mon cousin... - Bien évidemment. Nima se retourna : - Capitaine ZEJEWSK et lieutenant NAUX, approchez ! Elle regarda de nouveau Lysippé : - C'est le lieutenant qui a défendu votre cousin. Le capitaine a effectué le sauvetage. Les 2 officiers approchèrent et se mirent au garde à vous. Slaine grimaça : la douleur commençait à revenir. Lysippé serra chaleureusement dans ses bras Tatiana puis Slaine. Les 2 officiers furent un peu surpris par ce geste mais n'en montrèrent rien. - Je tiens à vous remercier toutes les deux pour votre action. Surtout vous lieutenant. Je ne vais pas vous ennuyer car je vois que vous êtes blessée mais je vous invite dès maintenant à venir nous voir. Mon palais vous est ouvert. - Merci madame... merci reine... bafouilla Slaine, ne sachant qu'elle titre donner au chef des Amazones. Lysippé lui sourit sans paraître choquée : - Et vous aussi capitaine. - Merci à vous reine Lysippé, répondit Tatiana. - Je vous laisse car je dois m'entretenir avec le commandant BLUTCH mais venez me voir bientôt ! Les 2 jeunes femmes se mirent au garde à vous une nouvelle fois puis, sur un signe de Nima, elles repartirent vers le transporteur T-AFI-01. Aussitôt Lysippé enchaîna : - Commandant, je souhaite profiter de cette rencontre pour m'entretenir avec vous sur nos échanges. Je vois que vous avez des vaisseaux qui ont une technologie supérieure à la notre. Il faut que nous nous mettions d'accord sur la promesses d'échange de technologie et d’entraide. - Vous avez raison, répondit Nima. Il faut que nous mettions tout cela à plat et que nous convenions de la mise en place de nos accords passés. - Alors venez commandant. Mon bureau nous attend. Les deux chefs montèrent dans la navette qui attendait la Reine. Les accords d'échange de technologie allaient enfin pouvoir être mis en place. Au même moment, le transporteur T-AFI-01 décollait de la piste pour retourner vers l'arche hantarienne.
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Épisode 11 : Torrtur - Forêt du district d'Arkadia - Le Yatagan
Slaine courait. Deux mois ! Deux mois qu'elle n'avait pas pu s'octroyer un moment de liberté pure. Entre sa convalescence et ses jours d'arrêt, elle n'avait jamais eu une minute à elle. Enfin ce jour était arrivé, on lui avait donné quartier-libre le matin même et elle en avait profité pour s'échapper du casernement et de la routine militaire. Cela lui faisait du bien de courir ainsi, parmi la nature sauvage. Pour une fois, il ne pleuvait pas et l'atmosphère était presque sèche. Elle respira à pleins poumons, heureuse d'être en vie, heureuse d'avoir vécu cette aventure et d'avoir échappé à la mort. Tout cela semblait tellement loin maintenant. D'ailleurs, elle ne ressentait plus aucune douleur dans l'épaule gauche et, en dehors de 2 longues cicatrices qui lui barraient le côté droit du visage, aucune trace ne subsistait de sa mésaventure. Deux mois ! Deux mois qu'elle rongeait son frein, attendant le moment propice pour revenir au pied du grand arbre. Le retrouverait-elle ? Elle se posait la question depuis que, fouillant ses affaires à l'hôpital, elle ne l'avait pas retrouvé. Seul le fourreau vide restait en sa possession. Elle n'avait pas osé avouer au commandant BLUTCH cette perte de peur de la décevoir de nouveau. Elle se souvenait du regard que Nima avait posé sur elle, lorsqu'elle était rentrée dans le bureau pour justifier de sa désertion... Slaine avait été profondément mortifiée et ce même si sa désertion avait permis de sauver une vie. Depuis elle avait un peu honte et préférée éviter son supérieur. Soudainement angoissée en repensant à tout cela, elle allongea la foulée, pressée d'arriver au but. Après plusieurs minutes de courses, elle arriva enfin dans la clairière. Le grand arbre était toujours là. Sans s'arrêter, elle continua et stoppa seulement au pied de l'immense arbre. Elle était perplexe. Elle ne se souvenait plus précisément de quel côté elle s'était battue et entreprit donc d'en faire le tour lentement. Dans la clairière, on distinguait encore les carcasses de basureros sur lesquelles ils ne restaient maintenant que des lambeaux de peau et de chaire. Tout à coup elle poussa un cri de joie. Il était là ! Elle l'avait retrouvé ! Le yatagan perdu, son yatagan qu'elle avait dû abandonner il y a 2 mois. Elle s'en saisit aussitôt. Il était brillant, magnifique, aucune oxydation ne venait altérer sa lame faite en iridium pur. Elle détacha le second du sac qu'elle portait sur le dos et les compara : seule la poignée de celui qu'elle avait perdu était plus sombre maintenant. En dehors de ça, il n'y avait aucune différence, comme 2 jumeaux dont l'un aurait les cheveux plus sombres. Satisfaite, elle les rengaina dans leurs fourreaux maintenant réunis, heureuse comme un enfant qui a retrouvé ses jouets favoris. Elle les ficella précieusement sur son sac et se redressa. Au même moment la voix explosa dans sa tête : Bonjour Slaine. Tu peux m'aider ?
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Épisode 12 : Torrtur - Forêt du district d'Arkadia - Rencontre inattendue
Slaine se retourna brutalement. Ça vient d'où ? C'était la même voix qu'elle entendait lors de ses introspections. Jusqu'à maintenant, elle avait pensé qu'elle se parlait à elle-même. Il n'en était rien ? Qui pouvait bien lui parler comme ça ? Elle resta figée face à ce qui trônait dans la clairière. Le ubiytsa !? Que faisait-il là ? Instinctivement, elle avait braqué l'arme qu'elle portait à la hanche. C'en était fini de la lutte à l'arme blanche : elle était armée d'un K-02, la plus récente des armes de poing hantariennes. Le K-02 était capable d'envoyer 5 projectiles à la seconde. En tir continu, les 50 balles que contenait son magasin étaient ainsi envoyées en moins d'une minute à une portée effective de 20 mètres. Tout cela était largement suffisant pour hacher le moindre aggresseur. Il n'y avait pourtant que le félin à proximité. Ce dernier ne semblait d'ailleurs pas inquiet et restait tranquillement assis sur ses pattes arrières. Tu veux bien m'aider Slaine ? Elle sursauta de nouveau et cria sèchement : - Qui parle ? C'est moi. Juste devant toi. Slaine faillit en lâcher son arme de surprise : c'était cet animal qui parlait dans sa tête ! - C'est toi... C'est toi la voix ? Oui c'est moi... Je te suis depuis ton entrée dans la forêt mais je n'ai pas pu te rattraper. Cela fait longtemps que je t'attends. Où étais-tu ? J'ai besoin de ton aide. Slaine était abasourdie. Une multitude de questions lui vint aux lèvres mais elle n'eut pas le temps de les formuler : Je te promets de répondre à toutes tes questions mais j'ai besoin de ton aide... Aucun mal ne te sera fait. Approche s'il te plaît. - Pas question ! Je veux des réponses ! Tout de suite ! Le félin sembla épuisé tout à coup. Il prit une longue inspiration : Slaine, cela fait parti d'un tout. Tu fais partie d'un tout. Tout ce qui est arrivé devait arriver. Tout est lié. J'ai été envoyé pour t'aider et te remettre dans le cours de l'histoire... Car tu es nécessaire... Tes longs monologues, le jeune Amazone presque mort, ton intervention et tes blessures... Je suis intervenu parce que cela était écrit et prévu. Je t'expliquerais plus tard en détail mais... là, maintenant... c'est à ton tour d'agir. S'il te plaît aide-moi. Ceci dit, l'animal se coucha sur le sol. Il semblait maintenant à bout de force. De son côté, même si son instinct lui interdisait de s'approcher suite à leur farouche affrontement, Slaine se souvenait aussi que le ubiytsa l'avait ensuite aidé face aux charognards. Elle ne comprenait pas complètement ce qu'il venait de lui raconter mais sa curiosité commença à l'emporter. Tout était lié ! Elle entrevoyait simplement que tout ce qui lui était arrivé au pied de l'arbre avait été prévu à l'avance et depuis bien longtemps, très certainement même avant que les Hantariens n'arrivent sur cette planète. Par qui ? Par quoi ? Elle ne le comprenait pas encore mais cela viendrait obligatoirement le moment venu. Après plusieurs minutes silencieuses, Slaine se détendit enfin. Elle semblait accepter la situation. Après tout, le fauve l'avait convaincu de sa bonne fois et de ses bonnes intentions. Celui-ci tenta alors sa chance : M'autorises-tu à approcher ? Elle acquiesça de la tête. Il se leva difficilement pour s'approcher du grand arbre. Slaine remarqua alors que son allure avait bien changée depuis la dernière fois. La peau sur les os, le poil terne et sâle, une bosse à l'épaule gauche, il boîtait bas. Elle demanda : - C'est la blessure que je t'ai faite ? Oui. La blessure est profonde et me fait souffrir depuis de nombreux jours. Il était tout proche maintenant et n'eut aucun signe d'agressivité envers elle. Presque rassurée, Slaine baissa son arme. Puis elle contempla l'épaule du félin, la bosse apparaissait maintenant énorme sous la fourrure épaisse de l'animal. Peux-tu regarder ce qu'il se passe avec mon épaule ? D'accord... répondit Slaine comme pour elle même. Tu me promets ? Pas de piège ? Rien ? Oui Slaine. Rien. Elle rengaina son arme puis s'approcha lentement de l'animal. Elle posa la main sur la fourrure épaisse et palpa l'énorme masse molle qu'elle sentait sous la peau. Le félin grogna et ses griffes jaillirent pour se planter dans le sol. La douleur est à ce point ? Oui. Tu dois avoir un abcès... C'est même certain. Il va falloir percer, vider et regarder ce qu'il y a en dessous... Je ne comprends rien à ce que tu dis... Je te fais confiance. Je te laisse faire. D'accord. Je n'ai pas grand chose... J'espère que cela va aller. Tu peux te coucher sur le côté ? L'animal s'affala dans l'herbe, offrant son flanc. Si Slaine le voulait, elle pouvait le tuer très facilement. Elle n'en fit rien. Elle déballa soigneusement tout ce qu'elle avait dans sa trousse de secours : 2 scalpels, du désinfectant, de l’antiseptique, de l'anesthésiant local, des compresses, du file, des aiguilles de suture, quelques injecteurs... Elle resta un instant perplexe puis regarda l'animal droit dans les yeux et lui dit de façon très pragmatique : Voilà. Je vais essayer de faire de mon mieux.
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Épisode 13 : Torrtur - Forêt du district d'Arkadia - Nouvelle Amitié, Nouveau Départ
On peut dire que tout s'est bien passé. Enfin... Du mieux que j'ai pu faire. Comme le disait souvent papa lorsque j'étais enfant : "Si ça marche pour un 2 pattes, ça doit marcher pour un 4 pattes." Papa avait toujours une phrase de ce style pour chaque situation un peu exceptionnelle. J'ai dû hériter de son tempérament paysan... Slaine sourit à cette pensée. C'était rassurant de penser à son père en cet instant. D'ailleurs cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas pensé à lui. Elle soupira, finissant de se nettoyer les mains et les bras dans l'eau cristalline d'une flaque qu'elle avait trouvé non loin du grand arbre. Elle s'essuya ensuite avec la mousse qui recouvrait le sol tout autour. Pour finir, elle remit le haut de son uniforme et se redressa. Elle se remémora l'opération : Le rasage de la fourrure autour de l'épaule. L'anesthésie locale puis la découpe de la peau fendue en un large arc de cercle. Le pus qui avait coulé pendant de longues minutes et qu'elle avait nettoyé du mieux qu'elle pouvait. Le trou dans le muscle ! Plus gros que mes 2 poings réunis. La désinfection. La suture de ce trou puis de la peau... Tout mon stock de médicaments y est passé ! La plaie va suinter c'est certain mais je vais revenir... Elle s'approcha du félin toujours allongé et qui respirait calmement. Ça va ? ... Tu... Au fait... Comment je dois t'appeler ? L'interrogea-t-elle tout à coup. Je ne sais pas Slaine. Je n'ai jamais eu de nom. C'est comme tu veux. À toi de choisir. Ok... Euh... Alors, je vais choisir... Slaine resta pensive un moment, fronçant les sourcils comme une enfant qui essaye de faire son premier dessin. Kedi ! Ça te va ? Enfant j'avais un chat domestique qui s’appelait comme ça... D'accord Slaine. Désormais ce sera mon nom. Elle sourit une nouvelle fois comme cela ne lui était pas arrivé depuis très longtemps. Je suis heureux de te sentir apaisée Slaine. Je vois que les choses poursuivent leur chemin comme cela doit être. Oui je me sens mieux et c'est en grande partie grâce à toi. Plus de pensées sombres à cause de Zak alors ? De toutes façons, tu sais que tu le retrouveras. C'est écrit. Elle eut un léger pincement au cœur en entendant ce prénom mais ce fût fugace et ce sentiment désagréable s'évanouit très vite : Tu sais... Je suis certaine de le revoir. Je ne sais pas pourquoi mais j'en suis persuadée. Elle finissait de ranger ces derniers effets dans le sac qu'elle jeta sur son dos et s'exprima de nouveau à haute voix : - Bon ! Je dois rentrer. Il ne faut pas que je sois de nouveau en retard. Tu comprends ? Aucun problème Slaine. Je te remercie pour ton aide. Nous continuerons de discuter plus tard. Il n'y a plus d'urgence pour le moment. - C'est moi qui te remercie de ton aide. Et puis, je dois revenir très vite pour soigner ton épaule avec ce qu'il faut. Elle passa maladroitement la main sur la grosse patte qu'elle venait de soigner comme pour le rassurer. Il n'y a pas de problème ! Tu peux rentrer sereine. Ça va beaucoup mieux et je peux encore me défendre. Je reste dans les parages et je t'attends. - Promis ? Promis. - Alors à bientôt Kedi ! À bientôt Slaine. Puis, elle franchit les quelques mètres qui la séparait de la végétation. Là elle se retourna une dernière fois pour regarder le félin qui, entre temps, s'était assis et la regardait. Elle lui fit un dernier signe de la main avant de partir en petites foulées pour retrouver les siens. Demain était un autre jour, elle n'avait plus de crainte à l'affronter. Soudain légère et pleine de vie, elle allongea la foulée. Dorénavant, elle aurait hâte d'être à demain. Hâte d'être à ce jour où elle retrouverait son amour pour le serrer contre elle.
Chapitre 03 : La Ruine et l'Espoir
Épisodes :
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Épisode 1 : Galaxie Pégasus - Système Banan - Planète Torrtur - Cité d'Arkadia - Palais Royal
- Je ferai ce que j'ai envie de faire ! Sans attendre de réponse, Thélémaque sortit précipitamment des appartements royaux de sa cousine. S'il avait pu claquer la porte, il l'aurait fait mais toutes avaient été remplacées par des sas automatiques depuis peu. Furieux et insensible aux appels de sa cousine, il courut dans le couloir pour sortir du Palais Royal. Il devait sortir. Tout l'étouffait dans cet endroit. Intérieurement, il enrageait. Personne ne comprenait sa nouvelle envie de carrière : il voulait intégrer l'école de guerre ! Il n'y avait rien de compliqué à comprendre ! Depuis sa mésaventure d'il y a 6 mois, dans la forêt du district, et sa rencontre ensuite avec les Hantariens lors de sa convalescence, il n'avait plus qu'une seule idée en tête : intégrer l'armée et se battre pour son pays. Avoir frôlé la mort avait débloquer cette vocation. Fini l'intégration de l'école d'administration. Terminé la carrière toute tracée de gouverneur d'une cité amazone. Dorénavant, il voulait vivre dans l'action. Risquer sa vie pour son pays et son peuple. C'étaient devenus ses seuls buts. Les Hantariens ! Il n'avait pas assez de mots pour encenser leur actions et l'aide qu'ils apportaient aux Amazones. Dans son jeune esprit, ils étaient comme des dieux, voir même mieux encore ! Il ne parlait que d'eux et ne jurait plus que par eux. Il faut dire que ces derniers avaient, comme promis, apporté tout l'aide dont ils disposaient pour aider le peuple amazone. Ainsi, ils avaient complètement modifié la perception même de la recherche très hiérarchisée des Amazones. Dans un premier temps, le point avait été mis sur les recherches fondamentales mais déjà des nouveautés étaient apparues. Nouvelles propulsion et nouvelles armes pour les vaisseaux spatiaux, nouvelles armes de poing pour les forces terrestres, nouvelles techniques médicales, nouveaux médicaments, nouveaux procédés de production industrielle et agricole... Tout avait changé. Bien sûr, tout n'était pas encore en place et cela prendrait encore du temps mais c'était en bonne voie. D'ailleurs, 2 nouvelles colonies avaient été créées il y a peu. Tout cela participait aux changements à venir avec son lot d'échanges et de ressources dont bénéficiait automatiquement Arkadia. Tout en ruminant ses pensées, Thélémaque était sorti du palais. Rapidement, il enfourcha son d'jéteur monoplace et démarra en trombe. Il avait hâte de retrouver Slaine avec laquelle il s'était lié d'amitié. Il avait hâte aussi de retrouver plusieurs de ses camarades qu'il avait converti à son projet. Tout comme lui maintenant, ils voulaient s'engager dans une carrière militaire. Accélérant à fond, il se sentait puissant et sûr de lui, en route vers une nouvelle vie beaucoup plus attirante que tout ce qui lui avait été promis jusque là.
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Épisode 2 : Torrtur - Forêt du district d'Arkadia
Son communicateur vibrait. Slaine ouvrit brutalement les yeux. - On peut même plus dormir tranquille... Un jour où j'ai quartier-libre en plus ! Maugréa-t-elle. Elle était si bien dans cette chaude fourrure, blottie entre les pattes de Kedi. Contre son dos, elle sentait le mouvement régulier de la respiration de l'animal. Encore somnolente, elle repensa à ces derniers mois avec lui. Une amitié était née entre eux, pleine et entière. Pour elle ce n'était pas qu'un simple animal, un gros chat avec lequel elle pouvait jouer, c'était aussi un confident avec lequel elle avait de longues conversations sur tout un tas de sujets, sérieux ou anodins. Elle se blottit encore un peu plus contre lui, espérant que le communicateur cesse de vibrer de façon désagréable dans son sac. Mais, il n'en fut rien. Inlassablement, le communicateur continuait de se faire entendre. Tu ne prends pas la communication Slaine ? Tu es réveillé ! ... Pour tout te dire... Je n'en ai pas envie... Prends la. C'est peut-être important. Slaine soupira et se redressa pour se lever. Elle s'étira en baillant. À côté d'elle, Kedi s'était levé à son tour. Il secoua son échine, faisant claquer ses oreilles. Puis il entreprit de s'étirer les pattes dans l'ordre habituel : d'abord les pattes avant, puis celles de derrière. Ensuite il s'assit et se lécha méthodiquement. Slaine le regarda en souriant puis ouvrit le communicateur pour prendre l'appel toujours en attente : - Lieutenant NAUX, j'écoute. - Bonjour lieutenant ! Nous avons une communication urgente en provenance de la Reine Lysippé. Cela concerne son cousin. Vous prenez ? - Bonjour... Euh... Bon... Oui, allez y. - OK. Je vous la passe lieutenant. Bonne journée. ... - Slaine ? - Oui. Lieutenant Slaine NAUX. J'écoute. - Bonjour à vous. Ici Lysippé. Je vous contacte concernant Télémaque... J'ai eu une discussion... Enfin... Disons que nous nous sommes disputés ce matin et... J'aurais aimé savoir si vous pouviez le contacter... Il refuse tous mes appels. Je ne sais plus quoi faire pour dialoguer avec lui. Je sais qu'il vous apprécie beaucoup alors... Je vous demande cela comme un service. Pouvez-vous essayer de le raisonner ou tout du moins le calmer ? - ... - Slaine ? - Oui madame. J'étais en train de réfléchir. C'est un peu compliqué pour moi... Il souhaite faire une carrière militaire comme vous le savez et je trouve que c'est une très bonne idée. Je ne l'ai jamais incité mais je ne peux pas l'en dissuader... C'est contraire à mes principes... Je ne vous promets rien mais je vais essayer de faire tout mon possible pour qu'il reprenne contact avec vous. - Merci Slaine. Je comprends parfaitement votre point de vue. Je souhaite juste finir la conversation entamée ce matin avec lui. Si vous n'y arrivez pas, vous me tenez au courant ? - Aucun problème, Reine Lysippé. Si j'échoue je vous préviens immédiatement. - Encore une fois, merci beaucoup Slaine. Au plaisir de vous revoir. - Au revoir madame. La communication se coupa et Slaine resta songeuse un cours instant. Elle allait devoir jouer le rôle de conciliatrice afin que les 2 cousins puissent dialoguer sereinement sur le sujet épineux du futur de Thélémaque. Elle ne comprenait pas qu'ils n'arrivent pas à s'entendre mais bon, c'était souvent comme ça les histoires de famille... Rapidement elle roula la couverture qu'elle avait mis sur le sol pour les protéger de l'humidité, la rangea dans une housse étanche et la cacha dans un creux, au pied du grand arbre. Enfin elle ôta le haut de son uniforme et, torse nu, se débarbouilla rapidement dans une marre d'eau claire toute proche. Pour finir, elle y plongea la tête. L'eau était glacée. C'était un sacré coup de fouet pour se réveiller de bon matin. Elle se sécha ensuite avec une serviette qu'elle avait apporté et remis son uniforme. Elle regarda le grand félin qui, après avoir fini sa toilette, buvait à grandes lampées dans une autre mare toute proche : Ça te dis une virée en ville ? Pourquoi pas... Tu es sûr qu'il n'y aura pas de problème ? Pourquoi y en aurait-il ? Tout c'est bien passé la dernière fois ! Oui mais c'était la nuit... Tout ira bien. Nous allons trouver le jeune Thélémaque. Tu te souviens ? Oui. Je vois que les choses suivent leur cours. OK ! Alors allons y. Elle grimpa prestement sur le dos de l'animal qui partit aussitôt en petites foulées. Avant qu'ils disparaissent dans la végétation, elle dit en souriant : - Par la même occasion, on en profitera pour se trouver quelque chose à manger.
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Épisode 3 : Torrtur - District d'Arkadia - Base militaire n°1 - Station radar d'approche - Alerte Générale
L'écran radar avait soudainement viré au rouge et clignotait. L'astsubay Priam contrôla aussitôt les données reçues et interpella son binôme : - Pélagie ! C'est quoi cette nuée sur l'écran radar ? Pélagie se retourna et regarda par dessus l'épaule de Priam : - Ça ! Ça ne peut être qu'une flotte. Le radar va te donner le nombre de vaisseaux qui la compose d'ici peu. - Une flotte ! Mais c'est impossible ? Nous aurions été prévenus par les satellites radars ! - Logiquement oui mais tu vois comme moi que non. Regarde ! Le radar a déjà accroché plus de 300 silhouettes de vaisseaux... Ils sont en orbite. J'espère que ça n'est pas pour nous. Je déclenche l'alerte intrusion, de ton côté préviens l'officier de garde. - OK. Priam enclencha la communication : - Subay Aliénor j'écoute. - Ici l'astsubay Priam du poste de contrôle de la station radar base n°1. Subay, je suis en train de vous envoyer l'aperçu de nos écrans radar. La situation est d'importance et... Aliénor ne lui laissa pas le temps de finir, elle regardait déjà son écran : - D'où provient cette flotte ? Il n'y a pas eu d'alerte au préalable ? - Négatif subay. Tout comme vous nous n'avons eu aucune alerte préalable... D'après les dernières données, plusieurs de ces vaisseaux entre dans l'atmosphère. Ils se dirigent vers nous. - Oui, c'est pour nous. Tu as déjà déclenché les alertes ? - Oui subay, niveau 3. - Bon, j'enclenche immédiatement le niveau 5. Continuez votre travail et prévenez moi de tous changements. - Bien compris subay. La communication fût coupée. Aliénor appuya immédiatement sur le bouton d'alarme de son pupitre de contrôle. Elle envoya également 2 messages d'alerte vers les défenses opérationnelles et contacta directement le poste de commandement du Palais Royal. Aussitôt, dans tout le district d'Arkadia l'alerte retentit avertissant la population d'un grave danger. Mais tout alla très vite car, quelques minutes plus tard, les premiers bombardements aériens écrasaient les défenses amazones. Plusieurs postes de défense prêts au combat ripostèrent alors, essayent d'enrailler la progression de la multitude hostile.
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Épisode 4 : Torrtur - District d'Arkadia - L'Invasion Commence
Une 2ème salve de missiles était partie des silos en direction des vaisseaux hostiles qui pénétraient déjà l'atmosphère. Cette fois, 10 vaisseaux furent détruits. C'était bien peu en comparaison des centaines de vaisseaux en approche mais plus il y en aurait de détruit, plus les forces au sol avaient un chance de contrer l'invasion. À leur tour, les canons à plasma commencèrent à tirer, détruisant 5 vaisseaux ennemis. Puis se furent plusieurs missiles d'interception qui détruisirent à leur tour 5 vaisseaux. Les défenses faisaient leur travail, essayant de bloquer la multitude de vaisseaux ennemis qui se rapprochait. Sur la base de défense n°4 qui verrouillait l'accès terrestre et aérien au nord d'Arkadia, les défenseurs exultaient : chacun de leur tir avaient fait mouche. Cette base était la plus importante. Elle était solidement armée avec 2 canons plasma, 2 pas de tir pour missiles d'interception, 3 silos à missiles et 3 batteries antiaériennes de 10 pièces chacune. Hélas, leur joie fût de courte durée. La riposte ennemie se tarda pas à tomber, implacable. Un déluge de bombes, de missiles et de plasma satura complètement les positions amazones. Le vacarme assourdissant des explosions faisait trembler le sol, lézardant les structures bétonnées et blindées profondément enterrées. Les hommes, terrifiés, se recroquevillèrent dans les moindres recoins comme des animaux apeurés. En surface, ceux qui n'avaient pas pu se mettre à l'abri disparurent dans la poussière et les gravas. Les coupoles des canons à plasma pourtant prévues pour résister à des tirs directs, furent proprement éventrées comme des fruits trop mûres. Les postes de tir missiles regroupés sur une colline au centre de la base, furent réduites à néant. Les silos à missiles, bien qu'enterrés, furent broyés comme de simples brains de paille qu'un géant aurait écrasé entre ses doigts. Le bombardement dura ainsi une dizaine de minutes qui semblèrent une éternité pour les défenseurs. Lorsque tout s'arrêta, les survivants relevèrent la tête, complètement hébétés. Ils se demandaient bien comment ils avaient pu survivre à cet enfer venu du ciel. Pour ceux qui remontèrent à la surface, ce fût la consternation : la base de défense n°4 était entièrement ravagée, en proie à de multiples incendies qui finissaient de réduire en cendre ce qui tenait encore bout. Pourtant, les plus solides d'entre eux tentèrent de redonner de la cohérence à la position, regroupant les défenseurs toujours prêts à se battre. En vain. Avant même qu'ils puissent reprendre leurs esprits, une nouvelle menace apparut venant du ciel. Un essaim de chasseur-bombardiers ennemis arriva en rangs serrés. Par petits groupes, ils plongèrent vers le sol, lâchant leur bombes et tirant sans répit sur tout ce qui n'était pas détruit ou en flamme. Courageusement, quelques canons antiaériens encore en état de marche ripostèrent, crachant à leur tour une nuée de projectiles vers le ciel. Mais, après 30 minutes de combat désespéré et malgré la destruction de plusieurs chasseur-bombardiers, les défenses furent réduites au silence. Alors, comme si elles avaient attendu ce signal, 50 barges apparurent dans le ciel, descendant lentement vers le sol ravagé. Pour les derniers défenseurs, la chose était entendue, l'ennemi serait bientôt là pour débarquer et envahir cette position stratégique. Il ne restait qu'à résister pour le retarder le plus longtemps possible. Sur toutes les autres bases de défense d'Arkadia, la situation se répéta, sans que rien ne puisse s'interposer de façon significative.
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Épisode 5 : Torrtur - District d'Arkadia - Sacrifice
Propulsé tel un boulet de canon, le chasseur bleu 20 de type « Flèche-L-RS » filait à vive allure dans le tunnel d'envol. Aux commandes, le subay Pâris, mâchoire tendue, encaissa l'accélération sans broncher. Il se remémorait les derniers ordres donnés par son chef d'escadrille juste avant le départ. La situation était grave, des plus graves même, c'est pourquoi la mission qui leur était confiée était des plus périlleuses. Après quelques dizaines de mètres, le chasseur déboucha brutalement à l'air libre. À ses côtés, 2 autres chasseurs sortir de tunnels identiques. Pâris tira à fond sur les commandes, poussant la propulsion au maximum. Rivés à lui, les 2 autres firent de même. - Bleu 21 et bleu 22, nous rejoignons l'escadrille, annonça-t-il à ses ailiers. Le chef d'escadrille doit nous suivre d'ici quelques min... Il fut brutalement interrompu par une vibration intense de l'air. Les 3 chasseurs furent brutalement secoués de simples feuilles dans le vent. À une centaine de mètres, ils eurent juste de temps d'apercevoir une multitude de projectiles qui, venant du ciel, se dirigeaient vers le sol. - Putain ! s'exclama Clio effrayée. - Du calme bleu 21, rétorqua Pâris. Nous restons sur notre plan de vol. - Mais ça se dirige droit sur notre base ! Continua-t-elle. - Je le sais bleu 21, répliqua Pâris agacé, mais nous avons des ordres qu'il faut exécuter. - Des ordres ! Mais pour quoi faire ? Ça ne sert plus à rien non !? - La ferme bleu 21 ! S'emporta Pâris. Tu te concentres... Il n'eut pas le terminer sa phrase. Une communication du commandement opérationnel l'interrompit : - Base opération 1 à leader bleu 20, à vous. - Bleu 20, j'écoute. - Votre chef d'escadrille a été tué lors du décollage. Vous êtes donc le leader de la mission. - ... - Leader bleu 20. Collationnez. - Bien reçu base opération 1. Suis le leader de la mission... - Leader bleu 20, mission initiale sur la base 4 annulée. Réaffectation opération identique sur base 3, à vous. - Bien reçu. Réaffectation opération identique sur base 3. - OK leader bleu 20. Bonne chance à vous... Terminé. - Merci. Terminé. Pâris se renfrogna un peu plus en rejoignant les autres patrouilles qui les attendaient. Les choses se compliquaient : ils n'avaient plus de chef d'escadrille, l'effectif de 10 patrouilles initialement prévu était maintenant réduit à 6 patrouilles et l'objectif de la mission était modifié. Tout cela signifiait que leur base venait d'être détruite et que la base de défense n°4 qui était l'objectif initial, avait était perdue. Rapidement il informa les autres leader du nouvel objectif qui leur était assigné. Il avait ouvert la communication à tous les chasseurs et termina simplement par ces quelques mots : - À tous les pilotes, je ne peux vous imposer cette mission mais vous vous y êtes portés volontaires. Souvenez-vous du serment que nous avons tous faits en devenant pilote : combattre pour protéger, combattre pour servir, combattre jusqu'au sacrifice ultime. Je vous le répète, la mission est simple, détruire le plus de vaisseaux possibles pour retarder l'invasion. Cela étant dit, vous avez toujours le choix : me suivre ou faire demi-tour. Il n'y eut aucune discussion et aucune dissension. Les 6 patrouilles partirent au complet vers la base de défense n°3 qui protégeait l'est du district d'Arkadia. Après une poignée de minutes, les vaisseaux arrivèrent en vue de la base de défense n°3 qui n'était plus que ruines et décombres. Les dernières défenses antiaériennes avaient déjà été réduites au silence. Alors, une à une les patrouilles fondirent sur les barges qui s'approchaient, prêtes à atterrir pour déverser leur masse compacte de troupes d'invasion. L'ennemi fût tout d'abord surprit par cette attaque venue du ciel et plusieurs chasseurs-bombardiers d'escorte furent détruits. Mais, la surprise passée, le combat s'équilibra puis devint parfaitement inégal. Lorsque le 7ème chasseur amazone fut détruit sur les 18 initiaux, Pâris harangua une nouvelle fois ses pilotes : - À tous, je suis fier de vous avoir connu, d'avoir partagé tant de choses avec vous et de mettre battu à vos côtés aujourd'hui. Vous avez pu voir comme moi les couleurs de l'ennemi. Ce sont des pirates. Vous savez ce que cela signifie : pas de quartier de leur part, la mort pour tous, civils compris et l'esclavage pour les quelques survivants. Malheureusement nos armes ne suffiront pas à percer le dur blindage de leurs barges d'invasion... Il faut pourtant en détruire le plus possible. J'ai pris ma décision, à vous de prendre la votre. Oui, il s'était décidé. Depuis le début, il se doutait que cette mission était une mission sans retour. Il allait donc faire le sacrifice de sa vie afin de tuer le plus possible d'ennemis. Alors, chaque patrouille survivante prit pour cible une barge et, affrontant le barrage de feu qui montait à leur rencontre, tenta de s'en approcher. - Leader bleu 20 à bleu 21 et bleu 22. Verrouillez vous sur moi. Formation d'attaque. À mon top vous enclenchez l'hyperpropulsion. - L'hyperpropulsion ? S'exclama Clio. En milieu atmosphérique nous allons être pulvérisés ! Tout ça ne sert à rien... Autant essayer de quitter l'espace pour rejoindre l'une de nos colonies nouvellement créée dans ce système... Malgré la situation d'extrême danger, Pâris s'emporta soudainement : - Clio tu fermes ta gueule ! Tu m'entends ! TU FERMES TA GUEULE ! Tu avais largement le choix au départ et tu pouvais partir alors ne m'emmerdes pas avec tes idées de dernières minutes. Maintenant, si tu veux dégager, dégage ! Sous la violence des mots, Clio se tut. La patrouille bleu 2 approchait déjà de son objectif et, même si Clio le voulait, elle ne pouvait plus faire demi-tour. - Enclenchement de l'hyperpropulsion, annonça laconique Pâris. Au même instant, bleu 21 fût détruit par un coup direct d'une tourelle de défense de la barge. Pâris lâcha un soupire en pensant aux dernières paroles qu'il avait dites à Clio. Mais déjà, les alarmes signalant une surchauffe et le danger imminent saturaient ses écrans de contrôle. Il eut juste le temps de corriger l'axe de progression de son chasseur vers le poste de pilotage de la barge, avant qu'il ne se transforme en un projectile incandescent. Les 2 chasseurs restant de la patrouille bleu 2 percutèrent la passerelle de la barge en son centre et transpercèrent le vaisseau. En perdition, la barge effectua une embardée qui la propulsa contre une de ses jumelles toute proche. Elle rebondit et finit sa course en percutant le sol pour disparaitre dans une énorme explosion. Quatre autres barges subirent le même sort grâce au sacrifice des pilotes de l'escadrille. Pourtant, les 20 barges restantes continuèrent de progresser et atterrirent bientôt sur les restes fumant de la base de défense n°3 à l'est d'Arkadia.
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Épisode 6 : Torrtur - Arkadia - Palais Royal
- Et la base de défense n°3 ? Demanda Lysippé à tous les conseillers qui avaient pu la rejoindre pour cette conférence de crise. L'un des officiers, Adonis, le plus haut en grade dans l'assistance, répondit : - Elle vient juste de tomber entre les mains de l'ennemi ma Reine. La base de défense n°2, au sud, est également assaillie de toute part. Elle ne devrait pas tenir plus d'une heure... La plupart de nos troupes sont largement engagées sur une ligne qui va du nord au sud et couvre tout l'est de notre métropole. Plusieurs faubourgs sont déjà atteints et occupés par l'ennemi. Nous savons maintenant que ce sont des pirates... - Et nous n'avons rien détecté avant leur arrivée alors que notre flotte de guerre est partie pour appuyer de nouvelles colonisations ? L'interrompit Lysippé. - Non... Je ne comprends pas ce qu'il s'est passé... Répondit Adonis dépité. Il y a... - Nous verrons plus tard pour l'analyse des responsabilités. En dehors de ça quelles sont les bonnes nouvelles ? L'interrompit de nouveau Lysippé. - Les bonnes nouvelles !? ... Éh bien... Il nous reste la base de défense n°1 à l'ouest et la base principale mais notre spatioport y a été anéanti... Et notre riposte a permis de détruits entre 30 et 40 vaisseaux ennemis... - Sur combien au total ? - Sur... Sur plus de 300 d'après nos détections... - Si peu ! Rien d'autre ? - Non ma Reine. Nos défenses sont largement réduites maintenant. Je pense que nous ne pourrons pas résister très longtemps... Il nous faudrait des renforts ! Plusieurs officiers acquiescèrent en silence autour de la table. Lysippé s'emporta : - Des renforts ! Où voulez-vous que j'en trouve ? Voulez-vous que j'en fabrique !? Tous restèrent silencieux. Lysippé, pourtant désemparée, poursuivit cependant : - Personne n'a une idée pour essayer de résister ? Que faut-il faire ? Laisser tomber ? Fuir comme des lâches ? Et dans tout ça, que va devenir notre peuple ? Une nouvelle fois, seul le silence répondit à ses interrogations. Elle continua son monologue : - Alors c'est le sauve-qui-peut... C'est fini... Sa voix se brisa. Ses yeux se remplirent de larmes. Vainement, elle chercha un soutien dans les regards qui l'entouraient. Ses yeux croisèrent soudain ceux de Cassandre, ce jeune officier qu'elle avait côtoyé lors de l'arrivée des Hantariens. Que faisait-elle ici alors que seuls les hauts dignitaires avaient été conviés ? Personne ne l'avait remarquée dans la débandade qui commençait à se faire sentir. Lysippé lui envoya une supplique silencieuse. Pleine de courage, Cassandre rompit le silence : - Ma Reine, la situation est désespérée, c'est vrai. Mais il reste encore un peu d'espoir. Voici comment je vois les choses. Si nous, les militaires, résistons sur place il reste une chance de sauver le plus de monde possible. Il faut diriger les civils et nos blessés vers la base de défense n°1. De là... - C'est ridicule ! S'emporta alors Adonis. Nous n'avons plus aucun vaisseau spatial d'importance pour évacuer ! Il faudrait peut-être envisager une reddition pure et simple en espérant la clémence de nos vainqueurs. - Une reddition ! Tu n'y penses pas ! S'écria Lysippé. Tais-toi ! Adonis resta bouche bée sans plus rien dire. Elle se tourna de nouveau vers Cassandre : - Continue. - Je disais que le regroupement devrait se faire vers la base de défense n°1 et que de là nous pourrions nous éparpiller dans la grande forêt qui s'étend à perte de vue. Il y a une chance qu'ils ne nous y poursuivent pas. De plus les Hantariens s'y trouvent. Ils ont de l'équipement et quelques forces qui permettraient d'établir une défense en lisière pour recueillir notre peuple et nos forces en retraite... Pour ce qui est des troupes, nous pouvons faire appel aux volontaires qui souhaitent se battre. Cela devrait permettre de renforcer un peu nos défenses. - Voilà ! C'est ce que j'attends de vous. Le cerveau de Lysippé s'emballa alors, scrutant et calculant toutes les possibilités. Les "pour", les "contre" et les aboutissements envisageables. C'est le moins pire... Se dit-elle. Sa réflexion n'avait durait qu'une poignée de secondes. Elle conclut alors à haute voix : - C'est ce que nous allons faire et j'en prends la responsabilité : nous évacuons tout ce que nous pouvons dans la grande forêt à l'ouest. Je contacte immédiatement les Hantariens. Que l'on envoie 5 lances de ma Garde à la lisière pour épauler les Hantariens, que le reste de ma Garde rejoigne nos défenses et que des milices de volontaires soient armés. Vous, les officiers, rejoignez vos postes et combattez. Pour les administrateurs civils, faites passer le mot : évacuation vers l'ouest. Un faible espoir venait de naître dans chaque esprit. Tous quittèrent la pièce pour mener à bien l'évacuation. Alors que Cassandre allait sortir à son tour, Lysippé l'interpella : - Cassandre ! Tu prends le commandement des 5 lances de combat et tu rejoins les Hantariens. - À vos ordres ma Reine. Cassandre salua puis quitta la pièce. Derrière elle, Lysippé, protégeait pas sa garde personnelle, décrocha un communicateur afin de prendre contact avec les Hantariens.
Les 2 sections du corps franc n°27 finissaient de débarquer des véhicules lourds de transports. Slaine héla l'adjudant Helmut REICH : - Mouvement immédiat. Vous prenez la section 2, en pointe. Je vous suis avec la 1. Éclairez la progression avec 4 de vos droïdes et 2 hommes qui connaissent le quartier. Nous sommes à 700 mètres de la position que nous devons atteindre. - A vos ordres lieutenant. Il la salua rapidement et aboya ses ordres. Ça va pas être simple de manœuvrer avec des bleus qui n'ont aucune expérience du combat. Si les combats deviennent durs il y aura de la casse... Pensa Helmut nerveux. Avant de pouvoir se déployer et progresser selon les ordres, la troupe dut traverser une foule de civils et de blessés qui se pressaient pour embarquer dans les transports qu'elle venait de quitter. De cette masse de silhouettes grises de poussières, on remarquait principalement les regards terrifiés des enfants et ceux complètement vides des soldats blessés. Beaucoup ne pourraient pas embarquer dans les véhicules et devraient encore marchaient pour tenter de rejoindre la zone de refuge, à l'Ouest d'Arkadia. Après quelques minutes, le corps franc se trouva seul et continua sa progression dans le dédale des rues de ce quartier populaire de l'Est de la ville. Les rues étaient maintenant désertes et silencieuses mais, en provenant du Nord-Est, on entendait le grondement étouffé de déflagrations. Les visages se fermèrent aussitôt, chacun scrutant les alentours prêt à faire feu. De son côté, Slaine n'en revenait toujours pas. Le matin même elle s'était rendue en ville sur la demande de la Reine Lysippé pour retrouver Thélémaque. Elle l'avait retrouvé dans un bar où il avait l'habitude de refaire le monde avec sa bande d'amis. Tandis qu'elle essayait de le convaincre de reprendre contact avec sa cousine, les alarmes s'étaient déclenchées et des messages d'alertes furent diffuser sur les écrans. Arkadia était envahie ! Tout le monde se regarda incrédule. Ensuite tout se précipita : Thélémaque voulait rejoindre les combattants. Bien évidemment, ses camarades voulaient le suivre. Elle avait eu toutes les peines du monde à le retenir. Seule l'intervention de Kedi l'avait bloqué pour un temps. Puis elle avait reçu un appel de son supérieur, le capitaine ZEJEWSK qui lui donnait l'ordre d'aider les Amazones là où elle se trouvait. Au même instant, une annonce télévisée exhortait les volontaires à se présenter dans la caserne la plus proche pour former des unités combattantes. Elle avait donc décidé de suivre Thélémaque afin de garder un œil sur lui comme elle l'avait promis à la Reine Lysippé. Ils avaient ensuite rejoint la caserne la plus proche pour s'enrôler. Des ordres provenant de l'état-major les avaient précédés et Slaine s'était retrouvée commandant d'un corps franc de 40 hommes. Dans cette unité, 2 sous-officiers hantariens accompagnant 8 droïdes d'une unité de démonstration avaient été intégrés. Eux aussi avaient reçus des ordres. En accord avec les dirigeants hantariens, leurs équipements initialement prévus pour une présentation avaient été versés pour équiper le corps franc. Les 40 volontaires reçurent armes et munitions. Répartis dans 2 sections, ils furent aussitôt envoyés vers la ligne de front. Maintenant, il était midi et elle se retrouvait, avec des hommes qui ne se connaissaient pas, en route vers une position importante pour tenter de retarder l'invasion. Tandis qu'elle se remémorait tout cela, un appel grésilla dans son communicateur : - De section 2 à section 1. - Ici section 1, parlez section 2. - Avons pris contact avec l'unité présente sur l'objectif. RAS. Vous pouvez rejoindre. - Bien reçu. Nous arrivons. Section 1, terminé. - Section 2, terminé. Slaine était rassurée. Ils avaient au moins rejoint la position sans aucune casse et c'était déjà bien. Elle regarda les soldats qui l'entouraient. Certains étaient si jeunes ! Elle croisa le regard de Thélémaque qui inclina légèrement la tête comme pour la saluer puis, d'un regard méfiant, il observa Kedi qui se tenait à côté d'elle. L'animal ne lui inspirait vraiment pas confiance. Les mauvais souvenirs étaient tenaces. - Nous arrivons ! Annonça-t-elle à haute voix. Restez sur vos gardes. Suivez les consignes de vos chefs de groupe et progressez en file indienne à droite de la chaussée, le long du mur. Au prochain croisement, nous y serons. Tandis que la section continuait d'avancer, ils croisèrent quelques ombres qui fuyaient, serrant contre elles de maigres baluchons qui étaient tout ce qui leur restait dorénavant.
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Épisode 8 : Planète Lara - Flotte de colonisation en orbite - Les Ordres Pour la Survie
Nima enrageait : - Nous sommes maudits ou quoi ! Sur la passerelle de la corvette qu'elle commandait, personne n'osa lui répondre. Elle venait d'être avertie par le capitaine Tatiana ZEJEWSK de l'attaque sur Arkadia. En plus, l'appel avait été coupé et impossible de recontacter l'arche hantarienne ou le palais royal. - Allons-nous sortir un jour des problèmes ! Il faut toujours qu'on ait des problèmes tous les 2 jours ! De nouveau personne ne répondit. De toutes façons, elle n'attendait pas de réponse. Cela la soulageait de parler, comme si elle se libérait d'un poids qu'elle portait depuis trop longtemps. Elle fut pourtant interrompue dans son monologue : - Commandant ! Le capitaine ZEJEWSK est de nouveau en ligne. Elle souhaite vous parler. - Passez la moi. ... Capitaine ? - Commandant ! Désolée, la communication a été coupée, l'ennemi brouille toutes nos communications. Comme j'étais en train de vous le dire, les Amazones ont demandé notre aide pour établir une ligne d'arrêt et de repli en lisière de la forêt. Le but est d'éparpiller la population dans la forêt afin de la mettre à l'abri. J'ai donné mon accord et envoyé la demie légion que nous avons reconstitué sur zone mais j'aimerais avoir votre avis... - Vous avez bien fait capitaine. Je vous fais entièrement confiance. De notre côté, la colonisation est en cours et, en partant maintenant, nous ne serons pas de retour avant demain au plus tôt. Quels que soient les événements, nous serons là. Tenez bons ! Refusez tout choc frontal tant que vous le pouvez. Adoptez la défense élastique. Donnez le commandement de notre légion au lieutenant PÉPÉ-GUÈS. De votre côté, faites évacuer complètement l'arche, il ne faut pas essayer de la défendre, nous verrons si elle est toujours là à mon retour. Dispersez nos survivants et sauvez les du massacre. Ce sont mes dernières consignes... Bonne chance à vous et à demain. - Merci commandant. Nous vous attendons. Nous résisterons comme notre peuple l'a toujours fait. À très bientôt... La communication se coupa à nouveau. Sur Arkadia, à bord de l'arche hantarienne, Tatiana prit quelques secondes pour se calmer. C'était vraiment un coup du sort car c'était la 1ère fois que le commandant s'absentait depuis leur crash sur cette planète. Maintenant tout reposait sur ses épaules. Elle prit une profonde inspiration et tapa rapidement sur sa console l'ordre d'évacuation de l'arche. Au même instant la porte s'ouvrit et May entra dans la pièce : - Lieutenant May PÉPÉ-GUÈS au rapport ! À vos ordres capitaine ! Aboya May avec sourire narquois. - Arrête tes bêtises tu veux... soupira Tatiana. Je t'ai fait appeler pour te signifier que tu prenais le commandement de la demie légion. Ordre du commandant. Les troupes sont déjà en route par petits groupes pour rejoindre la lisière de la forêt entre nous et la cité d'Arkadia à l'Est. Tu dois les rejoindre. - Bien reçu ! Continua Mays sur le même ton mais devant le regard sombre de Tatiana elle cessa son jeu et reprit plus sérieusement : La situation est aussi grave que ça ? - Oui... Cette fois je ne sais pas si nous allons en réchapper... Prends contact avec les troupes amazones. Il faut coopérer pour avoir une chance de s'en sortir... Fixe l'ennemi. N'essaye pas de le détruire. Décroche s'il faut. Le but est de survivre et surtout de laisser le temps aux civils en provenance de la cité de rejoindre l'abri de la forêt. - OK... Mission de la dernière chance... - Oui, il y a de ça... Fais vite ! Le temps nous est compté. Alors que May allait quitter la pièce, Tatiana la rejoignit en 2 enjambées pour la retenir par le bras. Sans que May n'ait le temps de faire un mouvement, Tatiana l'attira contre elle. Sans un mot elles s'embrassèrent longuement, oubliant un court instant les difficulutés qui les attendaient à dehors. - Fais attention à toi mon amour, dit simplement Tatiana. May se serra un peu plus contre elle et lui répondit : - À tout à l'heure ma douce. Puis, elle lui déposa un léger baiser à la base du cou et quitta rapidement la pièce sans se retourner. Tatiana resta un court instant à fixer la porte. Puis elle frissonna et reprit la tâche qui lui était assignée : sauver ses compatriotes.
Le tsubay Hector étala la carte sur la table qui trônait au milieu de la pièce. - Vous voyez lieutenant Slaine, ici nous occupons la caserne n°5. C'est une solide position qui peut résister gràce ses casemates enterrées. Ses flancs sont défendus par six lances de la garde royale, trois le long de la perspective "Nathalia" et les trois autres de la perspective "Grande Fosse" sur 700 mètres. Au delà, nos défenses sont plus faibles. Avec vos deux sections vous allez occuper le bâtiment H ici afin de couvrir la zone 3 d'où peut déboucher l'ennemi. Il faut espérer que l'ennemi tombe dans la solution de facilité et se précipite directement sur nous. Cela nous permettra de le fixer un moment. Une heure serait bien mais... je table plutôt sur une demie heure. Lorsque la position sera débordé sur sa droite ou sa gauche, il faudra décrocher en bon ordre, éviter toute débandade et tenter de continuer de se battre. Slaine était restée silencieuse. Elle évalua rapidement la position sur la carte. C'était jouable et, malgré la faiblesse de l'effectif, si tout se passait correctement, cela permettrait peut-être de retarder l'ennemi pendant une trentaines de minutes. Sans attendre de réponse, Hector continua : - Nous avons 4 armes lourdes d'appui sol qui peuvent détruire des véhicules blindés. Plus deux armes antiaériennes qui font des ravages avec leur cadence de tir sur les troupes à pied. Nous avons aussi 15 armes d'appui-feu... Vous en a-t-on fourni pour vos sections ? - Oui, une par section. J'ai également 8 droïdes de combat hantariens qui peuvent faire la différence dans ce genre de situation. - Bien, nous verrons cela. Allez immédiatement occuper les positions du bâtiment H avec vos sections. Cela va libérer quelques uns de mes hommes et permettre de renforcer les autres défenses. - Bien reçu, tsubay. Slaine salua d'un bref mouvement de tête et sortie de la pièce pour rejoindre son unité. À l'extérieur elle appela : - Mon adjudant ! L'adjudant REICH la rejoignit rapidement : - Lieutenant quels sont les ordres ? - Nous allons relever une unité amazone dans le bâtiment juste en face. Votre section, la "2", est la plus expérimentée avec ses 8 droïdes et le groupe de combat de l'astsubay Thalès, vous allez donc occuper l'étage et le toit du bâtiment. Dispersez les hommes en essayant de les protéger au maximum du feu ennemi. De mon côté, avec le sergent MARKOVNA POPOV, je vais occuper le rez-de-chaussée du bâtiment et le sous-sol où je compte placer les 2 KKR. - Bien reçu lieutenant. Des consignes particulières ? - Oui dès que nous serons débordés, il faudra décrocher rapidement. Je commencerai avec la "1" tout en laissant les armes d'appui feu puis se sera à votre tour et le reste suivra. Vous avez d'autres questions ? L'adjudant resta silencieux puis osa une question : - Et votre animal ? Slaine sourit : - Ne vous inquiétez pas pour lui. Il va se gérer tout seul. - OK. Je pars avec la "Deux" pour prendre position. - Bien. Nous gardons le contact aux transmissions. Dites-moi quand vous serez en place. L'adjudant salua. Il appela sa section qui lui emboita le pas pour occuper les positions à l'étage et sur le toit. Puis, sur un geste de Slaine, ce fut au tour de la "Une" de s'engouffrer à sa suite dans le bâtiment H.
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Épisode 10 : orrtur - Est d'Arkadia - Caserne n°5 - Bâtiment H - Casemate souterraine H1 – Défense
La casemate vibrait sous le choc des explosions. Une fine poussière tombait du plafond à chaque ébranlement de la structure, recouvrant toute la pièce d'un linceul gris. Par expérience, Ajax avait jeté une couverture sur le KKR qui trônait devant l'embrasure verrouillée qui donnait sur l'extérieur. Cette mitrailleuse hantarienne était de conception simple : il n'avait eu aucun problème à la mettre en œuvre. Dehors, le bombardement semblait augmenter en intensité. Ajax regarda la jeune engagée qui lui avait été associée en tant qu'approvisionneur. Elle s'était recroquevillée sur une banquette qui longeait l'un des murs intérieurs et claquait des dents. Ses yeux exorbités indiquaient bien la terreur qu'elle éprouvait. Juste une gamine qui s'est enrôlée plein d'entousiasme sans savoir ce qui l'attend... Pensa-t-il en secouant la tête. En tant qu'ancien militaire il savait. Il secoua la tête une nouvelle fois et soupira. Cette gamine avait juste quelques années de plus que ces deux filles qu'il avait dû laisser avec leur mère. Elles devaient être à l'abri maintenant, tout du moins, il l'espérait. Instinctivement, il se rapprocha de la jeune femme et l'interpella : - Du calme Sophia. C'est juste du bruit. Il ne peut rien nous arriver ici. Je connais cet endroit. Il y a de ça 20 ans, c'est ici que passaient les fortifications de la ville. Le bastion fortifié qui se trouvait à cet endroit défendait la porte Nord-Est. J'ai fait mes classes ici. Mêmes si les murs en surface ont disparu, ceux des fondations sont solides. Y compris ceux de cette casemate. Comme rassurée par cette voix paternelle, Sophia se détendit légèrement. Elle essuya ses larmes et tenta de calmer les tremblements qui parcourraient ses bras. Brusquement, la porte blindée au fond de la pièce s'ouvrit, les faisant sursauter. Ajax se figea pour saluer. Les vieux réflexes avaient la vie dure. En face, l'officier le rassura : - Repos... Je suis le lieutenant Slaine NAUX. Je fais partie des Hantariens que votre peuple a acceuilli. C'est moi qui commande le corps franc. Je venais juste m'assurer que... En disant cela, Slaine jeta un œil dans la pièce et plus particulièrement vers la meurtrière verrouillée qui barrait horizontalement le mur d'en face. - Je vois que vous avez pris soin de votre arme. Ancien militaire ? - Oui. De la Garde Royale. - Parfait ! Notre position est importante. Vous devez tenir jusqu'à ce qu'on vous dise de décrocher. - À vos ordres. Puis elle regarda la jeune femme : - Et Sophia ? - Vous la connaissez ? - Oui, j'étais avec son groupe d'amis lorsque tout ça a commencé... Ils se sont tous précipités... - Ça va aller. Un passage à vide mais... Je ne la laisserais pas tomber de toutes façons. Slaine allait répondre lorsque le bombardement cessa. Son visage se tendit aussitôt : - L'assaut va avoir lieu. Je vous laisse. Verrouillez la porte. Attendez l'ordre de tir. Et surtout, ne quittez la casemate que lorsque l'on viendra vous chercher. Avant qu'Ajax ne réponde, elle quitta la pièce. Il verrouilla la porte derrière elle puis se retourna vers Sophia : - Les choses sérieuses vont commencer. Tu vas me passer les munitions au fur et à mesure que le chargeur engagé dans l'arme se vide. OK ? Sophia le regarda sans aucune réaction : - ... - Sophia, il va falloir que tu réagisses et que tu m'aides. Tu t'es engagée pour combattre alors fais le. En avant ! - Euh... Oui... Que dois-je faire exactement ? répondit Sophia contrite. - Regarde c'est très simple. Il retira la couverture de la mitrailleuse, prit un chargeur qu'il emboîta sur le magasin de l'arme. Un léger claquement se fit entendre. - Tu vois ? - OK. Et je dois faire ça quand ? Répondit Sophia qui semblait soudain reprendre pied. - Je te ferai signe. Il faut aller vite pour éviter toute interruption pendant le tir. - D'accord. Ajax déverrouilla la trappe blindée puis fit glisser l'arme sur le rail où elle était fixée. Tout fonctionnait : leur arme était prête à donner la mort. Devant eux, nul ennemi n'était visible pour le moment. Regard tendu, ils scrutaient la zone dégagée qui s'étalait devant eux. Bientôt, à travers la poussière et la fumée, ils distinguèrent des silhouettes se dirigant droit dans leur direction. Ajax empoigna le KKR, attendant l'ordre de tir. Après une poignée de longues secondes, plusieurs explosions cisaillèrent les premières silhouettes en approche. - Mines claymore, grommela Ajax entre ses dents. Au même moment, le communicateur accroché à son épaule grésilla : - À toute la "1", ouverture du feu. Aussitôt, il pressa la détente de la mitrailleuse qui cracha une nuée de projectiles. Face à lui, des silhouettes s'affalèrent. Il fit glisser l'arme sur le rail, balayant la zone d'un feu meurtrier. Au bout d'une quarantaine de secondes, il s'adressa à Sophia sans la regarder : - À toi ! Avant que le magasin de l'arme ne soit complètement vide, l'ancien chargeur avait été éjecté et Sophia y enclencha un nouveau. Les projectiles continuaient de sortir de l'arme à une cadence infernale. Les deux combattants, concentrés sur leur tâche, continuaient de répandre la mort devant eux.
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Épisode 11 : Torrtur - Est d'Arkadia - Caserne n°5 - Corps Franc n°27 - Repli
Les projectiles ricochaient sur le blindage du véhicule qui s'approchait. C'est du gaspillage de munitions qui ne sert à rien. En plus, il n'a pas d'armement juste un véhicule blindé de transport... Se rassura Ajax. Il dévia le tir de la mitrailleuse sur les assaillants qui s'étaient démasqués de part et d'autre, au delà de la protection du blindé. Cela les obligea aussitôt à se remettre derrière lui. Il continua à arroser les alentours, empêchant les fantassins de progresser mais pas le véhicule qui avançait toujours, imperturbable. Il fit de nouveau signe à Sophia qui enclencha un chargeur plein sur le KKR. Soudain, un long tube surgit à l'avant du véhicule. Tout d'abord interloqué devant ce simple tuyau d'apparence inoffense, il réalisa très vite son erreur : - Saloperie ! Comme pour confirmer son angoisse, une longue langue de feu sortie du tube et percuta le sol à 5 mètres de la casemate. Une chaleur étouffante y pénétra aussitôt. Gorge nouée, une sueur glaciale lui coula le long du dos. Il commençait à suffoquer : Ne pas paniquer. Reste calme. Reste calme... Les mains moites, Ajax orienta de nouveau son tir sur le véhicule sans résultat notable. A ses côtés, Sophia lâcha le chargeur qu'elle tenait et recula vers le fond de la pièce en poussant un cri de bête effrayée. Il n'essaya même pas de la rassurer. Il lâcha son arme pour verrouiller la meurtrière en espérant que le liquide enflammé ne pénètre pas à l'intérieur. Inexorablement, la langue de feu se rapprochait d'eux. Pourtant, alors que tout espoir semblait perdu, le véhicule explosa subitement et disparut dans une gerbe de flammes qui monta vers le ciel. Soulagés, les 2 mitrailleurs reprirent le contrôle de leurs nerfs et reprirent leur tir sur les assaillants qui se repliaient précipitamment pour se mettre à couvert. À 30 mètres de là, dans la casemate G2, des défenseurs jubilaient : - Dans le mille ! Nous l'avons pulvérisé. Fiers de leur exploit, les servants de l'arme lourde positionnée dans la casemate la réarmèrent, cherchant déjà une autre cible à détruire. Plus en arrière, dans le poste de commandement de la caserne n°5, le tsubay Hector reçut un appel du GQG : - Les lignes de défense au Nord de votre position ont été enfoncées. Les 3 lances de la Garde qui couvrent votre flanc gauche ont déjà reçu l'ordre de reculer et d'essayer de se battre pied à pied. Vous allez en faire de même et vous retirer afin d'éviter l'encerclement. Essayer de rétablir une position défensive au Palais Royal. - Au Palais Royal ! Mais c'est à plus de 5km d'ici ! À pied ! Vous nous demandez l'impossible ! - Ce sont les ordres. A vous de vous sortir de ce guêpier. Bonne chance. Terminé. La communication se coupa. Finalement, la position avait contenu l'ennemi pendant trente minutes. C'était toujours ça de gagné. Hector informa immédiatement les commandants d'unités présents sur la position pour qu'ils se replient rapidement. Dès qu'elle reçut l'ordre, Slaine prit ses dispositions. Elle appela le sergent MARKOVNA POPOV : - Sergent ! Faites partir les 3 groupes de combat de la section immédiatement vers le point de repli... Ici. Elle pointa l'endroit sur son écran tactile où s'affichait la carte de leur position et le trajet prévu pour le repli. - C'est à 300m. Vous suivrez ensuite avec le groupe de commandement. La section 2 vous emboîtera le pas. Je partirai en dernier avec le groupe d'appui. - Reçu lieutenant. Les ordres furent transmis et les groupes partirent un par un toutes les 30 secondes. Lorsque le 2ème groupe de la section 2 partit à son tour, Slaine appela les 2 équipes de mitrailleurs pour qu'elles évacuent à leur tour. Au moment où l'adjudant passa à sa hauteur, elle l'interpella : - Des pertes pour la 2 ? - J'ai perdu un droïde et 2 hommes... J'ai aussi un blessé léger. Et vous ? - Juste un blessé léger. Allez y ! Ne traînons pas. Je vous suis. L'adjudant et son groupe de commandement partit aussitôt. Quand ce fût au tour du groupe d'appui, Slaine dit simplement : - Accrochez vos munitions sur le harnais de Kedi. Il y a 300 mètres à faire. Il ne faut pas traîner. Kedi encaissa le poids des chargeurs sans broncher. Les mitrailleurs partaient déjà en file indienne, courbés sous le poids de leurs armes. Ça va aller ? Demanda-t-elle à Kedi. Aucun problème Slaine. Et, comme pour la rassurer, il partit en petites foulées à la suite du groupe. À l'aide de son communicateur, Slaine tenta sans succès de joindre le tsubay Hector. Ne voyant aucune troupe amazone sortir des bâtiments, résignée, elle s'éloigna à son tour. Alors qu'elle avait parcouru d'une centaine de mètres, d'énormes explosions ébranlèrent le sol en faisant vibrer l'air derrière elle. L'ennemi s'était remis à bombarder la position mais cette fois les chasseurs bombardiers et l'artillerie au sol étaient remplacés par les pièces de gros calibres des vaisseaux spatiaux. Bientôt, il ne resterait plus grand chose de la caserne n°5.
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Épisode 12 : Torrtur - Centre d'Arkadia - Corps Franc n°27 - L'isolement et l'horreur
Depuis que le Corps Franc n°27 avait quitté la caserne, il avait progressé de plus de 3km dans le dédale des rues de la ville pour rejoindre l'objectif. Aucune troupe amazone n'avait été rencontrée. Aucune position de défense organisé. Rien. De plus, les jeunes volontaires commençaient à se fatiguer et, sans cesse, il fallait les pousser permanece pour qu'ils continuent d'avancer. L'ambiance devient pesante. Continuant la progession sans rencontrer âme qui vive, le corps franc arriva enfin à 1000 mètres de l'objectif : le Palais Royal. Sans prendre le temps de souffler, plusieurs groupes de la "Une" avaient été envoyés en avant afin d'éclairer la progression. Tandis que le reste de l'unité aux aguets reprenait son souffle, les débris d'une lance de la Garde arriva brutalement sur la position. Il s'en fallut de peu que des tirs soient échangés. L'adjudant REICH avec sang froid empêcha la méprise. Il tenta d'interroger le commandant de cette troupe en déroute mais n'eut aucune réponse à ses questions. Il l'ammena rapidement à Slaine : - Le Palais Royal... L'ennemi est là-bas ! Il attend ! Tous sont massacrés... Il faut faire demi-tour ! C'est tout ce que Slaine réussit à obtenir du soldat épuisé. Inquiète, elle tenta de joindre les groupes de sa section afin qu'ils stoppent et rebroussent chemin rapidement. Un seul avait répondu, celui du sergent Miléna MARKOVNA POPOV. De son côté, l'adjudant REICH avait déployé la "Deux" en hérisson afin de parrer à toutes éventualités. Malheureusement, deux groupes de combat et le groupe d'appui de la "Une" manquaient à l'appel. Sans plus attendre, Slaine ordonna à Miléna de continuer avec deux de ses hommes pour retrouver les manquants. Miléna partit à leur recherche accompagnée de Thélémaque et d'un de ses camarades, Andréas. En chemin, ils avaient trouvé le groupe de combat n°2 qui avait immédiatement redirigé vers le corps franc 50m en arrière. Puis nos trois soldats étaient repartis et, 200m plus loin, avaient trouvé une partie du groupe d'appui en pleine fuite. Ce que le mitrailleurs et son pourvoyeur racontaient n'avait aucune cohérence. Ils parlaient d'embuscade et de morts sans donner plus de détails. Miléna les calma afin qu'ils retrouvent leurs esprits et les orienta afin qu'ils retrouvent le reste de l'unité. Malgré leur précipitation, ils n'avaient pas abandonné leur KKR qu'ils emportèrent précieusement. Tout autour, des tirs se faisaient entendre, raisonnant entre les murs des rues étroites. La progression du trio se fit plus lente. Il était tendu, sur le qui-vive, surveillant chaque recoin d'où pouvait apparaître une menace. Alors qu'ils arrivaient à un croisement, ils tombèrent sur des cadavres de civils, massacrés dans leur fuite. Miléna frissonna, elle n'aimait vraiment pas la tournure que prenaient les événements. Cela se confirma au bout de la rue où gisaient les corps de deux des hommes qu'ils recherchaient. Sans s'attarder, ils continuèrent d'avancer et débouchèrent sur une petite place où régnait un silence glacial. De nombreux cadavres d'ennemis et de civils jonchaient le sol. En observant la scène, le groupe comprit où s'était déroulé le gros de l'affrontement : de l'autre côté de la place, un bâtiment à moitié détruit dominait la scène. Il s'y précipitèrent, s'engouffrant par la porte défoncée. Là le corps d'un des leurs gisait parmi les décombres. Précautionneusement, Miléna se dirigea vers le fond de la pièce pendant les autres restaient en retrait, prêt à faire feu. Derrière un retranchement de fortune, elle découvrit un corps, celui du tireur de la KKR. Il s'était affalé sur son arme, la tête ensanglantée. Perplexe, elle se retourna vers Andréas et lui ordonna : - Il nous en manque toujours deux. Fouille les étages. En avant ! Puis elle se tourna vers Thélémaque et lui dit : - Récupère la mitrailleuse. Thélémaque empoigna le corps du mitrailleur et, la mine dégoûtée, le retourna pour en extirper l'arme. Miléna continua : - Reste ici, je vais voir dans l'autre pièce juste derrière. En y pénétrant, Miléna eut un haut-le-cœur. Ce qu'elle découvrait ici dépassait de loin tout ce qu'elle avait pu voir au cours de sa carrière militaire. La pourvoyeuse de la mitrailleuse était étendue là, éventrée. Une mare de sang frais attirait déjà les insectes qui bourdonnaient en tout sens. En s'approchant, Miléna étouffa un cri : la jeune femme avait subi un calvaire... Son pantalon déchiré et roulé sur les chevilles ainsi que les nombreuses marques sur ses cuisses nues ne laissaient aucun doute sur ce qu'il s'était passé... Le cœur au bord des lèvres, Miléna s'approcha encore un peu du corps inerte. Du visage martyrisé à la mâchoire brisée, seul les yeux clairs restés ouverts. Cette vision était insupportable ! Pleine de pitié, Miléna s'approcha pour les fermer. Brutalement, son geste fût interrompu par une main ensanglantée qui lui saisit le poignet. Les yeux venaient de bouger et la regardaient fixement. De nouveau, Miléna étouffa un cri. - Tu es vivante !? Se surprit-elle à dire. Ne sachant quoi faire, elle lâcha son arme et serra dans les siennes la main qui l'avait agrippé. Désemparée, Miléna pensa : Nous sommes du même âge. Ça aurait pu être moi ! Hélas, le cauchemar n'était pas fini et, dans un murmure, la mourante l'implora : - M... Mal... Mou... Mour... Mour... ir... Les yeux remplit de larmes, Miléna tenta de la calmer : - Doucement. Calme-toi... Nous sommes là... Ça va aller... Que pouvait-elle dire de plus ? Elle restait là, sous le choc, face à cette situation d'horreur qui la remuait au plus profond d'elle-même. Comment peut-on faire ça ? Ne cessait-elle de se répéter. De son côté, n'entendant plus son supérieur, Thélémaque entra dans la pièce. À la vue de la scène, il poussa un hurlement d'effroi : - Sophia ! Non !!! Puis il se détourna et vomit contre le mur tout proche. - Sors ! Lui ordonna Miléna. Sors immédiatement ! Le jeune homme sortit précipitamment de la pièce en trébuchant. Miléna, bien que désespérée, prit alors une profonde inspiration, résignée. Elle le savait, il ne lui restait qu'une seule chose à faire. De l'une de ses poches, elle sortit une fine ampoule à laquelle elle fixa une aiguille. Puis, sans plus attendre, elle la planta dans le bras de Sophia. Les yeux de la jeune femme lui semblairent lui sourire comme pour la remercier. Miléna lui mumura en retour : - Tu vas t'endormir... Laisse-toi aller... Tout est fini... Dans la pièce d'à côté, elle entendit Andréas qui venait de redescendre des étages : - J'ai trouvé Minos planqué dans un mur ! Je ne sais pas comment il a fait... Il est complètement apathique, prostré.. Terrorisé... Thélémaque ! Tu m'écoutes ? Oh ? Où est le sergent ? Thélémaque ! Qu'est ce que tu as ? Seuls les sanglots étouffés de Thélémaque lui répondirent. Quelques secondes plus tard, Sophia ferma définitivement les yeux.
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Épisode 13 : Torrtur - Centre d'Arkadia - "Il faut sauver le Corps Franc n°27 !"
- Groupe T à autorité. - Ici autorité, parlez Groupe T. - Avons sécurisé l'entrée du collecteur. Plusieurs hostiles neutralisés. Zone dégagée. - Bien pris Groupe T. La "Deux" vous rejoint avec les Gardes. La "Une" est encore à 300m. Parez à toutes éventualités et gardez la zone. Terminé. - Bien reçu terminé. Slaine coupa la communication. Depuis qu'elle avait appris que le Palais Royal était aux mains de l'ennemi et qu'ils étaient isolés sur les arrières de l'ennemi sans aucun contact avec des unités amies, elle avait complètement réorienté la progression du corps franc. Après consultation des différents plans de la ville qu'elle possédait, elle avait décidé de se diriger au Nord-Ouest afin d'éviter les combats qui continuaient de se dérouler en ville sur une ligne qui allait du Sud à l'Ouest. Cela faisait une quinzaine de kilomètres à parcourir mais c'était la seule solution possible. Ayant découvert qu'un collecteur d'égouts pouvait leur permettre de franchir les 3/4 du trajet à l'abri, elle avait aussitôt dépêché le groupe de l'Astsubay Thalès de la "Deux" pour en sécuriser l'accès. C'était chose faite et bientôt le corps franc, renforcé par les gardes royaux amazones qui s'étaient joints à lui, se retrouva regroupé aux abords du bâtiment de pompage qui permettait d'y accéder. Déjà, les droïdes de la "Deux" avaient été envoyé dans le collecteur pour éclairer la progression. Arrivée sur place, Slaine envoya immédiatement à la suite l'adjudant Reich et son groupe de commandement, puis les hommes de la Garde Royale et enfin le groupe d'appui réorganisé de la "Une". Il ne restait plus que sa section de commandement, le Groupe M de la "Une" et le Groupe T de la "Deux" qui, après en avoir sécurisé les abords, rejoignait l'entrée du collecteur. L'astsubay Thalès entra dans la pièce poussant devant lui deux soldats ennemis. - Ils allaient exécuter trois des nôtres, annonça-t-il laconique en montrant les soldats amazones rescapés qui se tenaient derrière lui. Avant que Slaine ne commence à parler, le sergent MARKOVNA POPOV bondit sur ses pieds les yeux plein de haine : - Laissez-les-moi ! On va s'amuser un peu. Après tout, chacun son tour non !? Slaine la coupa sèchement : - Sergent ! Vous prenez votre groupe auquel j'ajoute ces 3 rescapés... - Mais lieutenant ! S'insurgea Miléna. - Ça suffit ! Rejoignez immédiatement le collecteur avec vos hommes. - Mais vous ne comprenez pas ! Ils doivent payer !!! - Je comprends parfaitement sergent mais ça n'est ni le lieu ni l'endroit ! Et je n'ai pas le temps de discuter avec vous... C'est un ordre ! Rompez ! La tension était palpable. Tous sentaient que Miléna allait refuser d'obtempérer. Dans la pièce, Kédi se mit à grogner, montrant ses crocs acérés. Alors, dans le dos de Miléna, Thélémaque fit entendre sa voix : - Sergent ? Allons-y sergent. Cela ne changera rien... À quoi bon... Souvenez-vous de Sophia mais ne faites pas comme eux... La tension disparut du visage de Miléna et des larmes emplirent ses yeux. Elle les essuya d'un revers rageur de main puis, résignée, elle fit signe à ses hommes de s'engager à leur tour dans le conduit d'égouts. Avant qu'elle ne quitte la pièce elle entendit Slaine murmurer : - De toutes façons, nous ne pouvons pas nous encombrer avec eux alors... Avant d'avoir fini sa phrase, le lieutenant avait dégainé son arme de poing et exécuté les deux prisonniers d'une balle dans la tête. - ... autant en finir tout de suite. Miléna se retourna surprise. Slaine, le regard sombre, lui lança alors : - Satisfaite ? Miléna ne répondit pas. Elle haussa simplement les épaules et sortit de la pièce. Les autres, bien que surpris par le geste de leur supérieur ne pipèrent mot. À leur tour, un par un, ils quittèrent la pièce pour tenter de fuir cette ville qui n'était plus la leur. Le dernier à partir fût Kedi. Sans un regard en arrière, il descendit dans le boyau obscur et puant pour y disparaître à son tour. Quelques minutes après, la charge explosive mise en place par l'astsubay Thalès pulvérisait la station de pompage empêchant toute poursuite mais aussi tout retour en arrière.
L'intensité du combat augmentait. Au débouché de l'égout, la "Deux" s'était faite accrochée mais elle tenait ses positions sans faiblir. En soldat expérimenté, l'adjudant REICH avait déployé ses groupes de combat et les droïdes faisaient des merveilles. C'était une absolue nécessité : il fallait tenir la ligne de défense et laisser le temps à la "Une" et aux groupes de Gardes pour s'échapper vers la lisère de la forêt. Dans ce faubourg Ouest de la cité, ils ne leur restait plus que 1500 mètres à parcourir avant de pouvoir atteindre les arbres protecteurs. C'était jouable ! Il fallait juste ne pas se laisser encercler. Telle était la situation tandis que Slaine organisait une nouvelle ligne de défense avec la "Une", 500 mètres en arrière des combats. Une fois retranchée, elle appela le sergent MARKOVNA POPOV qui accourut aussitôt. - Sergent, prenez votre groupe et foncez vers la forêt. Ne vous laissez pas accrocher. Il faut absolument que nous sachions si les bois sont sûrs. Allez ! En avant ! Miléna salua d'un coup de menton et partit au pas de course rejoindre son groupe. Il y avait là Thélémaque, Andréas, Thalie et Clio. Elle leur fit un rapide topo et ils partirent vers les grands arbres que l'on devinait à l'Ouest. Derrière eux, déjà, le combat s'était rapproché car la "Deux" avait dû lâcher prise et se repliait en essayant de ne pas se laisser déborder par l'ennemi. La progression du groupe M fût rapide et sans encombre. Les pavillons et les jardins étaient vides de toute présence humaine hormis quelques cadavres de civils tués dans les bombardements. Arrivée à la dernière maison, Miléna stoppa sa troupe à l'abri d'une haie et observa les 500 mètres de prairies qui les séparaient des premiers arbres. Soudain nerveuse, elle sortit ses jumelles pour observer la ligne d'arbres ainsi que les maisons et les haies à sa gauche et à sa droite. - C'est bien trop calme tout ça... Bon ! Nous allons prendre position dans la maison plus à gauche. De là nous devrions y voir un peu plus clair. Le groupe, toujours aux aguets, longea la haie puis un mur avant de franchir une cours et de pénétrer dans une solide bâtisse. - Thalie et Clio à l'étage, vous me rendez compte du moindre mouvement. Andréas, tu fouilles toutes les pièces. Thélémaque, tu te postes ici et tu me surveilles la cours. Exécution ! Sans un mot, le groupe s'éparpilla. Miléna décrocha son communicateur et appela : - Groupe M à autorité. - Ici autorité, parlez groupe M. - Sommes arrivés en bordure à 500 mètres de l'objectif à atteindre au point H-43-75. RAS pour le moment. - Reçu groupe M. Je vous envoie la "Deux". Situation sous contrôle ici. Nous arrivons sous peu. Envoyez une reconnaissance sur l'objectif dès que la "Deux" vous aura rejointe. Terminé. - Reçu autorité. Nous attendons la "Deux". Terminé. Miléna rangea son communicateur et interrogea Andréas qui venait de finir de contrôler les pièces : - Alors ? - RAS sergent. - OK. Tu rejoins la route au bout de la cours, tu te planques et tu attends les nôtres. La "Deux" ne devrait pas tarder. - Bien sergent. Andréas partit prendre position rapidement. Au bout de quelques minutes, le communicateur de Miléna grésilla : - Sergent ? - Oui Andréas. - Un groupe de la "Deux" vient de me rejoindre. Je vous les envoie ? - OK. Qu'un des leurs prenne ta place et rejoins nous avec les autres. Terminé. - J'arrive ! Dès qu'ils entrèrent dans la maison, Miléna interpella le chef de groupe : - Il faut deux hommes en haut pour remplacer les miens. Je dois continuer ma reconnaissance. Le sous-officier acquiésca et demanda à ses hommes de prendre position. Son groupe réuni, Miléna donna les consignes : - C'est la dernière ligne droite. Il faut atteindre la lisère et voir ce qu'il s'y passe. On fonce sans s'arrêter comme des brutes. En avant ! Tous lui emboîtèrent le pas comme un seul homme. Les premiers 200 mètres furent franchis sans encombre. Le groupe progressait comme à l'exercice sans s'octroyer une seconde pour respirer. Tout à coup, plusieurs explosions soulevèrent des gerbes de terre autour d'eux. - Artillerie ! Hurla Miléna en plongeant tête la première. Elle observa les alentours et poursuivit : - Ça vient du faubourg au Nord de la ville. Aller ! On continue avant qu'ils ne réglent leur tir. Le groupe se releva et repartit à vive allure. Il courait comme si les chiens de l'enfer le poursuivaient. Pourtant, une 2ème salve le rattrapa, l'obligeant à se plaquer au sol à nouveau. Ensuite, il n'eut aucun répit et se trouva cloué au sol car une 3ème salve arriva, suivie d'une 4ème... - Sergent ! Hurla Thélémaque la peur au ventre en rampant. Sergent ! Avant qu'il n'obtienne une réponse, il roula dans un cratère où il percuta un corps. Le grade lui indiqua qu'il l'avait trouvé. Il le secoua. - Sergent ! Ça va ? - Merde... répondit simplement Miléna en montrant ses mains pleine de sang. Suis touchée... Où sont les autres ? Finit-elle par articuler. - Debout sergent ! Il faut y aller ! - Continue sans moi. Je reste ici. Mes jambes sont fichues... - Elles sont toujours là vos jambes ! Aller sergent ! Debout ! - Arrête de hurler comme ça tu veux... Soudain, elle ressentit un froid intense et la douleur qu'elle avait aux jambes et au ventre s'estompa. Autour d'eux, les explosions continuaient de retentir, semblant les chercher pour les écraser. - Je ne vous lâche pas sergent ! Je vous porterais s'il le faut. Miléna ne répondit rien. Son visage blafard devenait de plus en plus cireux. Brutalement, les explosions s'arrêtèrent sans aucune raison apparente. Alors, traînant le corps de Miléna hors du trou, Thélémaque essaya de la hisser sur ses épaules. En vain. - Fais chier merde ! Hurla-t-il vers le ciel. Personne pour m'aider ? Ses camarades avaient disparu et il se retrouvait seul sans personne pour l'aider. Pourtant, comme par magie, Kedi apparut à ses côtés. Comme chaque fois qu'il se retrouvait seul avec le fauve, il eut un mouvement de recul : toujours ce mauvais souvenir qui revenait le hanter à chaque fois. Mais, se reprenant, il dit sans regarder l'animal : - Tu peux m'aider ? Kedi saisit l'une des bottes du sergent dans sa gueule, faisant mine de la tirer. - D'accord... Je vais prendre ça pour un oui et tu vas m'aider. L'animal se coucha et, après bien des effeorts, Thélémaque réussit à hisser le corps du sergent sur son dos. Il fixa rapidement le harnais de Miléna au harnais que portait Kedi afin que le sergent ne glisse pas. - Allons-y ! Alors, comme dans un rêve, ce curieux équipage parcourut les 300 derniers mètres qui le séparaient des arbres gigantesques qui se dressaient devant eux telle une muraille infranchissable.
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Épisode 15 : Torrtur - Faubourg Ouest d'Arkadia - La fin est proche
- Mon adjudant ! Quelles sont les nouvelles ? - J'ai positionné la "Deux" orientée au Sud-Est avec la maison en point d'appui. Nous tenons bon face à une cinquantaine d'assaillants mais l'ennemi se renforce de minute en minute... - OK. La "Une" à 50m, plus au Nord de votre position. Elle est orientée Nord-Ouest et recule pied à pied. J'ai mis les 3 groupes reconstitués des gardes amazones pour nous relier. Essayer de décaler vers le Nord l'un de vos groupes pour les soutenir. - C'est déjà fait lieutenant. Ça tient bon pour le moment. - Des nouvelles du groupe M ? - Aucune depuis qu'il est parti vers la forêt. La zone a été bombardée... Je ne suis pas très optimiste... - Fais chier ! Nous n'allons quand même pas nous laisser piéger si près du but ! La communication s'interrompit brusquement. Slaine enrageait. Tout s'était bien passé jusqu'alors et sans trop de pertes. Maintenant, ils se trouvaient bloqués. Une fuite vers les arbres à travers la prairie qui s'étendait derrière eux était trop risquée, surtout sans savoir ce qui les attendait de l'autre côté. Elle ne voulait pas exposer encore plus la troupe. Elle l'avait déjà trop fait jusqu'à présent avec des conséquences néfastes. Perplexe, Slaine regarda les hommes de son groupe de commandement qui faisait le coup de feu à ses côtés. Elle ruminait son angoisse : Combien vont encore tomber aujourd'hui ? ... Et pas de nouvelle de Kedi... Je l'avais envoyé pour rejoindre le groupe M... Mais elle n'eut pas le temps de s'appitoyer sur leur sort, à quelques mètres de là, l'un des KKR embusqué se mit à tirer sur des ombres qui couraient entre deux bâtiments. Au même moment, l'astsubay Thalès et son groupe rejoignait Slaine : - Lieutenant ! Ils essayent de s'infiltrer entre vous et les gardes. À 20 mètres plus au Sud. - Non ! Il faut les arrêter ! Elle héla un homme de son groupe : - Thomas, tu viens avec moi. Les autres, gardez la position. En avant ! Alors elle se redressa et sortit du retranchement, fonçant dans la direction indiquée par Thalès. Le groupe T la suivit, se déployant en ligne sur sa droite et sur sa gauche. Leurs armes étaient braquées, prêtes à faire feu. Ils tombèrent ainsi sur une trentaine d'ennemis qui se préparaient à mener l'assaut. Ils foncèrent sans s'arrêter, vidant plusieurs chargeurs. Surpris par cette attaque brutale, l'ennemi reflua en désordre laissant plusieurs des siens étendus sur le sol. Par peur de se retrouver isoler dans les lignes adverses, Slaine stoppa le groupe qui s'abrita dans un fossé maçonné. Rapidement menée, l'action avait porté ses fruits, permettant d'empêcher une infiltration qui aurait pu rompre les défenses du Corps Franc n°27. Pourtant, l'ennemi se resaisit et, masquant sa retraite dans un nuage de fumigènes, il commença à saturer de projectiles la position où se trouvait Slaine et ses hommes. Celle-ci comprit le danger : - Ils vont contre-attaquer ! Replis immédiat sur la haie derrière nous ! Tous bondirent pour se précipiter à l'abri de cette nouvelle position défensive. - Lieutenant !!! Thomas venait de s'effondrer à quelques pas de Slaine. Elle se précipita pour examiner le jeune blessé. Du sang coulait abondamment d'une large plaie au bras. - Lèves-toi ! En avant ! Elle distingua alors l'effroi dans les yeux de l'adolescent et devina que l'ennemi arrivait. Elle se retourna et mitrailla en aveugle puis lachant son arme dont le chargeur était vide, dégaina ses 2 yatagans. Elle embrocha le premier assaillant à sa portée et en décapita un autre. - Cours Thomas ! Fuis si tu veux sauver ta peau ! Aller !!! Sans demander son reste, ce dernier se leva et détala à toutes jambes. Elle rengaina ses 2 armes blanches, se mit à genoux, rechargea son KR-11 pour tirer de courtes rafales vers les silhouettes qu'elle apercevait. Puis, constatant qu'elle allait se faire déborder, elle se redressa à son tour et courut vers la haie protectrice. Les autres étaient déjà en position et faisaient feu pour arrêter la vague ennemie. Une fois à l'abri près de l'adolescent blessé mais sauf, Slaine s'empressa de nouer solidement un pansement sur la plaie. Thomas grimaça sous la douleur. - Prends ton arme et défends-toi ! Lui ordonna-t-elle. Comme un somnambule, il s'exécuta, vidant le chargeur de son arme sur la multitude qui revenait à l'assaut. La situation devenait critique, toute la ligne de front du corps franc s'était maintenant embrassée face à l'assaut général que menait l'ennemi. Les munitions s'épuisaient et il n'était plus possible de retraiter sans s'exposer à un massacre. Dernier chargeur... ragea Slaine en tentant d'économiser ses munitions. Elle allait demander à Thomas s'il lui en restait lorsqu'un vacarme bien connu retentit à ses oreilles. Juste derrière elle, le "tac tac" de 8 canons mitrailleurs de 20mm résonnait. Devant elle, les projectiles à haute vélocité hachés les assaillants, ne leur laissant aucune chance. Sur toute la ligne de défense de l'unité, il se produisit la même chose. - Des arachno ! S'écria-t-elle soulagée. Elle se redressa et envoya un ordre dans son communicateur : - Ici autorité à tout le Corps Franc n°27 : repli général vers la forêt. Je répète : repli général vers la forêt. Nous décrochons. Elle releva Thomas et lui tapa amicalement dans le dos : - C'est fini ! Cours droit devant sans t'arrêter. Sous la protection des arachnodroïdes hantariens, les survivants du Corps Franc n°27 purent enfin décrocher, laissant les morts mais aidant les blessés à traverser la prairie. La forêt était toute proche, bientôt ils y seraient en sécurité.
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Épisode 16 : Torrtur - Forêt du District d'Arkadia - Sains et saufs
Le jour commençait à décliner. Alors que le temps s'était maintenu toute journée, il se mit à pleuvoir d'un coup. Un véritable déluge qui tombait du ciel, inondant la cité mais aussi le district tout entier. Les combats s'étaient aussitôt arrêtés, chacun cherchant à se mettre à l'abri. Face à ce répit, les dernières forces amazones en avaient profité pour évacuer la base de défense n°1 emmenant avec elles quelques 300 à 400 civils qui s'étaient réfugiés dans les souterrains. L'ennemi n'intervint pas soit parce qu'il n'avait rien vu soit parce qu'il fit mine de ne rien voir. Son objectif était atteint : occuper la ville et en tirer tout ce qu'il pouvait. Déjà de lourds vaisseaux cargos quittaient le centre de la cité, leurs soutes pleines à craquer de ressources pillées un peu partout en ville. De nombreuses explosions se faisaient entendre en provenance du centre, tout près du Palais Royal. Derniers combats ? Simples destructions ? Les Amazones qui fuyaient maintenant à travers la forêt ne s'en souciaient plus. La seule chose qui leur importait était leur survie. L'évacuation avait été rondement menée dès que la décision avait été prise de sauver le plus possible de personnes. Depuis le matin, au fur et à mesure de leur progression, les civils mais aussi les combattants, avaient été dispatchés à travers des chemins cachés vers plusieurs endroits. Une cinquantaine de campements avaient ainsi été alimentés par le flot des réfugiés et, en cette fin de journée, plusieurs milliers d'habitants avaient été sauvées. La nuit était tombée maintenant, les forces combattantes d'arrière garde, après avoir piégé les axes forestiers en se retirant, arrivaient enfin au but : ils étaient sains et saufs, c'était bien ça le principal. C'était le cas du Corps Franc n°27. Après avoir pénétré dans la forêt, il avait était pris en charge par une compagnie de combat de la demie légion hantarienne. Suite à un bref contact de Slaine avec l'état-major, les Hantariens avaient immédiatement évacué l'unité rescapée. Chargeant les blessés les plus graves sur des arachnodroïdes, sans prendre le temps de se reposer, tous étaient partis à travers la forêt. C'est là que Slaine avait retrouvé le groupe M : Kedi, Thélémaque, Andréas sains et saufs mais Clio et Miléna gravement blessées. Pourtant, heureuse, elle avait laissé éclater sa joie, serrant fort la tête du félin contre elle, avant de serrer chaleureusement la main de Thélémaque. Ensuite, il avait fallu marcher encore pendant deux heures dans la forêt. Enfin, ils étaient arrivés à destination. C'était comme une grande clairière sur le bord de laquelle de nombreux abris de fortunes étaient disposés. Plus de 500 personnes étaient entassées là, essayant de s'abriter de la pluie sous les grands arbres en bordure de l'espace découvert. Ne voulant pas éparpiller ses hommes, Slaine leur demanda un dernier effort et, traversant la clairière, ils découvrirent une parois rocheuse qui se dressait de l'autre côté. Des reconnaissances furent envoyées et plusieurs grottes découvertes. - Nous nous installons ici, ordonna Slaine en inspectant l'une des cavités. Mon adjudant, envoyez deux hommes vers les civils que nous venons de dépasser. Dites leur d'envoyer les blessés et les enfants ici afin qu'ils s'installent dans les autres cavités. Ils pourront faire du feu et être au sec. Helmut désigna les 2 rescapés de son groupe pour cette mission. Puis, il donna des ordres afin que chaque groupe s'installe au mieux avec les blessés. Une fois fait, il rejoignit l'adjudant Antone DESFANS qui commandait la compagnie hantarienne qui les avait récupérés : - Salut Antone ! Merci pour tout à l'heure. Sans ton appui nous étions fichus... - J'ai fait le boulot tout simplement. Tu aurais fait la même chose à ma place. En tous les cas chapeau car vous avez bien morflé ! - Tu peux le dire... On en a chié. J'ai même cru que c'était la fin avant ton intervention... Helmut regardait en même temps les hommes d'Antone qui finissaient d'assembler des structures dans la grotte : - Vous montez quoi exactement ? - Un hôpital léger avec bloc opératoire. - Vrai !? Je peux t'envoyer mes blessés ? Le sergent POPOV en fait parti... Elle est salement touchée. - Pas de soucis pour moi. Je vois ça tout de suite avec le médecin. - OK ! Merci. Je te les envoie... Sinon tu as de quoi manger pour une trentaine d'hommes ? - Oui j'ai ça. Je peux te donner deux norvégiennes de bortsch. - Impec' ! Je t'envoie deux droïdes pour les récupérer. Helmut faisait déjà demi-tour pour aller donner ses ordres lorsque Antone l'interpella : - Helmut ? - Oui ? - Repose toi un peu quand même... Parce que... T'as vraiment une tête à faire peur ! Helmut sourit brièvement en lui lançant un clin d'œil: - Je verrai ça plus tard ! Puis, sans attendre, il retourna vers ses hommes. Il organisa rapidement le transfert des blessés vers l'hôpital voisin qui finissait de s'installer. Il eu toutes les peines du monde à empêcher Thélémaque de suivre "son" sergent car, depuis que Miléna était blessée, il ne la quittait pas d'une semelle. Enfin, il organisa le partage de la nourriture pour les survivants, y compris ceux des 3 groupes de Gardes Royaux qui avaient rejoint le corps franc dans la journée. La troupe affamée dévora ce repas chaud sans se plaindre. Pour la plupart, ils n'avaient rien manger depuis le matin. Helmut apporta lui même une gamelle à Slaine : - Lieutenant !? Il faudrait manger un peu, non ? - Vous avez raison mon adjudant. Avec tous ces appels de l'état-major, je n'ai pas eu une minute à moi. Sinon, tout va bien pour la troupe ? Et les blessés ? Demanda Slaine en saisissant la gamelle et la cuillère qu'il lui tendait. - Tout va au mieux lieutenant. Les blessés ont été pris en charge et la troupe finit de manger. - Parfait ! Répondit-elle la bouche pleine. C'est vraiment délicieux... Au même moment son communicateur grésilla de nouveau : - Encore l'état-major qui veut des nouvelles. - Je vous laisse lieutenant. Bon appétit. Slaine, le communicateur déjà à l'oreille, le remercia d'un signe de tête. Helmut fit alors le tour des groupes qui s'étaient formés autour de plusieurs feux de camp. Il donna les consignes pour la nuit, prenant des nouvelles de chacun, leur ordonnant aussi de nettoyer les armes. Il inspecta les droïdes, déconnectant les plus abîmés tandis que les autres montaient la garde à l'extérieur. Plus loin, dans la forêt, les arachnodroïdes hantariens veillaient. À côté, les autres cavités s'étaient remplies de civils. Ils étaient maintenant à l'abri loin des affres de la guerre. Après avoir fini de manger avec son groupe qui se préparait à dormir, Helmut fit une dernière ronde. Il découvrit Slaine endormit, le menton reposant sur son torse, une main tenant la gamelle maintenant vide. Elle s'était effondrée de fatigue tout contre Kedi qui dormait lui aussi juste derrière elle. Helmut sourit. Son supérieur était une femme de caractère, un vrai chef mais le visage qu'elle avait à cet instant précis la faisait ressemblait à une petite fille. Il enleva doucement la gamelle et la cuillère des doigts sales de Slaine. Derrière elle, Kedi ouvrit un œil puis soupira en baillant avant de se rendormir. Helmut prit les épaules du lieutenant et l'allongea doucement le long de l'animal, dégrafant au passage son harnais de combat afin qu'elle respire plus librement. Satisfait, il retourna prêt de son groupe et s'assit prêt du feu. La fatigue lui tomba sur les épaules tout à coup. Les yeux gonflés, il entreprit de démonter et nettoyer son MAKR-73. Toutes ses années de métier lui permettaient de faire ça machinalement, sans y penser. Se faisant il repensa à la journée qui venait de passer. Et quelle journée ! Il n'en revenait pas que cette troupe hétéroclite s'en soit si bien sortie. Cet amalgame d'individus provenant de tous les horizons avait bien fonctionné. Finalement, quand il s'agissait de survivre, cela fonctionnait toujours. Il regarda les hommes et les femmes endormis dans la grotte. Il était fier d'avoir combattu à leurs côtés. Il finit de remonter son arme sur cette dernière pensée. Puis, à son tour, il ôta son harnais de combat et s'étendit sur le sol sableux. Épuisé, il ne tarda pas à s'endormir. Partout dans cette grande forêt, la majorité des survivants de la cité avait fini par s'endormir après cette journée épouvantable.
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Épisode 17 : Torrtur - Reconstruction
Le lourd vaisseau se désarrima de la frégate. Lentement, il effectua une rotation sur tribord avant de plonger vers l'atmosphère de la planète. Sur la passerelle de la frégate, Lisyppé le suivit des yeux à travers la vitre blindée. Cela faisait maintenant 10 jours qu'Arkadia avait été rasée. Les reconnaissances envoyées le lendemain même de l'attaque n'avaient trouvé que ruines et charniers. Tout avait été méthodiquement détruit, broyé et incendié. De la cité jadis si pimpante il ne restait rien. Profondément meurtris par ce constat qui leur rappeler l'abandon pas si lointain de leur planète mère, les Amazones avaient malgré tout décidé d'établir une nouvelle colonie sur cette planète. Avec l'aide des Hantariens et du chantier spatial d'une planète voisine, un vaisseau avait été construit en un temps record. Pleine d'espoir, Lysippé regarda le vaisseau entrer dans l'atmosphère. Au même moment, un sas s'ouvrit derrière elle. Avant même que la personne parle, elle savait déjà de qui il s'agissait. - Reine Lysippé, tout est opérationnel. Avant ce soir nous aurons une structure qui pourra déjà accueillir les premiers réfugiés. - Merci commandant BLUTCH. Merci beaucoup pour votre aide précieuse, répondit Lysippé sans se retourner. Sinon, beaucoup de pertes de votre côté ? - Nous avons eu beaucoup de chance. Quelques blessés mais tous sont sortis d'affaire. En dehors des droïdes, aucune perte... Malheureusement... Pour v... - Oui nous avons eu des pertes, l'interrompit Lysippé. Les derniers chiffres font état de presque 30% de pertes pour la population et de 65 à 70% pour les militaires. Le coup a été rude mais nous nous en sortirons. Nous sommes déjà sur la bonne voie, termina-t-elle en pointant du menton le vaisseau qui allait bientôt disparaître de leur champ de vision. Nima s'était approchée de la vitre à son tour. Sans plus un mot, elles regardèrent le vaisseau disparaître. Le vaisseau poursuivit sa route encore quelques minutes puis il stabilisa son altitude, coupant sa propulsion principale. À bord, les hommes s'affairèrent encore quelques minutes autour de leurs écrans de contrôle. Soudain, l'énorme vaisseau sembla se disloquer. Ses flancs s'ouvrirent, libérant d'autres plaques. Il ressemblait maintenant à une grosse fleur qui s'ouvrait à la lumière du soleil matinal. Puis, les lourdes plaques coulissèrent les unes sur les autres pour former une plate-forme de 500m de côté. Ensuite, des trappes s'ouvrirent et plusieurs techniciens accompagnés de quelques droïdes hantariens démasquèrent des pupitres au centre de la structure. Le temps étant clément à cette altitude, ils n'eurent aucun mal à travailler. À partir des divers pupitres, ils enclenchèrent d'autres processus qui déployèrent trois bâtiment sur l'un des bords de la plate-forme. Aussitôt après, deux transporteurs spatiaux qui s'étaient approchés entre temps s'arrimèrent à la plate-forme. Des robots télécommandés s'employèrent rapidement à les vider de leur matériel, tandis que leurs équipages venaient renforcer les équipes de montage. Une fois vide, ils furent purement et simplement incorporés à la structure par des robots soudeurs. Cela se reproduit une dizaine de fois et, après deux heures de labeur intensif, la plate-forme avait plus que doublé sa superficie. En son centre, plusieurs bâtiments pointés déjà vers le ciel. Pour renforcer la structure, six énormes barges et quatre vaisseaux pousseurs spécialisés avaient été incorporés au dessous pour la stabiliser. De l'unique vaisseau initial, plus rien n'était visible. Les hommes travaillaient sans relâche, faisant tout leur possible avant que la nuit ne vienne. Les droïdes hantariens, infatigables, œuvraient, pilotant des robots ou manipulant les charges trop lourdes pour un humain. Enfin, après trois autres heures de travail acharné apparut le 1er vaisseau de réfugiés provenant de la planète. C'était le transporteur hantarien T-AFI-01 que son jumeau suivait de près. Chargés des blessés les plus graves, ils accostèrent à l'unique quai qui venait juste d'être terminé. Plusieurs équipes sanitaires prirent aussitôt en charge les blessés pour les diriger vers l'hôpital flambant neuf. Sans plus attendre, les deux transporteurs repartirent vers la surface. À bord du transporteur T-AFI-01, son commandant, le lieutenant May PÉPÉ-GUÈS eut juste le temps de voir un vaisseau de type frégate qui, venant du ciel, s'apprêtait à accoster à son tour. Les choses vont vite et c'est temps mieux, pensa-t-elle. La tension nerveuse qui lui bloquait les épaules depuis ces derniers jours disparut tout à coup. - Retour au point Alpha, annonça-t-elle au navigateur. Ne traînons pas, nous avons encore plusieurs rotations à faire. Elle avait hâte que tout se termine. Hâte de retrouver Tatiana qu'elle n'avait fait que croiser dernièrement. Hâte de prendre une bonne douche et de dormir dans des draps propres contre le corps doux et chaud de sa compagne. Vite ! S'impatienta-t-elle intérieurement. Mais il faudrait encore du temps pour retrouver une certaine normalité, elle le savait bien. D'ailleurs tous le savaient, civils comme militaires, seul le temps permettrait non seulement de tout reconstruire mais aussi de panser les blessures et d'essayer d'oublier les lourds souvenirs de ce jour funeste. Tandis que la cité se développer encore dans le soleil qui baissait à l'horizon, d'autres navettes quittèrent les soutes de la frégate et se dirigèrent vers la forêt de l'ancien district d'Arkadia pour y récupérer les survivants.
Chapitre 04 : Le Bon En Avant
Épisodes :
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Épisode 1 : Galaxie Pégasus - Système Banan - Planète Torrtur - Cité d'Arkadia la Nouvelle
Slaine tira légèrement sur les commandes. Aussitôt, le chasseur se cabra et fila droit vers le ciel. Il réagissait parfaitement à chaque action qu'elle souhaitait exécuter. Avec un peu de nostalgie, elle se remémora ses derniers combats à bord d'un Prédateur il y avait de ça un an maintenant. Au final, elle constatait que les performances de ce chasseur et du Prédateur étaient comparables même si elle avait une préférence pour le deuxième. Ces souvenirs ramenèrent instantanément l'image de Zak dans sa tête. La gorge nouée, elle déglutie plusieurs fois et tenta de respirer calmement. Il ne fallait pas qu'elle se laisse aller, elle devait être forte et contrôler le chagrin qui pouvait la submerger à tout moment. Depuis quelques temps, elle s'était apaisée mais n'était pas à l'abri d'une rechute brutale. Heureusement, son chasseur la ramena très vite à la réalité : une alarme venait de lui indiquer qu'elle était arrivée en limite d'atmosphère. Elle n'en était qu'à son deuxième vol réel et n'avait pas encore l'autorisation de la franchir. Soudain calme, elle poussa les commandes et fila cette fois vers le sol. Arrivée à mi-parcours, elle stabilisa l'appareil pour se rapprocher d'Arkadia. Elle l'aperçut bientôt et s'émerveilla encore de ce qui avait été réalisé ces trois dernières semaines. Oui, quatre semaines après avoir été rasée, une nouvelle capitale avait vu le jour non plus sur le sol mais dans les airs. Elle n'avait jamais vu une telle cité de toute sa vie. Des cités terrestres ou lacustres voir même enterrées elle connaissait mais une cité dans les airs ! C'était vraiment magnifique à voir. Elle réduisit la vitesse pour éviter tout accident avec la noria de vaisseaux qui arrivaient et quittaient sans cesse les débarcadères. Inlassablement ils vidaient leurs entrailles de tout ce dont la cité avait besoin. Les autres cités amazones faisaient le nécessaire pour reconstruire une capitale digne de ce nom. Slaine contourna la cité par le Sud, là où avaient été regroupés la majorité des habitations. Agglutinées les unes aux autres, c'était une merveille d'architecture à regarder en plus des tours colossales qui ressemblaient à de gros champignons et se concentraient au centre de la structure. Les yeux écarquillés elle contemplait la ville comme une enfant émerveillée. Pourtant, une communication interrompit sa contemplation : - Base opération à Épervier 1. - Épervier 1 parlez. - Autorité demande que vous rejoigniez le cadran H35 pour escorte. - Épervier 1 à base Opération : y serait dans moins de 4 minutes. Terminé. - Base Opération, bien reçu. Terminé. Aussitôt, elle dirigea son appareil vers le sol afin de rejoindre le point indiqué. Elle arriva bientôt sur zone et constata qu'un énorme porteur était en vol stationnaire au-dessus de l'arche hantarienne qui gisait toujours au sol. Depuis plusieurs jours, elle avait entendu des rumeurs à ce sujet la concernant. Certains disaient qu'elle allait être détruite, d'autres qu'elle serait envoyée dans l'espace comme satellite pour la planète... Bien des histoires qui n'avaient pas toujours beaucoup de sens : ce vaisseau hantarien était leur seule chance de repartir un jour, son sort ne pouvait pas être pris à la légère. Une nouvelle communication interrompit sa réflexion : - Base opération à Épervier 1. - Ici Épervier 1 j'écoute. - Vous êtes chargée de l'escorte du porteur lorsqu'il sera chargé. Vous l'escorterez jusqu'à la nouvelle cité. - Bien reçu base opération. - Deux autres appareils vont vous rejoindre. Vous avez le commandement de la patrouille. Terminé. - Bien reçu. Terminé. Tandis que deux autres chasseurs venaient se caler sur son aile et que la patrouille ainsi formée commençait à tourner autour du porteur, celui-ci se positionna juste au-dessus de l'arche et s'en rapprocha doucement comme pour l'écraser. Au bout de plusieurs minutes, des ancres magnétiques ayant été été déployées vers l'arche, le vaisseau, moteurs à pleine puissance, l'arracha du sol. Des navettes et des droïdes tirèrent rapidement d'énormes câbles d'amarrage pour empêcher toute chute. Alors le porteur prit lentement la direction de la cité avec sa cargaison. Encore une fois les choses ne trainaient pas avec les Hantariens. Les yeux pleins d'espoir, ceux qui étaient présents regardèrent leur précieux vaisseau s'envoler. L'espoir de retrouver les leurs renaissait avec leur vaisseau qui venait d'être arraché du sol.
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Épisode 2 : Torrtur - Cité d'Arkadia - Sentiments
- 'Tit tour ! 'Tit tour ! 'Tit tourrrh ! L'enfant ne cessait de répéter cette phrase en pointant du doigt la porte de l'appartement. - Arrête un peu Joséphine... Nous ferons un "petit tour" après mais pas maintenant, répondit Nima à sa fille. - Aprrrès. Aprrrès. Aprrrès. Apprrrrès. Renchérit alors l'enfant. Un peu excédé par ce harcèlement, Nima sourit tout de même devant la mine réjouie de sa fille. Elle avait bien grandit et allait sur ses deux ans maintenant. Que de changements au cours de ces 2 années. Elle pensa soudainement à son défunt époux, Flavian, et un voile de tristesse l'enveloppa. L'enfant se précipita aussitôt sur elle et lui saisit une jambe à plein bras. - Mâman pas trriste. Nin-nin, nin-nin... Continua-t-elle en faisant mine de bercer la jambe de sa mère. - Merci José, répondit Nima en lui posant doucement la paume de main sur la tête. Les grands yeux de l'enfant la regardèrent alors, rieurs et plein de joie. Nima allait se pencher pour la prendre dans les bras lorsqu'elle fut interrompue par Tatiana qui venait d'entrer dans la pièce. - Commandant ! Pardon... Bonjour... Voyant la scène, elle s'interrompit un peu confuse mais Nima la relança : - Bonjour capitaine. Allez-y. - C'est pour vous informer que nous avons enfin réussi à accéder aux données stockées dans les mémoires serveur de l'arche. - C'est vrai ! Ah c'est une bonne nouvelle ! Aux pieds de Nima, Joséphine ponctua : - Vrrrai ! Aaaaaaaaaaaaah ! Puis elle se mit à battre des mains comme si elle applaudissait. Les 2 officiers, surpris par cette réaction, rirent de bon cœur. - Tu es une sacrée coquine Joséphine ! Lui dit sa mère. Et va dire bonjour au capitaine s'il te plaît. La gamine lacha la jambe de sa mère et tendit sa petite main au capitaine. Elle rigola à son tour lorsque Tatiana lui serra doucement la main : - Bonjour Joséphine ! - 'jour Tati'na ! 'jour ! Puis Nima l'attrapa sous les bras et la posa à califourchon sur sa hanche en la maintenant fermement. - Allez zou ! Tu viens avez moi toi. - Zou ! Répondit Joséphine. - Allons-y capitaine. Je vous suis. Vous allez me montrer tout ça, dit-elle à l'attention de sa subordonnée. Tatiana acquiesça d'un hochement de tête et, précédent sa supérieure, sortit de la pièce. Les appartements dévolus aux hantariens étaient tout proche de l'arche, il ne leur fallut qu'une poignée de minutes pour la rejoindre. Tandis que le trio franchissait la passerelle, trois Hantariens qui travallaient sur le quai commentaient l'événement : - Le commandant et son adjoint dans l'arche ? Y-a du nouveau !? Demanda le premier. - J'ai cru comprendre qu'on avait réussi à débloquer les ordi de bord et que tout était accessible... Répondit le deuxième. - Oui, enfin "tout" c'est beaucoup dire. On a accès à nos archives et aux données techniques, surenchérit le troisième. Mais ça va nous permettre d'avancer et de décarrer enfin de cette planète. - C'est déjà ça ! Répondit le premier. Puis, suspicieux il l'interrogea : - T'es toujours au courant de tout dis moi ? - Exact, répondit le troisième. Je sais même des bruits de couloirs... Et, pour faire cesser cet interrogatoire auquel il ne voulait pas répondre, il s'interrompit en lançant un clin d'œil au deux autres. Il se retourna alors et interpella une quatrième personne qui était assise un peu plus loin, profitant de la vue magnifique et de la brise légère. - Bonjour sergent ! Alors, vous êtes seule aujourd'hui ! Pas de chevalier servant pour vous aider ? Comme piquée au vif, la jeune femme, qui n'était autre que Miléna, se redressa tant bien que mal sans répondre en saisissant ses béquilles. La douleur était encore vive au ventre et à la jambe droite mais elle réussit tout de même à s'éloigner. Dans son dos, l'autre continuait : - Éh ! Faut pas s'en aller comme ça sergent ! Y'a que la vérité qui blesse non !? Plusieurs rires gras fusèrent. Rouge de confusion, Miléna réussit à s'éloigner en clodiquant pour ne plus voir les trois autres sur le quai. Elle se sentait faible et diminuée. Enfin seule, elle s'appuya dos à un conténaire de ravitaillement. Cet effort ayant réveillé ses douleurs, elle serra les dents. J'aurais du leur clouer le bec... ragea-t-elle. Si j'avais été au mieux de ma forme je l'aurais fait... Et puis, zut ! Elle se sentait génée, confuse et troublée. Il faut dire que ces derniers jours, les attentions de Thélémaque ne la laissait pas indifférente. Il s'était tellement occupé d'elle depuis sa blessure qu'elle commençait à s'attacher à lui et à attendre ses visites quotidiennes. - Oui... Un vrai chevalier servant, murmura-t-elle en souriant. Les yeux pétillant, son cœur s'emballa soudainement. - Et puis re-zut ! Finit-elle par lâcher à haute voix. C'est peut-etre vrai. On verra bien... Elle sourit encore une fois à cet aveux puis reprit son chemin pour vite regagner sa chambre et retrouver Thélémaque qui devait venir la voir.
- L'épice !? Vous en êtes sûre commandant ? Interloquée par les dernières informations que venaient de lui communiquer Nima, Lysippé n'avait pu retenir sa question. - Exactement Reine Lysippé. Les documents sont clairs et précis. Dans les archives que nous avons récupérés sur nos bases de données, il est bien indiqué que les recherches sur le jump nécessitent de l'épice. C'est la même chose pour son utilisation. De l'épice, encore et toujours. - Bien... Je comprends commandant. Dommage que vous n'ayez pas de scientifiques spécialistes sur ce sujet pour nous aider et nous éclairer... - Malheureusement n'ont n'en avons pas. J'ai juste quelques techniciens de maintenance qui géraient son fonctionnement sur l'arche et, bien sûr, la carcasse de celle-ci avec la technologie qu'elle contient. Avec ça plus les archives techniques découvertes, vos scientifiques et vos infrastructures, nous ne pouvons que toucher au but. - Je le souhaite commandant... Je le souhaite... Ce serait une grande avancée pour notre royaume que de détenir la technologie du jump. Sinon, pour en revenir à l'épice, elle n'est pas des plus communes ici vous savez. Nous avons bien une colonie reculée qui en exploite en faible quantité... Il faut dire aussi que pour nous l'épice sert juste à agrémenter quelques plats... Et surtout en médecine comme médicament. Elle est également utilisée par certains comme une drogue... Beaucoup en deviennent complètement accro. C'est un fléau contre lequel nous essayons de lutter... - Il faut pourtant en récupérer de grosses quantités pour accéder rapidement à cette technologie mais aussi pour l'utiliser. Cette colonie est-elle capable de répondre à cette demande ? - Je ne le crois pas. Il va falloir envoyer une flotte afin d'en reprendre le contrôle et de la développer. Depuis plusieurs mois, il semble qu'elle prend de plus en plus de liberté avec le Royaume. Son administrateur ne répond plus à nos messages. Seul le cargo mensuel d'épice continue de nous livrer une faible cargaison sans autre formalité. C'est l'occasion ou jamais de rétablir notre souveraineté sur cet avant-poste éloigné de nos colonies principales. - Bien. De mon côté, je vais mettre à disposition des droïdes de combat que nous venons de mettre sur pied. Accompagner de quelques-uns de nos meilleurs soldats cela va vous aider. Qu'en pensez-vous ? - Parfait. Je transmets les ordres immédiatement pour la constitution d'une flotte nécessaire à cette expédition. Je pense également qu'il va falloir fusionner nos troupes de combat pour les mettre sous commandement unique. Lysippé, tout en pianotant sur un écran tactile, interrogea du regard Nima. Le front plissé, Nima resta plongée dans ses pensées un moment : J'en connais, avec leur fierté pas toujours bien placée, qui risquent de tiquer sur ce point mais... Elle acquiesça pourtant : - Je le crois également. J'avertis l'un de mes adjoints pour qu'il constitue la troupe qui sera commandée par l'un de vos officiers. Vous êtes nos hôtes, il faut que l'expédition soit faite sous votre bannière. Donnez-moi le nom de l'un officier afin qu'ils organisent cela ensemble. La réponse fût immédiate : - Cassandre. Le Tsubay... Pardon l'Üstsubay Cassandre. A son tour, Nima pianota sur son écran tactile puis valida. Les préparatifs devaient se faire au plus vite. À l'extérieur déjà, les ordres était transmis pour organiser l'expédition.
Thélémaque agrippa le rebord du mur à deux mètres quarante du sol. Un instant retenu par le sac qu'il avait sur le dos et qui le tirait inexorablement vers le bas, il s'arquebouta et réussit en tirant sur les bras à poser un coude sur la face supérieure. Derrière lui retentit la voix du sous-officier : - On se bouge ! Aller ! Plus vite que ça ! Ça devrait déjà être passé depuis deux minutes au moins ! Sourd à ces remarques, Thélémaque, tirant sur ses appuis, réussit à poser son genou pour passer la jambe de l'autre côté. Ensuite, se rétablissant, il se retrouva assis à califourchon, jambes pendantes de chaque côté. - On passe de l'autre côté ! Aller ! Continua d'hurler le sous-officier qui ne s'occupait déjà plus de lui. Les épaules et les bras en feu, Thélémaque prit une longue inspiration, essayant de calmer les battements de son cœur. Il allait sauter de l'autre côté lorsqu'il constata que l'un de ses camarades restait agrippé au mur sans arriver à monter. Il ne reconnut pas son visage : tous avaient les même traits fatigués, sales et les cheveux rasés plein de poussière grise. Le sous-officier se déchaina alors sur le nouveau venu : - Mais qu'est-ce qui m'a fichu un merdeux pareil ! Il s'approcha du malheureux toujours pendu par les mains et hurla à quelques centimètres de son visage : - Tu vas te bouger toi ! Hé ! Mais dis donc, tu vas dégager de mon obstacle ! Mais qu'est-ce que c'est que cet abruti qui ne sait même pas passer un simple mur. Tu fais quoi là ? Tu vas rester pendu comme ça toute la journée ou tu abandonnes ? C'est ça hein ? Tu veux arrêter pour retrouver les jupes de ta mère ? Sans réfléchir, Thélémaque saisit son camarade par les sangles de son sac et le tira vers le haut. Deux grands yeux verts le remercièrent silencieusement. - Une fille... Remarqua-t-il. Puis il l'encouragea : - Aller. Pose ton coude et essaye de passer une jambe. Ca va aller. En bas, le sous-officier s'en donnait à cœur joie : - On a trouvé un bon samaritain pour grimper ! Comme c'est mignon ! Hein "Samaritain" ! Félicitations à vous deux ! C'est pour quand le mariage ? Mais déjà un nouveau venu se présentait au pied du mur. Ignorant ses deux précédentes victimes il s'en prit à lui aussitôt. En haut du mur, les deux recrues se regardèrent puis se laissèrent tomber de l'autre côté du mur. Ils reprirent leur parcours en petites foulées. À côté de Thélémaque, la jeune femme le remercia : - Merci... J'ai bien cru perdre mes moyens face au juteux... Désolée de t'avoir ralenti... Moi c'est Pauline Des Quartiers Nord et toi ? - Thélémaque... Pourquoi "Des Quartiers Nord" ? - Nous sommes deux à avoir le même prénom dans le peloton : l'une est "Des Quartiers Sud" et l'autre "Des Quartiers Nord". C'est une invention du juteux. Je crois qu'il n'aime pas trop le fait que nous, les Amazones, n'ayons pas de nom... Enfin, de nom de famille comme eux, les Hantariens... - Ah... Thélémaque se concentra sur le parcours qui devenait un peu plus technique à cet endroit. À ses côtés, Pauline gardait la même allure que lui. - Tu te débrouilles bien à la course, finit-il par lâcher. - Oui, je cours depuis que je suis gamine. Par contre les obstacles c'est plus compliqué... - Faut juste s'entrainer et choper la technique. Je t'aiderais si tu veux... - D'accord. Merci ! Ils n'eurent pas le temps de continuer leur conversation car ils arrivaient déjà sur le pas de tir. Se débarrassant de leur sac, ils saisirent l'arme qu'on leur lançait pour effectuer différents tirs sur cibles. Une fois fait, ils reprirent leur sac et repartir pour la suite du parcours. La journée était loin d'être finie. Ainsi, l'entrainement de 200 nouveaux cadets amazones était en bonne voie. L'encadrement composé de l'élite amazone et des meilleurs Hantariens ne leur laissait aucun répit pour constituer l'unité qui devait participer à l'expédition prévue par la reine Lysippé et le commandant BLUTCH.
Les 200 cadets étaient alignés sur l'esplanade et se tenaient stoïques, regroupés par peloton. Depuis un mois qu'ils s'entraînaient sans faiblir, le jour tant attendu était arrivé : l'üstsubay en 3ème Cassandre les avait convoqués afin de les ventiler dans les différentes sections de l'unité prévue pour la mission envoyée sur l'une des lointaines colonies amazones. Pourtant, tous n'y participeraient pas et seuls les 80 meilleurs allaient être pris. Au premier rang d'un des pelotons, Thélémaque était là, aussi impatient que ses camarades. Face à eux, Cassandre présentait l'unité : - La colonne constituée de trois compagnies de combat dont vous allez composer l'ossature... Thélémaque écoutait d'une oreille distraite espérant de tout son cœur y avoir une place plutôt que de se retrouver dans une unité encasernée de la capitale. - ... Je commande la colonne et tout particulièrement sa compagnie d'appui... Impatient, Thélémaque regarda les officiers qui se tenaient aux côtés de Cassandre. Il reconnut rapidement Slaine qui se tenait tout à côté d'un autre officier hantarien qu'il ne connaissait pas. - ... La compagnie de combat n°3 commandé par le capitaine Tatiana ZEJEWSK qui a pour second le lieutenant Slaine NAUX ... Pourvu que j'intègre cette compagnie ! Pensa immédiatement Thélémaque. - Maintenant, je laisse les commandants d'unités faire l'appel des cadets qui vont composer leurs unités respectives. Sur ces derniers mots, il y eut comme un soupire de soulagement dans les rangs. Mais tout était encore loin d'être terminé. Il y eut tout d'abord, l'appel pour la composition de la compagnie d'appui vers lequel vingt cadets furent orientés. Puis celui pour la compagnie de combat n°1 du subay en 1er Nathalia avec vingt nouveaux noms suivis par vingt autres pour la compagnie de combat n°2 du subay en 1er Hector. Thélémaque était au supplice. Son nom n'avait pas été encore été cité. Le lieutenant NAUX s'avança et commença à égrainer les noms des cadets qui incorporaient la vompagnie de combat n°3. Un à un, les noms de plusieurs de ses camarades furent donnés sans que le sien ne soit cité. Un peu dépité, Thélémaque, pourtant persuadé d'être dans les meilleurs de la promotion, commença à douter de son niveau dans un premier temps puis à se persuader que sa cousine était intervenu et qu'il allait se retrouver mis au placard à la garde du palais. Alors que le dix-neuvième nom était cité, il en était convaincu et enrageait intérieurement. Enfin le lieutenant NAUX annonça d'un voix claire : - Pour finir, major de sa promotion, nommé au grade d'atsubay en 3ème, Thélémaque dit "SAMARITAIN". Elle le regarda du coin de l'œil et constata le large sourire qui illuminait le visage du jeune homme. - J'y suis ! Exulta-t-il intérieurement. C'est parti cette fois. En route pour l'action ! Autour de lui, les cadets non choisis restaient sur la place tandis que les nommés rejoignaient leurs officiers et sous-officiers pour être embrigadés. Il fallait s'armer et s'équiper sans plus tarder afin de mener à bien la mission imaginée par leurs dirigeants. Sept jours plus tard, une flotte réduite partait vers la colonie lointaine de Smyrne sur la planète Mytonnes.
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Épisode 6 : Système Mastanabal - Planète Mytonnes - Smyrne Ne Répond Pas.
Cela faisait à peine une minute que les deux frégates avaient pénétré l'atmosphère de la planète Mytonnes lorsque les alarmes se déclenchèrent. - Missiles en approche cadran W43, annonça froidement l'officier de contrôle des radars d'approche de la frégate qui commandait la flotte. - Ça vient directement de Smyrne, répondit l'üstsubay en 3ème Cassandre, et non d'une colonie voisine. Non seulement ils ne répondent pas à nos appels mais en plus ils nous tirent dessus ! Prévenez le reste de la flotte qu'elle reste pour le moment en orbite mais que la chasse nous rejoigne. Nous allons attaquer. Depuis l'arrivée en orbite de la flotte d'intervention OEIL, tous les messages envoyés vers la cité étaient restés sans réponse. Devant ce mutisme, les équipages avaient été mis aux postes de combat ce qui permit une réaction rapide. Les boucliers d'énergie furent poussés à leur maximum et les canons mitrailleurs à courte portée braqués vers les missiles. Ils déclenchèrent alors un tir de saturation, inondant de projectiles explosifs la zone d'approche des missiles. Incapables de franchir cet obstacle qui se dressait comme un mur, les missiles furent détruits avant d'atteindre leur objectif. Pourtant, une nouvelle salve fut tirée depuis le sol. - Ils espèrent quoi avec leurs missiles... demanda Cassandre sans se rendre compte qu'elle parlait à voix haute. Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'une énorme explosion ébranla la frégate. Avant qu'elle ne pose la question, l'officier de passerelle annonça : - Un tir de plasma non détecté a percuté le vaisseau sur bâbord avant. Les boucliers ont tenu mais il s'en est fallu de peu. Aucune avarie d'importance n'est constatée. - C'est bon. Nous avons arrêter de tergiverser ! S'exclama Cassandre. Où en est la chasse ? - Elle est à une minute üstsubaytsubay, répondit un autre officier. - Bien. En dernier recours nous tirerons sur la cité avec les batteries principales mais je préfère que la chasse réduise les défenses plus précisément que nous pouvons le faire. Envoyez lui les coordonnées des positions hostiles repérées et qu'elle intervienne sans tarder. L'officier des transmissions transmis les ordres sans attendre. À l'extérieur, les canons à tir rapide tiraient maintenant sans discontinuer, empêchant tous missiles d'atteindre les deux sisterships. À bord de leurs chasseurs, Slaine et ses 2 ailiers reçurent les coordonnées d'un des objectifs repérés. Jusqu'à présent, elle ne pensait pas avoir l'occasion de combattre comme pilote au cours de cette mission mais elle était tout de même pilote à l'origine ! Elle se souvint d'une mission de bombardement qu'elle avait faite il y avait plus d'un an dans l'univers S01. Elle annonça à ses ailiers : - De P40 à P41 et P42, je prends la tête et vous vous mettez en file indienne derrière moi. Je vais concentrer tous les tirs de défense sur moi en mitraillant le plus possible. De votre côté, vous accrochez la cible et balancez vos bombes de pénétration. Vitesse au max, ne perdez pas trop de temps à caler le radar de tir. Nous attaquons par le sud avec le soleil dans le dos. - P41 bien reçu. Je prends la position n°2. - P42 bien compris. Je passe en dernier. - Bien pris P41 et P42. Réglez vos transmissions sur le canal 48-75 pour nos échanges en combat. Terminé. L'approche fut rapide et, cachée dans les nuages, la patrouille approcha de l'objectif sans problème. Comme un fait exprès, juste au moment de fondre sur l'objectif, une trouée s'opéra et le soleil illumina la cible comme un spot. Slaine régla ses boucliers au maximum vers l'avant de son monoplace. Elle vérifia d'un coup d'oeil ses écrans de contrôle et son armement. Tout était parfaitement opérationnel. Alors, dans une vrille parfaite, elle plongea sur l'objectif ses deux ailiers la suivant comme son ombre, presque invisibles depuis le sol. Très vite trois canons antiaériens se démasquèrent, faisant monter vers eux une multitude de projectiles incandescents. Plusieurs percutèrent les boucliers du chasseur de Slaine. N'étant pas encore à porté de tir, elle resta impassible, continuant son approche. À tout moment son chasseur pouvait être détruit mais elle ne dévia pas, continuant la progression vers la coupole d'un canon à plasma qu'elle voyait parfaitement. Lorsqu'elle fût à porté de tir, elle arrosa au canon la position sans aucun résultat notable et décocha deux roquettes qui s'écrasèrent sur la coupole blindée. La DCA concentrait maintenant parfaitement son tir sur son chasseur qui vibrait sous les impacts. Mais les boucliers tenaient bons, ils étaient encore chargés à plus de la moitié de leur capacité maximale. Enfin, alors que les trois chasseurs n'étaient plus qu'à 400 mètres du sol, Slaine redressa la course de son monoplace, démasquant son 1er ailier qui lâcha aussitôt sa bombe guidée à charge pénétrante. Celui cabra à son tour, démasquant le 3ème chasseur qui lâcha alors une bombe identique. La première explosa en ricochant sur la coupole blindé, n'y faisant qu'une simple éraflure. La deuxième, par contre, pénétra profondément le béton juste à la base de la coupole. Tandis que les assaillants remontaient vers l'abri des nuages, moteurs à pleine puissance et toujours poursuivis par les projectiles des canons de la DCA, une énorme déflagration souleva le sol et la coupole à l'endroit où la bombe avait pénétré. Un instant suspendue, la coupole retomba lourdement sur son emplacement mais resta de guingois, impossible à manoeuvrer. Son canon toujours dressait vers le ciel s'était tordu suite à l'onde de choc. Il était hors d'usage et ne pourrait plus gêner les vaisseaux amazones dans leur mouvement d'approche vers la cité. - P40 à P41 et P42, nous y retournons. Il y a encore quelques canons DCA à détruire là bas. Faisons place nette, ordonna Slaine à ses ailiers. Dans le ciel, les deux frégates continuaient de descendre vers la cité. La chasse avait fait son oeuvre et les tirs hostiles provenant du sol avaient considérablement baissé d'intensité. Bientôt, le reste de la flotille pourrait les rejoindre.
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Épisode 7 : Mytonnes - Cité de Smyrne
Deux transports de troupes atterrirent sur le tarmac du spatioport. Leurs lourdes portent blindés s'ouvrirent pour déverser les soldats qu'ils contenaient. Au même moment, de la frégate amirale positionnée en vol stationnaire juste au-dessus, une navette se détacha pour atterrir tout à côté. Cassandre en débarqua et donna aussitôt ses directives aux officiers présents : - Nous ne subissons aucun tir. C'est un bon point. Subay Nathalia, avec ton unité tu vas sécuriser immédiatement les bâtiments d'administration, les embarcadères et la tour de contrôle au Nord. De ton côté, subay Hector, avec tes hommes tu vas sécuriser les hangars et les infrastructures à l'Ouest. Faites vite, il faut impérativement que tout reste intact, nous sommes ici pour reprendre le contrôle de la colonie, pas pour la détruire. Déjà la section de reconnaissance (la 2R) de la compagnie de combat n°2 était partie vers son objectif à l'Ouest tandis que la 1R de la compagnie de combat n°1 s'approchait prudemment des bâtiments au Nord. En arrière, les sections de combat attendaient le débarquement des sections d'appui qui prenait plus de temps que prévu : les premiers pas de nouveaux arachnodroïdes en zone de guerre étaient toujours compliqués car leur sens aigu du danger amenait souvent des réactions individualistes inappropriées dans ce genre de situation. Mais cela ne dura qu'une poignée de secondes, le temps qu'ils digèrent et intègrent ces nouvelles données. De son côté, la 1R tomba assez vite sur un homme qui portait l'uniforme des troupes amazones et qui s'avança vers elle, mains en l'air : - Je suis le subay en 1er Victor. J'ai sécurisé le spatioport avec mes hommes ainsi que les entrepôts qui le jouxte. Vous n'avez aucune crainte à avoir. Amenez-moi à votre chef. Il fut immédiatement désarmé et amenait auprès de Cassandre. - Subay Victor c'est bien ça ? L'interrogea-t-elle alors. - Exact üstsubay. Mes hommes et moi sommes loyaux envers la Reine Lysippé. J'ai pu réunir une centaine d'entre eux afin de contrôler les alentours et ainsi vous permettre de débarquer sans encombre... - Peux-tu me dire ce qu'il se passe exactement ici ? - C'est à cause de l'administrateur de la cité, il y a quelques mois il a décidé de faire le commerce de l'épice pour son propre compte, coupant les ponts avec la capitale... Il a ainsi désarmé les troupes restées loyales au royaume pour les remplacer par ses hommes et des mercenaires. Ils sont grassement payés en épice. Ils contrôlent tout et font régner la terreur partout. Les loyalistes ont pratiquement tous été emprisonnés exception faite des quelques soldats que j'ai réuni. Nous avons pu nous cacher et organiser une résistance... D'ailleurs, si vous attaquez le centre pénitentiaire dans l'heure vous aurez plus de mille combattants qui vous rejoindront ! Cassandre jaugea l'officier rapidement. Était-ce un piège ou simplement la vérité ? L'ennemi ne pouvait avoir organisé un traquenard aussi pointu en si peu de temps, elle décida de lui faire confiance : - Bien. J'espère que nous n'aurons pas à le regretter. Nous allons les libérer et les armer ils pourront ainsi combattre avec nous. Connais-tu les forces que nous allons devoir affronter ? - Oui, les plus à redouter sont les deux cents à trois cents mercenaires auxquels il faut ajouter un bon millier d'amazones convertis à la cause de l'administrateur. J'ai constaté que votre chasse avait écrasé les défenses antiaériennes, c'est une bonne chose car nous allons avoir besoin de son soutien pour détruire leur véhicules de combat. D'après les informations que nous avons collectées, ils en ont une cinquantaine tout au plus. - Parfait. Et de ton côté, tu as en ta possession des véhicules et de l'armement lourd ? - Nous avons pu récupérer dix véhicules de transport et dix canons d'appui. C'est tout. - OK. Dispose les armes d'appui afin de protéger le spatioport. Je vais laisser la CC-3 et la AA2 de la CA pour étoffer ton dispositif. La CC-1 et le reste de la CA vont te suivre pour libérer les prisonniers avec les véhicules de transports. La CC-2 va attaquer la caserne la plus proche afin de récupérer de l'armement. - Reçu üstsubay. Je prends 2 de mes groupes pour vous guider. - Parfait. Ne traînons pas. Plus vite nous bousculerons l'ennemi, plus longtemps nous garderons l'initiative et plus vite nous reprendrons le contrôle de la ville. Sur le tarmac, les compagnies de combat n°1 (CC-1) et 2 (CC-2) étaient maintenant parfaitement opérationnels tandis que la compagnie d'appui (CA) finissait son débarquement. Il ne restait plus que la compagnie de combat n°3 (CC-3) dont le transport était en approche pour que l'effectif soit au complet. À proximité, le chasseur de Slaine se posa. Elle en sortit aussitôt pour adopter une tenue plus appropriée au combat terrestre et rejoindre son unité. Un par un, les RC furent envoyés vers leurs missions respectives, appuyés par les sections de la CA. Déjà, dans le ciel, un énorme cargo s'approchait du spatioport pour embarquer l'épice qui venait d'être découverte dans les entrepôts.
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Épisode 8 : Mytonnes - Cité de Smyrne - Centre pénitentiaire
Constance jeta un oeil sur les écrans de contrôle : - Fait chier, marmonna-t-elle en frappant l'un d'entre eux. Encore cette fichue électronique qui déconne... Elle en avait plus que marre du sable qui pénétrait tout et ruinait le matériel occasionnant des pannes en cascade. Cette planète était vraiment une tombe inhospitalière. Seule l'épice permettait à beaucoup de tenir dans ces circonstances. - T'as encore rien fait pour arranger ça ? Demanda-t-elle à son collègue Marcos qui était affalé sur l'une des deux couchettes de la salle de garde. Ce dernier émit quelques bruits incompréhensibles. - Si tu pouvais arrêter de te shooter et bosser ça m'arrangerait... Soupira Flore excédée en continuant de taper l'écran dont l'image vacillait toujours. Et en plus y'a un convoi qui arrive... Pas prévu ça aujourd'hui... En effet, malgré sa mauvaise qualité, on pouvait voir sur la vidéo dix véhicules s'approchant de la porte du pénitentier. Le premier stoppa à quelques mètres et un officier en descendit pour s'approcher de l'interphone : - Bonjour, subay Hector, nous venons pour les munitions... - Bonjour. Astsubay Constance. De quelles munitions parles-tu ? - Beinh... Pour la défense du site !? T'es quand même au courant que nous sommes attaqués ? - Attaqués !? Ah ! C'était ça les bruits sourds ! Je croyais qu'il y avait des orages de poussières... Comme d'hab' quoi... - Les gars... Sérieusement ! C'est une attaque en règle et chaque unité doit recevoir sa dotation de munition pour organiser la défense. C'est un ordre émanant du palais de l'administrateur. Il a été envoyé à tous. - On a rien eu ici... On a de gros problèmes sur nos transmissions ainsi que sur notre matériel de surveillance. Tout part en couille et personne ne répare... - OK. C'est bien gentil de me raconter ta vie mais je fais quoi avec les munitions ? Je repars ? - Nan c'est bon. T'emballe pas ! J'ouvre la porte. Tes véhicules peuvent entrer dans la première cours. - Ça marche. Merci ! À tout de suite. - À tout'... Le portail de la 1er enceinte s'ouvrit alors et, un à un, les véhicules le franchirent pour se garer le long de la deuxième enceinte. Plusieurs soldats descendirent nonchalament des véhicules, grillant une cigarette ou discutant entre eux. Flore essaya une dernière fois de sortir son collègue de sa torpeur. Celui-ci la regarda les yeux vagues sans réagir. - Je descends. Surveille les écrans s'il te plaît, lui dit-elle sans grand espoir de réponse. Puis elle déverrouilla la porte blindée pour descendre ensuite les escaliers jusque dans la cours intérieure. Le matin même, la porte blindée qui sécurisait l'escalier n'avait pas été refermée et elle aperçut les véhicules à l'extérieur. - Tu fais vraiment chier Marcos... La sécurité bordel ! S'emporta-t-elle à haute voix. Tandis qu'elle franchissait le seuil de la porte, elle constata que les portes de la deuxième enceinte étaient en train de s'ouvrir. Des hommes s'y engouffraient déjà armes à la main. Cela la troubla mais avant qu'elle ne puisse réagir, elle se retrouva plaquée au sol et menotter. Puis, brutalement remise sur ses pieds, elle fût plaquée au mur le canon d'une arme dans les reins. Tout s'était fait silencieusement sans aucun ordre ou cri. Une voix claqua alors : - Reste comme ça et tu vivras. Au même instant, elle entendit des bruits en provenance de l'escalier par lequel elle était venue. C'était Marcos qui s'était enfin réveillé et descendait quatre à quatre les escalier.
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Épisode 9 : Mytonnes - Cité de Smyrne - Centre pénitentiaire - Prise de contrôle
Hostile détecté. Hostile acquis. Feu. Le MAKR73G du droïde cracha une courte rafale. Le fou furieux qui vociférait dans la cours en tiraillant dans tous les sens fut stoppé net et s'affala dans la poussière. Des ordres fusèrent parmi les assaillants. Il n'était plus temps de ruser mais de prendre possession des lieux par les armes. Le chef du groupe ordonna au droïde : - 2.24.02, mets en sécurité la prisonnière. Dans l'instant, des projectiles percutèrent le sol, encadrant le groupe de combat. Protéger personnel désarmé. Suivre chef de groupe. Le droïde se précipita sur la jeune femme menottée et la saisie à bras le corps, faisant écran de son corps pour la protéger des tirs. Plusieurs chocs se firent sentir dans son dos : Impacts blindage dorsal. Aucun dommage. Se mettre à couvert. Rejoindre chef de groupe. En trois enjambés, 2.24.02 rejoignit la porte par où le forcené était apparu et entra dans la casemate. D'une meurtrière, un autre droïde faisait feu sur l'une des tours de la deuxième enceinte. Les deux droïdes restant gravissaient l'escalier afin de sécurité le poste de garde. Le chef de groupe l'interpella : - OK 2.24.02. Des dégâts ? Le droïde leva le pousse pour signaler que tout aller bien. - Bien. Poste toi à l'autre meurtrière et arrose d'explosifs le mirador qui se trouve à 40 mètres sur la droite. 2.24.02 exécuta les ordres aussitôt : Chargement magasin MAKR73G. 3 grenades explosive GE-3A. Distance 43 mètres. Inclinaison 51°. Calcul acquisition... ... ... Feu. Les trois grenades partirent aussitôt et explosèrent sur la cible sans aucun effet apparent. Dehors, les tirs s'intensifièrent. Pourtant, le portail extérieur s'ouvrit et plusieurs arachnodroïdes entrèrent. Deux arachnoP s'arrêtèrent près du porche et se mit à arroser les miradors avec leurs tubes de 120mm. Cela n'empêcha pas les mitrailleuses qui s'y trouvaient de continuer leur tir d'interdiction, stoppant la progression des assaillants. Dans la cours intérieure maintenant déserte, seul le cadavre de Marcos restait inerte sur le sable. Non loin de là, deux véhicules avaient pris feu sans que l'on sache si leurs occupants avaient pu s'en extraire à temps. Les autres avaient pu atteindre le porche de la porte pour s'engouffrer à l'intérieure de la deuzième enceinte. Il fallait libérer les prisonniers loyalistes comme la mission le prévoyait. Dans la casemate, le chef de groupe referma la porte blindée, craignant qu'un projectile ami ou ennemi n'y pénètre. À côté de lui, ses droïdes continuaient de tirer. Rechargement magasin MAKR73G. 3 grenades explosives GE-4R. Distance 43 mètres. Inclinaison 52°. Calcul acquisition... ... ... Feu. Les trois nouvelles grenades furent aussitôt propulsées vers l'objectif. Par chance, l'une d'entre elle réussit à entrer par la large meurtrière qui surveillait la cours intérieure. La déflagration qui suivit éjecta la mitrailleuse ennemie qui s'écrasa au pied de l'enceinte. Cible atteinte. Recherche nouvelle cible et/ou attente des ordres ? ... ? ... ? - Bien 2.24.02, s'exclama le chef de groupe. Continue d'arroser l'autre mirador. Le droïde rechargea son arme et cibla le nouvel objectif. Avant qu'il ne fasse feu, l'un des arachnoP réussit à détruire le mirador d'un coup direct ce qui permit au reste des assaillants de pénétrer dans la cours. Ils la traversèrent rapidement pour franchir le deuxième portail toujours ouverte. Derrière eux, la porte de la première enceinte fut refermée afin de prévenir toutes contre-attaques extérieures. Dans la casemate, le chef de groupe se retourna vers la prisonnière, il constata qu'un des droïdes s'occupait d'elle : - Bonne initiative 2.28.06. Elle commençait à convulser. En effet, pour Constance qui n'avait jamais rien vu de tel de toute sa vie, le stress était trop grand. À cela s'ajoutait le fait qu'elle n'avait pas pris de dose d'épice depuis le matin. Tout s'était accumulé et avait déclenché un tremblement qui s'était vite transformé en spasmes comparables à une crise d'épilepsie. Pour 2.28.06, la réaction avait été immédiate : Personnel désarmé en danger. Intervenir de toute urgence. Le droïde avait brisé les menottes de Constance pour l'allonger sur le sol. Puis il sortit un bouchon de gaze de son sac de combat et l'introduit dans la bouche de la prisonnière pour éviter qu'elle ne se sectionne la langue ou ne l'avale. Enfin, il lui injecta une forte dose de tranquillisant. Elle se calma aussitôt perdue dans les limbes des produits qui, une fois dans les veines, lui saturaient le cerveau ainsi que le système nerveux. À l'extérieur, quelques tirs retentissaient encore de façon sporadique mais tous les bâtiments étaient en passe d'être conquis sans que les défenseurs n'aient pu ou n'aient voulu les défendre. Le centre pénitentiaire était rapidement tombé mais la cité dans son entier était encore loin d'être contrôlée.
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Épisode 10 : Mytonnes - Cité de Smyrne - Contre-Attaque sur le Spatioport
- Unité 1 à unité 4 à vous. - ... - Unité 1 à unité 4 répondez ! - ... - Unité 1 à unité 4, où en êtes vous ? Répondez ! Inlassablement les messages restaient sans réponse. Résigné, l'officier allait abandonner lorsqu'une ombre agare entra dans la pièce. Reconnaissant l'homme, il l'invectiva ausitôt : - Unité 4 ! Vous ne répondez plus aux transmissions ? Où est votre chef ? Que se passe-t-il ? Sans répondre l'homme s'affala sur une chaise et saisit une bouteille d'alcool de grain qui trainait sur la table. Il la vida presque complètement sans reprendre son souffle. - Arrêtez de boire et répondez ! S'énerva l'officier, saisissant l'homme au col de son uniforme. Surpris, ce dernier lâcha la bouteille qui se brisa sur le sol. Il leva des yeux fatigués vers l'officier et répondit : - Je suis le seul survivant de l'unité 4. Les autres sont morts ou agonisent là-bas... D'une main vague, il désigna le spatioport d'où provenait le bruit d'explosions et de rafales d'armes automatiques. Puis comme soudainement révolté, il continua : - Alors comme ça les troupes amazones sont médiocres ! Médiocres !!! Merde si ça c'est du médiocre j'imagine même pas le niveau de leurs troupes d'élite ! Un vrai massacre là-bas... Devant l'officier médusé, l'homme se leva et se campa devant lui, mains sur les hanches : - Des putains de combattants nous avons affronté ! Nous nous sommes faits cueillir à 200 mètres de l'objectif. Cloués au sol. Les plus téméraires ont quand même réussi à s'approcher jusqu'à 100 mètres mais aucun n'en est revenu. Ensuite ! Ensuite, impossible de reculer. Tués un par un sous un déluge de tirs croisés. Je ne sais même pas comment j'ai fait pour arriver jusqu'ici... Comme si il réalisait soudainement qu'il était toujours vivant il éclata de rire et se rassit content de lui. Il saisit alors une autre bouteille sur la table et commença à la vider comme il l'avait fait pour la précédente. Sans plus s'occuper de lui, l'officier sortit de la pièce et regroupa son unité : - Unité 1 avec moi. Nous avons affronter un ennemi plus aggressif que d'habitude. Soyez sur vos gardes. Go. En s'approchant de la ligne de feu, quelques fuyards des unités 2 et 3 furent récupérés et aussitôt remis dans le droit chemin. Arrivé en vue de l'objectif, l'officier abrita ses hommes et scrupta les facades hostiles, essayant de découvrir une faille dans la défense adverse. Juste devant lui et sur sa droite, les unités 2 et 3 s'étaient retranchées et continuaient de faire le coup de feu. Il observa longuement les échanges de tirs, décryptant ainsi les positions adverses. Sa longue expérience du combat lui permit de découvrir le point faible de la cuirasse ennemie. C'était là qu'il fallait frapper, juste à gauche. L'accès semblait difficile mais les défenses y étaient plus clairesemées : certainement la jonction de 2 unités de combat mal coordonnées. Tandis qu'il donnait déjà ses ordres pour envoyer ses groupes d'assaut au combat, un sous-officier de l'unité 5 le rejoignit : - Mon officier m'a demander de vous informer qu'il avait fixé l'ennemi sur 200m à votre gauche. Il y a moins de répondant là-bas. Si vous attaquez maintenant pour le soutenir, la position tombera. - Merci. C'est justement ce que je souhaite faire. Rejoignez le. Qu'il accentue sa pression. Je me charge de faire céder la défense ennemie. Sans rien répondre, le sous-officier repartit en sens inverse. Déjà, plusieurs groupes de l'unité 1 avançaient à couvert pour mener l'assaut.
Parfaitement camouflé au dernier étage du bâtiment administratif du spatioport, Thélémaque ajusta calmement une nouvelle cible située à 500m. C'était la troizième depuis qu'il occupait cette position. Il bloqua sa respiration et pressa la détente de son MARK-53 qui se réarma automatiquement. Là-bas, l'homme qui se pensait à l'abri d'un mur, s'effondra soudainement. Les autres, autour de lui, stoppèrent leur progression, se demandant d'où le tir pouvait bien provenir. Pour les défenseurs du spatioport, la situation était critique. Les troupes loyalistes qui avaient tenu bon jusque là sur la première ligne de défense, étaient bousculées par l'ennemi et commençaient à flancher. Une brèche s'étant ouverte à un point stratégique, l'ennemi s'y était engouffré. Aussitôt alerté, le capitaine ZEJEWSK dont la CC-3 était resté jusque là en réserve sur la deuzième ligne de défense, avait donné ses ordres pour enrayer cette avancée qui risquait de compromettre la sécurisation du spatioport. À gauche de la brèche, la 3R du lieutenant PÉPÉ-GUÈS appuyée par les arachnodroïdes du groupe 3A3 était partie pour rétablir une ligne de défense sur les arrières des loyalistes qui combattaient toujours pied à pied. À droite, la 3C du lieutenant NAUX renforcée par le groupe 3A4 devait stopper la débandade parmi les loyalistes et contre-attaquer sur le flanc ennemi. Pour finir, dans l'axe précis de la brèche, le reste de la 3A du capitaine ZEJEWSK ainsi que la AA2 qui lui avait été rattachée devaient faire front et bloquer l'avance ennemie. - Stoppez les ! Tel était l'ordre que le capitaine ZEJEWSK avait donné. Groupe après groupe, le dispositif se mit en place sans attendre. Thélémaque, qui était le tireur d'élite de la 3C, faisait parti du groupe de combat de l'adjudant REICH directement sous les ordres du lieutenant NAUX. L'adjudant lui avait ordonné de se postionner en hauteur afin de couvrir l'attaque de la section et de l'informer de tous les mouvements suspects de l'ennmi. C'est ce qu'il avait fait. Plus bas, il pouvait distinguer les groupes de la 3C qui montaient en ligne, se préparant à l'assaut. Il observa une nouvelle fois aux jumelles la zone à travers laquelle l'ennemi continuait de progresser. Sur sa gauche, il entendit le tac tac caractéristique des canons de 80mm des arachnoM de la AA2. Les troupes du capitaine jouaient leur rôle et tentaient de stopper l'avance ennemie. Il ne s'en occupa pas et continua d'observer le bâtiment qui se trouvait juste en face. Tout à coup, il distingua un frémissement derrière une vitre brisée : Tiens ! Un de mes "homologues", constata-t-il intéressé. Il doit me chercher. Il repositionna son arme, corrigeant quelques réglages puis attendit de longues secondes, l'œil rivé à la lunette du MAKR-53. Lorsqu'il aperçut bien distinctement la silhouette d'un visage humain, il pressa la détente. En face, la silhouette s'affala. En bas, la 3C partait maintenant à l'assaut. Surpris, plusieurs ennemis furent tués sans réagir. Ils n'avaient sans doute jamais vu de droïdes de combat et cela sembla les impressionner un bref instant. Profitant de cette surprise, la 3C continua son assaut brutal. Un flottement s'amorça alors dans les rangs adverses. Immédiatement, avec une prestance et un sang froid remarquable, un officier ennemi se dressa et réussit à redonner de l'allant à ses hommes. - Toi ! Il va falloir t'arrêter... et définitivement si possible. Marmonna Thélémaque pour lui-même. Il ajusta la silhouette ennemie qui se dressait tel un héros des temps anciens et, après quelques secondes, pressa la détente une nouvelle fois. L'officier s'effondra à son tour. Face à la perte de leur leader et à la pression de la 3C qui ne faiblissait pas, les ennemis firent alors volte-face, tentant désespérément de repartir par où ils étaient venus. Ce ne fut pas chose aisée car, maintenant, c'était la pression de la CC-3 tout entière qui s'exercait sur eux. Aidé par les loyalistes amazones qui s'étaient ralliés, ils commencèrent à les écraser sans leur laisser le temps de s'organiser. Déjà, plusieurs groupes d'ennemis jetaient leurs armes et levaient les mains en l'air en signe de reddition. Mais beaucoup s'échappèrent, combattant vaillament pour rejoindre leur position de départ. Pourtant ils n'eurent aucun répit : du ciel un bruit se fit entendre. - La chasse ! s'écria Thélémaque. Il pouvait voir disctinctement trois patrouilles de chasseurs arriver sur sa gauche, au ras des bâtiments. Suivant parfaitement la ligne de bataille ennemie, ils l'arrosèrent aussitôt au canon. Après quatre passages meurtriers, les positions ennemies avaient été anéanties et les survivants lâchèrent prise, s'éparpillant à l'abri des ruelles étroites du faubourg tout proche. De leur côté, les défenseurs les acclamèrent, exultant d'avoir pu repousser l'ennemi. Leur joie était d'autant plus grande qu'il s'en était fallu de peu que les rôles soient inversés.
- Où en sommes-nous Cassandre ? - Les choses sont en bonne voie ma Reine. Même si nous avons dû engager de farouches combats autour du spatioport pour repousser les troupes mercenaires de l'administrateur renégat, le reste des opérations s'est passé sans trop de difficultés. - Beaucoup de pertes dans nos rangs ? - Assez faible pour la colonne d'intervention que je commande mais sensibles parmi les troupes qui vous sont loyales. D'après les premiers rapports, elles auraient entre 50 et 60 morts. - Tant que ça ! - Oui ma Reine. Elles ont payé un lourd tribu lors de l'assaut des mercenaires sur le spatioport. - Cela m'attriste... Tout y est sous contrôle maintenant ? - Oui. Nous avons d'ailleurs fait partir deux cargos chargés d'épice vers la capitale... - Parfait ! Avez-vous pu capturer l'administrateur ? - Pas pour le moment ma Reine. Il s'est retranché avec les derniers hommes qui lui sont loyaux et les mercenaires survivants dans le quartier administratif... - Il faut impérativement qu'il soit capturé vivant ! - Nous ferons tout notre possible ma Reine. Nos effectifs se sont étoffés depuis la libération du centre pénitentiaire et plusieurs unités de sécurité ont mis crosse en l'air et se sont ralliées sous votre bannière. Cela va nous permettre d'agir rapidement dans cette zone urbaine dense. - Et la population ? Comment réagit-elle ? - Elle apparaît soulagée depuis notre arrivée et la reprise en main qui s'en est suivie. Plusieurs habitants ont même accueilli nos blessés avant que nous sécurisions l'hôpital. J'ai le sentiment que le début de dictature mit en place par l'administrateur était à deux doigts de déclencher une guerre civile. - Bien. Nous sommes donc intervenus au bon moment. Merci beaucoup Cassandre. J'attends de tes nouvelles dès que l'administrateur sera capturé. Un nouvel administrateur doit arrivé sous deux jours pour reprendre les choses en main. D'ici là tu as les pleins pouvoirs, je te fais entièrement confiance. - Merci ma Reine. Je saurai me montrer digne de cette confiance et vous informerai de toutes évolutions de la situation... - À bientôt Cassandre. - Mes respects ma Reine. La communication se coupa, laissant Cassandre pensive devant l'écran vide. Puis elle se resaissit et sortit prestement du bâtiment de commandement de la caserne n°1 pour rejoindre son groupe de commandement qui se trouvait dans la cours extérieure. Elle voulait savoir où en étaient les dernières opérations. - Astsubay Nadia où en sommes-nous ? Demanda-t-elle à son chef de groupe qui faisait office d'aide de camp. - Üstsubay, quatre des cinq casernes sont entre nos mains. Il ne reste que la caserne n°5 qui se situe dans le quartier administratif. Des unités de sécurité sont parties pacifier les faubourgs à l'est sans rencontrer de résistance. Pour le reste tout est sous contrôle. Il est clair que le seul noyau dur qui va s'opposer à nous se trouve concentré autour de cette caserne et du palais de l'administrateur... - Bien. Ordre de regroupement du CC-3 pour qu'il vienne épauler les CC-1 et CC-2 qui sont déjà sur zone. La AA2 doit rester où elle est et sécuriser le spatioport avec les unités loyalistes les plus éprouvées. Appelez immédiatement les commandants des trois rangs afin qu'ils me rejoignent ici. Elle désigna un batiment sur sa carte holographique, tout près de la ligne des combats. Nous allons monter un plan d'assaut pour écraser ce dernier point de résistance et capturer l'administrateur. En avant ! - À vos ordres Üstsubay. Encore une fois, la rapidité d'action allait être décisive et permettrait peut-être aux hommes de Cassandre d'atteindre l'objectif clairement désigné : capturer l'administrateur félon et reprendre le contrôle de la cité.
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Épisode 13 : Mytonnes - Smyrne - Palais de l'administrateur - "Il Faut Fuir !"
De plus en plus, on entendait les déflagrations à l'extérieur du palais. Comme coupé du monde l'administrateur Sylvain apostropha son adjointe, la secrétaire générale Nathalie : - Où en sommes-nous de la reprise du spatioport ? Un peu décontenancée par la question, Nathalie redit ce qu'elle avait déjà dit dix minutes plus tôt : - Nos forces ont été repoussées et ont subi des pertes sévères. Depuis, elles ont retraités et tentent de contenir les forces loyalistes à la Reine Lysippé qui sont à nos portes. Sylvain balaya sa réponse d'un revers de la main. - C'est impossible ! Éructa-t-il. Mes mercenaires sont les meilleurs !!! Comme fou, il gesticulait dans tous les sens, les yeux écarquillés. Il se remit à arpenter la salle de réunion maintenant déserte. - Et où sont les autres ? Finit-il par dire. - Tous ont fui ou sont partis se battre Monseigneur, répondit Nathalie. Il se planta alors devant elle et hurla de nouveau. Elle remarque ses pupilles grosses comme une tête d'épingle : il avait encore dû user et abuser de l'épice depuis que les mauvaises nouvelles étaient arrivées. - Non ! C'est totalement inconcevable ! Mais... Mais faites quelque chose à la fin ! Débrouillez-vous mais il faut que tout redevienne comme avant ! Tout à coup, dans la peine-ombre de la pièce, Sylvain la dégoûta. Le teint blafard, transpirant, les mains tremblantes et virevoltantes dans tous les sens, il ne ressemblait plus du tout au grand homme qu'elle avait connu et dont elle était tombée amoureuse. Malgré l'irrépressible envie de fuir qui la tenaillait, elle resta pourtant et tenta de lui faire entendre raison : - Monseigneur, vous devez fuir. Le combat est dorénavant perdu. Rester ici ne servira à rien. Je vous en supplie ! Partez tant qu'il est tant. Comme rendu-fou par ce qu'elle venait de dire, il l'a saisi brutalement par les bras. Elle distingua dans son regard d'alluciné l'étincelle qui allait conduire à sa mort. Instinctivement, elle le gifla violemment, espérant le faire revenir à la raison. Il lâcha prise et recula d'un pas. Il secoua la tête en titubant légèrement comme si il se réveillait d'un sombre cauchemar. Puis, il planta son regard dans le sien et il lui dit d'une voie blanche : - Que me proposes-tu ? Ce tutoiement fit aussitôt remonter de vieux souvenirs, à l'époque où il était encore un administrateur servant le royaume amazone et non ses intérets personnels. De nouveau le cœur de Nathalie battit la chamade. Les larmes aux yeux elle lui répondit : - Deux véhicules sont prêts avec dix de vos gardes personnels. En partant immédiatement, ils pourraient vous emmener au Nord-Ouest, au delà des remparts, dans le désert. Nous avons un poste avancé isolé à dix kilomètres de la cité où vous pourrez embarquer dans un vaisseau et disparaître ensuite où vous voulez. Elle rentra la tête dans les épaules, s'attendant à un refus catégorique mais il n'en fut rien. Soudain résigné, Sylvain dit simplement : - Tu as raison Nathalie. Allons-y. Je te suis. L'énorme poids qui enserrait le coeur de la jeune femme disparut instantanément. Il reste un espoir ! Nous allons fuir ensemble et plus jamais nous serons séparés. Je m'occuperais de lui. Il m'aimera. J'en suis sûr. Nous serons enfin heureux. Quinze minutes plus tard, les deux véhicules blindés roulaient à vive allure dans les rues de la cité. L'administrateur Sylvain abandonnait les derniers de ses combattants tandis qu'il s'échappait, espérant quittait cet enfer qui hier encore était son paradis.
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Épisode 14 : Mytonnes - Centre de Smyrne - Quartier administratif - La 3C au Combat
Le feu s'intensifiait de seconde en seconde. Slaine ne savait pas précisément ce qu'il se passait sur sa droite mais elle avait reçu l'ordre d'avancer sans se laisser fixer. Sa section occupait l'extrême gauche du dispositif amazone, elle devait couper toute retraite de l'ennemi vers le mur de protection à l'ouest de la cité. Ses groupes étaient en passe d'être tous engagés maintenant, il ne restait en réserve que son groupe de commandement et le groupe de combat n°2. Elle appela le sergent POPOV du groupe n°1 : - Le 3C4 est sévèrement accroché à vingt mètres sur votre droite, je vous envoie l'un des arachnoP et le dernier arachnoM. Rabattez-vous sur eux pour les dégager. Je prends mon groupe, le 3C2 et le dernier arachnoP pour avancer plus sur notre gauche. Sans attendre la réponse de son subordonné, elle se redressa : - Allez ! En avant ! Les hommes et les droïdes s'exécutèrent, rasant les murs, se camouflant le plus possible afin de ne pas être vus depuis les positions ennemies retranchées. Tandis que le 3C1 obliquait pour appuyer de tous ses feux le 3C4 et empêcher l'ennemi de riposter, Slaine déborda la position par la gauche. Sur ses talons, Kedi à l'affût ne la quittait pas d'une semelle. À ses côtés, l'adjudant REICH et le caporal MIKULI avançaient prêts à faire feu. En arrière, le caporal Thélémaque "SAMARITAIN" et le soldat Pauline "QUARTIERNORD" couvrait la progression. Juste à gauche, le 3C2 faisait de même. L'avance fut rapide et le bruit des combats s'estompa bientôt sur leurs arrières. Alors qu'ils avaient parcourru une bonne centaine de mètres, un bruit de véhicule se fit entendre en provenance d'un croisement vers lequel ils se dirigeaient. Masqué par les hauts murs des bâtiments qui bordaient les rues, il était impossible de voir précisément à quoi ils allaient avoir à faire. Le 3C-CDT se camoufla donc dans une embrasure de porte tandis que le 3C2 se retranchait au rez-de-chaussée du bâtiment d'en face. Puis le caporal SAMARITAIN fut envoyé dans les étages pour observer la rue avec son MAKR53. - Fais attention à toi Thélémaque ! L'interpella Slaine avant qu'il ne disparaisse dans les étages. Elle se retourna vers le reste du groupe : - Adjudant REICH avec QUARTIERNORD défoncez cette porte et débrouillez vous pour remonter le bâtiment et couvrir l'angle du croisement, je voudrais bien savoir à quoi nous avons à faire. Caporal MIKULI vous restez avec moi... et toi aussi, Kedi, tu restes ici. Dans son dos, le félin grogna d'impatience. Prêt à bondir, elle l'avait bloqué dans son élan qui l'aurait précipité dans la rue face au danger. Tu restes ici, confirma-t-elle. Je t'interdis de bouger. D'accord Slaine... Mais j'aurais été prudent. Prudent toi ! Elle sourit. Mais c'est bien sûr... Leur conversation silencieuse fut brutalement interrompue par les transmissions. C'était un appel de l'adjudant REICH : - Lieutenant ! Je suis en position. Deux véhicules blindés en approche. Pas d'infanterie en accompagnement. - Bien pris mon adjudant. Restez en position, lui répondit Slaine. Elle envoya un ordre au dernier arachnoP qui les avait suivi mais était resté en couverture à l'autre bout de la rue. L'ordre reçu, il arriva rapidement, se positionnant en plein milieu de la rue, juste entre les 2 groupes amazones. Son but était simple : stopper les 2 véhicules en approche. Ceux-ci débouchèrent bientôt sur le croisement. Un instant indécis face au monstre métalique qui lui bloquait la rue, le premier se décida pourtant à avancer, engageant à la mitrailleuse l'arachnoP qui ne bougea pas sous le déluge des projectiles. Le deuzième resta au carrefour, tentant d'ajuster l'arachnoP. C'était peine perdu car l'engin qui s'était engagé devant lui l'empêcher d'ajuster sa cible et de décocher l'un des missiles dont il était équipé. De son côté, l'arachnoP cibla le premier blindé avec l'un de ses tubes de 120mm et tira. La charge creuse perfora l'avant du blindé qui stoppa instantanément. L'explosion interne qui s'en suivi pulvérisa l'avant du véhicule qui obliqua sa trajectoire et finit par percuter la façade de l'un des bâtiments bordant la rue. La poignée d'occupants qui put s'en extraire fut aussitôt réduite au silence par les tirs provenant des hommes de Slaine. Mais l'arachnoP était maintenant bien visible par le deuzième véhicule resté en retrait. Par réflexe, les deux adversaires déclenchèrent leur tir simultanément. Foudroyé par un missile à courte porté, l'arachnoP s'effondra sur lui-même et prit feu. En face, son armement principal détruit, le véhicule commença d'avancer doucement, ouvrant le feu avec les 2 mitrailleuses secondaires qui étaient toujours intactes. Il progressa dans la rue, arrosant les fenêtres part où les hommes de Slaine tentaient de l'atteindre. - Nous allons être piégé comme des rats ! S'exclama Slaine en voyant le véhicule se rapprocher du porche où elle se trouvait. Avant qu'elle n'ait le temps d'ouvrir la bouche pour ordonner au caporal MIKULI et à Kedi de se replier par la porte que l'adjudant avait défoncée, le caporal s'élança seul face à l'engin qui avançait lentement. Arrivé à sa hauteur, il l'escalada afin d'atteindre une ouïe d'aération endommagée. Il décrocha calmement une charge explosive de son harnais de combat, l'arma et la glissa dans l'ouverture. Ensuite il redescendit pour se plaquer face contre terre. À côté de lui, le blindé tressauta avant de s'immobiliser. De la fumée s'échappait d'une écoutille complètement arrachée. MIKULI bondit sur ses pieds et se précipita à l'arrière du véhicule dont la porte de débarquement s'ouvrait, en criant : - Sortez ! Mains en l'air ! D'une autre écoutille, une silhouette se dressa alors menaçante. Elle fut immédiatement abattue d'un tir précis de Thélémaque toujours positionné sur les hauteurs de la rue. - N'essayez pas de résister ! Sortez ! Plusieurs individus sortirent en trébuchant. L'un deux, peut être blessé, s'affala même au sol. Le caporal s'approcha et ordonna encore : - Retourne toi ! Je veux voir tes mains. Avant même de comprendre ce qu'il se passait le caporal vit le supposé blessé se retournait vers lui lâchant plusieurs fumigènes qu'il serrait entre ses doigts. Un écran opaque masqua aussitôt la scène. - Caporal ! Hurla Slaine qui s'était entre temps approchait avec Kedi. Elle n'eut qu'un cri étouffé comme seule réponse.
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Épisode 15 : Mytonnes - Centre de Smyrne - Quartier administratif - Trahison
La gorge en feu et les yeux larmoyant, Nathalie suivait Sylvain qui, encadré par deux gardes du corps, courait devant elle. Elle trébucha, complètement désorientée dans le brouillard opaque des fumigènes. La situation lui semblait irréelle depuis la destruction de leurs véhicules quelques instants auparavant. Suite à cela, elle subissait les événements. Des balles sifflaient aux oreilles des fuyards, les empêchant de s'arrêter. Après une vingtaine de mètres, ils sortirent enfin de l'épaisse fumée artificielle qui les avait protégés jusque là. Devant elle, les autres s'étaient arrêtés à l'abri pour reprendre leur souffle. Elle les rejoignit. - Allez ! Ordonna l'administrateur en la voyant. Il faut continuer ! Sans attendre de réponse, il s'injecta une dose d'épice dans le nez. Machinalement, les deux soldats en firent autant. Au même moment, un troisième garde du corps les rejoignit. - Alors ? L'interrogea Sylvain. - Ça va. Y'en a au moins un qui nous emmerdera plus... Le soldat afficha un large sourire de satisfaction en essuyant un couteau maculé de sang sur sa manche. Brutalement, alors qu'il ouvrait la bouche en rangeant son arme, une ombre lui tomba sur les épaules. Il roula sur le sol avant d'être saisi brutalement à la gorge. Les os craquèrent. Terrifiés par cette vision, les 3 hommes s'enfuirent, laissant Nathalie pétrifiée. - Amène toi pauvre folle ! Cria Sylvain avant de disparaître au coin d'une rue. Face à elle, un énorme fauve finissait d'égorger le soldat. - Assez Kedi ! Malgré la terreur, Nathalie distingua une femme armée sortir de l'épais brouillard artificiel. - Arrête Kedi ! Ça suffit ! Insista-t-elle. Au moment où l'animal lâchait sa prise, Nathalie sentit son regard sur elle et une voix grogner dans sa tête : Assassin ! Cours si tu peux ! Fuis ton destin ! Immédiatement son instinct lui fit retrouver l'usage de ses jambes, elle fit demi-tour et s'enfuit à son tour. - Stop ! Arrêtez-vous ! Hurla la guerrière derrière elle. Nathalie continua sans obtempérer. Un coup de feu claqua aussitôt suivi d'une brûlure intense qui lui perfora les reins. Un goût de sang dans la bouche, elle continua pourtant de fuir, insensible à la douleur qui se propageait dans tout le dos. Derrière elle, des tirs d'armes automatiques retentirent comme si une centaine d'hommes s'affrontait. Elle ne s'arrêta pas pour comprendre et continua de s'échapper. Elle tourna au coin de la rue, espérant rejoindre Sylvain et les deux autres. Après une course folle de quelques minutes, elle fut brutalement saisit et plaquer contre un mur. Ce mouvement lui arracha un cri de douleur : - Arrête de brailler, tu vas nous faire repérer ! Ordonna Sylvain agressif. - Je... Je suis blessée, répondit-elle comme pour se justifier. Sans lui demander son avis, l'un des 2 gardes du corps osculta la blessure après avoir soulevé sa veste sans ménagement. Il soupira et conclut à l'attention des 2 autres : - C'est pas beau à voir... Elle n'en a plus pour longtemps : les reins sont touchés. Elle se vide. Elle est fichue... - Monseigneur, laissons là ici et reprenons notre progression, suggéra le 2ème. Sans accorder un regard à Nathalie, Sylvain ordonna : - OK. C'est bon, on continue. - Mais Sylvain ! Supplia-t-elle, l'appelant par son prénom pour la 1ère fois. - Assez ! Répondit-il le regard mauvais, dégageant le bras qu'elle lui avait saisi. Tu me répugnes avec tes sentiments mielleux. Tu t'imaginais quoi ? Continua-t-il la bouche tordue par un rictus ironique. - Je t'en prie ! Aide-moi ! - Tu me saoules... Lâcha-t-il méprisant. De nouveau, elle distingua l'étincelle de mort qu'elle avait déjà vu dans son regard avant leur départ du palais. Insensible à ses suppliques, Sylvain sortit son arme et, posément, lui tira une balle dans le genou. Elle hurla en s'affalant, le genou éclaté. Incapable de se relever, elle sanglota. - Au moins tu serviras à quelque chose. Tu occuperas 5 minutes le fauve qui nous poursuit. C'est toujours ça de pris. Aller ! Allons-y. Commenta-t-il satisfait. Les yeux remplis de larmes, elle regarda l'homme qu'elle avait aimé disparaître de son champ de vision sans qu'il ne se soit retourné une seule fois. Soudain lasse, elle souhaita mourir et appela la mort pour qu'elle vienne vite. Son attente fut courte car une poignée de minutes plus tard, elle la sentit s'approcher d'elle. Une forte odeur de fauve lui chatouilla les narines. Elle aurait dû être terrorisée comme tout à l'heure mais non, plus rien ne lui faisait peur maintenant. Elle était simplement arrivée au bout du chemin. - Viens. Je suis prête, murmura-t-elle comme une prière. Sans lui répondre, le fauve bondit sur elle et plongea les crocs dans sa chaire déjà meurtrie en lui broyant les os. Malgré la douleur, Nathalie ne cria pas. Tandis que sa vue se brouillait et qu'elle se laissait aller, sa dernière pensée alla à l'homme qu'elle avait aimé et vénéré jusqu'à ce jour funeste : Sois maudit, pensa-t-elle. - Kedi assez ! Ordonna de nouveau la guerrière qui les avaient rejoint. Slaine s'agenouilla aux côtés de la mourante. Celle-ci fit un dernier effort et réussit à articuler quelques mots : - Base... Base de repli... Quadran X... X77... au Nord... Nord... Ouest... Vaisseau... Fuir... Là-bas... Maudit... Maudit soit-il... À l'agonie, elle sombra dans l'obscurité.
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Épisode 16 : Mytonnes - Muraille au Nord-Ouest de Smyrne - Mission Accomplie Mais...
Perchée en haut de la muraille, Pauline contemplait le désert à perte de vue. À ses côtés, l'adjudant REICH et le caporal SAMARITAIN scrutaient les dunes à l'aide de lunettes de précision. Derrière eux la voix du lieutenant NAUX augmenta brutalement de volume : - Vous me demandez de stopper les recherches ? C'est ça ? ... Mais elle se tût, écoutant la réponse qui lui était faite. - Bien reçu capitaine mais ça n'est pas de gaieté de cœur... Elle coupa la communication et revient vers ses hommes : - On remballe. Une unité de sécurité amazones va venir prendre le contrôle de la zone. Nous repartons vers le spatioport. Des véhicules viennent nous chercher. Personne ne répondit mais la mine renfrognée de l'adjudant et des autres sous-officiers commandants les groupes de la 3C, en disait long sur leur état d'esprit. Cependant, sans protester, hommes et droïdes s'engagèrent dans l'escalier au pied duquel les véhicules les attendaient. Pauline, comme une somnambule, entama la descente à son tour. Soudain épuisée, elle demanda à haute voix : - On continue pas alors ? Juste derrière elle, l'adjudant lui donna une tape amicale sur la nuque : - Tu as des oreilles comme nous ? Alors n'insiste pas QUARTIERNORD. On a déjà bien les boules comme ça, ça sert à rien de remuer le couteau dans la pl... Il se mordit la lèvre et s'arrêta, honteux de ce qu'il allait dire. Autour de lui personne ne réagit. Une ambiance maussade s'installa pendant toute la descente et continua après que les groupes de la 3C aient grimpé à bord de 4 véhicules lourds. Pendant le trajet, Pauline se remémora ce qui s'était passé au cours de la poursuite des fuyards : depuis la destruction des 2 véhicules ennemis jusqu'à l'arrivée au pied de l'immense mur qui protéger la cité des attaques de vers et des dunes de sable. C'était elle qui, avec l'adjudant, avait retrouvé le caporal MIKULI baignant dans son sang. Il était déjà mort et l'adjudant lui avait juste clos les yeux. Ensuite, sans avoir le temps de s'attrister, ils étaient repartis de l'avant, rejoint par Thélémaque et le 3C2 du sergent MALAKOFF. C'est là qu'ils avaient retrouvé le lieutenant et son félin. Au même moment, un groupe ennemi en retraite, leur était tombé dessus. Une violente fusillade avait éclatée. Elle avait cru sa dernière heure arrivée. Deux des droïdes de la 3C2 avaient été détruits et Thélémaque légèrement blessé. Ce dernier était maintenant assis juste en face d'elle, un large pansement autour de la cuisse. Comme elle le regardait, il lui fit un petit signe de la main comme pour lui dire "Tout est OK !". Elle répondit pas un triste sourire crispée et replongea dans ses pensées tourmentées. Heureusement, les groupes 3C1 et 3C4 les avaient rejoints et, avec l'appui de 2 arachnodroïdes, les avaient dégagé de cette mauvaise situation. Sans attendre, le lieutenant avait aussitôt redéployé ses groupes pour poursuivre les fuyards, demandant même au 3C3 de rallier en urgence le reste de la section. Une course folle s'en était suivie et la section avait ainsi atteint la muraille à la porte Nord-Ouest de la cité. Hélas, les fuyards avaient pu s'échapper. C'est là que la section avait été informée que l'administrateur renégat Sylvain était parmi eux. Ils avaient également appris que les combats étaient en passe de se terminer car la plupart des mercenaires et des soldats adverses, apprenant la fuite de leur chef, se rendaient en grand nombre. Mais cela n'engendra aucune joie chez les Hantariens. Le véhicule stoppa brutalement. - Nous sommes déjà arrivés au spatioport ? S'autorisa à demander Pauline. - Non QUARTIERNORD, répondit le lieutenant NAUX, nous embarquons juste le caporal. Tout le monde doit rentrer. Dans la mesure du possible, nous n'abandonnons personne. Morts et vivants. Confuse, Pauline frissonna, revoyant tout à coup le visage livide du mort. Entre temps, l'adjudant était descendu et, avec l'aide du sergent POPOV et de 2 autres hantariens, ils chargèrent le caporal dont ils avaient recouvert le visage, entre les 2 banquettes arrière du véhicule. Pour Pauline, s'en était trop. La tension nerveuse accumulée au cours de cette dure journée, rompit les barrages qui avaient tenu jusque là. C'est le corps du caporal à mes pieds ! Non. C'en est trop ! Elle se cache le visage dans les mains et sanglota silencieusement. Le sergent POPOV qui s'était assise à côté d'elle, la prit par les épaules et lui dit calmement : - Ça va aller Pauline. Ne t'inquiètes pas. La journée est finie. Tu es vivante. Calme-toi. La jeune soldate ne se calma pas pour autant, laissant les larmes couler sans discontinuer. C'était une réaction saine voir même nécessaire pour une jeune combattante comme elle. À son tour, le sergent sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle prit sur elle, inspira et expira lentement pour ravaler sa tristesse. Puis, elle jeta un regard complice à Thélémaque. Celui-ci lui fit un bref sourire : lui aussi aurait voulu qu'elle le serre dans ses bras afin d'oublier cette journée éprouvante. Le véhicule était maintenant reparti et filait à vive allure en direction du spatioport. Le chemin si laborieusement fait depuis le matin fut cette fois parcouru en quelques minutes. Un repos mérité attendait les hommes au spatioport.
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Épisode 17 : Mytonnes - Tarmac du spatioport de Smyrne - Dernier "Au Revoir"
Très tôt le matin, les officiers de la colonne mixte avaient été convoqués par Cassandre. Sans plus attendre, elle commença le débriefing : - À tous, merci d'être venus. J'espère que vos hommes et vous avez pu vous reposer la nuit dernière. Comme vous le savez maintenant, nous avons entièrement repris le contrôle de la cité. Les derniers retranchements ennemis qui se trouvaient dans les bâtiments administratifs se sont rendus dans la soirée d'hier. Je sais que la troupe aspire à un repos bien mérité mais il va falloir qu'elle patiente encore quelques jours. Nous allons verrouiller les portes de la ville. Personne n'entre et personne ne sort. Les troupes de sécurité pourront ainsi effectuer les contrôles nécessaires afin de nettoyer les derniers ennemis qui pourraient se cacher dans la population. Le rang n°1 se positionnera donc sur le quart Nord-Est pour y contrôler la porte principale et les 4 poternes qui s'y trouvent. Le rang n°2 prendra position sur toute la moitié Sud de la muraille pour y contrôler les 2 portes principales et les 2 poternes qui s'y trouvent. Elle sera renforcée par le rang d'appui qui sécurisera le spatioport tout proche. Pour finir, le rang n°3 se positionnera sur le quart Nord-Ouest pour y contrôler la porte principale et les 3 poternes qui s'y trouvent. Bien évidemment, les troupes du tsubay Hector vous assisteront pour parer à toutes éventualités. Pour finir, je vous informe que 2 groupes hantariens du rang n°3 vont être envoyés dès ce soir afin de capturer l'administrateur Sylvain qui doit répondre de ses actes. Cette unité a été désignée car c'est elle qui a obtenu les informations sur la base refuge d'où le traitre espère s'enfuir et je pense qu'elle a à cœur de finir le travail proprement. Elle regarda ostensiblement le petit groupe d'officiers hantariens dans lequel se tenait le capitaine ZEJEWSK qui hocha la tête en signe d'assentiment. Cassandra conclut alors : - Je vous demande enfin de rééquiper vos unités en dotation complète et de combler vos pertes avec des remplaçants, hommes ou droïdes. Merci de votre attention. Rompez. Sur ces derniers mots, les officiers sortirent de la pièce sans tarder mis à part les 3 officiers hantariens qui se rapprochèrent de Cassandre. - Vous avez des remarques particulières ? Un problème avec la mission ? Le capitaine s'avança et dit : - Non, il s'agit d'une simple requête üstsubay. Nous avons perdu un homme aujourd'hui. Le premier depuis notre arrivée parmi votre peuple. Nous aimerions que vous participiez à la cérémonie qui va avoir lieu en sa mémoire avant que son corps ne reparte vers Arkadia. Vous acceptez ? - Bien évidemment ! Nous vous sommes redevable. Je suis très triste des pertes que nous avons subi. Les vôtres comme les nôtres. Allons-y, je vous suis. Quelques minutes plus tard, sur le tarmac du spatioport, le rang n°3 était réuni au complet. Cassandre se tenait là, avec les 3 officiers de l'unité. Le lieutenant NAUX s'avança alors et pris le commandement de l'unité : - Pour l'ensemble. À mon commandement. Garde à vous ! D'un seul mouvement, droïdes et humains s'exécutèrent. - Présentez... Armes ! Une nouvelle fois d'un seul et même mouvement, les mains claquèrent sur les armes. Slaine continua : - Nous sommes ici pour honorer la mémoire du caporal MIKULI Antone, mort après un acte de bravoure qui a sauvé ses camarades d'une mort certaine. Nous allons le ramener sur Arkadia et de là nous le ramèrerons à sa famille, à son peuple, à notre nation. Soyez en assuré ! Aucun Hantarien ne sera abandonné. Vous retrouverez vos familles. Nous reprendrons notre voyage pour rejoindre les nôtres... Émue, la voix de Slaine se brisa légèrement mais elle se reprit immédiatement : - Pour lui. Pour tous ceux tombés hier. Souvenons-nous. Elle inclina légèrement la tête en direction de l'adjudant REICH qui, de sa voix grave, entonna aussitôt un vieux chant hérité d'une civilisation maintenant disparu : J'avais un camarade, L'unité, toujours au garde à vous, reprit en cœur la suite du champ : De meilleur il n'en est pas Dans la paix et dans la guerre Nous allions comme deux frères Marchant d'un même pas, Marchant d'un même pas. Mais une balle siffle, Qui de nous sera frappé ? Le voilà qui tombe à terre Il est là dans la poussière Mon cœur est déchiré, Mon cœur est déchiré. Ma main il veut me prendre, Mais je charge mon fusil, Adieu donc, adieu mon frère Dans le ciel et sur la terre Soyons toujours unis, Soyons toujours unis. Un lourd silence s'abattit après ce chant poignant que seul rompit Slaine : - Reposez... armes ! Repos. Pour finir, s'adressant aux sous-officiers, elle conclut : - Unité à disposition des sous-officiers pour retour au casernement et préparation au départ. Ces derniers saluèrent et reprirent aussitôt en main leur groupe respectif. Le départ était prévu dans une heure car une nouvelle mission les attendaient. À l'autre bout du tarmac, un cargo décolla. Dans ses flancs chargés d'épice, la dépouille du caporal avait été montée à bord. Direction Arkadia avant son dernier voyage qui, tous l'espérait maintenant, les ramènerait vers leur peuple grâce à l'épice.
Chapitre 05 : Contact
Épisodes :
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Épisode 1 : Quelque part dans l'univers - Frégate hantarienne KALINKA
Zak se redressa brutalement en poussant un cri. Des images de Slaine agonisante se bousculaient encore dans sa tête. En sueur, il écarta le drap moite et posa les pieds sur le sol. Le contact froid sur ses plantes de pied lui fit du bien. Il secoua la tête. Il en avait plus qu'assez de ses cauchemars incessant qui martyrisaient ses nuits depuis plusieurs mois maintenant. À chaque fois, Slaine était en danger de mort et il ne pouvait rien faire. Il massa ses tempes douloureuses : - Encore un mal de crâne qui va durer toute la journée. Il se leva, nu comme un ver, et se dirigea vers la pièce d'eau qui occupait un coin de sa cabine. Il y trouva 2 cachets qu'il avala avec un grand verre d'eau. De nouveau il secoua la tête : - Et après ça impossible de me rendormir bien évidemment... Il soupira en s'habillant rapidement. Tandis qu'il finissait d'agrafer sa veste d'uniforme, il croisa son regard dans le miroir qui lui servait pour se raser : - T'as vraiment une sale tête... Faudrait essayer de dormir comme il faut au moins un jour dans la semaine. Il passa la main sur son menton rêche : - Nous verrons la barbe plus tard. Puis il boucla son ceinturon et sortie de la cabine. Il traversa la courtine et arriva directement sur la passerelle de commandement. Quelques officiers et sous-officiers de quart vaquaient à leurs tâches habituelles. - À vos rangs, fixe ! Aboya le premier homme qui l'aperçut. - Repos, répondit Zak. Bonjour messieurs. Je vois que le quart à changer. Des nouvelles intéressantes ? L'officier de passerelle répondit aussitôt : - Rien de nouveau mon général. La zone sera finie d'être contrôlée dans moins de 12 heures universelles. - Bien. Une fois fait, dans le cas où rien ne serait trouvé, programmez un nouveau bond pour la zone suivante. - Bien reçu mon général. Sans attendre, les hommes continuèrent de s'affairer. Sans s'occuper d'eux, le général s'approcha de la vitre blindée qui laissait entrevoir l'espace infini. Il resta un long moment à le contempler sans rien dire. Il serait sans doute resté là un bon moment s'il n'avait pas été interrompu : - Mes respects mon général. Vous avez mangé ? - Bonjour Kalmouk. Toujours à me surveiller ! Non, je n'ai pas encore mangé. Mais c'est un détail... - Vous n'êtes pas sérieux mon général. Il faut faire attention à tous ces détails et montrer l'exemple... Et puis ne pas manger ne résoudra rien. - Tu as raison... Je me laisse un peu aller en ce moment. Et toi, tu as mangé ? - Non mon général, je vous attendais. - Alors allons-y ensemble. Emboitant le pas de son serviteur, ils quittèrent la passerelle pour rejoindre le mess des officiers. Chemin faisant, Kalmouk l'interrogea par dessus son épaule : - Toujours ces cauchemars mon général ? - Hélas oui. Toujours... - Nous la retrouverons. Chaque arche est équipée d'une balise. D'une façon ou d'une autre nous la retrouverons. - Oui... Nous la retrouverons... Le général soupira et poursuivit pour lui-même : - Mais dans quel état ? C'est là toute la question... Devant lui, Kalmouk insista, sûr de sa logique et des ses croyances anciennes : - Je vous le répète : ces cauchemars sont un signe. Si elle n'était pas en vie vous n'en feriez pas. La réponse du général fut juste un haussement d'épaules. Il ne savait plus trop quoi penser maintenant et s'interdisait de faire des hypothèses à ce sujet. - Allons manger. Ca ira mieux ensuite. Conclut-il alors pour couper court à la conversation. - Bien mon général mais ensuite je vous rase. Cette barbe de plusieurs jours ne me plaît pas du tout. Zak sourit. Son vieux serviteur était toujours là pour lui et il était heureux de l'avoir à ses côtés. Les jours se suivaient et se ressemblaient de plus en plus dans leur monotonie déprimante mais pour le général Zak LVOV une seule chose comptait : poursuivre les recherches et retrouver l'arche n°44 disparue avec Slaine à son bord.
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Épisode 2 : Galaxie Pégasus - Système Mastanabal - Planète Mytonnes - Smyrne - Départ en Mission
La troupe avait pris place à bord du porteur d'assaut. On trouvait là les 2 groupes (3C-CDT et 3C2) au complet. Les effectifs avaient été complétés et les armes réapprovisionnées en conséquence. Montant à bord en dernier, Slaine croisa le regard de Mira ZACHTCHOUK, son nouveau caporal. C'était une rescapée de l'arche tout comme elle. Elle ne la connaissait pas encore bien mais c'était une combattante et c'est bien tout ce qui comptait pour cette mission. Tandis que le porteur d'assaut décollait du tarmac, Slaine donna ses dernières recommandations : - Je ne vais pas vous répéter le but de la mission, je l'ai déjà fait. Le plus important est qu'il faut que nous finissions ce que nous avons commencé hier, rapidement et sans erreur. Je vous demande une dernière fois de contrôler vos combinaisons "désert". Nous ne serons bientôt plus protégés par le bouclier de la cité, ce sera donc votre seul rempart face à la chaleur extérieure. Ces combinaisons intégrales étaient directement portées sur le corps, à même la peau. Chaque soldat avait été épilé de près pour ne pas entraver leur bon fonctionnement. Très légères mais résistantes, elles n'entravaient nullement les mouvements et permettaient de porter l'uniforme réglementaire au-dessus. Seule une surépaisseur au niveau des reins contenait le mécanisme particulier de régulation de la température et de recyclage des fluides corporels. Sur les flancs, des réservoirs ultraplats stockaient l'eau purifiée qui pouvait être consommée à nouveau. À ce mécanisme était associé 2 micro-pompes positionnées au niveau des talons et des voutes plantaires. Chaque pas, chaque pression du pied sur une surface dur permettait ainsi aux liquides de circuler soit vers le mécanisme de traitement soit vers les réservoirs récupérateurs par une multitude de canaux comparables à des vaisseaux sanguins. Lorsqu'on l'enfilait, la première sensation était assez désagréable en particulier aux endroits les plus intimes mais ensuite elle s'adaptait à la morphologie de l'individu qui l'oubliait très rapidement. Autour d'elle, les hommes contrôlèrent leur tenue par binôme. Slaine contrôla la tenue de l'adjudant REICH puis se fut à son tour de contrôler la sienne. Finalement, tous levèrent le pousse en l'air pour confirmer qu'il n'y avait rien à signaler. Slaine demanda alors à l'adjudant : - L'arachnoM est OK ? - Affirmatif lieutenant, solidement arrimé sur sa base de largage. Le capitaine nous en a obtenu un de 40mm. - J'ai vu ça quand nous l'avons chargé. Vous avez vérifiez ses munitions ? - Oui lieutenant. Il a des "pointes dures" sur 2 de ses canons mitrailleurs, les 2 autres ont des explosives avec des traçantes. - Parfait. J'aime savoir que nous avons des projectiles conventionnels. Cela peut faire toute la différence face à des boucliers d'énergie. L'adjudant acquiesça sans rien ajouter puis il s'éloigna un peu pour finir de contrôler les droïdes avec l'aide du sergent POPOV. De son côté, Slaine s'installa sur l'une des banquettes à côté de Thélémaque. Comme les autres, il était perdu dans ses pensées toutes entières projetées vers la mission à venir. Face à ce silence pesant et ne tenant pas en place, elle se leva presque aussitôt pour se diriger vers Kedi qui avait été « installé » sur un plateau pour arachno : OK ! Tout va bien ? Je serai près de toi pour te libérer aussitôt au sol. Compris ? Aucun problème Slaine. Je n'aime pas trop être attaché comme ça mais... il le faut. Oui. Si tu sautais seul, tu te briserais les membres en arrivant au sol. Peut-être... Peut-être pas ! C'est possible mais je n'ai ni l'envie ni le temps de te laisser essayer. Elle lui cajola le cou qu'il lui offrit avec gourmandise. Il ronronnait comme un simple chat domestique. Les hommes avaient l'habitude de le côtoyer et de voir leurs échanges amicaux sans que cela ne les choque outre mesure. Kedi était de toute façon un formidable auxiliaire qui faisait sa part du travail en opération. Ce câlin amical fut pourtant de courte durée. Dans les écouteurs intégrés au casque de Slaine, un message parvint du poste de pilotage : - Arrivée sur zone dans 15 minutes. Laissant Kedi, elle avertit aussitôt les autres : - Arrivée sur zone dans 15 minutes. Mettez-vous en place sur les palettes de largage. Dernier rappel : arrivée sur la ZL l'arachno et les 2 droïdes "MARK73" seront envoyés en premier avec le sergent POPOV. Ensuite ce sera au tour de QUARTIERNORD, l'adjudant REICH, SAMARITAIN avec le droïde "MARK74". Je suivrai avec ZACHTCHOUK, le sergent MINSKOVO, le droïde "MARK73G" et Kedi. Il y aura 15 secondes entre chaque escouade. Sécurisez vos objectifs une fois au sol. Les canons mitrailleurs de 40mm du porteur nous serviront d'appui-feu lors de la descente et une fois sur zone. Rapidité ! Encore un fois, c'est le maître mot. Puis comme pour rassurer les visages fermés qui l'entouraient, elle termina : - Si vous faites correctement votre boulot tout se passera bien. À son tour, elle fut attachée à son harnais de largage par un sous-officier qui vérifia chaque homme et chaque droïde méticuleusement. Il termina par Kedi et l'arachno. C'est lui qui avait la charge de lancer la troupe dans l'ordre initialement prévu, il n'avait pas droit à l'erreur. Mais déjà, un voyant rouge s'alluma dans la soute avertissant que l'objectif était en approche. Pris au piège dans leur harnais de largage, les soldats constatèrent que le porteur tirait plusieurs salves de roquettes tandis que 2 droïdes mitrailleurs faisaient feu depuis les 2 tourelles plaçaient sur ses flancs. En réponse, des projectiles ricochèrent sur le lourd blindage ventral du vaisseau. Les hommes, tendus à l'extrême, attendaient juste avec impatience que le sous-officier actionne les commandes pour les larguer. Une fois sur zone, libérés de leurs entraves, ils pourraient agir comme les combattants qu'ils étaient. Enfin, le voyant passa au vert et il ne fut plus possible de revenir en arrière.
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Épisode 3 : Planète Mytonnes - Station radar de Smyrne - Les Choses se Compliquent
Un échos venait d'apparaître sur l'écran de contrôle. Ce point rouge clignotant fut aussitôt détecté par les programmes d'alerte et redirigé en gros plan sur l'écran général de la salle de contrôle radar. L'opérateur chargé de la zone géographique concernée annonça alors : - Quadran 75. Échos non identifié. Signature en cours d'analyse. Vitesse de déplacement rapide. Avant qu'il ne termine, l'officier responsable l'avait rejoint : - Dans quelle direction ? Vers la cité ? - Négatif. Il se dirige directement sur le quadran 77... Signature identifiée : vaisseau de type corvette. - Il va droit sur l'objectif de la mission CAR. Avons-nous des patrouilles pour l'intercepter ? - En dehors de la patrouille de chasse Fleche 09 qui protège la mission CAR, rien à proximité. - Bien. Déroutez les patrouilles Flêche 03 et Flêche 04 pour qu'elles rejoignent le quadran 77 au plus vite... - Attendez Tsubay ! - Quoi d'autre ? - Quadran 65, 11 échos hostiles viennent de se démasquer. Dix signatures de type intercepteur et 1 de type corvette. Ils se dirigent également vers le quadran 77. - Des pirates ! Faites décoller les patrouilles Flèches 10 à 15. Qu'avons-nous d'opérationnel en vaisseaux lourds ? - La patrouille Dague 03 comprenant deux corvettes qui est en approche du spatioport pour atterrir. L'officier se retourna aussitôt vers un autre opérateur et lui ordonna : - Annuler l'ordre d'atterrissage pour la patrouille Dague 03. Dites leur de rejoindre immédiatement le quadran 77. Le sous-officier exécuta l'ordre sans attendre. L'officier retourna à son pupitre de supervision, déclarant à l'attention de toute l'équipe : - J'avertis l'état-major. Prévenez-moi au moindre changement de situation. Tandis que les ordres était transmis aux différents vaisseaux amazones, l'officier contacta l'état-major qui transmit son appel à Cassandre. Une fois informée, elle complimenta l'officier pour ses décisins mais, afin d'augmenter la force frappe amazone, elle lui demanda de faire décoller l'une des 2 frégates amazones qui étaient stationnées sur le spatioport. Elles étaient justement en état d'alerte afin d'intervenir en cas de problème. Une dizaine de minutes plus tard, la frégate décollait. Moteurs à pleine puissance, elle se dirigea à son tour vers le quadran 77, tentant de rejoindre les 2 corvettes amazones qui, déroutées quelques minutes auparavant, étaient déjà en chemin. Cassandre espérait de tout son cœur que cela suffirait pour stopper les pirates dont la mission semblait limpide : exfiltrer l'administrateur renégat. Le timing allait être serré pour que la mission CAR réussisse et puisse s'échapper avant que les vaisseaux ennemis soient sur zone. Elle avait confiance pourtant, connaissant maintenant la valeur des combattants hantariens. Mais son espoir fut de courte durée car l'officier de la station radar la recontacta bientôt : - Üstsubay, les nouvelles ne sont pas bonnes. Nos vaisseaux n'arriveront pas sur zone avant la 1ère corvette ennemie qui va atteindre l'objectif 30 à 35 minutes avant eux. Par contre nous sommes synchronisés avec le 2ème groupe des 11 vaisseaux hostiles... - Bien. Il faut espérer que la mission CAR est pris l'objectif et qu'elle tienne bon pendant ce laps de temps. C'est jouable. De plus notre flottille plus imposante va... - Pardonnez-moi mais je ne partage pas votre optimisme. Il y a un autre problème et de taille : une tempête de sable se dirige droit sur la zone en provenance du Nord. Elle va l'atteindre dans 40 minutes et la bloquer pendant une bonne heure. Plus aucune transmission avec la surface ne sera possible sur le quadran. Par conséquent, dans le cas où leur corvette arrive à atterrir et prend le contrôle de l'objectif, rien ne pourra être entrepris pour la neutraliser. - Décidément ! La chasse n'est pas de notre côté... Avez-vous un retour sur la mission CAR ? - Aux dernières nouvelles, elle est en cours mais je n'en sais pas plus... - Tenez moi au courant dès que vous avez des informations. Tout va reposer sur elle maintenant. - À vos ordres Üstsubay . Cassandre resta pensive un bref instant. Devait-elle en informer la reine ou attendre que tout soit fini ? Et finalement, n'était-il pas préférable d'abattre l'ex-administrateur plutôt que de risquer de le voir s'échapper ? N'ayant pas de réponse à cette question, elle décrocha un communicateur et demanda une liaison direct avec le palais royal d'Arkadia car seule la reine Lysippé pouvait décider de la conduite à tenir sur ce point précis. En attendant la communication, elle pensa aux combattants qui seraient bientôt isolés de tout et devraient tenir afin de mener leur mission à bien. Aurait-elle le temps de les contacter avec les dernières directives sur la conduite à tenir ? Rien n'était moins sûr...
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Épisode 4 : Planète Mytonnes - Poste avancé au N-O de Smyrne - Assaut
Dès que ses pieds touchèrent la plateforme d'atterrisage, Miléna appuya sur le large bouton placé sur sa poitrine, la libérant automatiquement du harnais de descente. Celui-ci, suspendu à son cable, remonta aussitôt vers la soute du porteur d'assaut. Sur sa droite, l'arachnoM était arrivé au sol dans la même seconde et se libéra à son tour de son harnais. Sans attendre, ses canons de 40 firent feu, saturant de projectiles les positions ennemies repérés. Miléna et les 2 droïdes MAKR-73, qui s'étaient posés au même moment, s'abritèrent derrière la tourelle éventrée d'un canon léger de DCA. Des projectiles hostiles ricochèrent sur le blindage noirci. Au dessus d'eux, les canons des tourelles latérales du porteur continuaient de cracher leurs projectiles sur les structures de défenses du poste avancé. "Rapidité !" L'ordre du lieutenant NAUX résonnait encore dans sa tête. Elle bondit : - En avant ! Direction la poterne ! Ordonna-t-elle à l'attention des 2 droïdes. Ils bondirent vers la porte verrouillée, rafalant à leur tour vers les meurtrières d'où quelques tirs sporadiques tentaient de les stopper. Tout proche, l'arachno se mit à progresser également sans cesser de mitrailler les meurtrières hostiles. Derrière eux, le 2ème groupe d'assaut atterrissait appuyant déjà de ses armes leur progression. Aussitôt arrivée à la porte, Miléna plaça une charge explosive à hauteur du verrou. Elle annonça en s'éloignant le long du mur : - Attention ! Explosion à mon signal. Les 2 droïdes la suivirent aussitôt, faisant écran de leur corps afin de la protéger d'éventuels éclats. - Déclenchement. L'explosion retentit, suivie d'un nuage de poussière et de sable qui masqua un cours instant la scène. Un léger siflement dans les oreilles, Miléna ordonna encore une fois : - 2.28.14 aider pour ouvrir cette porte. 2.27.29 en couverture. Avec l'aide du droïde, elle réussit ainsi à faire glisser la porte qui s'ouvrit sur un mur aveugle duquel un large couloir partait sur la droite et sur la gauche, longeant le mur extérieur. Aucunement surprise (elle avait étudié les plans des batiments et savait à quoi s'attendre) elle cria de nouveau : - En avant ! 2.28.14 à droite tir de saturation et 2.27.29 à gauche tir de saturation. Ne leur laissons pas le temps de se reprendre ! En espérant qu'ils n'ont pas d'armes lourdes dans tous ces angles morts, continua-t-elle pour elle-même. Mais cette fois, la chance était avec eux et rien ne répondit aux tirs des 2 droïdes. Seuls 2 cadavres allongés sur le sol indiqués que des hommes se trouvaient là peu de temps auparavant. À l'extérieur, les tirs hostiles avaient considérablement diminués d'intensité et déjà le 2ème groupe d'assaut de l'adjudant REICH les rejoignait : - Beau boulot sergent. Le lieutenant arrive sur mes talons pour la suite de l'action. Rien à signaler ici ? - Rien mon adjudant. - OK... L'adjudant fut interrompu par le lieutenant qui arrivait avec le 3ème groupe d'assaut : - Bien. Nous sommes entrés dans la place. C'est une bonne chose. Reste à capturer l'objectif. Nous sommes pris par le temps car l'état-major vient de m'informer qu'un vaisseau arrivait par ici. Certainement de l'aide pour évacuer notre cible. De plus, une tempête de sable se dirige droit sur nous... Par conséquent voici les instructions pour la suite : > 1er : le porteur évacue la zone, nous n'aurons plus son appui dans l'immédiat. > 2ème : nous faisons entrer l'arachnoM. Les couloirs sont assez larges ici pour qu'il soit à l'abri. > 3ème : nous condamnons cette porte. > 4ème : nous avancons groupé pour trouver la cible. > 5ème : une fois la cible prise, nous finissons de sécuriser l'avant-poste en entier. Des questions ? - La cible doit-elle être prise vivante comme prévue initialement ? Demanda l'adjudant. - Affirmatif. Cela m'a été confirmé. Les ordres sont formels. La cible doit être prise vivante et livrée aux Amazones. Quoi d'autre ? - ... - Bien. Nous reformons les 2 groupes de la section immédiatement. Sergent, laissez 2 droïdes ici, le MAKR-74 et un MAKR-73. Avec le reste de votre groupe partez en pointe par le couloir de droite et suivez l'itinéraire prévu. Avancez rapidement, je suis derrière pour sécuriser si nécessaire. Mon adjudant : fermer cette porte, soudez là, bloquez là... Faites comme bon vous semble. Prenez toutes les dispositions nécessaires pour qu'elle soit définitivement close. Je vous laisse les 2 droïdes du sergent, QUARTIERNORD et l'arachno pour verrouiller cet accès et le garder. Le reste du groupe me suit. - Reçu lieutenant ! Répondirent les 2 sous-officiers à l'unisson. Aussitôt Miléna, laissant 2 de ses droïdes sur place, repartit de l'avant, progressant dans le dédale des couloirs de la station avancée amazone. Derrière elle, le lieutenant suivait avec le reste de son groupe et Kedi qui, cette fois encore, ne la quittait pas d'une semelle. Il ne fallait pas trainer si ils voulaient accomplir leur mission avant que des éléments extérieurs ne viennent tout compliquer. Derrière eux la porte avait été hermétiquement refermée et barricadée. La station était dorénavant close comme pouvait l'être un tombeau.
Sur la passerelle de la corvette Darksnow, le capitaine Drachen exultait. Un contrat facile payé rubis sur l'ongle ! Que rêver de mieux pour un pirate avide comme lui. Le matin même, il avait été contacté via le réseau pirate par une haute personnalité amazone qui souhaitait fuir cette planète. Fin négociateur, il avait flairé le gros poisson et aussitôt imposé des conditions faramineuses : 2 millions de crédits et 100k d'épice. Bien lui en avait pris. Son commanditaire n'avait même pas discuté et avait accepté les conditions sans sourciller. La moitié de la somme était déjà payée, le reste le serait une fois la mission remplie. Depuis, Drachen jubilait. C'est sans doute son plus gros coup depuis qu'il était à son compte. Avec cette histoire, il pourrait bientôt acheter 2 frégates suréquipées voir même un destroyer léger ! Avec sa flotille actuelle de 5 corvettes et de 30 intercepteurs, cela aurait fier allure. Affalé dans son fauteuil de pacha, il arborait un large sourire qui déformait son visage balafré. Sa bonne humeur avait même déteint sur les hommes de son équipage et certains en étaient presque arrivés à chantonner en s'équipant. Tous étaient persuadés que la mission était déjà finie avant d'avoir commencée. Leur capitaine n'avait-il pas annoncé : - On arrive. On se pose. On débarque. On rembarque avec le gars. On décolle. On rentre. Par conséquent, pour tous, c'était juste une formalité. La corvette avait pénétré l'atmosphère par un quadran qui n'était pas couvert par le contrôle radar amazone. De là, elle avait collé au terrain afin d'échapper le plus longtemps possible au radar pour se diriger droit vers l'objectif : un avant poste amazone au N-O de la cité. Les radars pirates laissés en orbite n'avaient rien détecté d'anormal avant qu'elle arrive à 10 minutes de l'objectif. - Capitaine ! Détection radar en provenance de la cité amazone : 2 corvettes, 1 frégate et une quinzaine de chasseurs en approche de notre objectif. - OK. Ils sont à quel distance ? - À l'allure où ils vont nous arriverons 30 minutes avant eux mais ils vont tomber sur notre force de soutien. - OK. Déroutez la vers le Nord... - En plein dans la tempête de sable !? - OK. Déroutez la à l'Ouest. La tempête sera sur nous quand ? - Dans 20 minutes. - Bien ! Drachen, se leva brutalement : - Fini la rigolade. On reste concentré sur l'exfiltration du client. Nous avons 10 minutes. Si nous faisons ça correctement, tout va bien se passer. Il réajusta sa tenue puis quitta la passerelle pour rejoindre les soutes. À la douzaine de combattants qui attendaient, il donna les même consignes et conclut par : - De toutes façons, je suis le seul à pouvoir identifier le client donc je viens avec vous. Dix minutes plus tard, la corvette descendait doucement pour se poser sur la plateforme de l'avant-poste. Plusieurs signes semblaient indiquer que, finalement, le contrat ne serait sans doute pas aussi simple à remplir : pas de comité d'accueil, une tourelle DCA détruite, la porte d'accès verrouillée et des impacts un peu partout sur les murs... Alors que Drachen demandait à ses hommes de faire sauter la porte, un déluge de projectiles s'abattit sur eux. Ils durent rembarquer ou se mettre à couvert précipitamment, laissant 3 des leurs allongés sur le sol. Perdant soudain son calme et sa bonne humeur, Drachen contacta la passerelle et ordonna : - Activez la tourelle n°1. Pulvérisez-moi cette porte qu'on en finisse.
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Épisode 6 : Planète Mytonnes - Poste avancé au N-O de Smyrne - Aide inattendue
Stavros avait été cueilli au saut du lit. Il avait juste eu le temps d'enfiler un pantalon par dessus sa combinaison désert avant d'être amené dans la salle de repos qui jouxtait la pièce sécurisée du contrôle de la station. Là, il avait été poussé brutalement et une voix féminine lui avait ordonné : - À genoux et les mains sur la tête. Il s'était aussitôt exécuté sans piper mots. Du coin de l'œil, il avait remarqué que la plupart de ses collègues étaient dans la même posture que lui ainsi que l'administrateur et 3 de ses gardes du corps. Ces derniers, arrivés la veille, avaient pris possession des lieux d'authorité. Connaissant leur brutalité, Stavros, tout comme ses collègues, avait continué son travail espérant qu'ils quittent les lieux rapidement. C'était chose faite suite à l'attaque éclair de ce commando inconnu qui avait pris le contrôle de la station. Finalement, lui et ses collègues étaient soulagés. À ses côtés, il constata que l'administrateur avait été ligoté ce qui semblait particulièrement l'énerver. Commençant à ressentir le manque d'épice, il interpelait ses gardiens de plus en plus bruyament. Passablement excédée par ce vain comportement, l'officier commandant ordonna à l'un de ses hommes : - Sergent, bâillonnez le... C'est insupportable ! Le soldat interpellé, fit un signe à l'un des robots tout proche qui l'aida en maintenant le prisonnier. L'administrateur continua de vociféré à travers le bayon mais se calma très vite, au bord de l'asphyxie. Des robots, c'était complètement nouveau pour Stavros et encore plus l'énorme félin qui suivait l'officier comme son ombre. Et puis l'armement lui était totalement inconnu. Bref, tout montrait que cette troupe n'était pas amazone. - Des mercenaires peut-être... Non. Ce sont des militaires. Ils ne travaillent pas pour l'argent... L'officier en particulier... Toujours du coin de l'œil, Stavros scruta de nouveau l'officier qui s'était éloigné pour répondre à une communication. C'était une femme d'1m68 tout au plus, à la chevelure rousse et au visage grave caractéristique d'un meneur d'hommes. Ce visage, balafré par 3 cicatrices légères qui partaient du front pour s'arrêter à la pommette droite, possédait 2 yeux marrons qui vous transperçaient quand ils se posaient sur vous. Tout en elle indiquait clairement qu'elle savait quoi faire et quand le faire. Il s'autorisa à l'étudier plus précisément comme un homme peut le faire avec une silhouette féminine. Malgré l'uniforme, il put constater qu'elle n'était pas déplaisante à regarder. Quelques courbes et rondeurs bien proportionnées apparaissaient au gré de ses mouvements. - Une femme comme je les aime, pensa-t-il en souriant. Tout à sa contemplation, il fut brutalement interrompu par le sergent qui s'approcha de lui. - Qu'est-ce qui te fait marrer toi ? L'apostropha-t-elle. Surpris par la question, il regarda le sol, espérant que l'orage passe. Son rêve fut exhaussé lorsqu'une explosion toute proche ébranla la structure du bâtiment. Toute l'assistance se tendit. L'officier, qui s'était rapprochée entre temps, ordonna dans son communicateur : - Ils ont détruit la porte ! Cela ne sert à rien de rester mon adjudant. Sauvez vos hommes et repliez-vous vers nous... Si nous n'arrivons pas à les bloquer nous sommes fichus... Le mieux serait de détruire leur vaisseau ou tout du moins de les attaquer à revers... Sans réfléchir mais les mains toujours sur la tête, Stavros se redressa et l'interrompit : - Mada... Officier ? Je peux vous aider. - Tais-toi ! Répliqua aussitôt le sergent qui faisait déjà mine de le frapper. - Attendez sergent ! Laissez-le parler. - Merci... Puis-je me lever et baisser les mains ? - OK, lui répondit l'officier en plantant son regard dans le sien comme si elle le jaugeait. Tandis qu'il se levait, le félin s'interposa entre elle et lui. - Tout doux Kedi. Pas de bêtises, dit l'officier d'une voix douce. L'animal grogna mais ne bougea pas. Il s'assit simplement sur ses pattes arrières en regardant Stavros lequel, impressionné, déglutit plusieurs fois avant de pouvoir parler : - Je suis l'Astsubay en 1er Stavros commandant cet avant-poste amazone. Je n'ai jamais renié mon serment à la Reine Lysippé et suis prêt à la servir de nouveau dès maintenant. Si vous voulez ralentir les assaillants qui nous attaquent, il faut déployer les cloisons blindées dans les couloirs. Si vous souhaitez les attaquer à revers, il existe un sas dérobé qui permet de sortir sans être vu... - Vous avez l'air de connaître l'endroit Stavos mais puis-je vous faire confiance ? - Vous pouvez. Beaucoup d'entre nous sont restés fidèles à notre reine. - Je comprends... Puis, comme si elle avait pris sa décision, l'officier se présenta à son tour : Je suis le lieutenant Slaine NAUX de la nation hantarienne. Mon unité, actuellement au service des Amazones pour la Reine Lysippé, a reçu l'ordre de capturer l'ex-administrateur ici présent suite à sa fuite de la cité de Smyre qui est depuis hier pacifiée et de nouveau contrôlé par la reine. Si vous voulez nous aider c'est maintenant. Afin de montrer votre bonne fois, veuillez ouvrir l'accès à la salle de contrôle et déployez les cloisons auxquelles vous avez fait allusion. L'œil interrogatif de Stavros, incita Slaine à poursuivre : - Allez-y, je vous suis. Ne vous inquiétez pas pour Kedi, il ne bougera pas. Stavros quitta donc la pièce suivi par le lieutenant et un droïde qui leur emboîta le pas. Il déverrouilla la porte à l'aide de son code personnel et, une fois dans la salle, rejoignit son pupitre pour activer plusieurs procédures de sécurité. Sur l'écran de contrôle où s'afficha le plan de l'avant-poste, plusieurs indicateurs rouges schématisant de lourdes portes apparurent dans les 2 couloirs latéraux de l'entrée principale. Dix furent ainsi déployées. Au même moment, un homme apparut dans l'embrasure de la porte : - Lieutenant, j'ai ramené la troupe comme demandé. L'arachno est positionné dans le couloir afin de sécurisé l'accès à ces 2 pièces... Des problèmes ici ? - Ici tout va bien mon adjudant. Comme vous le voyez nous avons trouvé de l'aide... Vous avez vu combien ils étaient à l'extérieur ? - Une vingtaine tout au plus mais ils ont posé leur vaisseau. Il est armé et peut occasionné de gros dégâts... - Il leur faudrait l'armement d'un destroyer ou d'un croiseur, le coupa Stavros. Ils ne sont pas prêts de détruire ce poste avancé, je vous le promets. Les murs sont d'une épaisseur incroyable. Ils ont l'habitude de résister aux ouragans de sable depuis des dizaines d'années. - Je veux bien vous croire Stavros, répondit Slaine, mais je préférerais savoir ce vaisseau hors d'état de nuire... Mon adjudant, qu'en pensez-vous ? - Nous pouvons essayer de les bousculer. Avec la tempête qui arrive cela les inciterait à partir. Une bonne action commando devrait suffire. Mais il faut pouvoir sortir... - Il existe une sortie par un tunnel caché. Elle aboutit à une cinquantaine de mètres dans le désert, à gauche de la plate-forme d'atterrissage... - Montrez nous cela sur vos plans, répondit Slaine intéressée. Avec une bonne diversion pour les occuper, un groupe de 5 individus pourraient les prendre à revers et leur faire lâcher prise. L'adjudant et le lieutenant se rapprochèrent alors de Stavros afin d'étudier rapidement la configuration et les axes possibles de progression. À l'extérieur, pendant que la tempête se rapprochait, l'armement principal de la corvette pirate continuait de matraquer sans relache les murs épais de l'avant-poste.
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Épisode 7 : Planète Mytonnes - Poste avancé au N-O de Smyrne - Contre-attaque
Slaine rampa jusqu'à un bloc de granite et put à loisir observer la plateforme de l'avant-poste sans être vue. À ses côtés, Kedi ne la quittait toujours pas d'une semelle. Là-bas, l'adjudant avec le groupe du sergent POPOV avait réoccupé les postes de défense et, appuyé par une poignée de soldats amazones ralliés, faisait le coup de feu. C'était sa mission : capter l'attention des pirates et les fixer. Cela fonctionna à merveille car les assaillants redoublaient d'effort pour tenter de pénétrer dans la station. Pendant qu'elle observait l'ennemi, le caporal ZACHTCHOUK l'avait rejointe accompagnée par QUARTIERNORD et SAMARITAIN. Derrière eux, l'arachnoM restait tapis dans le boyau qui les avait amené jusqu'ici, comme une araignée à l'affût. Sans un mot, elle indiqua les endroits où elle souhaitait les voir se poster. Quand tous furent en place, elle appuya 4 fois sur l'interrupteur de son communicateur déclenchant ainsi le signal. Immédiatement, l'arachnoM sortit de son trou et se dirigea vers la station, arrosant la corvette ennemie de ses 4 canons de 40mm. Pour les pirates, ce fût la consternation. D'où pouvait bien provenir cette "araignée" hostile et solitaire ? Alors qu'ils réorientaient leur feu vers elle, le groupe du lieutenant ouvrit le feu à son tour, les obligeant à baisser la tête. Le flottement s'installa un peu plus dans les rangs pirates qui se retrouvaient pris entre deux feux. Un instant, la partie sembla gagné pour les Hantariens. Un instant seulement car l'une des tourelles de la corvette fut pointée vers le désert et commença à riposter aux tirs de l'arachnoM qui continuait d'esquiver tout en mitraillant tel un papillon de nuit virevoltant autour d'une flamme. Il avait 2 atouts principaux face à la corvette : ses munitions qui traversaient les boucliers d'énergie et la possibilité de tirer en se déplaçant. Déjà, on pouvait voir des impacts sur le blindage du vaisseau. Ce jeu du chat et de la souris dura plusieurs minutes, les tirs de riposte s'organisant au gré du repositionnement des advsersaires qui se déplacaient pour se protéger au mieux. Malheureusement la chance passa du côté pirate : un tir mieux ajusté que les autres souleva l'arachnoM et le retourna. Sur le dos, incapable de se redresser dans le sable, il était maintenant à la merci d'un nouveau tir qui pouvait le détruire. Sans réfléchir, Slaine se précipita vers l'arachnodroïde. Non ! Il faut qu'il continue de tirer sinon tout est perdu ! Slaine ! Derrière elle, Kedi bondit à son tour pendant que les tirs du groupe 3C-CDT tenter de couvrir leur progression. Il la rejoignit tandis qu'elle s'agenouillait près de l'arachnoM. Tu n'es pas prudente ! Tu risque ta vie pour... Pour nous sauver tous ! Le coupa-t-elle énervée. Autour d'eux, les projectiles hostiles les encadraient, soulevant des gerbes de sable. Par 2 fois la tourelle ennemie tira sur eux sans réussir à les atteindre. Réfléchissant à toute vitesse, Slaine trouva la solution. Elle actionna l'éjection du blindage dorsal de l'araignée métallique et la bonne vieille loi "action - réaction" fit son œuvre. L'arachno se retrouva sur ses pattes ouvrant de nouveau le feu sur la corvette pirate dont il se rapprocha un peu plus. Laissant Slaine et Kedi pour quantité négligeable, l'ennemi concentra ses tirs sur lui, détruisant l'un de ses canons. Avec les 3 restants, l'arachno concentra son tir sur la tourelle qui l'avait râté de peu juste avant. Les Hantariens virent les projectiles mordre le blindage finissant par le hacher. Une légère fumée sortie de la tourelle dont la cadence de tir ralentit soudainement. De quelques rafales bien ajustées, l'araignée métallique la musela définitivement. Grâce à cette petite victoire, le feu hantarien redoubla d'intensité, obligeant les pirates à se protéger. Plusieurs d'entre eux durent même remonter à bord du vaisseau pour trouver un abri sûr. Brutalement, comme pour se rappeler aux bons souvenirs de tous, le vent augmenta d'intensité, cinglant les hommes de sable arraché aux dunes alentours. La tempête arrivait et pour les pirates se fût la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Sans plus attendre, les derniers qui combattaient encore rembarquèrent précipitamment, abandonnant les corps de leur morts. Pour eux, mieux vallait survivre que de risquer leur vie pour une mission qui ne pouvait plus être menée à bien. Quelques secondes plus tard, moteurs à pleine puissance, la corvette s'arracha du sol ajoutant du sable à celui que la tempête amenait maintenant par rafale. Elle se stabilisa une fraction de seconde avant de disparaître dans le ciel. La joie des vainqueurs fut brève car la tempête était là et il était maintenant impératif que le groupe 3C-CDT se mette à l'abri. La situation était critique pour Slaine et Kedi qui, isolés, n'arrivaient plus à s'orienter dans la nuée de sable qui tourbillonnait autour d'eux. - L... nant ! Était-ce un appel ou seulement le hurlement du vent ? Slaine s'accrocha à l'échine de Kedi qui affrontait bravement la tempête, essayant de progresser dans la tourmente. En vain. Elle tomba à genoux les deux mains toujours crispées dans les poils du grand félin. La tête lui tourna, elle essaya de respirer à fond sans y parvenir. L'épice. Tu... crois ? Sûr Kedi ? Envi de vomir... Mes yeux... Mal ! Il faut que j'enlève ce masque... ces lunettes ! Non ! Kedi la plaqua au sol, l'empêchant d'ôter ses protections. Sous lui, il la sentit suffoquer et gigoter un instant puis elle se détendit. Il saisit alors avec sa gueule l'une des sangles du harnais de Slaine et la traina dans le sable qui les engloutissait presque. Juste devant eux, entre deux évanouissement, Slaine distingua une masse sombre. Pensant l'atteindre, elle se releva pour s'y précipiter mais tomba dans une chute vertigineuse qui la laissa vidée, sans force. Tout se brouilla. Où était-elle ? Finalement, une lueur aveuglante perça l'obscurité. Le calme régna soudainement sans qu'il n'y ait plus aucun signe de la tempête. Suspendue dans le vide, elle flottait dans cette lumière qui lui perforait l'âme, l'obligeant à fermer les yeux. Un mal de tête effroyable partant des ses globes occulaires se propagea dans son lobe frontal. Sa tête sembla exploser sous la douleur. Derrière elle, elle ressentit les battements lents d'un coeur gigantesque, comme si l'univers tout entier était là, à lui irradier le dos. La douleur étant trop intense, elle essaya de fuir sans y parvenir, retenue par d'innombrables mains invisibles : - Laissez-moi tranquille ! Aucune réponse. Elle ferma encore plus intensément les yeux mais la lumière traversa ses paupières. Elle hurla de nouveau : - J'ai mal ! Une voix famillière et apaisante lui répondit : - Slaine ! Je suis là. Slaine, tu m'entends ?
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Épisode 8 : Quelque part dans l'univers - La destinée de Slaine
Slaine ouvrit les yeux. Plus aucune douleur ne la torturait. Elle se redressa et constata qu'elle était allongée au pied d'un grand arbre au beau milieu d'une clairière. Tout était calme est paisible. Un soleil printanier accompagné d'une douce brise inondait la scène. Elle connaissait l'endroit, elle en était certaine. Elle cligna des yeux, cherchant dans ses souvenirs confus. Alors qu'elle était perdue dans ses pensées, une voix l'interpella : - Bienvenu Slaine. Heureux de te retrouver ici. Elle se retourna d'un bloc et se retrouva face à face avec un griffon majesteux. Ses ailes étincellantes repliées sur le dos, il avança vers elle sans agressivité, la fixant intensément de ses yeux flamboyants. Instinctivement, elle chercha l'une de ses armes qu'elle avait l'habitude de porter mais n'en trouva aucune. Ses doigts ne rencontrèrent que le léger coton d'une tunique blanche. Elle adopta une position défensive, prête à en découdre si il le fallait. - Je suis donc si différent que cela pour que tu ne me reconnaisses pas ? Elle resta interloquée une fraction de seconde avant de répondre : - K... K... Kedi ? - Lui-même. Je suis heureux de t'accueillir dans mon domaine, Slaine. - C'est... Ca y est je me souviens ! Oui ! La clairière où nous nous sommes rencontrés ? - Exact. Mais pas sur la même planète et pas dans le même univers. - C'est incroyable ! Mais... Pourquoi suis-je ici ? Que sont devenus les autres ? La mission ? Cela... Cela signifie-t-il que je suis morte ? Une foule de questions lui venait à l'esprit. Rassurant, Kedi inclina la tête : - Non. Tu n'es pas morte. Cela viendra un jour mais ce n'est pas aujourd'hui... - Alors pourquoi suis-je ici ? - Tu es ici parce que tu as une destinée et ton passage était nécessaire ainsi que notre rencontre. Tu dois accomplir de grandes choses et influer sur la destinée de ton peuple et du mien. C'est nous qui avons dérouté ton arche dans cet univers. Ta mission sur la planète Mytonnes était nécessaire car elle est la seule, avec son atmosphère saturée d'épice, qui pouvait permettre ce contact. - "Nous" ? Vous êtes plusieurs ? - Oui nous sommes nombreux et nous suivons depuis longtemps la destinée de ton peuple. Tout est déjà écrit. D'ici peu, mon peuple va être attaqué par les Zandowzhans tout comme vous l'avez été. Vous n'en avez pas conscience mais lors de votre affrontement avec eux vous avez été à deux doigts de les vaincre grâce à une technologie que vous n'avez pas pu développer. Cet embrion de technologie est maintenant sauvegardé dans vos archives. Nous maîtrisons les recherches pour la développer mais non n'avons aucune idée de ce quelle est vraiment. C'est pourquoi vous devez nous l'apporter en nous rejoignant... - Mais je n'ai aucune idée de ce dont tu parles ? Autour d'eux, la lumière baissa d'intensité subitement. - Je n'ai plus assez de temps pour maintenir ce pont qui nous relie... Tu risquerais de mourir si cela dure trop longtemps... Tu dois me faire confiance comme tu l'as déjà fait... Il faut déjà que tu retrouves les tiens... Je vais... J'insufle les coordonnées de notre univers dans tes souvenirs et je... je vais te projeter dans un rêve... Tu as quelques minutes pour prendre contact avec lui... Tandis que la lumière baissait encore un peu plus, une douleur aigue traversa le front de Slaine. Foudroyée, elle réussit tout de même à articuler : - Kedi ! Je... Je ne comprends rien... Que dois-je faire ? - Parle-lui ! Indique lui où tu te trouves... Vous retrouvez... Lui aussi fait parti de l'équation... Je serai toujours à tes côtés... Garde confiance... - Mais parler à qui ? - Parler à... Le lien se rompit brutalement et Slaine se trouva projetée encore une fois dans un dédale vertigineux.
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Épisode 9 : Quelque part dans l'univers - Nouvel espoir pour Zak
Zak avait suivi le combat sans pouvoir y participer. Bien que tout se soit déroulé au mieux pour les Hantariens, une angoisse sourde ne cessait de le tourmenter. La tempête ! Depuis le début de l'action, tandis qu'il suivait les combattants comme un reporter invisible, il la sentait gonfler et se rapprocher inexorablement. Tous les protagonistes étaient en danger, c'était une certitude. Cela se confirmait maintenant tandis que le vaisseau ennemi décollait. Le vent s'était levé tout à coup, noyant la scène dans un brouillard de sable qui malmenait les hommes. Impuissant, il avait constaté que Slaine ne pouvait rejoindre l'abri tout proche : le boyau de secours par lequel son groupe avait attaqué. Cramponnée à l'animal qu'elle appelait Kedi, elle disparaissait inexorablement de sa vue sans qu'il puisse intervenir. Spectateur impuissant, il serra les poings à s'en faire exploser les phalanges et hurla à plein poumon. Elle ne l'entendit pas et disparut tout à coup. Désespéré, il erra un moment comme une âme perdue. Il avait la gorge nouée, prête à exploser sans qu'aucun sanglot ne la franchisse. Cela dura un long moment avant qu'il ne sorte de la tempête, se retrouvant tout en haut d'une dune gigantesque. À perte de vue le sable du désert ondoyait sous le soleil brulant. Au loin, la tempête disparaissait à l'horizon. Beaucoup de questions se bousculaient dans sa tête. Pourquoi avait-il assisté à cette action ? Dormait-il ? Était-ce encore un rêve ? Un fantasme ? La réalité ? - Mais que fais-je encore ici ? S'interrogea Zak à haute voix. Alors qu'il n'attendait pas de réponse, il entendit Slaine criait dans son dos : - Zak ! Zak !!! C'est bien toi ? Il se retourna aussitôt et vit sa bien-aimée qui se précipitait vers lui les yeux remplis de larmes. - Slaine !!! À son tour, il courut vers elle. Enfin, il l'avait retrouvé et elle était saine et sauve. La peur qui l'avait étreint jusqu'alors s'envola. Au moment où il pensait la serrer contre lui et où elle espérait se blottir dans ses bras, leur 2 corps ne rencontrèrent que du vide et se traversèrent tels 2 spectres. Continuant leurs courses, il se retournèrent et se regardèrent dépités. Encore une fois le sort s'acharnait sur eux. Résignés, ils se rapprochèrent lentement pour se retrouver à quelques centimètres l'un de l'autre mais sans espoir de se toucher. Zak restait sans voix, contemplant sa bien-aimée qu'il pensait avoir perdue. Devant lui Slaine, séchant ses larmes, lui parla sans attendre : - Mon amour... Je ne pense pas avoir beaucoup de temps. Je suis en vie et je dois te faire passer un message... Il faut me... nous retrouver. C'est impératif ! J'ai une mission... Je t'expliquerai plus tard mais pour le moment... Déboussolé par de tels propos alors qu'ils venaient de se retrouver, Zak la coupa : - Mais que racontes-tu ? Je ne comprends rien ? - S'il te plaît ! L'implora-t-elle car déjà sa silhouette s'estompait et devenait de plus en plus transparente. Tu dois me chercher et me trouver. Galaxie Pégasus - Système Banan - Planète Torrtur... Je serai là à t'attendre... Ce fût ses derniers mots avant que son image ne disparaisse. - Slaine !!! Attends ! ... Je te retrouverai ! Je te le jure ! Zak se réveilla en hurlant, dressé dans la couchette de sa cabine à bord de la frégate Kalinka. Le coeur battant et le dos moite de sueur il regarda autour de lui. Seul. Il était bien seul et n'avait fait que rêver. - Bordiou de merde ! Hurla-t-il énervé en faisant voler la couverture à travers la cabine. Le moral de nouveau en chute libre, il se leva pour avaler 2 cachets contre le mal de tête qui lui broyait déjà les tempes. Il savait qu'il devait se calmer et reprendre le contrôle de lui-même. Peu à peu, son cerveau reprit le dessus pour analyser ce qui venait de se passer et entrevoir toutes les possibilités. Ce rêve semblait tellement réel qu'il voulait y croire. Sous la douche, il se remémora les derniers mots prononcés par Slaine : Galaxie Pégasus - Système Banan - Planète Torrtur... Après tout ! Je n'ai rien à perdre et ça vaut le coût d'essayer. Si cette galaxie existe je vais la trouver et je l'explorerais de fond en comble. Ayant fini de se laver, il s'habilla rapidement puis sortit de la cabine, se dirigeant vers la passerelle de la frégate bien décidé à mener à bien l'objectif qu'il venait de se fixer.
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Épisode 10 : Planète Mytonnes - Poste avancé au N-O de Smyrne - Porté Disparu
- N'oublie pas Slaine, suis le cours de ta vie et nous nous retrouverons bientôt... Je serai toujours à tes côtés... La voix de Kédi s'estompa soudain et Slaine se retrouva de nouveau propulser à travers l'espace pour se retrouver finalement dans son propre corps. Reprenant conscience d'elle-même, le réveil fut douleur car elle sentait de nouveau tout le poids de son corps qui pesait sur le léger matelas d'une couchette. Une nausée lui tenailla soudain l'estomac. Incapable d'ouvrir les yeux, elle tenta de se redresser. En vain. Au dessus d'elle, elle reconnut des voix famillières : - Nous avons eu de la chance de la retrouver... Vous pensez que les effets de l'épice vont durer encore longtemps ? - Oui et non adjudant REICH. Les effets en sont décuplés car elle n'a pas l'habitude d'y être exposer mais tout va rentrer dans l'ordre rapidement. - J'espère que vous avez raison Astsubay Stavros. Elle est toujours dans les pommes et j'aime pas ça. N'empêche... Nous avons vraiment eu de la chance de la retrouver à l'abri de l'arachno... - Attendez ! Elle vient de bouger ! Les 2 sous-officiers s'accroupirent au chevet Slaine. L'adjudant REICH lui saisit la main qui venait encore de tressaillir : - Lieutenant NAUX ! Vous m'entendez ? Si "oui" serrez-moi la main. Slaine s'exécuta faiblement réussissant à remuer ses doigts entre ceux de l'adjudant. Puis, elle ouvrit les yeux lentement. - Bravo lieutenant ! Content de vous voir revenue parmi nous. Faisant un effort presque surhumain, Slaine réussit à articuler : - K... Ked... i ? - Désolé lieutenant... Il a disparu... Nous ne l'avons pas retrouvé. Il vous a pourtant sauvé la vie en vous fourrant entre les pattes de l'arachno... Électrisée par cette annonce, Slaine essaya de se redresser mais les murs se mirent à tanguer autour d'elle. Elle s'accrocha aux bras des 2 sous-officiers qui l'encadraient et murmura d'une faible voix : - Vomir... L'adjudant lui tendit aussitôt un récipient dans lequel elle vida plusieurs fois le contenu de son estomac. À côté d'elle, l'Astsubay tenta de la rassurer : - Ne luttez pas. Il faut vous vider du sable que vous avez ingurgité. Cela dura de longues minutes douloureuses durant lesquelles Slaine se demanda si son estomac n'allait pas se retourner et lui sortir par la bouche. - Ca va aller lieutenant. Tenta de la rassurer REICH qui essayait de se rassurer en même temps. Finalement, plus rien ne sortit. Elle respira un grand coup et elle osa poser les pieds sur le sol mais préféra rester assise encore un peu. Elle commençait à avoir les idées plus claires et poursuivit son interrogatoire : - Vous avez bien cherché ? Impossible de le retrouver ? - Oui lieutenant. Nos recherches ont été vaines et avec tout ce sable... Mais nous avons récupéré l'arachno. Le sergent POPOV travaille dessus pour qu'il retrouve ses capacités optimales. - OK, répondit Slaine d'une voix blanche. Et les pirates ? Finit-elle par articuler. - Nous sommes tranquilles de ce côté là : ils ont fui. L'avant-poste et ses alentours sont sécurisés. Nous avons repris contact avec l'EM qui nous a confirmé qu'une escadre était en route pour nous exfiltrer. - Bien... Slaine tenta de se lever mais, chancelante, se rassit bien vite. - Vous devriez-vous reposer un peu madame, conclut l'Astsubay Stavros. Ne vous inquiétez pas, vos hommes et les miens ont la situation bien en main. Triste et déboussolée, elle acquiesca de la tête et s'allongea de nouveau. Les 2 sous-officiers s'étant redressés, s'éloignèrent pour la laisser seule. Le sergent POPOV les rejoignit et s'adressa à REICH : - Ça va la lieutenant ? - Ça va. Elle a subi un choc mais va s'en remettre. - Je l'espère ! Je ne l'ai jamais vu dans cet état... Il ne faudrait pas qu'elle flanche. - Pas d'inquiètude sur ce sujet. Elle a de la ressource. Il faut juste qu'elle se repose un peu. Lui non plus ne l'avait jamais vu comme ça mais, d'expérience, il savait que le lieutenant reprendrait le dessus après s'être reposé. Il jeta un coup d'oeil vers Slaine et constata qu'après avoir fermé les yeux, elle s'était endormie. Rassurés, les 3 sous-officiers repartirent chacun de leur côté : il fallait continuer de gérer la troupe et ne pas lui laisser penser que leur meneur n'était plus opérationnel. Tandis que Slaine sombrait dans un lourd sommeil réparateur, la voix de Kedi résonna en échos dans sa tête : Je serai toujours près de toi Slaine. À très bientôt.
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Épisode 11 : Planète Mytonnes - Espace aérien au N-O de Smyrne - Combat aérien
Les tirs s'intensifièrent. D'un côté la corvette pirate surarmée, de l'autre les 2 corvettes amazones chargées de l'intercepter. Autour d'elles, une nuée de chasseurs amazones combattait les intercepteurs pirates moins nombreux. La corvette lourde faisait face sans faiblir, rendant coup pour coup. Possédant un équipage rompu au combat, elle réussit plusieurs fois à esquiver les tirs dévastateurs de ses 2 adversaires. En face, l'impatience gagnait les équipages amazones. Cette corvette était pourtant à leur merci ! Pourquoi n'arrivaient-ils pas à la réduire au silence ? Sans réfléchir, la corvette amazone la plus légère, effectua une embardée, s'écartant ainsi de la protection de son sistership. Mal lui en pris, alors qu'elle réalisait son imprudence et tentait de rallier, la corvette pirate pivota rapidement et fondit sur elle. Par cette manœuvre audacieuse, elle réussit à se positionner au plus près braquant ses 4 tourelles qui envoyèrent aussitôt une bordée. Dans le même instant, elle démasqua 2 sabords desquels jaillir des missiles. La corvette amazone riposta du mieux qu'elle put tentant d'échapper aux traits mortels que lui décochait sans discontinuer l'ennemi. Ses défenses diminuées, des incendies se déclenchèrent bientôt ravageant plusieurs de ses compartiments avant. Heureusement, la corvette pirate dut rompre le combat, esquivant le retour offensif de la 2ème corvette amazone qui se ropprochant, l'accablait de ses tirs à son tour. La corvette blessée put alors se retirer sous la protection de sa sœur et sortir de la zone de combat. De leur côté, les 2 corvettes restantes reprirent leur jeu du chat et de la souris. Autour d'elles, le combat entre la chasse amazone et les intercepteurs pirates était en passe de se terminer, tournant cette fois en faveur des Amazones. Leur supériorité numérique avait fait pencher la balance et les derniers intercepteurs survivants se repliaient maintenant, laissant la corvette lourde se débrouiller seule. Résignée, celle-ci tenta une dernière esquive qui lui permettrait de s'échapper définitivement car elle subissait maintenant les attaques la chasse amazone qui l'assaillait de toute part. Les monoplaces étaient bien trop rapides pour être ajustés par des missiles prévus pour détruire des vaisseaux lourds et elle n'était pas équipée de tourelles de défense rapprochée seules capables de les détruire. Ses boucliers au plus bas, les nombreux tirs des armes légères de la chasse commencèrent à labourer son blindage sans qu'elle puisse se défendre. À bord de la corvette amazone qui continuait le combat, le Tsubay Demis s'impatienta et ordonna : - Ne les laissons pas s'échapper ! Concentrez toute notre puissance de feu sur leur passerelle. Nous allons bien finir par les réduire au silence. Dépité d'avoir perdu son ailier, il ne comprenait pas pourquoi les tirs de son vaisseau semblaient impuissants sur l'ennemi. Sont bien gentils au commandement de nous fournir des corvettes rapides et légères mais face aux pirates nous ne faisons pas le poids ! Bougonna-t-il intérieurement. Comme pour confirmer cela, la corvette ennemie bien que touchée par plusieurs coups directs, continuait sa manœuvre d'esquive. Elle avait presque atteint son but lorsque, venue de nullepart, une bordée de railguns lourds la foudroya réduisant la moitié de ses tourelles au silence et déclenchant un incendie au niveau de ses compartiments moteurs. Sa vitesse au plus bas, elle continuait pourtant de faire feu avec les 2 tourelles restantes. Sur la passerelle de la corvette amazone, le sous-officier du contrôle radar annonça : - Frégate amazone L-92 en approche sur bâbord arrière. - C'est maintenant que vous le dites ? Vous ne l'avez pas vu avant ? Rétorqua Demis surpris. - Euh... J'étais accaparé par le combat... Je... Je n'ai pas fait attention... - Ah mais bravo ! Vraiment bravo ! Nous en reparlerons une fois que tout sera terminé... Demis décrocha son communicateur pour prendre contact avec la frégate mais une communication entrante l'en empêcha : - Frégate L-92 à corvette D-133. Demis répondit : - Corvette D-133. Tsubay Demis à l'écoute. Parlez. - Ici Üstsubay Xéna. Vous informe que nous prenons la relève pour destruction de la cible. Vous pouvez évacuer la zone et rejoindre la station pour exfiltration de la mission CAR. - Bien reçu. Corvette D-133 cesse le combat et évacue la mission CAR. - Bien pris Tsubay Demis. Terminé. Immédiatement, la corvette amazone stoppa ses tirs et, escortée de quelques chasseurs, elle prit le large en direction de l'avant-poste qui se trouvait à une dizaine de kilomètres de là. De son côté, la frégate amazone s'approcha encore plus, suspendant le tir de ses railguns. Méthodiquement, son armement secondaire entreprit de détruire ce qui restait de l'armement de la corvette pirate qui continuait de résister. - Ils ne lâchent rien ! S'exclama le Tsubay Anthony, officier en second de Xéna. - Vous êtes nouveau et ne les avez jamais affrontés... Évidemment qu'ils ne lâcheront rien ! Ils préfèrent mourir plutôt que de se rendre. Elle se retourna vers l'officier de tir et ordonna : - Faisons leur cette honneur. Dirigez les batteries principales sur l'objectif. Qu'elles ne cessent le feu que lorsque la cible sera anéantie. Quelques secondes plus tard, les projectiles des railguns labourèrent le blindage du vaisseau pirate. Celui-ci ressembla bientôt à un amas de ferraille duquel plus aucun tir ne provenait. Amas qui finit par se briser en deux avant que tout se désagrège en une multitude de débris éparses qui percutèrent le sol tout proche. Aucune capsule de secours ne s'échappa de ses flancs et tout l'équipage disparut avec le vaisseau. La frégate L-92 resta tout de même sur zone, le temps que la corvette D-133 évacue la mission CAR et retourne vers Smyrne, rejoignant sur le trajet du retour l'autre corvette endommagée. De Smyrne parvenait déjà des renforts pour remettre en état l'avant-poste du N-O. Cette fois, les choses avaient tourné en faveur des Amazones. C'était ça le "jeu" de la guerre : gagner ou perdre tenait parfois à un détail mais aussi plus souvent à "celui qui avait la plus grosse".
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Épisode 12 : Planète Mytonnes - Retour vers Arkadia - Donner le change
Tatiana était soucieuse. Bien sûr la ville avait été pacifiée et les pertes étaient minimes. Bien sûr la mission CAR avait atteint son objectif et les prisonniers remis aux autorités locales amazones. Bien sûr. Mais l'entretien qu'elle avait eu avec le lieutenant NAUX à son retour de mission la laissait soucieuse. Pourtant, après avoir frolé la mort, son lieutenant avait repris sa section en main et tout était rentré dans l'ordre. Enfin dans l'ordre... Pour Tatiana, tout ça n'était que poudre aux yeux. L'échange qu'elle avait eu avec son subalterne lui avait montré une jeune femme fébrile et tendue, surtout lors de l'évocation de la disparition du félin. La jeune femme s'était soudainement crispée et, au bord des larmes, avait eu toutes les peines du monde à continuer leur conversation. En plus, il était clair que Slaine lui avait caché des choses aux sujets des événements qui s'étaient produits lors de sa disparition. Tout ça empêchait le lieutenant de se libérer. Et puis, pour Tatiana, il y avait plus grave encore : elle avait été incapable de trouver les mots justes pour réconforter son subalterne. Connaissant les antécédents récents de Slaine, elle ne pouvait qu'envisager le pire. Elle le ressentait comme un échec personnel. Elle qui s'était toujours crue capable d'aider les autres en arrivant à les cerner au premier coup d'oeil, avait lamentablement échoué avec Slaine. De son côté, Slaine donnait le change comme elle le pouvait, espérant que ses hommes et surtout sa hiérarchie la laisse tranquille. Mais elle n'était pas dupe. Toutes ses esquives, tous ses subterfuges ne pouvaient masquer la réalité qu'un temps et bientôt tous comprendraient que le désespoir commençait de nouveau à l'envahir. Ainsi, même si Slaine essayait de s'en persuader, tout n'allait pas pour le mieux. La profonde déstabilisation émotionnelle qu'avait engendré la disparition de Kedi l'avait remise devant une évidence : elle était seule, seule et impuissante face à tout ce qui pouvait lui arriver. Dans cet état d'esprit négatif comment donner des explications à Tatiana !? C'était impossible... Maintenant, elle s'en voulait d'avoir expédier son supérieur de la sorte mais elle était persuadée qu'elle l'aurait prise pour une folle. De plus, elle ne connaissait pas assez Tatiana pour se confier à elle. Elle restait pourtant émerveillée de ce qui lui était arrivé et d'avoir revu Zak. - L'épice a permis ce contact, se répétait-elle en boucle. C'est incroyable ! Fantastique !!! Hélas, rapidement, l'absence de Kedi refaisait surface ramenant son moral au plus bas. Elle ne comprenait pas pourquoi il avait disparu. - Cela n'aurait-il pas été mieux de l'avoir à mes côtés pour retrouver l'être qui s'était incarné en lui ? Au final, bien qu'elle ait des moments d'euphorie, cette absence ramenait toujours son moral un plus bas. - Zak qui me promet de me retrouver... Oui c'est super ! Mais pour le moment je suis seule et ni lui ni Kedi ne sont là... Ces derniers mois, elle avait tellement pris l'habitude de sentir le fauve toujours à ses côtés que cette absence lui devenait insupportable. Tout lui manquait : leurs échanges, sa présence, son odeur... Tout. Instinctivement, lors de ses déplacements, elle scrutait chaque recoin, s'attendant à le voir surgir de l'ombre pour la rejoindre en l'interpelant. C'était usant. Seuls les devoirs et les responsabilités de chef de section l'obligeaient à ne pas sombrer. Elle se forçait d'autant plus que l'adjudant REICH, percevant sa fragilité, ne la quittait pas d'un pouce remplaçant presque par sa façon d'agir, le félin disparu. Cela dura plusieurs jours tandis que la morosité gagnait la troupe bloquée sur Smyrne. Puis, l'ordre de retour vers Torrtur fût donné et un soupir de soulagement parcourut la troupe hantarienne : ils allaient retrouver le reste des rescapés et l'avenir ne pouvait être que meilleur avec l'épice qui allait bientôt leur permettre de retrouver leur peuple. L'embarquement se passa rapidement et, une fois le vaisseau parti et la troupe installée, Tatiana ZEJEWSK appela le commandant BLUTCH depuis la cabine qui lui avait été attribuée : - Bonjour commandant. - Bonjour capitaine. Ça y est, vous êtes sur le départ ? - Oui, nous serons de retour dans quelques jours... Comment cela avance là-bas ? - Les choses se mettent en place. Je pense qu'enfin une lueur d'espoir se dessine concernant notre avenir. - J'en suis heureuse ! - Moi également... Sinon comment ça va ? Vous ? Les hommes ? - Ça va. Les hommes sont heureux de rentrer. La fatigue commençait à se faire sentir et... - Et ? - Je ne sais... Concernant... Concernant le lieutenant NAUX... Vous savez... Suite à l'aventure qu'elle a eu, je la trouve tendue, nerveux. Elle semble prête à exploser à tout moment. Je pense qu'il... Enfin... - Allez-y, continuez. - Il faut que vous ayez une conversation avec elle à notre retour. Je l'ai sentie fragile lors de notre entretien... Je n'ai pas su trouver les mots... Je ne voudrais pas qu'elle sombre de nouveau dans la dépression... - Je vous remercie de votre franchise capitaine. Dès votre arrivée, je verrai directement avec elle. - OK commandant. Je pense qu'avec vous les choses se passeront mieux qu'avec moi... Je n'ai pas su la mettre en confiance. Nous ne nous connaissons pas assez et cela a joué en ma défaveur. - Pas d'inquiétude, je m'en occupe. Puis devant la mine sérieuse de son subalterne, Nima enchaîna : - Capitaine ZEJEWSK ? - Oui commandant ? - Allez vous reposer c'est un ordre ! - Merci commandant et à bientôt. - À bientôt. La communication se coupa. Dans le vaisseau qui fendait maintenant l'espace, les Hantariens et les Amazones prirent un repos bien mérité.
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Épisode 13 : Planète Torrtur - Cité d'Arkadia la nouvelle - Nouvelle Amitié
- Aller Slaine, racontez-moi. Dites-moi ce qu'il s'est passé là-bas et ce qui vous tourmente. Slaine tressaillit. C'était la 2ème fois que Nima l'appelait par son prénom. La 1ère fois, c'était lors de leur arrivée sur cette planète alors qu'elle était au plus mal et avait cherché à mourir. Elle tenta d'ouvrir la bouche puis la referma sans qu'aucun mot ne sorte. Elle jeta un oeil par la fenêtre du bureau du commandant. Le temps était au beau mais elle frissonna. Elle ramena son regard sur le bureau devant elle et tritura fébrilement ses doigts. - Slaine. Pourquoi te fermes tu ainsi ? Demanda Nima d'une voix posée. Slaine tressaillit de nouveau. Kedi... Cela faisait longtemps que quelqu'un ne l'avait pas tutoyée ! Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle tenta de les retenir sans succès. Ce fut alors un flot de larmes qui s'échappa de ses yeux et coula sur ses joues. - Slaine... Murmura tendrement Nima comme une mère à sa fille. Puis, elle se leva, contourna le bureau et la prit dans ses bras. Slaine continua de sangloter plusieurs minutes avant de pouvoir reprendre son souffle. Elle se calma et essaya ses joues mouillées. Nima s'écarta alors légèrement d'elle en la tenant par les épaules : - Pourquoi es-tu dans cet état ? Racontes moi tout. Slaine prit alors une profonde inspiration et raconta tout ce qui lui était arrivé lors de la mission CAR et tout ce qui lui était arrivé avec Kedi. C'était la première fois qu'elle en parlait librement à quelqu'un. Pendant tout son récit, Nima ne la quitta pas des yeux et ne montra aucun signe d'impatiente ou de moquerie. Une fois son récit terminé, Slaine attendit craintive les remarques de son supérieur. - C'est étrange la relation que tu avais avec cet animal. Je connais ça... Depuis mes blessures... Instinctivement elle toucha le côté de son visage où, caché sous la peau, l'os avait était remplacé par des implants cibernétiques. - Je peux rentrer en contact avec les droïdes et les arachno-droïdes sans ouvrir la bouche... J'ai également une endurance et une force décuplée... Mes réflexes sont plus vifs, mes sens plus aiguisés. J'ai même souvent l'impression de me comporter comme un arachno au combat... Elle sourit pour elle-même et scruta Slaine qui la regardait attentivement. - Tu vois, tu n'es pas la seule à vivre des choses totalement insensées pour le commun des mortels. Je pense que tout comme moi tu as une destinée particulière qui te fait vivre des choses extraordinaires... Alors qu'elle s'était mise à marcher de long en large dans le bureau durant son monologue, elle s'arrêta nette sur ces derniers mots et se retourna vers Slaine toujours assise : - Je crois en ton histoire. Je suis persuadée que nous reverrons le général et que, ayant ton message, il va tout faire pour nous retrouver. Ceci étant dit, il faut que tu ailles de l'avant, que tu continues à agir pour que tout cela se réalise. Je comprends ton chagrin face à la disparition du fauve mais, d'après ton récit, le Kedi avec lequel tu as vécu tous ces derniers mois existe toujours ! Tu le reverra un jour ou l'autre et, si tu y mets du tien, cela pourrait peut-être arriver plus vite que tu ne le penses. Tout en écoutant Nima, une douce quiétude envahit Slaine. Nima avait parfaitement raison, il fallait qu'elle se bouge et aille de l'avant. Rassurée elle répondit : - Merci commandant... - Nima ! Appelles moi Nima s'il te plaît. Tu peux me tutoyer également. Tant que nous ne sommes pas devant la troupe ou en opération. Non !? Qu'en penses-tu ? - D'accord N... Nima. Je ne promets rien mais je vais faire un effort. - Merci Slaine et essayons de devenir amies ? Cela te fera du bien et à moi également. - Merci Nima. Merci pour cette offre. Cela me va droit au coeur. Cette conversation avait complètement ouvert les yeux de Slaine. Rassurée et détendue, elle quitta le bureau du commandant pour retrouver ses quartiers. Autour d'elle, Arkadia se développait encore. Dans le ciel, un nouveau cargo chargé d'épice approchait. Sa cargaison alimenterait bientôt de nouvelles recherches dans les laboratoires flambant-neufs de la cité.
Les épaules cisaillées par le sac de combat, Slaine avançait à petites foulées, économisant ses forces. Il leur restait encore 2 kilomètres à gravir avant d'arriver au but du parcours d'entrainement. Elle jeta un coup d'oeil rapide par dessus son épaule et constata que l'effectif humain de sa section s'étalait maintenant très largement derrière elle, sur une centaine de mètres. Elle ralentit le pas, laissant passer devant elle le sergent POPOV suivi de BONSAMARITAIN et de QUARTIERNORD. - Continuez d'avancer. Je vais rejoindre les derniers pour les motiver un peu. Un par un les soldats la dépassèrent en file indienne sur le sentier qui serpentait entre les arbres avant d'arrivée au sommet de la colline qui dominait la forêt. - Aller ! On s'accroche ! Encouragea-t-elle alors que la majorité de la troupe l'avait dépassée. Derrière, 4 hommes étaient en retard. Slaine ralentit encore un peu plus l'allure. - Les nouvelles recrues ont du mal mon adjudant ? Interrogea-t-elle lorsqu'ils furent à sa hauteur. - Oui lieutenant. - Et vous caporal ? Des difficultés également ? Demanda Slaine au caporal Mira ZACHTCHOUK. - Euuuuuuuuuh... Non, non... Je voulais juste... Je voulais juste... aider... Répondit le caporal en rougissant. Slaine répliqua sèchement : - Pourquoi restez-vous derrière ? Piqué au vif, le caporal allongea la foulée et commença à distancer le petit groupe. Slaine capta aussitôt le coup d'oeil de l'adjudant sur la paire de fesses du caporal qui s'éloignait. Elle sourit pour elle-même : Il se passe quelque chose entre eux ? Je ne me rends jamais compte de ces choses là... Il faut dire qu'elle ne peut pas laisser de marbre ! Elle a une sacrée silhouette... Amusée par cette découverte, elle regarda du coin de l'oeil l'adjudant qui restait imperturbable. Puis, revenant à ce pourquoi elle était là, elle interpella les 2 autres : - Maintenant, il y a 2 possibilités. Soit vous êtes capables de terminer cette épreuve dans les temps et vous restez parmi nous. Soit vous n'en êtes pas capables et vous dégagez. Il reste un peu moins de 2 kilomètres à faire. Accrochez vous ! - Reçu... lieutenant... Répondirent les 2 recrues. - J'entends rien ! Répliqua Slaine. - REÇU LIEUTENANT ! Hurlèrent-elles en coeur. - J'aime mieux ça. Aller ! En avant ! - REÇU LIEUTENANT ! Hurlèrent à nouveau les 2 hommes à bout de souffle. Aussitôt Slaine accéléra, les recrues sur ses talons faisaient tout ce qu'elles pouvaient pour tenir la cadence. Peinant, soufflant et trébuchant, elles gravirent les derniers mètres toujours aiguillonnées par l'adjudant REICH qui restait en serre-file. Lorsque tous furent enfin arrivés au sommet, Slaine contempla la trouve qui s'était éparpillée autour d'elle pour souffler un moment. Après 2 mois d'entrainement intensif, l'unité allait être de nouveau pleinement opérationnelle. La mission effectuée à Smyrne semblait lointaine maintenant. Les hommes avaient pu se reposer et parfaire leur entrainement. Elle aussi s'était reposée et avait enfin digéré son aventure. Elle continuait de voir régulièrement le commandant et une solide amitié était née entre elles. Elle s'était également liée d'amitié avec le capitaine ZEJEWSK et le lieutenant PEPE-GUÈS. De temps à autre elle allait boire un verre avec elles pour se changer les idées. Elle avait très vite compris la relation qui les unissait. Tout cela l'aidait beaucoup pour oublier l'absence de Kedi et attendre l'arrivée de Zak qui savait maintenant où la chercher. Après s'être rincé la bouche d'une gorgée d'eau, elle se redressa et ordonna : - Debout ! Nous repartons dans l'autre sens en petites foulées. Ca va être plus facile : c'est en descente ! Comme un seul homme, la section repartit en sens inverse, dévalant le chemin qu'elle venait de gravir avec peine.
Ivanko IVANOV désactiva les dernières électrodes encore placées sur le corps de sa patiente et redressa la table d'oscultation en position assise. - Tout est OK commandant. Rien à signaler, déclara-t-il alors avec un grand sourire. - Merci docteur. Nima se redressa prestement, posa les 2 pieds au sol et passa derrière le paravent pour revêtir l'uniforme qu'elle avait laissé là tout à l'heure. - Je suis contente de vous avoir avec nous docteur, lança-t-elle tout en s'habillant. - Vous me le dites à chaque fois commandant ! Rétorqua Ivanko tandis qu'il archivait les résultats obtenus dans le dossier de Nima. - Je sais je radote un peu mais... sans vous je n'aurais pas le suivi adéquate de mes implants. - Vous avez raison sur ce point. Au final, heureusement que nous nous sommes croisés avant le départ de l'arche et que vous m'avez inclus à l'équipage. C'était heureux pour moi à l'époque mais ça l'est maintenant pour vous. - Oui. J'ai eu une bonne intuition ce jour là. Avec tout ce qu'il s'est passait depuis... Mais concentrons nous sur le présent. Nima, finissant d'agrafer le col de sa veste, sortit de derrière le paravent : - Donc rien d'anormal dans les données docteur ? - Non, non, rassurez-vous. Je lance un contrôle des données collectées sur l'ordinateur mais rien d'anormal n'est constaté. - Encore merci docteur. À la prochaine ! Dit-elle en se dirigeant vers la sortie. - Oui commandant. Bonne journée et à dans un mois ! Mais déjà Nima avait franchit la porte, s'échappant du cabinet médical pour rejoindre ses appartements. Là, Joséphine la harcela de questions tandis qu'elle se changeait pour mettre une tenue de sport. - Tu fais quoi ? Tu viens d'où ? Je peux venir ? Elle s'exprimait de mieux en mieux et ne manquait pas une occasion de le montrer. Le pire était que même lorsqu'elle fermait la bouche, elle continuait à noyer de paroles les pensées de sa mère, comme si Nima avait 2 voix intérieures. C'était parfois insupportable et il fallait à Nima un calme exemplaire pour que Joséphine accepte de cesser ce jeu. Pour la fillette c'était un jeu qu'elle pratiquait de plus en plus. Elle grandissait, s'éveillait et voulait le faire savoir. Elle avait bien changé depuis l'arrivée de l'arche sur cette planète. Nima l'interrompit brusquement sans répondre à aucune des questions posées : - Je vais courir et ensuite je rejoins le travail alors cesse de t'agiter. Tu restes sagement avec "Nounou" et pas de bêtises. Sur ces derniers mots, une jeune femme brune en uniforme entra dans la pièce. Discrète, calme et gentille, elle était l'une des seules à savoir gérer l'enfant sans heurt et sans cri. Nima, maintenant prête, lui dit avant de partir : - Lioulia, je vous la confie. Je rentrerai dans l'après-midi mais pas trop tard, promis. Merci beaucoup et... bon courage ! La jeune femme lui répondit avec un sourire : - Ne vous inquiétez pas commandant. Tout va bien se passer comme d'habitude. Bonne journée ! - Merci et bonne journée également. Nima lui rendit son sourire et quitta son logement. Dehors il était encore tôt et l'air piquant à cette altitude lui fouetta le visage. Elle frissonna et partit aussitôt en petit foulée. Elle profita à fond de ce moment de détente car la journée allait être encore chargée : dès son arrivée au poste de commandement hantarien, deux réunions étaient prévues avec ses subordonnés et ensuite il y aurait "la surprise".
Slaine sortit enfin du long entretien hebdomadaire qu'elle avait avec Nima depuis son retour de Smyrne. C'était une routine qui s'était instaurée et qui lui faisait énormément de bien. Surtout aujourd'hui où Slaine se sentait plus vulnérable que d'habitude : c'était son anniversaire et beaucoup de mélancolie l'accompagnée depuis qu'elle s'était levée ce matin. Mais maintenant elle se sentait détendue. Il lui restait juste un petit pincement au coeur qu'elle chassa en respirant un grand coup, vidant complètement l'air de ses poumons. En avant, se dit-elle avec un léger sourire. La journée est bien chargée et la matinée déjà bien entamée. Elle prit alors le chemin du casernement pour rejoindre sa section qui devait déjà travailler d'arrache-pied. Arrivée à destination, elle y croisa des groupes des rangs 1 et 2 en plein exercice mais aucun du rang 3 et encore moins de sa section. Interlocée et alla interroger le sous-officier de semaine du bâtiment hébergeant le 3ème rang : - Vous auriez vu mes hommes ? Ceux de la 3C ? Ils doivent être à l'entrainement armement... - Négatif lieutenant, lui répondit l'homme. D'après ce que je sais, le rang 3 est regroupé à l'ordinaire... - À l'ordinaire ! Le coupa Slaine. Mais qu'est-ce que s'est que cette histoire !? Sans attendre de réponse, elle quitta le bâtiment et se dirigea vers l'ordinaire afin de comprendre ce qu'il se tramait. Je n'ai pas été mise au courant... C'est quoi cette histoire ! Enrageait-elle sur le chemin en accélérant le pas. Arrivée à l'entrée, elle poussa brutalement la porte et entra dans la pièce où elle fût accueilli par un tonitruant : - BON ANNIVERSAIRE LIEUTENANT ! Stoppée nette dans sa course, elle écarquilla les yeux et rougit jusqu'à la racine des cheveux. Elle resta ainsi tandis que tout le monde l'applaudissait. à suivre...
Cet onglet contient la liste et les fiches des colons et figures militaires notables de l'Arche n°44 extraits de la table Exodus.
1. Nima BLUTCH du clan BLUTCH - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Nima • INDEX_REF : #2
// Biographie
Jeune orpheline et seule survivante de son clan disparu au cours de la Grande Guerre Patriotique, elle prend très vite goût aux métiers des armes et au combat terrestre. D'un caractère impulsif et guerrier, elle fait partie des "corps francs" à la fin du conflit, juste avant la fuite de son peuple. Elle rencontre son compagnon au cours des combats, Flavian GLUMA qui devient ensuite son époux. Suite à l'Exode et à l'arrivée dans l'univers S01, elle s'engage dans l'armée régulière. Elle travaille au PC de guerre puis au GQG. Profitant de l'ouverture faite aux femmes dans les troupes de combat, elle fait l'école de guerre. Classée 1ère de la promotion elle en sort directement capitaine sur recommandation spéciale du GQG. Elle est alors nommée pour commander une compagnie de combat du 1er rang de la Garde de Donetsk. Après la dissolution de l'unité, elle passe à la 2ème compagnie de combat du 3ème rang de la 17ème légion. Gravement blessée au cours des combats de la G04 de l'univers S01, elle survit gràce à de nouveaux implants synthétiques. Elle fuit son conjoint, refusant de le revoir après ça. Après une longue convalescence, elle reprend du service au même grade dans la même unité après la reconstruction de l'armée. Elle participe ainsi à la mise en place des droïdes de combats dans les unités de guerre. Les conflits ayant repris en G40, elle se réconcilie avec son conjoint. Elle est ensuite nommée commandant du 3ème rang de la 17ème Légion ce qui l'a met en retrait des combats de 1ère ligne. Puis elle est affectée au recrutement des troupes pour le 3ème rang. Enceinte peu avant le décès de son époux mort au combat, elle donne naissance à une fille, Joséphine. Juste avant le départ de l'univers s01, alors que l'armée entière est licenciée, elle est désignée personnellement par le général LVOV pour commander l'arche n°44 et évacuer la compagne du général, Slaine NAUX.
// Décorations & Distinctions
Baltic-System 🎖️ Médailles :
Griffe d'Irub
Blason de la Grande Guerre Patriotique - agrafe argent
Blason de l'Univers S01 - agrafe or
Phénix d'argent
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Brevet de tireur d'élite
Combat rapproché - agrafe d'argent
Ruban Univers S01
Assaut terrestre - agrafe de bronze
Ruban Grande Guerre Patriotique
Assaut terrestre - agrafe d'argent
Ruban Univers S01
2. Cassandre - peuple amazone [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Cassandre • INDEX_REF : #3
// Biographie
Issue d'une famille de soldats voués corps et âme au service du souverain amazone et à la défense de son peuple. Elle s'engage à l'âge de 10 ans pour suivre ses parents dans leur vie militaire. À 15 ans, elle signe un contrat définitif et passe dans la foulée les examens pour devenir sous-officier. Elle les obtient avec brio. 6 ans plus tard, elle participe activement à la défense de la cité mère amazone lors de sa destruction par les pirates. Elle se distingue au cours de plusieurs actes de bravoure qui lui permettent de passer officier et de porter la plus haute distinction militaire amazone : la flèche d'ambre. Elle refuse ensuite un poste dans la Garde Royale, préférant rester dans les troupes de ligne dont elle est issue. Elle se retrouve ainsi officier commandant une "lance" sur Arkadia.
// Décorations & Distinctions
Baltic-System 🎖️ Médailles :
Aucune médaille enregistrée
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Aucun badge homologué
3. May PEPE-GUES (sans clan) - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : May • INDEX_REF : #6
// Biographie
Elle n'est pas une Hantarienne historique. Elle est originaire des peuples ralliés à la cause hantarienne en G33 de l'univers s01. Première d'une fratrie de 3 enfants, elle fait son service obligatoire dans l'armée de sa planète d'origine. Une fois libérée de ses obligations militaires, elle achète un débit de boisson avec ses frères. Lors du ralliement de sa planète à la nation hantarienne son commerce devient florissant. C'est là qu'elle rencontre Tatiana ZEJEWSK et en tombe amoureuse. Les guerres reprenant, elles s'éloignent l'une de l'autre mais gardent le contact. Lorsque May apprend la disparition de Tatiana, elle abandonne son commerce à ses frères et s'engage dans la flotte pour la retrouver. Elle y parvient après de nombreuses péripéties. Leurs liens se renforcent profondément ensuite. Après la démobilisation de la flotte, elle réussit à faire partie de l'équipage de l'Arche n°44 afin de ne pas être séparée de Tatiana.
// Décorations & Distinctions
Baltic-System 🎖️ Médailles :
Blason de l'Univers S01 - agrafe bronze
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Aucun badge homologué
4. Slaine NAUX du clan NAUX - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Slaine • INDEX_REF : #1
// Biographie
Issue d'une des plus ancienne famille hantarienne. Née au cours de de la la Grande Guerre Patriotique. Compagne de Zak LVOV qu'elle a rencontré lors de la fuite des Hantariens de leur univers d'origine. Longtemps dans l'ombre de son conjoint en s'occupant essentiellement des déshérités. Lors des 1er grands conflits de l'univers 01, le recrutement militaire s'ouvre aux femmes et elle décide de passer son brevet de pilote de chasse. Elle l'obtient avec brio et entre dans la Ligne en tant qu'aspirant aux commandes d'un "intercepteur". Elle participe ensuite activement à la défense de la G03 où elle valide ses premières victoires au combat. Puis, elle passe sous-lieutenant et entre dans la Garde lors de l'évacuation de la G03. Elle se retrouve en poste en G33 après la rédition hantarienne. La reconstruction battant son plein, elle réussit à imposer le "prédateur" comme nouveau vaisseau de chasse de la Garde. Les guerres reprennent et elle combat ainsi en G23, G19, G29, G25, G11, G30 et G02 où elle monte en grade et passe lieutenant. Au cours de ces combats, plusieurs victoires sont validées et ajoutées à son tableau de chasse. Elle reçoit également des décorations dont la médaille du combattant agrafe de bronze puis agrafe d'argent, l'étoile pourpre et la griffe d'Irub. Après l'affaire de la G02, elle se retrouve réaffectée en G33 tandis que les fossoyeurs effectuent leur destruction générale. L'armée licenciée, elle refuse d'être evacuée et de quitter son compagnon. Ce dernier, après un subterfuge, réussit à la faire embarquer à bord de l'arche n°44.
Elle n'est pas une Hantarienne historique. Elle est originaire des peuples ralliés à la cause hantarienne en G03 de l'univers s01. Orpheline de naissance, elle porte le nom de la ville qui l'a vu naître. Très tôt elle rêve de piloter un vaisseau et d'aller "dans les étoiles", elle se passionne pour l'espace. A l'arrivée des Hantariens, elle s'engage aussitôt à l'école de pilotage qui venait de s'ouvrir aux femmes. Bien notée et possédant de bonnes aptitudes de commandement, elle se retrouve aspirant, commandant une CLD. Elle passe ensuite les épreuves pour être commandant de CTM et les réussit. Elle se retrouve alors lieutenant en second aux commandes une CTM. Elle survit à la destruction de la flotte hantarienne laissée en G04 (2 vaisseaux sont saufs dont le sien). Elle passe ensuite second à bord d'une FM. Elle rencontre Mays PEPE-GUES lors d'une relative période de paix. Après la reprise des guerres, elle est nommée capitaine suite à sa prise de décision à la bataille de XXXXXXXXXXXXXXX. Elle commande une FM lors de la destruction de la flotte principale en G25 où elle est gravement blessée. Ayant échappée de peu à la mort, elle est récupérée par une flotte de secours. Soignée, elle se remet lentement de ses blessures avec l'aide de May. Elle reprend ensuite du service et participe aux derniers combats spatiaux hantariens de l'univers s01 contre les Fossoyeurs. Démobilisée, elle se porte volontaire comme personnel de bord d'une arche. Elle se retrouve ainsi commandant en second de l'Arche n°44.
// Décorations & Distinctions
Baltic-System 🎖️ Médailles :
Blason de l'Univers S01 - agrafe argent
Phénix de bronze
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Brevet de pilote
6. Thélémaque - peuple amazone [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Thelemaque • INDEX_REF : #9
// Biographie
Fils de la Reine Anthéa, il devient orphelin à l'âge de 5 ans après l'attaque de l'ancienne capitale du Royaume, rasée par les pirates. Seul survivant de sa famille avec sa cousine Lysippé, cette dernière devient sa tutrice légale. De par sa naissance, il est destiné à une carrière d'administrateur pour lequel il est formé dès le plus jeune âge. Depuis leur arrivée sur Arkadia, il est très choyé par sa cousine qui veille sur tous ses faits et gestes. De ce fait, il a tendance à s'échapper de l'atmosphère oppressante du palais pour explorer la forêt toute proche de la capitale.
// Décorations & Distinctions
Baltic-System 🎖️ Médailles :
Aucune médaille enregistrée
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Aucun badge homologué
7. Helmut REICH du clan POPOV - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Helmut • INDEX_REF : #4
// Biographie
Issu de l'un des derniers clans nomades composant le peuple hantarien : le clan Reich. Il se marie très jeune à Na-bi POPOV dont il prend le nom du clan. Engagé dans les unités nomades hantariennes, il participe aux derniers combats terrestres de la Grande Guerre Patriotique. Il obtient ses galons de caporal puis de sergent suite à des actes de bravoures mais perd son épouse, tuée lors d'une attaque ennemie sur le campement du clan. Profondément affecté par cette perte, il combat pourtant encore dans les unités d'assaut à bord des vaisseaux hantariens lors de leur fuite. Arrivé dans l'univers s00 puis s01, il se retrouve affecté à la 11ème légion hantarienne. Au cours des combats en G03 de l'univers s01, il passe sergent-chef. Son unité dissoute après les lourdes défaites successives hantariennes, il est affecté à la 17ème légion où il obtient le grade d'adjudant lors des derniers grands combats en G02. C'est à ce moment que se produit l'attaque généralisée des fossoyeurs sur l'univers s01. Il est donc démobilisé mais, grâce à sa connaissance des droïdes, est reversé aussitôt dans une unité de maintenance prête à embarquer sur une arche. C'est ainsi qu'il se retrouve parmi l'équipage de l'arche n°44.
// Décorations & Distinctions
Baltic-System 🎖️ Médailles :
Blason de la Grande Guerre Patriotique - agrafe argent
Blason de l'Univers S01 - agrafe argent
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Brevet de tireur d'élite
Combat rapproché - agrafe de bronze
Ruban Grande Guerre Patriotique
Ruban Univers S01
Assaut spatial - agrafe de bronze
Ruban Grande Guerre Patriotique
Assaut terrestre - agrafe d'argent
Ruban Grande Guerre Patriotique
Ruban Univers S01
8. Miléna MARKOVNA POPOV du clan POPOV - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Milena • INDEX_REF : #7
// Biographie
Issue de l'un des derniers grands clans nomades composant le peuple hantarien. Née à la fin de la Grande Guerre Patriotique. Elle est trop jeune pour participer aux guerres des univers s00 et s01. C'est vers la fin de la présence hantarienne dans l'univers s01 qu'elle s'engage dans les troupes au sol. À 17 ans, elle passe le concours pour être sous-officier et l'obtient avec le grade de sergent. Alors que l'armée est licenciée, elle réussit à faire partie des unités de sécurité embarquées à bord des arches qui quittent l'univers s01. Elle se retrouve ainsi à bord de l'arche n°44 en tant que sergent commandant un groupe de droïdes de combat.
// Décorations & Distinctions
Baltic-System 🎖️ Médailles :
Aucune médaille enregistrée
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Aucun badge homologué
9. Zak LVOV du clan DESK - peuple hantarien [ CLIQUEZ POUR LIRE ]
ID_FICHIER : Zak • INDEX_REF : #11
// Biographie
Enfant d'une "sans clan" prénommée Siane LVOV, il est adopté par Dré DESX, Grand Conseiller très influant de la fin du contrôle hnatarien sur la galaxie du Triangle. Élevé et "dressé" pour la vie politique, son tempérament le dirige plutôt vers la vie militaire. Capitaine lors de la Grand Guerre Patriotique, il effectue plusieurs actions d'envergure, assainant de durs coups à l'ennemi. Il passe ainsi commandant puis lieutenant-colonel de la flotte hantarienne. C'est grâce à son action décisive que la 7ème flotte réussit à évacuer la galaxie du Triangle face aux Zandowzhans. Il reçoit pour ce fait d'arme la plus haute distinction hantarienne : l'Étoile du Sud. C'est au cours de cette action, qu'il rencontre Slaine NAUX dont il tombe amoureux. Il devient alors un personnage influant de la 7ème flotte. Pour finir, cela se traduit par sa nomination au Grand Conseil. Il en devient le Grand Conseiller quelques mois plus tard. Il l'est toujours lors de l'arrivée de la 7ème flotte dans l'univers S01 où les événements vont encore le propulser sur le devant de la scène.
// Décorations & Distinctions
Baltic-System 🎖️ Médailles :
Griffe d'Irub
Étoile du sud
Blason de la Grande Guerre Patriotique - agrafe or
Blason de l'Univers S01 - agrafe or
Phénix de bronze
Arch-System 📛 Badges & Brevets :
Brevet de pilote
Bataille spatiale - agrafe d'or
Ruban Grande Guerre Patriotique
Ruban Univers S01
// ARCH_44_ADDITIONAL_DATA_LOADED
Annexes & Documents Complémentaires (Livre III)
Retrouvez ici les rapports complémentaires, cartes stellaires décodées et transmissions interceptées concernant l'Arche n°44.
[+]Grades dans les forces armées amazones
Insignes de Grade — Troupes au Sol
01
Kurmaysubay (KUR)
02
Kidemlisubay 1er (KI1)
03
Kidemlisubay 2ème (KI2)
04
Üstsubay 1er (US1)
05
Üstsubay 2ème (US2)
06
Üstsubay 3ème (US3)
07
Subay 1er (SU1)
08
Subay 2ème (SU2)
09
Subay 3ème (SU3)
10
Astsubay 1er (AS1)
11
Astsubay 2ème (AS2)
12
Astsubay 3ème (AS3)
Insignes de Grade — Flotte
01
Kurmaysubay (KUR)
02
Kidemlisubay 1er (KI1)
03
Kidemlisubay 2ème (KI2)
04
Üstsubay 1er (US1)
05
Üstsubay 2ème (US2)
06
Üstsubay 3ème (US3)
07
Subay 1er (SU1)
08
Subay 2ème (SU2)
09
Subay 3ème (SU3)
10
Astsubay 1er (AS1)
11
Astsubay 2ème (AS2)
12
Astsubay 3ème (AS3)
Insignes de Grade — Chasse
01
Kurmaysubay (KUR)
02
Kidemlisubay 1er (KI1)
03
Kidemlisubay 2ème (KI2)
04
Üstsubay 1er (US1)
05
Üstsubay 2ème (US2)
06
Üstsubay 3ème (US3)
07
Subay 1er (SU1)
08
Subay 2ème (SU2)
09
Subay 3ème (SU3)
10
Astsubay 1er (AS1)
11
Astsubay 2ème (AS2)
12
Astsubay 3ème (AS3)
[+]Organigramme du Corps Franc n°27 (Chapitre 3)
Légende des statuts :
Tué/Décédé/Détruit
Blessé (inapte au combat)
Blessé (apte au combat)
Changement d'unité
Corps Franc n°27 — Section 1
Étapes de Combat
Composition de l'effectif
Composition initiale
LTN Slaine NAUX / KR-11, CAP Léon MIKULI / MAKR-73, EV Justine / MAKR-73, EV Thomas / MAKR-73, EV Kalypso / MAKR-73
Caserne n°5
LTN Slaine NAUX,
CAP Léon MIKULI,
EV Justine,
EV Thomas,
EV Kalypso
Palais Royal
LTN Slaine NAUX,
CAP Léon MIKULI,
EV Justine,
EV Thomas,
EV Kalypso
Station Pompage (Réorg.)
LTN Slaine NAUX,
CAP Léon MIKULI,
EV Justine,
EV Thomas,
EV Kalypso
Faubourg Nord-Ouest
LTN Slaine NAUX,
EV Justine,
EV Thomas,
EV Kalypso
Étapes de Combat
Composition de l'effectif
Composition initiale
SGT Miléna MARKOVNA POPOV / MAKR-73C, EV Thélémaque / MAKR-73G, EV Andréas / MAKR-73, EV Clio / MAKR-73, EV Thalie / MAKR-73
Caserne n°5
SGT Miléna MARKOVNA POPOV,
EV Thélémaque,
EV Andréas,
EV Clio,
EV Thalie
Palais Royal
SGT Miléna MARKOVNA POPOV,
EV Thélémaque,
EV Andréas,
EV Clio,
EV Thalie
Station Pompage (Réorg.)
SGT Miléna MARKOVNA POPOV,
EV Thélémaque,
EV Andréas,
EV Clio,
EV Thalie
Faubourg Nord-Ouest
SGT Miléna MARKOVNA POPOV,
EV Thélémaque,
EV Andréas,
EV Clio,
EV Thalie
Étapes de Combat
Composition de l'effectif
Composition initiale
EVCG Callisto / MAKR-73G, EV Alcide / MAKR-73, EV Argos / MAKR-73, EV Agnès / MAKR-73
Caserne n°5
EVCG Callisto,
EV Alcide,
EV Argos,
EV Agnès
Palais Royal
EVCG Callisto,
EV Alcide,
EV Argos,
EV Agnès
Station Pompage (Réorg.)
EVCG Callisto,
EV Alcide,
EV Argos,
EV Agnès
Faubourg Nord-Ouest
EVCG Callisto,
EV Alcide,
EV Argos,
EV Agnès
Étapes de Combat
Composition de l'effectif
Composition initiale
EVCG Isabelle / MAKR-73G, EV Rémy / MAKR-73, EV Narcisse / MAKR-73, EV Minos / MAKR-73
Caserne n°5
EVCG Isabelle, EV Rémy, EV Narcisse, EV Minos
Palais Royal
EVCG Isabelle,
EV Rémy,
EV Narcisse,
EV Minos
Station Pompage (Réorg.)
AS3 Léonidas,
SDT Jérémie,
SDT Henri,
EV Minos
Faubourg Nord-Ouest
AS3 Léonidas,
SDT Jérémie,
SDT Henri
Étapes de Combat
Composition de l'effectif
Composition initiale
EV Ajax / KKR, EV Sophia / KR-10, EV Achille / KKR, EV Patrocle / KR-10
Caserne n°5
EV Ajax,
EV Sophia,
EV Achille,
EV Patrocle
Palais Royal
EV Ajax,
EV Sophia,
EV Achille,
EV Patrocle
Station Pompage (Réorg.)
CAP Léon MIKULI,
EV Minos,
EV Achille,
EV Patrocle
Faubourg Nord-Ouest
CAP Léon MIKULI,
EV Minos,
EV Achille,
EV Patrocle
Corps Franc n°27 — Section 2
Étapes de Combat
Composition de l'effectif
Composition initiale
ADJ Helmut REICH / MAKR-73C, EV Simon / MAKR-73G, EV Diogène / MAKR-73, EV Valérien / MAKR-73, EV Thétis / MAKR-73
Caserne n°5
ADJ Helmut REICH,
EV Simon,
EV Diogène,
EV Valérien,
EV Thétis
Palais Royal
ADJ Helmut REICH,
EV Diogène,
EV Valérien,
EV Thétis
Station Pompage (Réorg.)
ADJ Helmut REICH,
EV Diogène,
EV Valérien,
EV Thétis
Faubourg Nord-Ouest
ADJ Helmut REICH,
EV Diogène,
EV Valérien,
EV Thétis
Étapes de Combat
Composition de l'effectif
Composition initiale
AS2 Thalès / MAKR-73C, AS3 Calliopée / MAKR-74, EV Icare / MAKR-73G, EV Athénaïs / MAKR-73, EV Alexis / MAKR-73